Tag: Quartiers

  • Au Jas-de-Bouffan, des jeunes redonnent vie aux espaces verts

    Au Jas-de-Bouffan, des jeunes redonnent vie aux espaces verts

    Réunis vendredi après-midi pour présenter le résultat à leurs encadrants et à plusieurs représentants de la Ville, les participants ont conclu un projet mené dans le cadre de la Stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance (STSPD). À travers ce dispositif, la Ville d’Aix-en-Provence entend favoriser l’insertion, la citoyenneté et la responsabilisation des jeunes des quartiers prioritaires.

    Malgré une météo défavorable en début de semaine, le projet est allé à son terme. Les intempéries ont certes retardé le lancement du chantier, mais elles n’ont en rien entamé la motivation des jeunes mobilisés. Initialement prévu mardi, le rafraîchissement des espaces verts de la bibliothèque des Deux-Ormes a finalement débuté le lendemain. Étalé sur trois jours, le chantier a permis aux jeunes de participer au nettoyage du jardin. Avec, dans un premier temps, le ramassage des déchets et des feuilles, avant de passer à la restauration des bancs du parc. Décrits comme des « élèves en décrochage scolaire » par Romain, éducateur chargé du projet, ces jeunes ont participé à une mission visant à les « responsabiliser et leur faire découvrir des pistes professionnelles pour leur avenir ».

    Âgés de 16 à 17 ans, les quatre jeunes mobilisés évoquent une ambiance « très sympa et décontractée ». Fares, élève de seconde au lycée Gambetta, souligne l’approche originale du monde professionnel à travers ce chantier : « On a pu rencontrer différents professionnels qui nous ont donné une idée du monde du travail ». Pour Adam, scolarisé au lycée Vauvenargues, l’étape de la rénovation des bancs lui a fait prendre conscience « que le métier de peintre est complexe et surtout fatigant ». Toutefois, il maintient son intérêt pour la profession.

    Un projet porté par plusieurs acteurs

    Le chantier s’est déroulé sous l’encadrement des éducateurs spécialisés de l’Addap 13, une association qui œuvre dans les quartiers des Bouches-du-Rhône. Michael Crovasse, chef du service éducatif de l’association et présent lors de la restitution, a félicité les jeunes pour « leur assiduité et leur investissement dans le projet ». Il rappelle également l’intérêt de cette initiative pour le quartier : « Revaloriser un espace pour ensuite en parler et le faire découvrir à l’entourage ».

    En tant que chantier éducatif rémunéré, ce projet a été cofinancé par la Ville d’Aix-en-Provence, la Métropole Aix-Marseille ainsi que la préfecture des Bouches-du-Rhônes. Pour Elisabeth Huard, adjointe à la politique de la ville d’Aix, il était « important » de participer à la restitution du projet. Elle témoigne de son « réel plaisir et bonheur [à] venir admirer le résultat du chantier dans ce magnifique cadre ». L’élue tient également à rassurer les jeunes sur leur avenir : « On est là pour vous aider et vous faire progresser dans votre orientation ». Un message porteur d’espoir pour ces jeunes dont l’histoire reste encore à écrire.

  • À Marseille, un village pour faciliter l’accès aux soins dans les quartiers

    À Marseille, un village pour faciliter l’accès aux soins dans les quartiers

    À la sortie du métro à Frais Vallon, des chapiteaux ont pris place sur le parvis pour former un nouveau Village santé. Portés par la Ville depuis 2024, ces lieux rassemblent des acteurs de la santé au cœur des quartiers populaires. « On sait que dans ces zones, les gens ont des difficultés à avoir accès aux messages de prévention, de dépistage et d’accès aux soins tout court », a détaillé Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé, ce mercredi. « Il ne faut pas attendre que les gens aillent vers le système de soins, mais déplacer le système en proximité », a défendu l’élu.

