Tag: Sud

  • Le Pic Saint-Loup sublimé aux Matelles

    Le Pic Saint-Loup sublimé aux Matelles

    Entre février et septembre derniers, l’artiste paysagiste a sillonné les trente-six communes de l’intercommunalité du Grand Pic Saint-Loup. Le résultat de ce périple est un ensemble de pastels représentant le Pic Saint-Loup et ses environs, comme la vallée de la Buèges. L’exposition culmine avec l’accrochage côte à côte de plusieurs dizaines d’images de vingt centimètres par vingt-quatre, le gabarit de prédilection de Thomas Verny. « Je suis originaire de cette région, où je suis revenu m’installer en 2010. Je recherchais la lumière du Sud : stable, contrastée et propice à la peinture en extérieur. (…) Je peins toujours au même format, 20 × 24 cm, parce qu’il me permet de travailler rapidement et de saisir un instant », explique-t-il. Thomas Verny perpétue la tradition de la peinture de paysage comme son professeur à l’école des Beaux-Arts de Paris, le peintre montpelliérain Vincent Bioulès. Ce dernier avait été accueilli à la Maison des consuls en 2019 pour aborder le même thème. Autour de l’exposition, un programme culturel est proposé. Il sera enrichi dans les semaines à venir. La Maison des consuls est aussi un musée d’archéologie. Une collection permanente d’objets néolithiques collectés dans la région est à découvrir.

    * Du mercredi au dimanche, de 14h à 17h.
    Entrée 5 euros.

  • Aix-Marseille : la fac fait bloc face à la flambée des frais d’inscription

    Aix-Marseille : la fac fait bloc face à la flambée des frais d’inscription

    Sur les bancs de la fac, la jauge est de plus en plus limitée pour les étudiants étrangers. Depuis le décret macroniste du 19 mai 2026, les étudiants non européens doivent s’acquitter de droits d’inscription s’élevant à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 170 et 243 euros pour les étudiants communautaires. Le texte restreint également les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés, qui devrait être plafonnée à 20% d’ici 2028.

    « Depuis hier, des étudiants se trouvent en difficulté et ne peuvent plus s’inscrire », alerte un délégué de Sud. Devant les grilles cadenassées du Pharo, jeudi, les jeunes, partis en manifestation depuis les Réformés, sont soutenus par les personnels d’AMU, « qui ont appelé à la grève dans une large intersyndicale », précise le délégué.

    Un décret passé en vitesse, une application voulue au plus vite. « Et Aix-Marseille Université file dans les rangs », déplore un gréviste du Snesup-FSU. « D’autres universités ont refusé d’appliquer ce décret et veulent continuer à accueillir tous les étudiants étrangers, sans discrimination », accuse encore une enseignante de la CGT Ferc sup. Le militant de Sud Solidaires transmet une annonce : « La date des inscriptions est repoussée au 30 octobre. » AMU accorde un souffle, pas plus.

    Dans le rassemblement, les profs sont solidaires. « Le principe est dégueulasse et la manière pas moins », dénonce Lionel Nguyen Van The. Révolté, l’enseignant en maths décrit une situation qu’il juge inacceptable : « Des étudiants ont candidaté. Ils ont été admis. Ils arrivent et on leur dit “vos droits passent de 300 à 3 000 euros !” Certains renoncent. Ce sont nos étudiants, on refuse de leur fermer les portes de l’université ! »

    Les étudiants, souvent anonymes, témoignent tour à tour de leurs « difficultés financières pour se loger », « des incalculables démarches administratives », « des efforts de nos familles pour qu’on accède aux études », mais aussi « de la joie d’être admis »… Puis vient « la chape qui se referme quand on arrive et qu’on se retrouve brutalement devant le fait accompli ». Militante du Réseau universités sans frontières (RUSF 13), Séverine Queyroy déplore : « En fac de sciences, la doyenne nous a indiqué qu’il y avait beaucoup moins d’inscrits cette année. Les étudiants subissent une forte pression pour payer les frais en une seule fois. »

