Tag: Formation

  • Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Un programme Erasmus particulier… Financé par l’Europe, le projet porté par l’association Crim’Halt, va cette année embarquer trois éducateurs marseillais pour représenter la France et participer à un « échange de bonnes pratiques » explique Fabrice Rizzoli, son président.

    Une vingtaine de jeunes travailleurs, « en rapport avec la protection de la jeunesse », précise-t-il, venus aussi de Roumanie, Bulgarie, Serbie et Lituanie sont attendus ce samedi 21 août pour un stage d’une semaine à la coopérative sociale « Al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », dont Crim’Halt est partenaire. Située à Maiano di Sessa Aurunca, à la frontière entre Campanie et Latium, au Nord de Naples, c’est un lieu à « la forte dimension symbolique » estime Fabrice Rizzoli. D’abord « parce que c’est en Italie, pays de la mafia et l’anti-mafia » mais parce qu’il s’agit aussi d’une propriété de 17 hectares confisquée à la Camorra, baptisée « Alberto Varone », du nom d’un petit entrepreneur local qui a osé s’opposer aux extorsions du clan des « Muzzoni », affilié à la Nuova Famiglia de la camorra campanienne, explique le ministère de l’Intérieur italien. Il le paiera de sa vie le 24 juillet 1991, abattu à bout portant par un commando.

    Pour Crim’Halt, qui travaille depuis 2015 à l’engagement des citoyens face à la criminalité, cette semaine s’inscrit dans la continuité.

    Gagner du temps

    Collectif des familles de victimes, bailleurs sociaux… « Nous avons emmené des personnes différentes, en 2019 et 2020 qui ont pu voir des outils qui fonctionnent en Italie, cela nous a aidés à pousser pour obtenir la loi d’usage social des biens confisqués en France en 2021 », précise Fabrice Rizzoli. La connexion avec Amine Kessaci, militant écologiste, mobilisé contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, et devenu adjoint à la Jeunesse et à la Citoyenneté à la mairie de Marseille, s’est faite à ce moment-là.

    « Je l’ai connu lorsque j’étais à la tête de Conscience [association qui soutient les familles victimes du narcotrafic, Ndlr], je connais déjà un peu le système italien que j’estime le plus avancé en matière de lutte contre le crime organisé. J’étais notamment allé à Palerme rencontrer la famille de Peppino Impastato, un journaliste assassiné par la mafia parce qu’il avait une radio locale de quartier, où il dénonçait leurs agissements », raconte l’élu. Il a proposé d’envoyer une agente de son service prévention de la délinquance. « On peut comparer, s’inspirer, voir ce qui fonctionne ou pas, et puis ça fait aussi gagner un temps fou », considère Amine Kessaci qui a aussi pensé à Mohamed Benmeddour, de l’association Apis, et son bus nomade qui va à la rencontre des ados dans les cités.

    « Pour moi, c’est une première, j’espère échanger sur nos méthodes, savoir ce qui se fait de l’autre côté de la frontière, voir comme ils traitent ce rapport de la jeunesse à la délinquance et aussi apporter mon expérience » ; nous confie ce dernier avant le départ. Du côté de Crim’Halt, on se prépare également à lancer une vaste enquête sociologique sur les raisons qui poussent « les jeunes à entrer dans le crime organisé », ajoute Fabrice Rizzoli. Il entend aussi défendre « le concept de la victime innocente où on va faire en sorte de renforcer, défendre la mémoire des victimes qui n’étaient pas impliquées », les « grandes oubliées des journalistes, du grand public, focalisés sur l’auteur de l’infraction ».

  • La présidentielle au cœur des universités d’été

    La présidentielle au cœur des universités d’été

    C’est le rendez-vous qui amorce la rentrée politique : insoumis et écologistes lancent ce jeudi, pour la gauche, la saison des universités d’été, suivis par les communistes vendredi et les socialistes la semaine suivante. Cette grand-messe réunit chaque été élus, militants et sympathisants autour de débats structurants pour les partis, des ateliers et des formations. À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet s’impose comme central pour les différents rassemblements. D’autant que pour les forces de gauche, les stratégies divergent.