    Une nécessité pour gommer les inégalités sociales face au cancer en France. La dernière étude de la Drees fait apparaître que les 10% des plus modestes sont plus exposés que les plus aisés : cancers dépistables diagnostiqués plus souvent tardivement, risque de développer un cancer du poumon 2,2 fois plus élevé chez les hommes ou encore risque deux fois supérieur de développer un cancer évitable. Par ailleurs, les maladies chroniques surviennent et touchent aujourd’hui plus fréquemment les personnes aux faibles revenus, toujours selon Drees.

    « Vulnérabilité sociale »

    Au Village santé, les acteurs de la prévention se mobilisent deux jours durant pour porter l’information auprès des populations des quartiers nord et les accompagner sur le long terme. « On recherche des personnes extérieures au parcours de soins, mais aussi celles en situation de vulnérabilité sociale », souligne Myriam, du centre d’examen de santé de la CPAM à la Rose. Ces profils représentent 68 à 70% des prises en charge. Pour les accompagner, la CPAM fournit une aide à la démarche d’ouverture des droits à l’Assurance maladie, au sein du village santé.

    « Sous notre chapiteau, on réalise des dépistages instantanés pour déceler le VIH, l’hépatite C et B », explique Arthur, de l’association de promotion de la santé Réseau 13, avant d’être interrompu par deux jeunes intéressés. Gisèle, présidente de cette association basée à Frais Vallon, prend le relais : « On dépiste des jeunes de la cité, mais aussi beaucoup d’adultes ». Sur le stand du Centre de vaccinations internationales de la Ville de Marseille, les infirmières dépistent le diabète et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) et vaccinent : « On prend en charge des patients gratuitement et sans rendez-vous, dont certains n’ont parfois pas leurs droits ouverts ».

    Le Village a attiré les habitants du 13e arrondissement, mercredi matin. « Je suis venue me faire vacciner avec mon groupe », raconte, ravie, une formatrice de français langue étrangère tout juste arrivée du Brésil. À 41 ans, elle accompagne de nouveaux arrivants de tout âge, en recherche d’informations. « On m’a pris ma tension et j’ai fait le point sur mes vaccins », confie une autre habitante de Frais Vallon, venue « vérifier que tout allait bien ».

  • À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    Peu de personnes ont bravé la pluie, ce mardi 20 octobre à 9 heures, pour la réouverture de la bibliothèque Pierre-Boulle, dans le quartier Reine-Jeanne à Avignon, après plusieurs mois de fermeture.

    L’équipement va désormais rouvrir un jour et demi par semaine, à savoir le mardi matin de 9h à midi et le mercredi de 10h à midi, puis de 13h à 18h. « Une bonne chose car ça manquait d’un lieu comme ça cet été », confie sur place Mathieu, étudiant en droit.

    Les horaires ne sont cependant pas forcément au goût de tout le monde. C’est le cas de Sanaa Tahiri, habitante du quartier, qui avait lancé une pétition pour une réouverture du lieu : « On ne se réjouit pas pour autant car ce n’est même pas la moitié de ce que l’on avait. » Elle explique le manque de fréquentation lors de cette réouverture par la météo, mais aussi par les horaires : « C’est les vacances, les enfants ne se réveillent pas à 8h pour aller à la bibliothèque. Et pendant le reste de l’année, ils auront école donc ils ne pourront pas y aller. »

    Sanaa Tahiri s’interroge également sur le choix de fermer cette bibliothèqueplutôt qu’une autre. « Cela bloque l’accès à la culture dans un quartier prioritaire de la ville. Fermer cette bibliothèque et pas les autres, on ne l’a pas digéré. Cet été, c’était très compliqué d’aller dans une autre bibliothèque, comme au Puzzle ou Renaud Barrault, en pleine canicule. Les économies ne doivent pas être faites au détriment de nos enfants », poursuit-elle. Des ateliers ont été annulés. Avec d’autres habitants du quartier, Sanaa Tahiri plaide pour un retour aux horaires précédents qui allaient au-delà de 16h30 : « Beaucoup de mamans disent qu’elles amenaient leurs enfants à la sortie de l’école pour faire leurs devoirs et rentrer à la maison après. C’est l’après-midi que commencent les activités ».