    Devant les portes du palais verrouillées, la colère monte. Le président d’AMU, Eric Berton, est interpellé. « Berton descends ! », hurle un étudiant en apprenant qu’« aucune délégation ne sera reçue » et que « même Benoît Payan refuse de nous ouvrir la porte ». Le rassemblement déborde sur la chaussée, provoquant un embouteillage. Une vingtaine de policiers surveille le mouvement de l’autre côté de la route, sans intervenir. « Depuis septembre on se mobilise et Eric Berton nous envoie un mail pour dire qu’il entend nos revendications, mais qu’il faut manifester pacifiquement. Et ils nous envoient les CRS sur les campus, il minimise nos difficultés », estime une étudiante en colère. « Soit tu apportes une solution, soit tu donnes ta démission ! », scandent les jeunes alors que les klaxons s’emballent.

    Face à la hausse des droits d’inscription pour les étudiants extracommunautaires, Aix-Marseille Université avait annoncé, lors de sa rentrée du 7 septembre, l’exonération partielle ou totale de 1 500 étudiants sur les 5 500 concernés à la rentrée 2026. « Les bénéficiaires seront sélectionnés au cas par cas, avec une priorité accordée notamment aux étudiants issus de zones de conflit et aux boursiers d’excellence », avait précisé son président. « Nous devons dégager cette mesure, construire des AG ensemble, étudiants et personnels », s’accordent les manifestants, qui ont décidé de faire bloc contre ce qu’ils considèrent comme un sale coup porté à l’accès aux études.

  • Les étudiants bloquent le siège d’AMU au Pharo

    Les étudiants bloquent le siège d’AMU au Pharo

    Dès l’aube, plusieurs dizaines d’entre eux se sont rassemblés devant les grilles du jardin qui donne accès aux locaux de l’AMU. « Pas de distanciel, pas de CRS dans nos facs », pouvait-on lire sur leurs pancartes. Sans surprise, ils ont réclamé plus de moyens pour l’éducation. Notons que le syndicat SUD relaie un appel à la grève intersyndicale, ce jeudi, qui concerne les personnels
    de l’AMU. Un rassemblement est prévu à 12h30, au Pharo.

  • À Martigues, les lycéens manifestent « à leur échelle »

    À Martigues, les lycéens manifestent « à leur échelle »

    Imprévisibles, les lycéens ? À Martigues, le plan d’action de l’acte 5 de la mobilisation a changé « toutes les 30 secondes », reconnaît Mevann, l’un des jeunes organisateurs. À l’origine, une marche devait partir de l’établissement Paul-Langevin à 10h en direction de la place Jean-Jaurès. Finalement, le départ a été décalé à 11h, et les manifestants se sont dirigés vers Jean-Lurçat pour y récupérer d’autres élèves, avant de se rendre en centre-ville. « On vit au jour le jour, à la minute la minute », plaisante l’élève. La police municipale et les syndicats (CGT, SUD, Snes-FSU) ont joué le jeu de l’improvisation, sécurisant le joyeux cortège le long de son périple. Une centaine de personnes y ont participé, d’après les chiffres de la préfecture.

    Pour Mevann, la mobilisation est un franc succès : « Marseille, Aix-en-Provence, Arles… ce sont des villes étudiantes. À Martigues, on n’a pas de fac au-dessus du lycée, donc on ne peut pas se rattacher aux étudiants et à leurs organisations. Mais c’est important quand même de se faire entendre dans les petites villes où on subit le plus le manque de moyens. Heureusement, on est très suivis et soutenus par nos professeurs et les syndicats. À notre échelle c’est très bien ce qu’on fait. »

    Lou*, lycéen de terminale à Jean-Lurçat, explique que de nombreux camarades sont allés grossir les rangs de la manifestation à Marseille. Lui a préféré rester à Martigues. « Il y a de bons arguments de chaque côté. Certains préfèrent s’unir, et donc vont dans les grandes villes. D’autres plaident pour une action au niveau local, en disant que les lycées périurbains sont encore plus délaissés que dans les métropoles… J’ai pas la réponse, les deux choix sont corrects tant qu’on se bat. » Pour lui, tout l’enjeu est de ne pas laisser tomber le mouvement, que le gouvernement « tente d’étouffer », ou qu’il « déraille dans une lutte sans idée ». « On espère qu’après les vacances on aura des réponses ou des pistes de réponses, parce que là c’est plus possible. »

