Tag: jeunes

  • [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    Rémy Cougnenc : D’ordinaire le mouvement social est calme avant la Présidentielle. Qu’est-ce qui fait que c’est différent cette fois ?

    Mathieu Guy : Habituellement en effet les mois qui précédent une échéance électorale sont plutôt calmes. Cette année ça ne l’est déjà pas. Le contexte s’est dégradé ces dernières années. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est l’annonce des économies dans la prochaine loi de finances. Le mouvement a débuté le 29 septembre avec la fonction publique avec toutes les difficultés rencontrées par les fonctionnaires avec le gel du point d’indice et les missions qu’ils n’arrivent plus à mener à bien à cause du manque de moyens. Cette dynamique de diminution d’effectifs est engagée depuis trop longtemps dans les services publics et les gels de salaires qui font qu’on a de moins en moins de candidats, notamment chez les enseignants. On a un ras-le-bol général. Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte. On pense qu’il peut y avoir une convergence qui mènerait vers des victoires le plus rapidement possible.

    Rémy Cougnenc : En 2023 sur les retraites, la mobilisation était massive mais le gouvernement avait fait la sourde oreille. Est-ce que le vent de fraîcheur de la jeunesse peut aider à la convergence des luttes qui a pu faire défaut par le passé ?

    Mathieu Guy : Je pense qu’il a manqué des ingrédients en 2023. On a pris la rue avec d’énormes mobilisations. Mais ce qui a été difficile c’est de mettre l’économie à l’arrêt. On avait travaillé à la CGT pour intégrer la notion de grève reconductible. Malheureusement c’est resté trop à la marge pour porter un coup d’arrêt. Ceci étant, on ne peut pas dire que 2023 a été un échec de la mobilisation. Il y a eu énormément de monde et les salariés ont retrouvé la confiance envers les syndicats qui avait peut-être été un peu perdue les années précédentes. Derrière cela a permis à la CGT de se renforcer en terme d’adhérents.

    Olivier Nottale : N’oublions pas que faire grève coûte de l’argent aux salariés qui ont déjà des problèmes de pouvoir d’achat…

    Arnaud Jean : Je voudrais rajouter que la lutte paye. Pour les retraites, dans les endroits où la grève reconductible a tenu, par exemple à la SNCF avec 59 jours de grève, on sort avec un accord de cessation progressive d’activité de 18 mois. C’est-à-dire que ce que le gouvernement nous a enlevés d’un côté, on l’a gagné par les négociations de l’autre côté avec la SNCF. Comme quoi quand on se mobilise, que les salariés sont unis notamment par la grève, au bout on arrive à obtenir des choses du patronat. La grève générale est un grand mot. La grève se décrète par les salariés entreprise par entreprise, chantier par chantier. Ça passe par des assemblées générales chaque jour sur les lieux de travail.

    Rémy Cougnenc : Quels sont les mots d’ordre de l’intersyndicale ?

    Mathieu Guy : Déjà le combat contre la vie chère. On la combat ainsi que l’inflation par des augmentations des salaires. Les primes existent de plus en plus. Un tiers de nos revenus dans la fonction publique sont des primes. C’est assez dramatique parce qu’elles ne sont pas comptabilisées dans les cotisations et ne financent pas nos systèmes de retraites. On demande une augmentation générale des salaires et des pensions, ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, retraités et des recettes pour l’État pour mieux redistribuer à travers la Sécurité sociale notamment. Je crois que l’inflation est à 15% donc il faut 15% de hausse des salaires. C’est la base minimale pour sortir la tête de l’ornière et faire en sorte que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.

    Olivier Nottale : Et aussi puissent aller travailler car certains sont pris à la gorge…

    Mathieu Guy : Vu le prix de l’immobilier à Montpellier, Sète ou Lunel, bref sur l’arc littoral, on constate que les travailleurs ne vivent plus sur leur lieu de travail, ils en sont de plus en plus éloignés. Avec le prix de l’essence, un salarié qui se déplace pour travailler ça lui coûte de l’argent.

    Rémy Cougnenc : Le patronat vous rit au nez quand on parle d’augmenter les salaires. Soi disant qu’il n’y a plus d’argent !