    Stable et durable

    Dans un communiqué diffusé il y a une douzaine de jours, la municipalité d’Avignon rappelait que la fermeture était due à des postes qui n’étaient plus pourvus et que le fonctionnement était possible « grâce à la mobilisation constante des agents des autres bibliothèques municipales ». Et que face à la situation, « la Ville fait le choix de privilégier une organisation pérenne du service public plutôt que de multiplier les fermetures ponctuelles et imprévisibles ». Une démarche pour « permettre de concilier les attentes des habitants, les moyens humains disponibles et la continuité de l’offre culturelle dans tous les quartiers ». La municipalité assurait avoir comme objectif de « retrouver rapidement, pour Pierre-Boulle comme pour l’ensemble du réseau, des conditions d’ouverture durables, adaptées aux besoins des Avignonnaises et des Avignonnais ».

    Corinne Moulin, conseillère municipale déléguée aux bibliothèques, assure de son côté partager « l’attachement des habitants à cette bibliothèque de proximité ».

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « En soutien à ce qui fait progresser la prévention et l’éducation à la santé »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « En soutien à ce qui fait progresser la prévention et l’éducation à la santé »

    La Marseillaise : Le Palais du Pharo a été éclairé en rose. Qu’est-ce que la Ville fait d’autre pour Octobre rose ?

    Anthony Gonçalves : Il y aura le village santé les 21 et 22 octobre à Frais Vallon qui est un événement fort dans le domaine de la prévention, du dépistage et de la promotion de la santé. La participation de la ville, s’intègre aussi dans sa volonté d’être en soutien à tout ce qui fait progresser les pratiques de prévention et d’éducation. Un axe fort dans le cadrage des appels à projets et des demandes de soutien des associations à la Ville porte d’ailleurs sur le fait d’aller chercher les publics les plus éloignés dans ce domaine.

    C’est aussi l’objet de ce village santé. ça donne des résultats ?

    A.G. : C’est toujours positif car ça connecte à ces problématiques, des publics qui n’y accrochent pas spontanément. Sur la journée, des centaines de personnes entrent en contact avec des professionnels dans divers domaines : maladies chroniques, hypertension, diabète, maladies respiratoires, dépistages des cancers. Et certains rentrent dans un parcours de prévention ou de soins. Peut-on faire mieux ? On aimerait pérenniser des structures, des maisons de la prévention dans les quartiers en déficit.

    Quel est le budget de la Ville ?

    A.G. : En termes de subventions aux associations faisant la promotion de la santé, c’est plus de 800 000 euros. Il y a dedans : la réduction des risques, la santé sexuelle ou mentale, la santé des femmes, la nutrition… 80% de ces financements sont consacrés à la prévention.

    La mutuelle de la Ville peut-être une autre pièce du dispositif ?

    A.G. : Parmi les outils qui peuvent être utiles, on compte aussi sur la mutuelle communale, en effet. Dans les exigences posées dans l’appel à manifestation d’intérêt, il y a d’ailleurs la participation aux initiatives en faveur de la prévention et du dépistage.

    Et sur la question de la proximité en matière de santé ?

    A.G. : Marseille est une ville originale dans le domaine. La municipalité a la volonté de déployer des maisons de santé et ça a commencé. L’APHM a des centres, il y a les Secpa, ces structures d’exercices coordonnées communautaires qui font de la santé participative. On va soutenir ces structures au contact des populations les plus éloignées et continuer à en déployer sur divers modèles : APHM, communautaires mais aussi mutualistes. Et peut-être d’autres ? On pourrait associer les maisons de santé pluriprofessionnelles qui ne sont pas tout à fait des centres de santé mais ont des médecins libéraux au secteur 1, donc sans dépassement d’honoraires et avec le tiers payant, qui s’engagent sur des actions de médiation sociale. Elles peuvent être des solutions. Toutes ces structures peuvent participer à cette volonté de pérenniser les villages de santé dans le temps.