    Supprimer Parcoursup

    et la réforme Blanquer

    Pour Lou, le plus urgent est de « supprimer Parcoursup et la réforme Blanquer ». « Ça changerait beaucoup de choses, au niveau emploi du temps, santé mentale des jeunes… Même si ça ne réglerait pas tout, ça montrerait qu’on est écoutés et qu’on est dans la bonne direction. »

    Derrière une banderole, dans le cortège, Carla témoigne : « On veut pouvoir avoir une vie en dehors du lycée, voir nos amis, notre famille, faire du sport… C’est compliqué de gérer devoirs et extrascolaire. Et à vouloir tout faire, on fait tout mal. » À ses côtés, India acquiesce : « Notre santé mentale est en danger, on nous écoute pas, on se prend des réflexions et des reproches à longueur de temps alors qu’on va mal et qu’on fait notre maximum. » Carla dit être tombée en dépression « à cause de la pression de l’école » l’an dernier. « J’ai arrêté de venir, du coup j’ai dû redoubler. Maintenant j’essaye de faire de mon mieux. » Les deux amies demandent de meilleures conditions d’apprentissage, mais surtout une véritable écoute de la part du gouvernement pour « retrouver confiance en l’avenir ».

    *Le prénom a été modifié.

  • À Digne, les lycéens veulent tenir sur la durée

    À Digne, les lycéens veulent tenir sur la durée

    « Il faut continuer à manifester comme on le fait, en y croyant à fond, et, au bout d’un moment, ils seront obligés de nous écouter », estime Matthias, 17 ans, élève en terminale au lycée Alexandra David-Néel. Les manifestants ont tenté de mobiliser, mardi matin, devant l’établissement scolaire, alors qu’ils sont de moins en moins nombreux. « Il faudrait qu’on soit beaucoup plus, et qu’il y ait une convergence des luttes », avance Faustine, elle aussi âgée de 17 ans et en classe de terminale à David-Néel.

    « Il y a de moins en moins de monde, ça faiblit, mais j’ai espoir que cela reprenne à la rentrée, parce que, si les mobilisations s’arrêtent, on est décrédibilisés », regrette Maël, 16 ans, en première dans le même lycée. « On est peu, mais il y a beaucoup plus de profs et d’adultes », nuance Faustine.

    « On n’est pas dans une grande dynamique de victoire », abonde Aurélien P., professeur d’histoire géographie à Alexandra David-Néel venu en soutien aux élèves. Son collègue, Loïc Z., se dit lui aussi « pas très optimiste ». « Il faudrait réussir à agréger la colère entre élèves et profs, mais, pour l’instant, on n’y arrive pas », avance Jérôme Callebaut, professeur au collège Borrely.

    « J’avoue que c’est compliqué ce matin, il fait froid, il n’y a pas grand monde, ce n’est pas la matinée la plus encourageante », déplore Ivan, 17 ans, élève en terminale à David-Néel. « Le seul moyen pour que ça marche, c’est que ce soit tellement gros qu’ils soient obligés de nous écouter. Là, ça rame un petit peu… », regrette-t-il. « Il ne faut pas se laisser abattre », tempère le lycéen.

    « Une situation précaire »

    « Plus tard, je voudrais être professeur, mais l’État enlève beaucoup de postes de professeurs titulaires pour ne laisser plus que des remplaçants, une situation précaire. J’aimerais ne pas être dans une situation de précarité. L’État se fout de nous » estime Matthias.

    Atteint de troubles autistiques, Maël déplore, lui, les mauvaises conditions de travail des AESH, « mal payées pour un travail louable », et les « injustices » entre les différents lycées de France. Les manifestants ont tenté de mobiliser les lycéens qui sortaient de l’établissement à la pause : « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! ».

