À Digne, les lycéens veulent tenir sur la durée

« Il faut continuer à manifester comme on le fait, en y croyant à fond, et, au bout d’un moment, ils seront obligés de nous écouter », estime Matthias, 17 ans, élève en terminale au lycée Alexandra David-Néel. Les manifestants ont tenté de mobiliser, mardi matin, devant l’établissement scolaire, alors qu’ils sont de moins en moins nombreux. « Il faudrait qu’on soit beaucoup plus, et qu’il y ait une convergence des luttes », avance Faustine, elle aussi âgée de 17 ans et en classe de terminale à David-Néel.

« Il y a de moins en moins de monde, ça faiblit, mais j’ai espoir que cela reprenne à la rentrée, parce que, si les mobilisations s’arrêtent, on est décrédibilisés », regrette Maël, 16 ans, en première dans le même lycée. « On est peu, mais il y a beaucoup plus de profs et d’adultes », nuance Faustine.

« On n’est pas dans une grande dynamique de victoire », abonde Aurélien P., professeur d’histoire géographie à Alexandra David-Néel venu en soutien aux élèves. Son collègue, Loïc Z., se dit lui aussi « pas très optimiste ». « Il faudrait réussir à agréger la colère entre élèves et profs, mais, pour l’instant, on n’y arrive pas », avance Jérôme Callebaut, professeur au collège Borrely.

« J’avoue que c’est compliqué ce matin, il fait froid, il n’y a pas grand monde, ce n’est pas la matinée la plus encourageante », déplore Ivan, 17 ans, élève en terminale à David-Néel. « Le seul moyen pour que ça marche, c’est que ce soit tellement gros qu’ils soient obligés de nous écouter. Là, ça rame un petit peu… », regrette-t-il. « Il ne faut pas se laisser abattre », tempère le lycéen.

« Une situation précaire »

« Plus tard, je voudrais être professeur, mais l’État enlève beaucoup de postes de professeurs titulaires pour ne laisser plus que des remplaçants, une situation précaire. J’aimerais ne pas être dans une situation de précarité. L’État se fout de nous » estime Matthias.

Atteint de troubles autistiques, Maël déplore, lui, les mauvaises conditions de travail des AESH, « mal payées pour un travail louable », et les « injustices » entre les différents lycées de France. Les manifestants ont tenté de mobiliser les lycéens qui sortaient de l’établissement à la pause : « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! ».

« Balles dans la mâchoire car ils savent que la vérité sort de la bouche des enfants », pouvait-on lire sur l’une des pancartes. Les lycéens comptent sur le 17 octobre, samedi, pour faire converger les luttes.

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