  • À Port-de-Bouc, la Régie a obtenu le label des régies de quartier

    À Port-de-Bouc, la Régie a obtenu le label des régies de quartier

    « Nous avons obtenu le label Régie de quartier mardi, c’est l’aboutissement de plus de deux ans de travail » se réjouit Renaud Barbe, directeur de la désormais Régie –de quartier– de Port-de-Bouc. Pour cette journée portes ouverte de mercredi, l’association a invité ses partenaires et financeurs institutionnels à venir visiter son QG, depuis peu situé dans d’anciens ateliers municipaux rénovés par les salariés eux-mêmes.

    « Notre action s’en tient à 4 piliers fondamentaux, l’économie réelle avec une vraie cadence et de gros marchés publics, l’insertion et le lien social de proximité, la citoyenneté dont le but est la participation active des habitants à l’amélioration du cadre de vie et l’écologie, dont nous sommes pionniers sur le territoire avec notre centre de tri » détaille le directeur.

    Sociale et écologique

    Ce « centre de tri » dont parle Renaud Barbe s’observe dès l’entrée, où un demi-conteneur standard est stationné. « De janvier au 31 août, nous avons récupéré et recyclé 200 tonnes de mobilier, c’est presque 1,5 tonne par semaine pour les déchets électriques et électroniques » indique le directeur.

    C’est là toute l’articulation sociale et écologique : cette structure financée par l’État, la Métropole, la Ville et les bailleurs sociaux emploie 17 opérateurs de quartiers, chargés entre autres de récupérer les encombrants dans les espaces extérieurs et intérieurs des logements sociaux. Ces encombrants sont transférés aux éco-organismes chargés du recyclage. « C’est financé par l’éco-contribution que l’on paye lorsqu’on achète un meuble ou un électroménager » précise le directeur.

    « Nous sommes fiers de voir cette structure d’insertion grandir, prendre de l’ampleur et accompagner les demandeurs d’emploi » observe le maire (PCF) Laurent Belsola, lors de sa visite. « Sur ses deux jambes, l’entretien de notre cadre de vie et la médiation urbaine, la Régie répond aux besoins quotidiens et d’insertion de notre population » complète l’édile, considérant que la Régie renforce « l’égalité républicaine ».

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Les déchets, le tri sélectif et leur gestion par la Métropole sont devenus des sujets incontournables des assemblées citoyennes. Le conseil de quartier de Croix-Sainte, mercredi soir, en a une nouvelle fois apporté la preuve lorsque plusieurs riverains ont signalé différentes difficultés.

    Cet habitant du quartier fidèle au tri sélectif se demande s’il « ne serait pas possible d’inverser les passages pour en avoir deux de tri sélectif et un d’ordures ménagères », contrairement à ce qui se fait actuellement. Le chef du service déchets de la Métropole à Martigues, Thomas Fian, rapporte qu’« on a encore des quantités d’ordures ménagères » justifiant cette organisation. Il rappelle que les fréquences ne sont pas sectorisées et sont « une décision d’envergure métropolitaine votée par les conseillers ». « Si vous avez de trop grosses quantités, demandez des bacs plus grands, 140 litres, c’est suffisant pour une fois par semaine », estime l’agent.

    L’adjointe (PCF) et conseillère métropolitaine, Valérie Baqué, n’est pas convaincue : « Quand on fait le tri sélectif, on est censé n’avoir que l’emballage en définitif. Là où j’habite, les bacs ne sont pas assez grands et, du coup, le tri sélectif n’est pas fait. » Thomas Fian objecte à l’idée d’un grand bac collectif que « les bacs de tri sélectif sont pollués à 50 voire 70% » quand ils sont collectifs. Selon lui, « le refus de tri est plus bas quand les résidents ont des bacs individuels ».

    Transfert de compétence ?

