Tag: Quartiers populaires

  • Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Derrière les vitres et les grilles de l’épicerie sociale et solidaire l’Agoraé, quelques cartons remplis de flyers, une machine à café, ainsi que des paquets de pâtes et des bouteilles de jus jonchent le sol depuis plusieurs semaines. Le projet, lancé en 2023 sous la précédente municipalité de Cécile Helle (PS), va s’arrêter faute de locaux mis à disposition par la mairie.

    Ce lieu de rencontre permettait aux étudiants de trouver des denrées alimentaires et des produits d’hygiène à des prix défiant toute concurrence, parfois jusqu’à 10% des prix du marché.

    Contactée, la municipalité confirme que la convention de partenariat qui liait la Ville, l’Université d’Avignon, l’association étudiante Inter’asso avec le bailleur social Erilia, propriétaire des lieux, dans le cadre d’une convention d’occupation précaire, est arrivée à son terme le 3 juillet dernier. La municipalité assurait cette mise à disposition « à titre gracieux » en prenant en charge le loyer qui s’élevait à 10 336 euros par an. Les locaux, ainsi que deux autres espaces attenants également exploités par les services municipaux, ont été restitués à Erilia. La mairie explique qu’elle « n’est donc plus en mesure de poursuivre cette mise à disposition dans les conditions prévues par la convention ».

    Mais, comme pour d’autres projets lancés avant la prise de pouvoir du nouveau maire Olivier Galzi (DVD), tels que l’aide aux devoirs d’enfants en difficulté dans les quartiers populaires ou encore la végétalisation des cours d’écoles, la situation financière de la ville est avancée pour justifier l’arrêt de cette aide. « Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et alors qu’une démarche de rationalisation du patrimoine communal est engagée, la Ville est dans l’obligation de ne pas pouvoir supporter de nouvelles dépenses pour financer ou rechercher un local de substitution », précise-t-elle. Tout en assurant que « cette évolution ne remet toutefois nullement en cause l’engagement de la Ville en faveur de la vie étudiante ». Notamment en renforçant ses liens avec l’Université et les acteurs de l’enseignement supérieur, « afin de renforcer la coordination autour des enjeux de vie étudiante ». La municipalité estime également que cette « mobilisation constante contribue à soutenir l’attractivité universitaire et le rayonnement d’Avignon ». Au dernier classement des villes étudiantes du média L’Étudiant, la Cité des Papes figurait à la 37e position sur 50, à égalité avec Annecy et Troyes.

    « Choix politique »

    « Je n’attendais pas grand-chose de cette nouvelle municipalité soi-disant d’aucun parti. Apparemment, le bon sens, c’est de supprimer les aides aux étudiants et de les laisser crever », déplore Louis, de l’association l’Union étudiante Avignon.

    Cette décision suscite l’indignation des forces progressistes du Vaucluse. Les Jeunes Socialistes, à travers un communiqué ce lundi 14 septembre, regrettent un « choix du maire » qui ne fait que « renforcer la précarisation des étudiants avignonnais et montre que Monsieur le maire se préoccupe davantage de rentabilité financière que de l’avenir des étudiants avignonnais ».

    Du côté de la conseillère d’opposition Mathilde Louvain, (LFI), on s’interroge sur les réseaux sociaux : « La mairie est en roue libre ? ». « On commence à être habitué à la méthode. On décide manu militari. Zéro rencontre en amont. Cette majorité a définitivement du mal avec les mots solidarité, entraide, soutien », poursuit-elle.

    La section du PCF d’Avignon, Morières et Le Pontet estime que la fermeture de l’Agoraé « est un choix politique, pas une fatalité budgétaire. (…) La décision est d’autant plus incompréhensible que l’Agoraé était installée dans le “Repère de la caserne“, au cœur d’un secteur récemment requalifié. Ces lieux avaient justement vocation à créer de l’activité, du passage et de la vie dans la Carreterie. Une ville attractive ne se construit pas seulement avec des travaux : elle se construit aussi avec les associations, les étudiants et les services qui font vivre les quartiers ».

    Une pétition en ligne demandant la réouverture a récolté une centaine de signatures.