    Les Verts, eux, prévoient une soirée dès l’ouverture jeudi de leurs Journées des écologistes, « pour l’écologie, pour l’union » : « En 2027, la France fera face à un choix décisif. (…) Pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et faire gagner la gauche et les écologistes, nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays », écrivent-ils sur leur site. La secrétaire nationale du parti a annoncé sa candidature à une primaire unitaire de la gauche – celle-ci étant quasi enterrée. Une enquête d’opinion interne confirme : 65,13% des votes exprimés soutiennent qu’en cas d’échec de la primaire, Marine Tondelier serait leur candidate.

    Cette option de la primaire réunissant la gauche et les écologistes était soutenue et portée par la patronne des Verts et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Mais ce dernier a été mis en échec dans son propre camp : 55,5% des militants ont voté pour une primaire fermée, réservée aux socialistes et aux « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », à savoir, Place publique de Raphaël Glucksmann. La date du scrutin sera adoptée en Conseil national le 25 août, soit trois jours avant le CamPus à Blois. Ce lundi, le parti a fait un pas de plus en dédiant un site internet à son « Projet socialiste », le programme que portera son ou sa candidate.

    De son côté, le PCF, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête, veut porter sa propre voix en 2027. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a confirmé ce dernier dans son discours d’ouverture du 40e Congrès des communistes à Lille en juillet dernier. Les militants doivent officiellement entériner la candidature de leur secrétaire national lors d’un vote prévu le 6 septembre prochain. La question élyséenne sera évoquée lors des universités d’été à Toulouse, avec un débat entre les différentes forces de gauche samedi, et un atelier « comment faire gagner la gauche en 2027 ? ».

    Lutte contre l’extrême droite

    Pas de surprise du côté de LFI qui se projette déjà dans la campagne avec une formation dispensée lors de ses Amfis dédiée à « rechercher les 500 parrainages pour l’élection présidentielle ». Son leader, Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à l’élection suprême donnera un grand meeting ce dimanche pour clôturer l’événement à Valence.

    Si elles partent désunies, les organisations politiques affichent un but commun : empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Car le risque n’a jamais été aussi grand de voir les prêcheurs de haine au palais de l’Élysée. Ainsi, les insoumis proposent samedi une conférence intitulée « contre l’extrême droite, la Nouvelle France contre toutes les formes de racisme ». Le même jour, les Écologistes invitent à « repenser la riposte numérique face à l’extrême droite ». Le lendemain, les communistes proposeront une analyse sur le thème suivant « extrême droite : réalités et dynamiques électorales ». Quand le PS questionnera : « Quels sont les ressorts du récit du Rassemblement national ? Comment les contrer ? », la semaine d’après.

    « Nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays »

  • [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    « On fait de l’impro, chacun reste dans son personnage ! » Dans les locaux d’Action Bomaye dans le 15e arrondissement, les apprentis comédiens répètent leurs scènes sous les conseils de l’acteur marseillais Mourad Tahar Boussatha.

    Jusqu’à ce mardi, douze jeunes de 15 à 25 ans, issus des quartiers populaires, suivent gratuitement cette formation au court-métrage organisée par l’association Action Bomaye. Ils découvrent l’écriture, le jeu d’acteur, le tournage ou encore le maquillage d’effets spéciaux. Le but : réaliser deux courts-métrages autour de la transition écologique.

    « On leur fait découvrir des métiers pour lesquels on ne leur donne pas souvent leur chance », explique Mouna, responsable de la formation. Pour elle, travailler sur l’écologie permet aux jeunes de « prendre conscience que les quartiers prioritaires sont les premiers concernés par ces questions ».