    Mathieu Guy : Un rapport a rappelé que 211 milliards d’euros sont donnés chaque année aux entreprises sans contrepartie. Les grands groupes du CAC 40 ont versé 61 milliards d’euros de dividendes au premier semestre 2026. On voit bien que de l’argent il y en a. Sauf qu’il va vers ceux qui en ont le plus. D’où des inégalités de plus en plus grandes et un monde du travail qui souffre.

    Rémy Cougnenc : Si on touche au capital, il y aurait des délocalisations. C’est l’éternel chantage à l’emploi…

    Mathieu Guy : Les patrons n’ont pas attendu qu’on gagne des hausses de salaires ou plus de justice fiscale pour délocaliser, supprimer de l’emploi, fermer les industries, démanteler tout ce qui peut l’être à leur bénéfice. Seconde revendication : c’est la question des services publics à l’abandon. Sans les pompiers, l’hôpital,… on aurait vécu des choses encore plus dramatiques (…) [Écouter la suite de l’émission avec la question de la liberté de manifester et les violences d’extrême droite].

  • La Marine lève le voile sur la lutte anti-sous-marine

    La Marine lève le voile sur la lutte anti-sous-marine

    C’est une exposition exceptionnelle qui s’ouvre au grand public ce mercredi 4 novembre. En effet, la Marine nationale, dans le cadre de son 400e anniversaire, présente « l’évolution des techniques et des technologies dédiées à la maîtrise du monde sous-marin », un des théâtres d’opérations les moins connus de la Marine nationale.

    Découvrir des métiers

    Une centaine d’objets étonnants, rarement visibles, seront exposés, permettant au grand public, y compris aux plus jeunes, de découvrir cet univers fascinant. Cet événement s’inscrit dans les célébrations organisées partout en France pour fêter les 400 ans de la Marine nationale et faire connaître cette armée qui protège la France et les Français, sur tous les océans, depuis plus de quatre siècles.

    La Marine nationale, la Délégation générale de l’armement, l’Ifremer, Naval Group, Thalès et ALSEAMAR seront présents pour accueillir et accompagner les visiteurs tout au long de l’exposition.

    Chaque après-midi en semaine, l’exposition sera uniquement accessible aux étudiants de la région afin qu’ils découvrent concrètement le monde sous-marin, les métiers liés à la mer et les opportunités professionnelles du secteur naval. Quelque 300 étudiants sont déjà inscrits.

    L’événement prendra place dans un cadre historique remarquable : le fort de l’Eguillette, construit entre 1674 et 1685 sous le règne de Louis XIV. Le fort de l’Eguillette forme avec la Tour royale et le fort Balaguier, le système défensif historique majeur de la petite rade de Toulon.

    Le public pourra visiter l’exposition du 4 au 15 novembre, hors 11 novembre, en semaine de 9h à 13h. Les week-ends de 9h à 13h et de 14h à 18h.

    Exposition de la Marine nationale
    sur la lutte anti-sous-marine, du 4
    au 15
     novembre, au Fort de l’Eguillette, 1 corniche Bonaparte,
    La Seyne-sur-mer.

  • La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    Le cerveau de l’enfant est vulnérable et malléable, il se façonne dans la relation à l’adulte », rappelle Vincent Théron dans son intervention au conseil de canton de Martigues mardi soir, salle Dufy. Cette idée tirée de l’œuvre de la pédiatre Catherine Gueguen résume l’enjeu de la protection de l’enfance, qui fait l’objet d’assises obtenues par le groupe communiste au Département les 18 et 19 novembre.

    Comme à Gardanne à la mi-octobre, les témoignages en attestent. « J’ai été victime d’inceste il y a plus de 20 ans. Ça a déclenché des handicaps chez moi » illustre cette jeune femme, « les enfants victimes de violences se construisent de manière bancale et les rendent plus vulnérables à l’âge adulte, par exemple aux violences conjugales ». Cette autre jeune femme membre du Mouvement des jeunes communistes rebondit : « L’Éducation nationale a mis en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais quel est le suivi ? » pose-t-elle. « Il faut donner les outils aux jeunes pour s’exprimer, au travers de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité », affirme-t-elle.