    Pétition contre la fermeture sur change.org

  • « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    Ils sont venus par centaines, debout dans les travées, agglutinés sous les voûtes du Parnasse où la chaleur du jour ne retombait pas. Mardi 8 septembre au soir, près de 1 500 Nîmois ont répondu présent à la restitution des rencontres « Bonjour Nîmes », l’exercice de démocratie participative lancé au printemps par le maire communiste Vincent Bouget et sa majorité. Sept réunions de quartier entre le 7 mai et le 2 juillet, entre 2 500 et 3 000 habitants croisés, 197 prises de parole recueillies et passées au crible. La restitution devait initialement se tenir le 8 juillet ; la canicule l’avait forcée à s’effacer. Ironie du calendrier, c’est encore dans une salle suffocante que Nîmes est venue parler de sa ville. Ce soir-là, il fallait rendre des comptes.

    « On peut faire de la politique autrement, et on va faire de la politique autrement », lance en ouverture Laurent Mespoulet, adjoint au développement économique. La formule résume l’ambition de cette méthode, à l’opposé d’un programme ficelé d’en haut : une parole recueillie sur le terrain, restituée point par point devant les habitants eux-mêmes. « Cela fait un peu plus de cinq mois que nous avons été élus, personne n’a de baguette magique », prévient d’emblée Vincent Bouget, avant de laisser le micro à ses adjoints, qui défilent un à un.

    Trois urgences : la ville,

    la jeunesse, les services

    Sans surprise, la chaleur et la propreté urbaine dominent les échanges. « L’été caniculaire nous oblige, il faut anticiper pour ne pas subir », martèle Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation. Fontaine à boire remise en eau place aux Herbes, voiles d’ombrage testés dès l’été 2027, brumisateurs aux futures pépinières Pichon, permis de végétaliser renforcé pour les habitants comme pour les commerçants : la ville veut « cheminer à l’ombre ». Sur la propreté, « notre ville est formidable, mais elle est dégueulasse », résume sèchement l’adjoint François Seguy. Pour y remédier, un numéro unique « Allô Nîmes propre » doit centraliser le signalement des dépôts sauvages dès 2027, la limite des deux encombrants disparaît et une marche verte citoyenne est annoncée pour novembre.

    Jeunesse et éducation, à égalité en tête des attentes recensées, ne sont pas en reste. Une direction de la jeunesse a vu le jour, une centaine de stagiaires de troisième et de seconde seront accueillis en mairie, un portail unique d’information doit voir le jour pour les étudiants. Côté écoles, 90 agents périscolaires ont été déprécarisés, un repas végétarien sera proposé chaque midi en cantine, et six établissements seront rénovés thermiquement chaque année du mandat.

    Sur la santé, la Ville mise sur un conseil local de santé mentale dès le 7 octobre, un centre de santé au Mas de Mingue au premier semestre 2027, une mutuelle communale à tarif négocié au premier trimestre et une école de kinésithérapie publique. Sur la sécurité enfin : l’arrêté de fermeture des épiceries de nuit après 22h (312 infractions relevées cet été) sera prolongé ; un poste de police est annoncé sur l’Esplanade, et la coopération avec la police nationale va être renforcée contre le narcotrafic.

    Reste le temps long. Bouget annonce pour 2027 un projet « Vivre et habiter à Nîmes », élaboré avec professionnels et habitants, un outil de maîtrise foncière pour produire du logement accessible, deux « places communes », et la gratuité des transports, déjà testée pendant les ferias, qui doit s’étendre dès cet hiver.

    « Il n’y a pas les mêmes attentes partout, mais la même envie », observe Soukaïna BenJaafar, adjointe à l’administration générale, qui évoque une « aspiration à être considérés à égalité » d’un quartier à l’autre. Dans la salle, on opine, on chuchote, on retrouve un voisin croisé lors de l’une des sept réunions du printemps.

    « On aura besoin de tout le monde pour la relever », conclut Vincent Bouget, qui évoque une ville « un peu abîmée » mais promise, selon lui, à devenir une « ville pilote » de l’adaptation climatique d’ici six ans. « Nous scellons avec vous un pacte démocratique », affirme-t-il encore. La majorité a fixé elle-même l’échéance : automne 2027, pour revenir devant les Nîmois et rendre des comptes.

  • L’Orange Football Club autorisé à retourner sur le pré

    L’Orange Football Club autorisé à retourner sur le pré

    Au stade Clapier, les minots de l’Orange Football Club (OFC) peuvent depuis ce mercredi à nouveau taper dans le ballon, malgré les poteaux de rugby qui ornent les lignes d’en-but. Après un accord avec la nouvelle municipalité (RN), l’organisation a de nouveaux accès au stade Clapier en ce début de saison.