    Sortir des clichés

    Pour les accompagner, Action Bomaye mise sur des professionnels aux parcours proches des leurs. « L’idée, c’est qu’ils puissent voir en eux des modèles », souligne Ismaël Cousin, fondateur de l’association. Parmi eux, Mourad Tahar Boussatha. « C’était logique de tendre la main à ces jeunes qui sont laissés pour compte par le système parce que j’étais comme eux », confie-t-il. Originaire du 3e arrondissement de Marseille, Marwa participe à la formation avec l’envie de gagner un milieu encore fermé. « C’est une vraie opportunité parce que je suis passionnée par le cinéma, mais je n’ai ni les moyens ni les contacts pour y entrer », témoigne-t-elle.

    Son groupe a imaginé un scénario de débat entre une militante écologiste et le dirigeant d’une entreprise polluante. « Le message, c’est que tout le monde peut agir pour l’environnement à son échelle », assure-t-elle.

    Les deux courts-métrages seront projetés fin août lors de la 5e édition du festival Happy End. Une façon, pour l’association, de faire naître de nouveaux récits. « Les jeunes des quartiers ont les mêmes rôles clichés au cinéma. Là, ils racontent leurs histoires à leur manière », conclut Ismaël Cousin.

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • Accompagner les jeunes vers l’emploi et la formation au Rove

    Accompagner les jeunes vers l’emploi et la formation au Rove

    Des permanences de la mission locale sont organisées dans le cadre de la convention conclue entre la Ville du Rove et la mission locale de Marseille, afin de faciliter l’accès aux droits et aux services pour les jeunes de la commune. Ce service de proximité permet aux jeunes Rovenains âgés de 16 à 25 ans de bénéficier gratuitement d’un accompagnement personnalisé, au plus près de chez eux. Elles se tiennent en effet en mairie, de 9h à 12h, sans rendez-vous, et sont actuellement assurées par Yvette Hua.

    Cet accompagnement porte ses fruits. Depuis le début de l’année 2026, 18 jeunes ont déjà été accueillis ou accompagnés lors des permanences organisées au Rove. Parmi eux, deux sont entrés en formation, quatre ont accédé à un emploi et un a signé un contrat en alternance.

    En 2025, 33 jeunes Rovenains étaient inscrits à la mission locale de Marseille. Ils ont bénéficié de 215 entretiens, ateliers ou informations collectives, et 29 jeunes ont intégré un dispositif d’accompagnement, dont cinq en Contrat d’engagement jeune (CEJ) et 24 en Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea). Enfin, toujours en 2025, deux jeunes de la commune ont bénéficié du Fonds d’aide aux jeunes (FAJ) pour un montant total de 1 340 euros, ainsi que de 2 682 euros d’allocations Pacea, témoignant de l’importance de cet accompagnement pour favoriser leur insertion.

    Prochaine permanence le vendredi 31 juillet. À partir de la rentrée et jusqu’à la fin de l’année, les permanences sont programmées les vendredis 11 et 25 septembre, les vendredis 9 et 23 octobre, les vendredis 6 et 20 novembre, les vendredis 4 et 18 décembre.

  • La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    Marseillais de cœur, Emmanuel Witvœt a grandi sur le pont d’un bateau.

    Il a fait ses classes aux Glénan, avant que la voile devienne son métier. Et venir dans le Sud, sur les pas de l’un de ses arrière-grands-pères qui était marin à Marseille. Si naviguer est sa passion, transmettre son savoir est devenu une vocation. « Le côté partage et défi, ça me botte, je sentais que la mer m’appelait » confie-t-il.

    En petit comité

    Diplôme en poche, Marseille est donc devenue son port d’attache. Et s’il propose des formations classiques, avec mise en pratique dans la rade de Marseille sur son Grand Soleil 34.1, Emmanuel accueille à son bord d’autres apprentis marins.