    Former à détecter

    Victime devenue travailleuse sociale, l’adjointe Marceline Zéphir considère que « la politique de la Ville permet de prévenir ces problèmes quand elle met en place des activités gratuites et des accompagnements financiers, psychologiques ou sociaux ». Le maire (PCF) Gaby Charroux complète : « Cela nécessite une vigilance permanente » des agents, « nous avons eu des expériences où il nous est arrivé de prendre des mesures d’éloignement contre des adultes ». « Nous formons l’ensemble de nos animateurs et de nos structures comme les CIS ou centres aérés qui sont un pilier préventif », poursuit cette agente de la Ville, « dès qu’on a un doute, nous faisons des informations préoccupantes », le dispositif de signalement des mineurs en danger.

    Mais au-delà de la Ville, Marceline Zéphir insiste sur le besoin « de développer les mesures d’Action éducatives en milieu ouvert », pour maintenir les mineurs en famille, « parfois mieux que d’être placé loin ». Mais aussi, l’élue appuie « le suivi des enfants jusqu’à 21 ans dans le cadre du contrat jeunes majeurs », contrairement à certains départements où « quand t’es majeur, tu te démerdes ».

    La conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti rappelle que « le service public et le tissu associatif ne sont pas des chances mais des choix politiques ». Son binôme Gérard Frau affirme dans ce sens que ces témoignages et propositions « doivent créer l’exigence que nous allons porter » lors des assises de la protection de l’enfance. Le prochain rendez-vous est à Arles, samedi 7 novembre à 17h en la Bourse du Travail.

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • [Parole de maire] Jean-Pierre Véran, maire (SE) de Cotignac (Var) : « C’est le premier étéaussi difficileà surmonter »

    [Parole de maire] Jean-Pierre Véran, maire (SE) de Cotignac (Var) : « C’est le premier étéaussi difficileà surmonter »

    En interrogeant sans concession
    les premiers magistrats
    des communes de Provence,
    sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des
    communes, cellule de base
    de la République.

    La Marseillaise : Après cet été difficile, comment se relève le village ?

    Jean-Pierre Véran : On a eu pas mal de réunions avec le préfet, avec le contrôleur général du Sdis et les différents partenaires, la police municipale, les gendarmes… Le préfet a mis à disposition les services de l’ONF ainsi que 14 personnes de l’ACES [Association pour le développement de l’économie sociale et solidaire, Ndlr], en réinsertion professionnelle. On est passé en priorité car on a beaucoup de bois à couper. On a eu 600 hectares de forêt communale brûlés et des travaux conséquents ont été entrepris depuis à peu près un mois. Ça nous permet de commencer à dégager les zones brûlées et de reconstituer ce qui a été touché par le feu. Il faudra des années, mais il y a eu une reprise intéressante de la végétation. Pour les sinistrés, le CCAS tient des permanences. On essaie de solutionner des problèmes, pour les assurances, quand ça n’avance pas trop, on essaie d’appuyer un peu sur le bouton pour dire aux assureurs de les aider, parce que ces gens-là ont perdu beaucoup.

    Peut-on parler de l’été le plus difficile de votre carrière de maire ?

    J.-P.V. : Clairement. Avant que le feu n’arrive le 21 juillet, la température était très haute, ce qui fait que la population restait chez elle, ce qui a eu des conséquences pour les commerçants. Et le feu a couronné le tout. Nous avons fait partie des communes les plus chaudes de France. Et avec ce feu qui a duré vingt jours, ça a créé un impact supplémentaire. Cela fait 36 ans maintenant que je suis maire et c’est le premier été qui a été aussi difficile à surmonter.

    On imagine qu’il y a eu des conséquences sur la fréquentation touristique, cœur de l’activité du village…

    J.-P.V. : Ce n’est pas tant le feu que la canicule qui a impacté l’été. D’ailleurs, avec le magnifique début d’automne, une très forte population est venue, surtout des touristes retraités qui viennent volontiers au village. On a un peu rattrapé ce qu’on a perdu en été en septembre et octobre. Et là, il semblerait que la semaine prochaine aussi, le temps soit encore bon. Il y aura un manque à gagner, mais pas aussi conséquent que ce que les commerçants attendaient, plutôt entre 10% et 20%, je pense.