    « Balles dans la mâchoire car ils savent que la vérité sort de la bouche des enfants », pouvait-on lire sur l’une des pancartes. Les lycéens comptent sur le 17 octobre, samedi, pour faire converger les luttes.

    ET AUSSI

    Manosque

  • Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    « La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment » : les propos Sébastien Lecornu, mercredi soir, dans une allocution enregistrée et prononcée depuis Matignon. À la veille d’une nouvelle journée de manifestation lycéenne et au surlendemain d’une très importante mobilisation, le Premier ministre a voulu tenter l’apaisement. Sans aucune annonce cependant pour répondre à la colère des lycéens qui exigent des moyens pour étudier dans de bonnes conditions que ce soit en termes d’enseignants présents ou de bâtiments, ou la fin de parcoursup.

    Il n’a en effet que réaffirmé que « les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d’octobre » afin de répondre à la crise. Ou ressorti la carte du « temps de dialogue » dans les établissements en précisant que ceux-ci se poursuivraient « à partir de demain [jeudi], dans chaque lycée et jusqu’à la semaine prochaine ». Ou celle de la plateforme de dialogue ouverte par le ministère de l’Éducation se félicitant de voir qu’elle avait déjà recueilli plus de 40 000 contributions.

    Pas d’annonces supplémentaires non plus concernant la doctrine du maintien de l’ordre qui émeut le pays après 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation blessés parmi les manifestants. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez ayant annoncé dès le matin, au lendemain de la réunion autour d’Emmanuel Macron, la décision de suspendre l’usage des grenades assourdissantes pour ce mouvement, le Premier ministre s’est contenté de marteler que « les forces de l’ordre n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens ».

    Des propos qui n’ont pas convaincu les lycéens et les étudiants qui appellent à un Acte IV de la mobilisation ce jeudi, soutenus par les syndicats de l’Éducation – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – qui ont appelé à une journée de grève. Les organisations de jeunesse ont demandé à être reçues par le Premier ministre. « Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter et c’est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec » le Premier ministre, a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL) devant le ministère de l’Enseignement supérieur.

    Baisse de 12 à 18 centimes du litre à la pompe

    Craignant la convergence des colères, si celle de la jeunesse rencontre les mécontentements d’autres secteurs, Sébastien Lecornu a concentré sa réponse sur le ras-le-bol social en annonçant une baisse à venir des prix à la pompe pour les carburants. « Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse », a-t-il dit avant de décliner des mesures susceptibles d’alléger la pression sur les prix des carburants et de l’électricité qui entament le pouvoir d’achat, thème majeur de la présidentielle.

    Il a annoncé qu’il mettrait 10 millions de barils de gazole, issus des stocks stratégiques, à la disposition des distributeurs en France « au prix de revient ». « Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient [et] permettra mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole », a-t-il affirmé. En ce sens, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il réunirait à Matignon les distributeurs « pour y travailler dans les tout prochains jours ».

    Le Premier ministre a aussi indiqué que « le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver », et « demande » à EDF « de mobiliser au maximum ses capacités de production », tout en précisant qu’il reviendra prochainement sur le sujet.

    Soutien italien à la jeunesse

    Refondation communiste et les jeunes communistes italiens ont tenu à apporter leur soutien à la mobilisation lycéenne dans un communiqué. Les jeunes « soulèvent une question majeure : Que deviendra notre avenir ? L’avenir d’une génération qui vit dans une Europe où, presque partout, on réduit les dépenses sociales pour financer des allègements fiscaux en faveur des riches et l’achat d’armes ; une Europe où les jeunes sont souvent prisonniers de vies précaires et risquent désormais, en outre, de servir de chair à canon », écrivent-ils notamment. « Ils demandent des choses simples », ajoutent-ils, avant de conclure : « Leur lutte est la nôtre. »

  • Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Les « brebis galeuses », le terme est surexploité par le Rassemblement national dès qu’il est question de justifier les prises de paroles, écrits de ses partisans et cadres à caractère raciste, antisémite, de haine envers les musulmans, la communauté LGBT+, l’IVG… et la liste est longue. Dans ce domaine, la Provence se distingue par son lot de personnages particulièrement haineux qui pourraient former à eux seuls un troupeau.