    Il organise régulièrement des sorties en mer pour les minots du centre social de la Belle de Mai. « Ce sont de petits groupes de quatre, ce qui nous permet de bien appréhender les gestes et de progresser rapidement. Que ces jeunes deviennent des acteurs du port sur les rives duquel ils vivent » indique-t-il.

    C’est son passage aux Glénan qui a inspiré cette initiative, « car cette école est avant tout une école basée sur la solidarité, qui accueille des blessés de guerre et des personnes victimes de violences conjugales afin de les aider à se reconstruire ».

    Sur son Grand Soleil, Emmanuel Witvœt accueille également des migrants. « Le but est de leur montrer qu’un bateau peut aussi être un élément de plaisir. Généralement ils surmontent rapidement l’appréhension de revenir sur l’eau, qui pour eux est synonyme de danger absolu, pour qu’ils la voient comme un espace ludique. »

  • [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    Discret et entier, Angel Lara, 63 ans, infirmier volontaire à la retraite de sapeurs-pompiers professionnel depuis 2023, a débarqué à la base de Marignane voilà 26 ans. Après 17 ans de carrière militaire, cet ancien commando marine a bifurqué dans le médical. Après avoir exercé un temps en libéral, il a trouvé chez les pompiers son équilibre… Ou presque. « Je suis tombé dedans, passionné. Je me suis beaucoup investi, au point que ça a joué sur ma vie de famille », convient-il sans rentrer dans les détails. À la retraite, il s’est porté volontaire. Une libération, car plus besoin de poser de jours de congé pour celui qui avant avait jusqu’à « quatre plannings différents ». Ce qui lui plaît : « être confronté à l’urgence, tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas et amener [la victime] à l’hôpital. On est un maillon de la chaîne ».

    La petite difficulté supplémentaire : travailler dans un hélicoptère. Le maître à bord reste le pilote mais l’équipage de 5 personnes doit être parfaitement coordonné pour être efficace. Chacun a sa place, chacun sa mission, pour une action millimétrée. « L’environnement est beaucoup plus confiné, il y a beaucoup moins de place que dans une ambulance. Cela nécessite une anticipation, de préparer avec le médecin »,, explique Angel, « dans la machine, on peut difficilement communiquer avec la victime pour peu qu’elle soit en état de communiquer. Et quand on communique par casque, il ne faut pas qu’on perturbe la partie pilotage. On va gérer la surveillance du patient en visualisant les appareils car on n’entend pas les alarmes, on a des codes de communication ».

    Le bruit, le fait d’être treuillé, récupéré, sortir d’un hélicoptère en vol, « ce n’est pas naturel »,, indique-t-il, même si avec l’expérience, « cela devient instinctif ». Mais pas question pour autant de ne pas être concentré quand chaque geste compte insiste Angel.

    « Nous, on a cette capacité de prendre en charge des victimes dans des endroits inaccessibles, et il y a pas mal de points à connaître pour sa propre sécurité et exercer son métier », raconte-t-il.

    Il se souvient avoir démarré au temps de
    l’ « Alouette 3 », un modèle sorti dans les années soixante. « On ne pouvait quasiment faire aucun geste en vol », témoigne l’infirmier. Avec le tout nouveau Dragon actuel, de son petit nom H145, d’Airbus, l’équipage a pu prendre (un peu) ses aises.

    Repartir à pied

    avec le sac sur le dos

    La systématisation du treuillage de l’infirmier « s’est faite petit à petit », de quoi permettre de « travailler à deux sur place », précise Angel, « la décision est prise en fonction de la gravité du patient. et la durée d’autonomie et des conditions météo ». Quitte à ce que parfois, il faille laisser repartir la machine et se rapatrier tout seul… « Cela nous est arrivé d’être déposés et pas récupérés, quand par exemple il y a trop de vent sur la Sainte-Victoire… Il faut alors avoir un peu de condition physique, et marcher avec du matériel sur le dos », sourit-il.