    Une bonne nouvelle pour la structure, qui l’a annoncé le jeudi 27 août sur ses réseaux sociaux. Une « petite reprise », concède Hamid Chouly, président de l’association sportive, avec pour l’heure une centaine de licenciés, contre 300 auparavant. Seul le foot animation sera concerné par la reprise, soit jusqu’à 13 ans. « C’est une année test pour prouver qu’on est capable de le faire et de montrer que tout se passe sans soucis. On pourra grandir et accueillir plus de monde », poursuit avec ambition Hamid Chouly.

    Une partie des jeunes sont partis au nouveau club de la Cité des Princes, l’Olympique Club Orangeois, créé l’an dernier. Mais aucune des deux structures n’a de catégories au-dessus des U 14. « On aimerait mettre cela en place dans les années à venir. Il vaut mieux que les enfants et ados soient sur le terrain que dans la rue. Beaucoup de jeunes viennent des quartiers populaires et n’ont pas les moyens d’aller dans les communes voisines, comme Camaret ou Courthézon, pour aller s’entraîner et jouer. Je l’ai dit au maire, qui est d’accord », poursuit le dirigeant. Avec la volonté de créer à terme des catégories allant jusqu’à 17 ans.

    Partage avec le rugby

    Comme le rappelle l’OFC, cette réouverture se tient après « une période particulièrement difficile ». En effet, cela fait depuis janvier 2025 que les soucis ont commencé lorsque la préfecture de Vaucluse a suspendu l’agrément à la structure suite à des violences lors de matches. Mais en mars de la même année, le tribunal administratif de Nîmes avait suspendu cette décision, ce qui avait permis aux licenciés de reprendre pour la fin de l’année. Pour la saison 2025-2026, le club avait alors décidé de repartir pas à pas avec des catégories de 6 à 13 ans. Ce qui était sans compter sur la municipalité d’extrême droite de Yann Bompard, qui avait décidé d’octroyer les installations au club de rugby de la Cité des Princes, d’où les poteaux. Les terrains sont pour l’heure toujours partagés entre les deux associations.

  • Samir Allel accuse Olivier Galzi d’ostraciser les quartiers populaires

    Samir Allel accuse Olivier Galzi d’ostraciser les quartiers populaires

    Le soir de sa victoire au second tour, Olivier Galzi (DVD) promettait d’être « le maire de tous les Avignonnais », un précepte accentué une semaine plus tard lors de son discours d’installation : « L’avenir d’Avignon passera par les ponts que nous saurons créer entre ses neuf quartiers, par-delà les remparts ».

    Cinq mois plus tard, Samir Allel dresse un constat inverse. Ce jeudi, le conseiller départemental écologiste tenait un point presse de rentrée, ciblé sur le premier bilan du maire dans le canton d’Avignon 1, où il est élu et qui englobe les quartiers sud et ouest (30 000 habitants).

    Un territoire qui concentre 80% des quartiers prioritaires de la ville, désormais ostracisés par la nouvelle municipalité aux yeux de Samir Allel. « Ces quartiers ne l’intéressent pas, il y a du mépris vis-à-vis de la population en déshérence, hors de question que les habitants soient considérés comme des sous-citoyens », estime le conseiller départemental qui, en tant qu’opposant, arrive malgré tout à être entendu, « comme sur la réhabilitation du collège Roumanille », alors qu’en mairie « l’opposition est méprisée ». « Olivier Galzi est sur un triptyque sécurité, propreté, centre-ville, tout le reste est superfétatoire », juge l’élu écologiste, qui était candidat aux municipales sur la liste de David Fournier (PS).

    Tout en reconnaissant être « en campagne permanente », Samir Allel incite le maire à déployer son action partout. « Certes, je n’en voyais pas beaucoup avant, mais depuis qu’il est élu, je n’ai jamais vu de policiers municipaux à pied dans mon canton », pointe-t-il. Même sentiment sur la propreté, « où mes interventions sur les dépôts sauvages en ceinture verte n’ont pas de réponses ». « Les quartiers ont besoin de solidarité et sont les premiers victimes de la canicule, où il a fait jusqu’à 50 degrés dans certains appartements ». En cette période de rentrée, « le maire ne peut balayer la suspension de la végétalisation des cours d’écoles d’un revers de main financier, c’est un choix politique », considère Samir Allel.