    Le sujet soulève une question plus politique chez un habitant. « Il était question de rétrocession des compétences métropolitaines durant la campagne », se souvient-il. L’adjoint et élu métropolitain, Pierre Dharréville, explique que « le débat n’a pas été engagé au regard du budget qui occupe la totalité des séances du conseil depuis notre élection ». « Nous devons gérer un budget en partie consommé, espérons que cela pousse l’institution à la réorganisation. Les rétrocessions font partie des sujets qui préoccupent les élus, mais certaines demandent une intervention législative. »

    Le même habitant demande si la gestion des ordures ménagères fait partie des compétences susceptibles d’être rétrocédées. Pierre Dharéville estime qu’« il y a peut-être un cadre, au moins pour la gestion opérationnelle que nous avons demandé à récupérer sans avoir eu de réponses, alors qu’on paye le service deux à trois fois tout en étant moins bien rendu que lorsqu’on le gérait nous-mêmes », avant d’éloigner le centre de décision.

    En attendant, des moyens de signaler les désagréments existent. Pour la majorité des cas, l’application « Adoptez le réflexe » de la Métropole permet de saisir les services compétents. D’autre part, l’application « Allô Martigues » donne lieu à un ticket consulté par les services de la Ville. « On est aussi là pour vous aider à la mise en relation avec la Métropole », insiste l’agent du service Développement des quartiers dédié à Croix-Sainte.

  • [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    La Marseillaise : Face aux conséquences sociales et sanitaires de la consommation de crack à Marseille, le maire Benoît Payan (DVG) réclame au gouvernement l’installation d’une halte soins addiction. Un projet en son temps décrié par la droite. Quelle est votre position ?

    Stéphane Pichon : On avait une proposition, pendant les élections municipales, qui me semblait être le bon sens pour satisfaire tout le monde : que les HSA se fassent, mais en milieu hospitalier, pour différentes raisons. Et j’ai vu que le directeur de l’AP-HM était favorable à l’accueil de ces structures au sein des hôpitaux marseillais [ce dernier préconisant également en premier lieu l’installation d’un équipement de proximité, Ndlr.]. C’est quelque chose qui me satisfait, parce que je suis élu, mais, avant tout, je suis pharmacien de profession, et j’ai longtemps œuvré pour la prévention et la réduction des risques. J’ai été un des fondateurs de Croix-Verte et Ruban Rouge, avec la distribution des Stéribox et du préservatif à 1 franc, à l’époque. L’idée n’est pas de laisser tomber les gens, mais de les prendre en charge.

    Pensez-vous que les consommateurs vont faire le chemin jusqu’à l’hôpital ?

    S.P. : Oui, si les associations font leur travail et leur expliquent. Il y a une expérience de HSA qui a été faite à Paris, dans le 10e arrondissement, où il y a quand même des heurts avec la population, quoi que l’on en dise, et la même expérience faite à Strasbourg, qui apporte, elle, toute satisfaction. Aujourd’hui, Marseille reste une ville avec des quartiers relativement pauvres. Est-ce qu’on doit rajouter à la misère du conflit ? Est-ce que vous pensez qu’on doit cumuler les problèmes ? Dans un quartier où il y a du trafic, une population déjà qui a du mal à s’en sortir, doit-on rajouter des files d’attente de personnes qui attendent pour s’injecter [des produits] ? À Paris, vous avez des files d’attente importantes, avec 80% des gens qui attendent dehors.

    Comment allez-vous porter politiquement cette idée ?

    S.P. : En m’exprimant dans les médias, et si le maire me donne la parole, je l’évoquerai en conseil municipal. Il y a urgence et on ne peut pas être targué de laisser les gens à l’abandon. Alors, même s’il y a une contrainte pour ces personnes, qui est de se déplacer dans un lieu de soins… Pour moi, professionnel de santé, ce soin, c’est un soin global et pas une salle de shoot. N’oublions pas que ces gens ne sont pas des cas, mais des humains. Évidemment, cela dépasse aussi le domaine de la santé et touche à la justice, la lutte contre délinquance. Mais il me semble que mettre en place ce genre de structure, c’est quand même ce qu’il y a de plus facile.