    Ainsi, Frédéric Boccaletti, pourrait en faire partie. Ancien membre d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Maurras le désormais maire de Six-Fours a tenu dans les années 90 une librairie nommée Anthinéa à Toulon, ville voisine. Commerce dans lequel l’élu d’extrême droite vendait des ouvrages négationnistes et antisémites. Dans sa course victorieuse à la mairie, il a emporté Alain Trillat, compagnon de longue date. Désormais conseiller municipal, délégué aux cérémonies patriotiques, aux anciens combattants et correspondant défense, ce dernier avait été épinglé par Libération pour avoir republié sur Facebook des contenus à la gloire du maréchal Pétain.

    En mars dernier, La Marseillaise révélait que Lucas Conill, l’un des colistiers du candidat RN déchu à la mairie de Gardanne Bruno Priouret, s’affichait bras suffisamment tendu pour que l’on détecte un salut fasciste sur une photo publiée sur son propre compte Facebook. À Gap, la parole se joint aux gestes lorsque Yannick Magnier, candidat sur la liste lepéniste portée par Raphaël Leroux chante, dans une vidéo exhumée par Le Media et l’association Rec (Résistons ensemble contre la cyber-haine) : « la balade des sales rebeus », « les chambres à gaz c’était le bon temps » mais surtout « je suis un nazi », « heil Hitler ». Le parquet de Gap a ouvert une enquête à son encontre pour « provocation à la haine raciale », « injure publique en raison de l’origine » et « apologie de crime contre l’Humanité ».

    Que dire de l’élue d’opposition RN à la mairie d’Avignon Anne-Sophie Rigault, épinglée par le collectif No Pasaran pour avoir mené campagne avec des proches du groupuscule antisémite Amitié et Action française, scission du mouvement royaliste.

  • CGT et SUD font front pour un meilleur service public postal

    CGT et SUD font front pour un meilleur service public postal

    L’attaque contre les bureaux de poste ne passe pas chez les syndicats de postiers. « La vague et son ampleur sont inédites. Autant de bureaux concernés par des menaces de fermeture, ça ne s’est jamais vu ! », tempête Yann Quay-Bizet, facteur marseillais également bien connu pour son rôle de secrétaire général de SUD PTT Provence-Alpes. L’inquiétude et la colère sont aussi partagées par Stella Estaque, secrétaire générale de la CGT Activités Postales des Bouches-du-Rhône : « Ces bureaux sont amenés à une fermeture sèche pour certains, et pour d’autres à des réductions d’horaires ou d’effectifs importantes. Dans tous les cas, il va y avoir une baisse d’activité et ils ne seront plus ouverts normalement. »

    Les deux syndicalistes n’y vont pas de main morte et y voient là « la fin de la mission de service public de présence postale ». « Ces bureaux ne seront plus un service public de plein exercice où l’on peut être servi, près de chez soi, dans les meilleures conditions. La population n’aura plus accès aux bureaux à des horaires en dehors des heures de travail par exemple », développe Stella Estaque. Yann Quay-Bizet alerte aussi sur les inégalités à venir : « On a un problème de maillage territorial, certains vont devoir faire 5, 10, 20 kilomètres ! Certains bureaux sont dans des villages qui sont espacés les uns des autres. » Cette question de présence territoriale de La Poste n’est pas un détail pour les postiers : « Souvent, dans des petits villages, le bureau de poste est le dernier endroit où l’on peut retirer de l’argent, au-delà d’être à la Banque postale », pointe Stella Estaque. Quand Yann Quay-Bizet prévient : « Dans beaucoup d’endroits, la disparition du bureau de poste va tuer les commerces locaux. C’est un préjudice pour toute la population ! »

