À Marseille, deux jeunes dénoncent l’expulsion de leur hébergement

Ces deux jeunes, dont « un mineur non accompagné et un majeur qui est un ex-mineur non accompagné », d’après leur avocat Me Antonin Sopena, ne sont plus pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, gérée par le Département des Bouches-du-Rhône. Celui-ci leur a demandé de quitter le logement dont ils disposent à Marseille. Mais « aucune réponse ou proposition » n’a été trouvée pour qu’ils ne finissent pas à la rue, estime l’avocat.

Me Antonin Sopena ajoute : « Le Département leur a demandé de quitter les lieux le dimanche 11 octobre. Sans solution pour être à l’abri, ils ont décidé de rester pour éviter d’être à la rue, dans l’attente d’une orientation. Mes clients ne tirent pas de satisfaction de l’occupation d’un logement qui est destiné à l’Aide sociale à l’enfance. Mais ils ne peuvent pas se résigner à dormir dehors. Le Code de procédure civile indique qu’une expulsion ne peut se faire sans qu’une décision spécifique et explicite n’ait été prononcée. »

Lundi 12 octobre, les affaires d’un des deux jeunes auraient même été mises dans des sacs-poubelle puis placées en dehors de leur logement, toujours selon l’avocat des deux jeunes.

Le Département évoque « leur majorité »

Le Département et l’Association départementale pour le développement des actions de prévention (Addap) semblent décidés à mettre à la porte ces deux jeunes, avance l’avocat. « La serrure de la chambre de mes clients a été changée par l’Addap 13, sur ordre du Département, alors qu’ils avaient un rendez-vous. J’avais pourtant prévenu la structure que ces agissements sont totalement illégaux. » Il poursuit en assurant qu’une plainte et un référé liberté seront déposés. « Ce n’est que grâce à l’intervention de la police que mes jeunes clients ont pu réintégrer leur chambre lundi soir. Mais la problématique semble identique. Ils ne disposent pas de doubles des clés […] », ajoute Me Sopena.

Contacté par La Marseillaise, le Département affirme que « dans le cas des deux personnes concernées, la cour d’appel a reconnu leur majorité », et que « l’hébergement (…) des majeures relève de la responsabilité des services de l’État ». « Des échanges ont eu lieu avec les services départementaux et les équipes de l’Addap 13 afin de les orienter vers les solutions adaptées à leur situation, dont une possibilité d’hébergement via le 115 proposée à l’un d’eux, qu’il a refusé », assure le Département.

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