    De manière plus générale, le conseiller départemental dépeint une majorité quelque peu hors sol « avec bon nombre d’adjoints qui ne vivent pas à Avignon et un maire qui fait des choix de communication pour lui et non pour la Ville ».

  • Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Devant une centaine d’élèves de l’école des Grands Cyprès, à l’occasion de la rentrée, le maire (DVD) Olivier Galzi se réjouissait de la chorale qui chantait « Je veux apprendre ! ». Mais en parallèle, la municipalité de la Cité des Papes a décidé de ne pas reconduire un financement qui permettait aux écoliers en CP qui sont en difficulté d’apprentissage d’avoir des aides en lecture et en écriture dans les quartiers prioritaires de la ville.

    Le dispositif « Coup de pouce » était piloté par la Ligue de l’Enseignement mais financé par la mairie à hauteur d’un peu plus de 56 310 euros pour l’année scolaire 2025-2026. Organisés sous forme de clubs, ces moments permettaient à 55 enfants, dispatchés en 11 groupes de 5, d’avoir trois séances d’une heure et demie par semaine. La plupart des directeurs d’école en auraient été informés ce lundi. Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Avignon explique que la décision « s’inscrit dans un contexte d’évolution des politiques publiques de soutien aux apprentissages fondamentaux » avec notamment « un retrait progressif des financements ». Et explique que l’an dernier, alors qu’elle amenait plus de 50 000 euros, l’État n’en amenait que 4 000. « La Ville a considéré qu’elle ne pouvait plus porter seule une action qui reposait historiquement sur une logique de coconstruction et de cofinancement entre plusieurs partenaires », poursuit-elle. Tout en assurant qu’elle « continuera ainsi d’agir concrètement pour favoriser le goût de la lecture, l’accès à la culture au bénéfice des jeunes Avignonnais ».

    Lutte contre les inégalités

    Contactée, la Ligue de l’Enseignement confirme mais ne souhaite pour l’heure pas commenter cette décision dont elle a été informée pendant l’été. Le contrat d’une dizaine d’animatrices en périscolaire dédiées à ces temps n’a donc pas été prolongé d’après les premiers échos.

    « Le dispositif permettait de lutter contre les inégalités scolaires. C’est hyper important, d’autant plus que les difficultés scolaires sont souvent liées aux difficultés sociales que l’on rencontre dans ces quartiers », regrette de son côté Nicolas Flavier, secrétaire départemental FSU-Snuipp. « Encore une double peine pour les enfants des quartiers populaires. Maîtriser la lecture en CP, c’est primordial pour la suite », souffle Khalid El Yousoufi, conseiller municipal (LFI) et enseignant à l’école des Grands Cyprès qui est concernée par cet arrêt.

  • [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    « Régalez les jeunes avant la rentrée. » Saïd Sardi répète inlassablement cette formule pour résumer l’esprit du festival Back to School, dont la troisième édition se tient ce lundi, de 13h à 23h, au Parc Mistral, à l’Estaque (16e).

    Organisé par le créateur de contenu originaire de la Castellane et son association Castelife, en partenariat avec la Ville de Marseille et l’association humanitaire Life Ong, le rendez-vous entend d’abord soulager les familles avant la rentrée. « Le but, c’est d’aider les parents pour la rentrée en leur donnant un gros coup de main avec la distribution gratuite des fournitures scolaires », rappelle Saïd Sardi.

    Au total, 750 kits scolaires complets seront offerts, tandis que stands de coiffure, village aquatique, maquillage, jeux, espace bien-être, rencontres avec des entrepreneurs et restauration gratuite rythmeront l’après-midi. « Ce festival, ce n’est pas que la distribution de fournitures scolaires, c’est une vraie préparation complète à la rentrée pour régaler les jeunes et leurs parents », résume-t-il.

    Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes

    Cet événement s’inscrit pleinement dans la mission quotidienne de l’association : « Accompagner la jeunesse des quartiers populaires sur l’insertion professionnelle, précise le fondateur de Castelife. Avec cet événement, on incarne cette mission de faire le pont entre la jeunesse et les structures d’insertion ».

    Après deux éditions à La Castellane, le festival s’installe cette année à l’Estaque. « J’ai reçu tellement de demandes de jeunes d’autres quartiers que je me suis dit que l’Estaque était le lieu adapté car il est au carrefour de plein de quartiers populaires », justifie Saïd Sardi.