    Un plan mortifère

    pour 2031

    Surtout, les organisations syndicales insistent sur un processus qui s’inscrit dans une politique de libéralisation du service public postal qui s’accélère. « C’est une politique qui dure depuis un certain temps. Cet été, il y a eu des réductions d’horaires sur certains bureaux et ensuite la direction explique qu’il y a une réduction de fréquentation. Forcément, quand on ne prévient pas les usagers et qu’on réduit le temps l’ouverture de moitié, les gens vont dans d’autres bureaux ! », analyse Stella Estaque. Une politique qui en lien avec le plan « Ambition 2031 » de la nouvelle direction de La Poste, nommée l’année dernière. « Ce plan privilégie la banque-assurance, pas les activités non rentables comme la présence postale. Cela se traduit concrètement par un recul des bureaux de poste de plein exercice », conclut Yann Quay-Bizet.

  • Les psys de France Travail annoncent une grève jeudi à Marseille

    Les psys de France Travail annoncent une grève jeudi à Marseille

    La Direction régionale de France Travail Paca devrait, ce jeudi matin, voir son parvis envahi de psychologues en colère. Une grève de 78% des effectifs psys de l’opérateur public en Paca, accompagnée d’un rassemblement au pied de son siège régional, a en effet été annoncée par SUD Solidaire Emploi et la FSU Emploi. Car c’est essentiellement contre une « décision unilatérale et brutale » de la Direction Paca que les professionnels se lèvent : celle de la suppression de « l’animation régionale métier ». Concrètement, ce dispositif permettait des réunions techniques bi-semestrielles entre professionnels, centrés sur la déontologie, l’adaptation des pratiques en fonction du terrain ou la création d’ateliers à destination des demandeurs d’emploi. Un « outil central » pour les professionnels d’après le communiqué de SUD Solidaire et de la FSU. « Cette décision de la DR [Direction régionale, ndlr] diminue considérablement les relations professionnelles entre psychologues et animateurs régionaux, réduisant ses possibilités d’intervention, ses activités de régulation, de cadrage du métier et de l’offre de service, de recueil de nos pratiques, de nos initiatives locales et de nos besoins », précise le document.

    À cette revendication s’ajoute celle des effectifs, jugés insuffisants au regard de la charge de travail, plaçant certains employés dans une situation de « mal-être ».

  • Les facteurs des Docks en grève pour les tournées

    Les facteurs des Docks en grève pour les tournées

    Pas de pause dans le mouvement social des facteurs de la plateforme des Docks, dans le 2e arrondissement de Marseille. Plus d’une semaine après le début d’une grève en réponse à un projet de réorganisation des tournées, les petites mains du service postal ont remis le couvert, ce lundi, avec la reconduction de la grève « à la grande majorité » via une assemblée générale. Et ce, après un vote contre ledit projet de réorganisation en comité social et économique (CSE), le vendredi précédent. Pour rappel, les grévistes dénoncent un projet qui réduirait de moitié les tournées classiques des facteurs, avec l’instauration de tournées dites « clairsemées ». Une explication démentie par La Poste qui assure « adapter l’organisation à l’évolution de l’activité » et garantir le « maintien de 43 tournées de facteurs titulaires » . Mais cette fois, grévistes et direction de site ont commencé à discuter. « Ils ont soufflé le chaud et le froid. Au début, la direction a assuré qu’il n’y aurait pas de changement. Mais finalement, après notre assemblée générale, elle est revenue vers nous », relate Serge Reynaud, pour le syndicat SUD PTT. Avant de développer : « La direction a fait une proposition. S’il y a toujours l’idée de répartition des tournées, les collègues auront un casier, des rues fixes et attribuées dans ce qu’il a été présenté. Cela change tout puisqu’on défend la notion de titulaire de tournée. » Si le syndicaliste salue une proposition « qui va dans le bon sens », il reste sur ses gardes : « Il faut bien mesurer les conséquences à venir. C’est moins pire que la proposition initiale mais ça reste une réorganisation. » Une nouvelle assemblée générale a lieu ce mardi.