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • Châteauvallon-Liberté s’exporte dans le quartier de la Beaucaire

    Châteauvallon-Liberté s’exporte dans le quartier de la Beaucaire

    Dans un monde idéal, l’art n’a pas de frontières. Dans le monde réel, il ne parvient pas toujours jusqu’à une part de la population. Le décloisonner est donc l’une des principales missions de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, la culture se voulant être, par essence, un prérequis à la démocratie.

    Dans cette optique, et car Châteauvallon, comme le théâtre Liberté, ne sont pas des lieux faciles d’accès, tant géographiquement que symboliquement, c’est la scène nationale qui doit parfois venir à la rencontre des habitants de son territoire. Depuis trois ans, elle organise l’opération « Quartiers en liberté ». Après une première édition à Sainte-Musse, puis une deuxième au Pont-du-Las, c’est à la Beaucaire qu’elle a lieu, cette année. Depuis mardi, la compagnie arlésienne de cirque aérien Gratte ciel, qui a notamment participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, y a posé ses valises pour une résidence artistique d’une semaine.

    Déambulation artistique et spectacle dimanche

    Un rendez-vous préparé en amont. « Avant d’arriver, les artistes ont assisté aux réunions de quartier, rencontré les associations, se sont rendus dans les écoles, explique Tiphaine Samson, directrice des programmations de Châteauvallon-Liberté. Ensuite, pendant une semaine, ils organisent ateliers et rencontres pour aboutir à un grand rendez-vous, un spectacle préparé avec une vingtaine d’habitants, dimanche, auquel tout le monde est convié. »

    Depuis mardi, des mats culminant à plusieurs mètres de haut, des cerceaux et des draps suspendus côtoient des ateliers peinture et chants dans les jardins désaffectés de l’ancienne CAF, avec en toile de fond les immeubles qui se fondent parfaitement dans ce cadre vertical. Tout en préparant la déambulation artistique qui aura lieu en amont du spectacle dominical, petits et grands se rompent aux joutes de disciplines spectaculaires. « Ce sont des publics a priori non conviés, dans des espaces non dédiés, avec des dimensions non conventionnelles. La grande hauteur n’existe pas dans les espaces intérieurs comme les théâtres. Donc l’espace public, c’est une autre relation au public », décrit Camille Beaumier, codirectrice de la compagnie Gratte ciel. Une façon, aussi, de sortir de sa zone de confort pour Stéphane Girard, l’autre codirecteur, qui y voit une métaphore puissante : « Le cirque veut aussi dire prendre des risques et avoir peur. Et cela est éminemment politique, c’est un business pour ceux qui voudraient faire croire que, parce que nous avons peur de l’autre, il faut fermer les frontières. Or, ici, on ouvre les portes parce que la peur fait partie de l’apprentissage citoyen. »

    Naoufel, animateur dans un centre aéré de la ville, qui observe les enfants prendre de la hauteur tels des circassiens de la première heure, acquiesce : « D’habitude, on leur propose plutôt des activités sportives. Là, ils découvrent des activités auxquelles ils ne sont pas habitués, et se rencontrent, créent du lien par la même occasion car ils ne se connaissent pas forcément. » Il a déjà eu l’occasion de participer à des ateliers de Châteauvallon hors les murs étant plus jeune. « J’habitais à Sainte-Musse. Chaque année, il y avait un événement, et on l’attendait avec impatience, se rappelle-t-il. Mais le plus souvent, c’était nous qui allions à Châteauvallon. C’est un grand du quartier qui organisait cela. Ce sont de bons souvenirs, et aujourd’hui, c’est moi qui fais découvrir ça à mes enfants. »

    Gageons que la transmission continuera de se faire, et que cette bulle artistique de quelques jours suscitera l’envie de monter quelques centaines de mètres plus haut, encore, pour prendre place dans le mythique amphithéâtre de pierre de Châteauvallon.

    Rendez-vous devant les anciens Jardins de la CAF – la Beaucaire, à Toulon, dimanche à 15h30, pour la déambulation artistique, suivie du spectacle intitulé « Tawa en Liberté »