    Malgré tout, cet été n’a-t-il pas permis de resserrer les liens avec les villages alentour, avec qui la solidarité s’est avérée très importante ?

    J.-P.V. : Tout à fait, que ce soit avec Entrecasteaux, Salernes, Carcès, Montfort-sur-Argens, Correns, Barjols ou Pontevès, il y a eu une très forte solidarité des communes à tous égards. Et ça continue d’ailleurs parce qu’on fait des manifestations ensemble, comme une journée de sensibilisation sur le feu, le 24 octobre dernier. Le 22 novembre, on va aller sur le terrain avec un spécialiste de la pierre sèche parce qu’on a découvert une ancienne glaciaire : on va faire une journée de sensibilisation pour remettre en état ce bâtiment. Ce sont des choses positives, importantes pour notre population parce que les gens sont ensemble, discutent et parlent du feu, certes, mais aussi de l’avenir.

    Vous êtes maire de Cotignac depuis plus de 36 ans. À 83 ans, qu’est-ce qui vous donne encore l’envie ?

    J.-P.V. : J’ai la forme, donc tant que ça peut aller, je tiens. Je n’étais pas trop chaud à l’idée de me représenter, mais mes collègues m’ont dit : « Jean-Pierre, il faut que tu continues, parce que tu connais bien la commune, les différents acteurs autour, les préfets, le Département, la Région, etc. » Moi, ça me fait plaisir, parce que quand j’ai pris cette commune, rien ne s’y passait. On a revu le village de fond en comble et j’en suis très fier et heureux. L’année dernière, dans le cadre des 120 ans de la laïcité, j’ai renommé une place « place de la République » car je suis très attaché aux symboles de la République. Je vais essayer de faire, au cœur du village, une résidence intergénérationnelle d’une dizaine de logements. Je veux mélanger jeunes et moins jeunes, parce que je pense qu’aujourd’hui, il faut essayer de grossir les liens, qu’on arrive à cette société, à ce qu’on se parle les uns et les autres. Tant que je pourrai tenir le cap, je serai là pour y participer.

    Quels sont les grands défis de ce mandat pour votre commune ?

    J.-P.V. : C’est tout ce qui touche à la transition écologique. On va faire un beau jardin de 1 200 m², un espace où jeunes et anciens vont se réunir, quelque chose de fantastique. En dessous, il y a beaucoup d’eau, on va créer des systèmes de jets sur lequel on est en train de travailler. Je suis aussi en train de lancer un projet important, un parking de 2 000 m² où je vais mettre des ombrières solaires afin de produire de l’énergie pour tous les bâtiments communaux. On va même en vendre à des bâtiments et des personnes qui en ont besoin. Je pense au centre commercial, la maison de retraite, quelques équipements à qui on va vendre de l’électricité à un prix moins cher. J’ai encore pas mal d’ambitions pour 2027 !

    Les aides aux collectivités diminuent de plus en plus. Êtes-vous inquiet face à ces contraintes budgétaires ?

    J.-P.V. : Oui, parce qu’on a de plus en plus de difficultés par rapport à l’État et le projet de loi de finances va encore grignoter notre budget. La baisse du taux de remboursement de la TVA [de 16,404 à 11,404%, prévu par le projet de loi finances, Ndlr], c’est encore une ressource qu’on va perdre. J’ai une situation saine, parce que comme je suis un ancien, j’ai toujours été attaché à une gestion rigoureuse, mais je suis un peu inquiet pour les nouveaux maires. On n’a pas le droit d’avoir des budgets déficitaires comme l’État, donc il faut qu’on soit équilibrés et malheureusement, les charges deviennent de plus en plus contraignantes. Et le millefeuille administratif, avec les communautés d’agglo ou de communes, représente aussi des charges qui commencent à être lourdes. Il y a des actions positives, mais il y a une gestion importante. Et en année électorale, c’est toujours plus difficile parce qu’il y a ensuite les législatives, la mise en place du gouvernement, on ne sait pas comment ça va se passer. Personnellement, mes dossiers peuvent être réalisés parce que je les ai préparés, mais si vous n’avez rien préparé, ce sera une année plus compliquée pour les élus.