    Plusieurs personnalités connues et des créateurs de contenu, dont Bengous, Johan et Racha ou encore Houria Les Yeux Verts, sont attendus. De quoi nourrir les ambitions de Saïd Sardi : « En 2024, 1 000 personnes sont venues, l’année dernière 1 500 et cette année on en attend encore bien plus ! », conclut-il.

    De 13h à 23h. Réservations pour les kits via le lien disponible sur la page Instagram Castelife

  • Le comité de vigilance de Martigues inquiet de l’avenir du service postal

    Le comité de vigilance de Martigues inquiet de l’avenir du service postal

    Les rideaux métalliques du bureau de poste de Ferrières sont baissés vendredi 21 août. L’antenne n’accueille aucun usager depuis le début du mois, en raison de la pause estivale. C’est ce qu’explique l’affiche placardée sur la porte, qui indique néanmoins que l’espace pro reste ouvert de 8h30 à 17h en semaine, ainsi que le samedi de 8h30 à midi.

    En juin, le porte-parole du comité de vigilance postale de Martigues Francis Fournier s’agaçait : « Encore une fois, ce sont les zones populaires qui vont subir la dégradation du service postal ». Le bureau de poste de Ferrières dessert 10 000 usagers, pour la plupart issus de quartiers prioritaires de la ville : Notre-Dame des Marins, Canto-Perdrix ou Paradis Saint-Roch…

    Pour l’ancien postier, cette fermeture, bien que temporaire (l’antenne est rouverte ce lundi), est un échec. « C’est un mauvais signal », déplore-t-il. Si l’an dernier le collectif avait réussi a obtenir le maintien de l’antenne, menacée en raison d’une « baisse de fréquentation de 48% depuis 2019 », cette fois la mobilisation a eu plus de mal à prendre du côté des habitants.

    Du changement

    en septembre ?

    En interne aussi, le combat est compliqué. « À partir du moment où tu n’embauches plus des fonctionnaires, plus de CDI, que des CDD et des saisonniers, tu peux pas avoir des travailleurs et des travailleuses impliqués, dénonce Francis Fournier. Et puis la direction ne donne aucune informations aux organisations syndicales… »

    « La Poste va continuer à fermer », prévient le porte-parole du comité de vigilance postale. « Il y a quand même épisodiquement des fermetures sur Croix-Sainte, Jonquières a fermé tout l’été de midi à 14h, la Couronne n’est pas accessible le lundi… Dans le reste de la Côte Bleue, les bureaux de Carry-le-Rouet et de Sausset-les-Pins sont fermés un samedi sur deux, les autres ferment en tournant, la direction déplace le personnel parce qu’elle n’embauche plus et que les arrêts maladies pleuvent. Il y a une pénurie pas possible, le service publique se délite de l’intérieur ».

    Selon les informations du collectif, à partir de septembre, le bureau de Saint-Mitre-les-Remparts fermerait les après-midi, et celui de Croix-Sainte les mercredis. Contactée, La Poste n’a pas répondu à cette question.

    Une bonne nouvelle néanmoins : « Paul Sabatino, maire communiste du Rove siège désormais à la Commission départementale de présence postale territoriale, révèle Francis Fournier. On va travailler avec lui, je sais qu’il va monter au créneau ».

  • [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    « On fait de l’impro, chacun reste dans son personnage ! » Dans les locaux d’Action Bomaye dans le 15e arrondissement, les apprentis comédiens répètent leurs scènes sous les conseils de l’acteur marseillais Mourad Tahar Boussatha.

    Jusqu’à ce mardi, douze jeunes de 15 à 25 ans, issus des quartiers populaires, suivent gratuitement cette formation au court-métrage organisée par l’association Action Bomaye. Ils découvrent l’écriture, le jeu d’acteur, le tournage ou encore le maquillage d’effets spéciaux. Le but : réaliser deux courts-métrages autour de la transition écologique.

    « On leur fait découvrir des métiers pour lesquels on ne leur donne pas souvent leur chance », explique Mouna, responsable de la formation. Pour elle, travailler sur l’écologie permet aux jeunes de « prendre conscience que les quartiers prioritaires sont les premiers concernés par ces questions ».

