À la sortie du métro à Frais Vallon, des chapiteaux ont pris place sur le parvis pour former un nouveau Village santé. Portés par la Ville depuis 2024, ces lieux rassemblent des acteurs de la santé au cœur des quartiers populaires. « On sait que dans ces zones, les gens ont des difficultés à avoir accès aux messages de prévention, de dépistage et d’accès aux soins tout court », a détaillé Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé, ce mercredi. « Il ne faut pas attendre que les gens aillent vers le système de soins, mais déplacer le système en proximité », a défendu l’élu.
Une nécessité pour gommer les inégalités sociales face au cancer en France. La dernière étude de la Drees fait apparaître que les 10% des plus modestes sont plus exposés que les plus aisés : cancers dépistables diagnostiqués plus souvent tardivement, risque de développer un cancer du poumon 2,2 fois plus élevé chez les hommes ou encore risque deux fois supérieur de développer un cancer évitable. Par ailleurs, les maladies chroniques surviennent et touchent aujourd’hui plus fréquemment les personnes aux faibles revenus, toujours selon Drees.
Au Village santé, les acteurs de la prévention se mobilisent deux jours durant pour porter l’information auprès des populations des quartiers nord et les accompagner sur le long terme. « On recherche des personnes extérieures au parcours de soins, mais aussi celles en situation de vulnérabilité sociale », souligne Myriam, du centre d’examen de santé de la CPAM à la Rose. Ces profils représentent 68 à 70% des prises en charge. Pour les accompagner, la CPAM fournit une aide à la démarche d’ouverture des droits à l’Assurance maladie, au sein du village santé.
« Sous notre chapiteau, on réalise des dépistages instantanés pour déceler le VIH, l’hépatite C et B », explique Arthur, de l’association de promotion de la santé Réseau 13, avant d’être interrompu par deux jeunes intéressés. Gisèle, présidente de cette association basée à Frais Vallon, prend le relais : « On dépiste des jeunes de la cité, mais aussi beaucoup d’adultes ». Sur le stand du Centre de vaccinations internationales de la Ville de Marseille, les infirmières dépistent le diabète et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) et vaccinent : « On prend en charge des patients gratuitement et sans rendez-vous, dont certains n’ont parfois pas leurs droits ouverts ».
Le Village a attiré les habitants du 13e arrondissement, mercredi matin. « Je suis venue me faire vacciner avec mon groupe », raconte, ravie, une formatrice de français langue étrangère tout juste arrivée du Brésil. À 41 ans, elle accompagne de nouveaux arrivants de tout âge, en recherche d’informations. « On m’a pris ma tension et j’ai fait le point sur mes vaccins », confie une autre habitante de Frais Vallon, venue « vérifier que tout allait bien ».

Leave a Reply