    Si chaque opération est débriefée, Angel compartimente. « Au même titre que le Smur, on fait face à des choses dramatiques de temps en temps comme très valorisantes. Il y a beaucoup de collègues qui arrêtent au bout de 7 ou 8 ans, du moins dans les 10 premières années car ils ont été trop exposés à des drames. Cela peut avoir un impact psychologique », reconnaît-il. Lui se consacre « à 100 % à chaque intervention » mais dit parvenir à se « détacher quand c’est fini ». Tant et si bien « que j’arrive à ne même plus me souvenir des interventions que j’ai faites en fin de journée. J’ai développé ça de manière inconsciente », assure-t-il. Même si certains accidents restent évidemment marqués au fer rouge. « En arrivant sur les gardes d’hélicoptères début 2000, j’ai la malchance de faire trois noyades d’enfants jeunes dans la même saison. Quand les statistiques sont d’un cas par équipe et par an », déplore-t-il. Voyant les médecins « aussi stressés que lui », il décide alors de se former sur le pédiatrique. « Et de devenir formateur pour maintenir mes compétences, égoïstement », ironise-t-il. Une manière aussi de rebondir et de se projeter. « Maintenant », il prend « un vrai plaisir à transmettre ». « J’ai fait tout ce qui existe dans les méthodes anglo-saxonnes avancées. Avant on agissait sans vraiment réfléchir, aujourd’hui on doit être source de propositions. En tant qu’infirmier, on est devenu très polyvalent. »

    Il a même en projet une formation universitaire, reconnue par la faculté de médecine, de « médicalisation en milieu exceptionnel ». Le but : « proposer une sensibilisation à tout cadre différent de la pratique habituelle, que ce soit l’hélicoptère, les risques inondations, effondrement bâtimentaire… », histoire d’établir des protocoles d’intervention les plus efficaces possibles.

    Dans tout ça, il n’oublie pas non plus le positif et heureusement, « il y en a plein ». « Comme d’arriver à emmener une personne suffisamment tôt au bloc opératoire. Une petite victoire ! » s’enthousiasme Angel. Surtout, « chaque journée est différente tant en termes de personnes avec qui on travaille que de type d’interventions. C’est très varié. On ne sait jamais à quoi s’attendre » quand on lui demande ce qui le fait tenir. L’avenir, c’est aussi de savoir se retirer au bon moment avoue-t-il quand on lui pose la question de la relève. « À un moment, il va falloir arrêter, mettre du sang neuf », reconnaît-il volontiers même s’il estime arriver à « encore faire le boulot ». Une certitude : « il faut injecter des nouveaux, petit à petit. De moi-même si je ne me sens plus la capacité de faire, je demanderai à sortir du tour… »

  • L’heure de la reprise a sonné pour le RC Toulon

    L’heure de la reprise a sonné pour le RC Toulon

    Les batteries sont rechargées, les ballons gonflés, le mental aussi. Ce jeudi marquait l’heure de la reprise pour le Rugby club toulonnais, après un mois et demi de vacances. Le moment d’écrire les premières lignes d’un chapitre 2026/2027 que les Rouge et Noir espèrent meilleur que le précédent, décevant tant en termes de résultats que de contenu, malgré l’éclaircie de la demi-finale de Champions Cup disputée face au Leinster.

    « Je suis excité et content, on l’est tous. On a envie de faire une grande saison, montrer notre ADN et ce qu’on a envie de faire », lance Pierre Mignoni, le directeur du Rugby du RCT, qui annonce « le top 6 et jouer la Coupe d’Europe à fond » comme objectifs. Pour ce faire, il sera épaulé, tel qu’annoncé en fin de saison, par un staff renouvelé. Exit Andréa Masi, entraîneur des trois-quarts. C’est Franck Azéma, de retour dans la Rade comme entraîneur principal, qui sera dédié à cet aspect du jeu, et partagera le banc avec son binôme de la saison 2022/2023, en charge de l’organisation générale et du jeu défensif. Un secteur que vient renforcer Alex Codling, qui occupait cette fonction au Munster. Exit également Sergio Parisse, remplacé à la touche par Cédric Béal. Promu en équipe première l’an dernier, le responsable du centre de formation garde ses attributions tout en devenant officiellement intervenant sur la touche et le jeu d’avants. Enfin, Maxime Petitjean (assistant jeu au pied et manipulation), Richie Gray (consultant attitude aux contacts) et Mathieu Bastaraud (team manager) restent en place.