    Sortir des clichés

    Pour les accompagner, Action Bomaye mise sur des professionnels aux parcours proches des leurs. « L’idée, c’est qu’ils puissent voir en eux des modèles », souligne Ismaël Cousin, fondateur de l’association. Parmi eux, Mourad Tahar Boussatha. « C’était logique de tendre la main à ces jeunes qui sont laissés pour compte par le système parce que j’étais comme eux », confie-t-il. Originaire du 3e arrondissement de Marseille, Marwa participe à la formation avec l’envie de gagner un milieu encore fermé. « C’est une vraie opportunité parce que je suis passionnée par le cinéma, mais je n’ai ni les moyens ni les contacts pour y entrer », témoigne-t-elle.

    Son groupe a imaginé un scénario de débat entre une militante écologiste et le dirigeant d’une entreprise polluante. « Le message, c’est que tout le monde peut agir pour l’environnement à son échelle », assure-t-elle.

    Les deux courts-métrages seront projetés fin août lors de la 5e édition du festival Happy End. Une façon, pour l’association, de faire naître de nouveaux récits. « Les jeunes des quartiers ont les mêmes rôles clichés au cinéma. Là, ils racontent leurs histoires à leur manière », conclut Ismaël Cousin.

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    Deux ans et bien des changements. Depuis son arrivée en mai 2024, le directeur du centre social Fabien-Menot, Maxime Tardivel, dresse un bilan positif en cette fin juillet. « Nous sommes sortis du comité de suivi de la CAF, l’instance pour les centres sociaux en difficulté, par le renouvellement de notre agrément avec le nouveau projet social 2026-2028 », se félicite-t-il.

    Ce projet s’adapte l’été venu. « On est plus sur des activités détente, vacances. On a plus de temps pour se poser sur les bancs, devant le centre, pour discuter avec les habitants », relate le directeur, même s’il y a « moins de monde dans le quartier, avec les vacances et retours au pays ». Il ajoute : « Ceux qui restent sont ceux qui ont le plus besoin de nous, pour s’évader ou rêver un peu. » C’est l’idée du dispositif Quartiers d’été. « Depuis deux ans, cela finance des sorties familles communes aux quatre centres sociaux de Port-de-Bouc, porté par Mandela », indique Maxime Tardivel.

    Mais il existe une problématique bien particulière, l’été, sur la Presqu’île. « L’accès à la piscine et l’apprentissage de la nage, c’est difficile, alors qu’on est dans un quartier cerné par l’eau. On propose des activités aquatiques, dont le “savoir nager”, qui aura lieu la semaine prochaine, où trois centres sociaux de la ville vont emmener une cinquantaine de jeunes apprendre la nage », développe le directeur.

    « Nous sommes dans

    une vraie quête de sens »

    Ayant déjà été directeur de centre social auparavant, Maxime Tardivel voit une évolution du métier depuis les débuts de la politique de la Ville, dans les années 1980. « Aujourd’hui, on est sur une vraie quête de sens sur ce que nous pouvons apporter aux populations avec qui on travaille, que ce soit les habitants des quartiers populaires ou résidentiels. L’objectif est de mettre ensemble les gens, le centre social, c’est pour tout le monde, pas que pour les “cassos” ! », affirme-t-il.

    Cela prend du temps, « pour installer le vivre-ensemble, ça ne se décrète pas », selon lui. Les repas régulièrement organisés par le centre sont des moments importants de lien social : « Nous sommes des ambassadeurs de bienveillance », lance-t-il.

    Cette démarche vaut aussi pour le jeune public accueilli. « Il est parfois plus difficile de mettre en action les jeunes, notamment à cause des écrans dans leur poche dont il n’est pas évident de sortir. Dans une société où tout est fait pour nous inciter à consommer, il faut les inciter à être acteurs de leur vie, donner envie de créer des projets pour y arriver. On a un peu plus de mal à le mettre en place qu’auparavant », remarque Maxime Tardivel.

    La Gazette de la Presqu’île, journal de quartier réalisé avec les jeunes, répond à cette problématique et à celle « de faire le tri dans les infos », selon le directeur. « Beaucoup d’habitants se plaignaient de passer à travers l’info. On a fait le lien avec les jeunes qui se sont investis dans le journalisme », à travers plusieurs stages. « S’ils connaissent les mécanismes de construction de l’info, ils sauront mieux différencier les fake news et les infos orientées. J’espère qu’ils pourront vite écrire et faire des choix éditoriaux », conclut le directeur. À démarche inédite, enjeux inédits.