  • L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    Fêter un centenaire, rare pour un être humain, pas si fréquent pour une structure associative. C’est le bel accomplissement que va célébrer, en 2027, l’Union sportive mourillonnaise, fondée en 1927 dans « un quartier populaire, profondément marqué par la mer, les marins, les ouvriers », retrace Michel Grillot. « Le rugby y trouve naturellement sa place. L’USM devient un club de quartier, de copains qui se retrouvent autour d’un ballon et de valeurs simples : l’amitié, le courage, la solidarité, le respect. » Mais cette histoire est troublée par la Seconde Guerre mondiale, d’abord, qui met le club en sommeil de 1939 à 1946. Puis, à partir des années 1960, par les difficultés à assurer la pérennité du club. Une nouvelle dynamique émerge en 1991, avec « une bande de copains avec l’envie de refaire vivre le club. Personne ne pensait que nous serions là 35 ans plus tard ».

    Des festivités « ouvertes sur la ville »

    Aujourd’hui, l’USM compte 332 licenciés, de l’école de rugby au sport adapté jusqu’à l’équipe séniors. Il a formé plusieurs joueurs professionnels passés ensuite dans les rangs du grand frère du RC Toulon. Mais au-delà de ces réussites sportives, « nous sommes fiers de tous ceux qui ne sont pas passés pros, et disent avec le sourire qu’ils ont porté ce maillot », tient à souligner Michel Grillo. Car avant tout, « les clubs amateurs sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale et de la vie du territoire. Leur rôle dépasse largement les limites du terrain. Ils créent des liens, là où notre société a tendance à en perdre ». Cela, grâce à une équipe d’une cinquantaine de bénévoles, sans qui « le club ne tiendrait pas ». Pour les accompagner, l’embauche d’un salarié à temps plein est souhaitée, « car la pérennité d’une association ne peut reposer que sur la bonne volonté », clame le président de l’USM.

    Pour fêter ces 100 ans d’histoire, le club a prévu de nombreuses festivités pour 2027. Sur les terrains, forcément, avec un tournoi international jeunes en mars et un tournoi de rugby adapté en avril. Mais aussi avec des événements « ouverts sur la ville, pas uniquement célébrés entre ses joueurs », appuie Jean-Luc Barthélémy, responsable des projets du club. « Nous voulons que les enfants, les habitants du quartier et les partenaires puissent s’approprier cette année. » À ce titre, chacun est invité à se rapprocher du club pour partager ses souvenirs. Y figureront, d’ailleurs, en bonne place, ceux qui ont fait l’US Mourillon et qui nous ont quittés trop tôt, comme Raoul Celioli, président du club à sa refonte en 1991, Jean-Alex Fernandez, créateur de l’école de rugby, ou encore Ludovic Astier, jeune éducateur du club disparu en 1998.

  • Plus de bénéficiaires et une année de licence prise en charge : avec « Coup d’envoi », le RC Toulon va plus loin pour les jeunes des quartiers prioritaires

    Plus de bénéficiaires et une année de licence prise en charge : avec « Coup d’envoi », le RC Toulon va plus loin pour les jeunes des quartiers prioritaires

    Plus de bénéficiaires et un vrai tremplin vers le monde du rugby. Pour sa dixième année d’existence, l’initiative du fonds de dotation du RC Toulon « Rugby Cœur Toulonnais », à l’attention des jeunes des quartiers prioritaires, se réinvente. Exit « RCT au cœur des quartiers », place à « Coup d’envoi », un programme en trois dates (contre six auparavant), qui va permettre à plus de 200 enfants (72 l’an dernier) de 6 à 12 ans de découvrir le monde du rugby et de se familiariser avec ce qui est aussi leur club.

    Un an de licence

    et des équipements offerts

    Deux prochaines journées auront ainsi lieu à Fréjus, en février, et en Provence verte, en avril. « Au lieu d’avoir les mêmes enfants qui viennent mensuellement, on a choisi d’en avoir sur trois journées et différents endroits », explique Bastien Leccia, assistant RSO et fonds de dotation du RCT. Cela dans le but d’élargir au maximum l’opportunité, car « socialement ou économiquement, on n’a pas forcément l’habitude de jouer au rugby dans ces quartiers, ou de penser que c’est accessible ».