    Concurrence au centre

    L’effectif aussi a connu quelques ajustements. Notamment au centre, avec l’arrivée des expérimentés Gaël Fickou et Huw Jones, dans un secteur où « on avait besoin de talent et d’expérience », justifie Pierre Mignoni. Avec les présences de Brex, Smaïli, Cowie, Frisch, Tuicuvu et même Sinzelle, qui a prolongé d’une saison et « donnera un coup de main sur le programme RCT Passion, pour préparer la suite », il y aura « de la concurrence, et je veux qu’elle nous pousse à tout donner, surtout à l’extérieur », ambitionne le directeur du rugby du RCT.

    Pour le reste, un mélange entre l’expérience de Rabah Slimani, la polyvalence de Judicaël Cancoriet, la vitesse de l’ailier fidjien Apete Narogo, et la jeunesse (lire ci-dessous) des frères Luka et Tana Keletaona, du 2e ligne Argentin Luciano Asevedo et de Junior Kpoku, transféré définitivement du Racing 92. Pas de joker en vue malgré les longues indisponibilités (Villière, Dréan, Priso, Halagahu, Domon).

    Si une large partie du groupe a repris, d’autres éléments se font encore attendre : les internationaux (White, Brex, Lucchesi, Garbisi) ne reprendront que le 16 août, au moment du stage à Serre Chevalier, au même titre que Ribbans et Cowie, qui seront réintégrés à l’entraînement collectif à ce moment-là. Fickou, demi-finaliste du Top 14 avec le Racing, reprendra le 27 juillet. Un seul match amical est prévu, le 28 août, à Issoire, face à Clermont, avant de retrouver le championnat le 5 septembre sur le terrain de Bayonne.

    La jeunesse au cœur du projet

    Cette année encore, Pierre Mignoni insistera sur le lien entre le centre de formation et l’équipe première, à travers la « cellule rouge », composée de joueurs intégrés au groupe pro ou proches de l’être et la « cellule rouge minots » pour les plus jeunes, qui « s’entraîneront parfois avec les pros », précise l’homme fort du RCT. « Le but, c’est d’avoir un certain pourcentage de joueurs formés au club en équipe une l’an prochain », ajoute-t-il.

    Outre la formation, le recrutement a également permis de signer de jeunes joueurs internationaux comme Luka et Tana Keletaona (France U20), Junior Kpoku (Angleterre U20) et l’impressionnant 2e ligne argentin Santiago Asevedo (2,03m, 125 kg), 22 ans, déjà appelé dans le groupe des Pumas sans jamais entrer en jeu. Ad.B.

  • Machine à broyer

    Machine à broyer

    Ils sont cette année 126 652 à ne pas avoir eu d’affectation pour la rentrée. Triste record. Plusieurs dizaines de milliers de jeunes à qui on va bousiller l’été. Parcoursup se révèle encore une fois être une véritable machine à broyer. Après leur avoir pourri leur scolarité en les tannant depuis le collège sur l’orientation, la nécessité d’être performant, de savoir ce qu’ils veulent faire… Élisabeth Borne avait même été jusqu’à dire que les enfants devaient réfléchir à leur futur métier dès la maternelle.

    Des jeunes que l’on a confiés à un algorithme et à qui on demande un CV et une lettre de motivation après leur avoir fait faire des stages de plus en plus nombreux. Autant dire bien formatés pour intégrer le monde de l’entreprise, monde qui pénètre chaque année davantage le milieu éducatif.

    Émancipation

    Les syndicats enseignants n’ont de cesse de dénoncer l’opacité de ce système et son caractère terriblement inégalitaire car lié aux capacités d’aide et de soutien des parents. Mais le gouvernement ne les écoute pas. Trop heureux d’avoir trouvé une option pour développer sans en avoir l’air le développement exponentiel de l’enseignement privé lucratif.

    La démocratisation du bac a été lancée dans un objectif d’émancipation et s’était accompagnée d’investissement massif pour permettre au maximum de jeunes d’obtenir le bac, cette clé d’entrée dans les études supérieures. Le ministère de l’Éducation nationale doit se rappeler que la formation et l’épanouissement de la jeunesse et la formation de futur citoyen capable de réfléchir sont ses objectifs prioritaires.

  • À Istres, les mercredis qui ouvrent les portes des métiers industriels

    À Istres, les mercredis qui ouvrent les portes des métiers industriels

    Dans ce grand hangar de la zone de Trigance, à Istres, se trouvent plusieurs avions et hélicoptères en pièces. Le long des allées, le tableau d’instruments d’un cockpit d’hélicoptère et une transmission de Super Puma, entre plusieurs turbines. Une vraie découverte pour les jeunes participants à la visite du mercredi de l’industrie du 1er juillet, au CFAI. Une nouvelle session a lieu ce mercredi 15 juillet.

    Ici, l’on peut se former au câblage aéronautique, à la carrosserie, à la peinture, au travail sur les matériaux composites, au montage et ajustage, notamment en BTS. Particularité, les candidats à la formation sont présélectionnés par les agentes d’intérim de la filière. « Ça demande énormément de rigueur » précise Sandrine Retif, chargée de mission emploi formation au CFAI et guide de cette visite. « La maintenance d’un avion ou d’un hélicoptère se fait avec des fiches d’intervention très précises sur chaque partie et c’est en anglais », reprend-elle. Deux jeunes sont intéressés, seul bémol, ils sont mineurs. « C’est très difficile car le travail en atelier fait que les entreprises sont réticentes » expose la responsable, « certaines entreprises peuvent accepter une dérogation ».

    Entrer par la petite porte

    La solution est de commencer par la chaudronnerie. Tout un espace est équipé à cet effet, avec des espaces de soudure cloisonnés, des machines d’usinage à commande numérique, ou encore une découpeuse de tôle par jet d’eau ou à plasma. C’est aussi un moyen de retrouver l’aéro plus tard : « Fabriquer une pièce mécanique d’hyper qualité qui doit s’emboîter parfaitement avec une autre se fait beaucoup en aéronautique », indique Sandrine Retif. Le CFAI propose des formations du CAP au diplôme d’ingénieur et permet cette évolution : « Il y a une grosse mobilité entre les métiers », confirme la responsable.

    Axel Corrao est justement venu pour ça. « Je cherchais à changer de métier après 5 ans dans le chauffage pour aller vers la soudure », explique ce Fosséen dans la vingtaine. « J’ai déjà soudé, mais au chalumeau » dit-il en souriant, ce qui n’a rien à voir avec « les ateliers de soudure » dans lesquels il envisage un titre professionnel de soudure, « et pourquoi pas pousser en Bac +2 », conclut-il. Baptiste, lui, souhaite se reconvertir dans la maintenance industrielle après 3 ans de sous-traitance chez ArcelorMittal. « J’ai besoin de maintenir mon salaire, autrement c’est pas possible » explique-t-il, dans le cadre d’un BTS en alternance. Il se voit « évoluer dans l’industrie », qui ne le « faisait pas rêver de base », dans l’idée de devenir agent de maîtrise et de « faire plus de gestion ». Tous sont reçus individuellement pour fixer leur projet en fin de visite.

    Pour le prochain mercredi de l’industrie, l’inscription se fait par mail à orientation@cfaiprovence.com.