    Pour la première étape, 90 enfants étaient réunis au stade Léo-Lagrange de Toulon, mercredi. La matinée était consacrée à la découverte du rugby, en compagnie de joueurs professionnels du RCT (Gaël Dréan, Rabah Slimani, Mathieu Smaïli et Patrick Tuifua). L’après-midi, place à des ateliers liés au handicap, à la citoyenneté et à l’environnement : découverte du rugby fauteuil avec les joueurs du RFCTPM, discussions et jeux avec la police municipale et des associations de protection de la Méditerranée… « Ça fait un parallèle avec les valeurs du rugby, le respect de la règle, de l’arbitre », justifie Baptiste Leccia. « Ça leur permet de pouvoir approcher différemment ces structures-là, notamment la police, d’être dans l’échange, parce qu’ils en sortent avec une tout autre image », plussoie Besma Djeribi, directrice adjointe du centre de loisirs « Des enfants, un quartier, la vie » à Toulon, qui avait déjà participé au programme les années précédentes.

    Et si des vocations naissaient de ces journées, le RC Toulon propose de payer la première année de licence et les équipements aux jeunes piqués par l’ovalie, pour que ce projet dure dans le temps. « Deux ou trois de nos jeunes étaient intéressés, l’année dernière. Ils vont pouvoir continuer la pratique. C’est un très beau cadeau », se réjouit l’éducatrice.

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • [Entretien] Serge Coutouris, CGT : « Un mouvement de grève historique sur cinq continents »

    [Entretien] Serge Coutouris, CGT : « Un mouvement de grève historique sur cinq continents »

    La Marseillaise : Quelles sont les raisons de ce mouvement de grève ?

    Serge Coutouris : Les travailleurs portuaires et dockers ont toujours refusé de participer aux guerres, car nous sommes fidèles à nos valeurs de paix, d’internationalisme et d’unité des travailleurs. Que ce soit pendant la guerre d’Indochine, du Vietnam, d’Algérie, d’Irak ou récemment d’Ukraine, notamment en refusant de charger ou décharger le matériel militaire, armes et munitions. Aujourd’hui, il y a un contexte où les conflits se multiplient et s’enlisent. Le capital tente, par tous les moyens, de s’approprier et de piller les richesses de certains pays. Et le génocide du peuple palestinien se poursuit dans le silence et la complaisance, non seulement des médias, mais aussi des instances internationales et des pouvoirs politiques. Notre fédération, depuis des années, a participé à de multiples rencontres avec des représentants de dockers d’autres pays. C’est le cas au sein d’EDC [European Dockworkers Council, instance européenne qui réunit des syndicats de dockers de plusieurs pays Ndlr], dont nous sommes adhérents et qui regroupe dix pays en Europe. Mais aussi en échangeant avec d’autres syndicats via des organisations internationales, comme la FSM [Fédération syndicale mondiale Ndlr] ou l’IDC [Conseil international des dockers Ndlr]. Tout cela a abouti à des rencontres à Athènes, Gênes et une majeure à Istanbul, le 8 mai dernier. De cette rencontre est sortie la Déclaration d’Istanbul, signée par des syndicats grecs, italiens, turcs, basques, marocains et chypriotes…

    La Marseillaise : Sur quoi porte cette déclaration ?

    S.C. : Cette déclaration porte sur quatre thèmes principaux : elle appelle à l’action contre les guerres et la militarisation, avec l’arrêt immédiat du génocide à Gaza, mais aussi à l’arrêt de la déréglementation et des attaques sur nos droits sociaux dans les ports et enfin, contre l’automatisation de nos métiers. Cette déclaration a permis au mouvement de grandir et de dépasser le cadre européen, elle a été signée par d’autres syndicats avec le temps. Enfin, EDC appelle aussi à la mobilisation ce 30 octobre, avec sa propre déclaration, mais qui fait écho à celle d’Istanbul et dont nous sommes également signataires. On est donc sur une coordination de lutte internationale historique. Ce qu’il se passe ce 30 octobre, c’est inédit. On a déjà eu des luttes communes avec des syndicats homologues européens, mais je n’ai pas souvenir d’une action de cette ampleur. Notre démarche concerne plus de 120 syndicats sur cinq continents qui se mobilisent, avec des formes diverses et variées. Dernièrement, des dockers irlandais, indiens, australiens, brésiliens et même états-uniens, se sont joints à l’appel.

    Qu’est-ce qui unit des dockers aussi éloignés géographiquement ?

    S.C. : On fait tous face à un ultralibéralisme sans foi ni loi. On voit bien que les attaques sont similaires d’un pays à un autre. Et les quatre thèmes de la Déclaration d’Istanbul ont des échos partout. Il y a une offensive réactionnaire et une montée du fascisme qui prône la guerre et gangrène la démocratie. Notre mouvement est motivé car dans beaucoup de pays, les travailleurs portuaires et dockers, tout comme les autres travailleurs, sont attaqués dans leurs droits et leurs libertés. L’actualité en France nous rappelle d’ailleurs nos heures les plus sombres : avec une répression policière contre les jeunes qui se soulèvent et des atteintes aux libertés. En parallèle, il y a une volonté du pouvoir à cibler certains ports, les militariser et les utiliser dans ce cadre. Ce qui est hors de question. Notre mouvement sert aussi à dire aux pouvoirs politiques français et européens : ne touchez pas à nos ports, ni à notre modèle social. Cela va d’ailleurs faire très mal au capital puisqu’on va perturber ou immobiliser les transports maritimes sur cinq continents.

    La CGT est plus que forte dans votre profession. Est-il nécessaire de disposer d’une telle organisation pour porter ce type de mouvement ? Et quel message adressez-vous au mouvement lycéen au regard du syndicalisme que vous pratiquez ?

    S.C. : Notre fédération représente 90% des travailleurs portuaires et dockers en France. Notre syndicalisme est fort et il s’est d’ailleurs renforcé puisqu’on a 87% de représentativité au niveau national. Grâce à cette représentativité, c’est la CGT qui pèse dans les négociations et l’on ne connaît pas la problématique d’organisations réformistes qui trahissent. Aujourd’hui, la jeunesse entre en action en réaction à un ultralibéralisme qui leur promet un avenir bien sombre : des salaires très bas, des libertés qui se restreignent de jour en jour, des inégalités sociales se creusent de plus en plus. Il est clair que les travailleurs doivent être aux côtés de cette jeunesse qui demande un monde meilleur. Notre mouvement du 30 octobre porte aussi sur ces sujets-là. Au-delà de la situation des ports, c’est aussi l’arrêt des politiques militaristes, agir pour l’arrêt du génocide… Notre organisation syndicale est de classe et de masse. Et ce qui est important ici, c’est le mot organisation. Si l’on veut obtenir satisfaction pour nos revendications, nous sommes convaincus qu’il faut s’organiser. Sans organisation, les mouvements populaires n’aboutissent pas, ils s’enlisent et ne permettent pas de trouver des réponses aux revendications. D’ailleurs, pour notre mouvement du 30, ce sont des organisations syndicales de multiples pays qui se sont parlé malgré nos différences, nos histoires et cultures de lutte différentes. Nous avons dépassé nos appartenances à nos organisations internationales et les divergences qu’il peut y avoir entre elles, pour que ça soit les syndicats qui soient à l’initiative de ce 30 octobre. Et cela permet à chacun de s’y inscrire.

  • [Rencontres d’Averroès Junior] Restitution des travaux à l’Espace Julien

    [Rencontres d’Averroès Junior] Restitution des travaux à l’Espace Julien

    Et ce, dans des conditions professionnelles, micro
    en main. Un travail et des paroles croisées récoltées dans le cadre du programme Averroès Junior, réalisé sous la supervision des professeurs des deux établissements, de l’une des coordinatrices du dispositif Émilie Ortuno et de la journaliste Lisa Chastel. Cette dernière a également travaillé à la réalisation de la création sonore collective Voyage scolaire de Marseille à Tunis.