Tag: Sud

  • [C’est l’été] Bouquet final de la tournée d’été de La Marseillaise au parc Font Obscur

    [C’est l’été] Bouquet final de la tournée d’été de La Marseillaise au parc Font Obscur

    Le public pourra danser une dernière fois lors de l’ultime concert de la tournée d’été de La Marseillaise, ce vendredi 28 août, dès 20h15, au parc Font Obscur, dans le 14e arrondissement.

    La soirée débutera avec le groupe Sabotaaaage. Originaires du Sud de la France, ils font des mashups de grands tubes français et internationaux.

    Get The Beatles Back, composé de quatre musiciens et chanteurs, rendra hommage pendant deux heures au fameux groupe britannique en faisant revivre au public la révolutionnaire épopée musicale des Beatles. Ils interpréteront les grands standards des quatre garçons de Liverpool, en passant de « Yesterday » à « Help! ».

    Les événements de

    La Marseillaise continuent

    La soirée sera clôturée par DJ Bobzilla à partir de 23h20. Le DJ, habitué de la tournée d’été La Marseillaise, « s’adapte à ce que les gens aiment ». « S’ils passent une bonne soirée, je le vois à leurs sourires, je les vois danser et c’est ce qui me fait plaisir », nous confiait-il.

    La tournée d’été se termine mais les événements ne s’arrêtent pas pour autant. La Marseillaise retrouvera son public lors de la 5e édition de La Marseillaise Breaking Cup. Dès le 7 septembre, il sera possible de venir voir les danseurs s’affronter.

  • [Entretien] MagicQueen, «On est très heureux de participer à cette Tournée d’été»

    [Entretien] MagicQueen, «On est très heureux de participer à cette Tournée d’été»

    Le groupe, présent depuis cinq ans dans le Sud de la France, interprétera mercredi des chansons de Queen, groupe de rock anglais des années 1970 emmené par son emblématique chanteur Freddie Mercury. Un programme prometteur pour l’avant-dernière soirée de la Tournée d’été La Marseillaise avant une dernière date le vendredi 28 août au parc de Font Obscure, avenue Prosper Mérimée dans le 14e arrondissement à Marseille.

    La Marseillaise : Quel show allez-vous présenter ?

    Lesly Mantei : C’est un hommage entièrement dédié au groupe Queen qui dure 1h45. On s’est inspiré des concerts live, mais on essaie de rendre un hommage propre et subtil au groupe. Durant ce concert, on va interpréter tous les grands tubes de Queen : «I Want To Break Free», «A Kind of Magic», «Bohemian Rhapsody», «We Are The Champions».

    Comment avez-vous connu le groupe Queen ?

    L.M. : Je les ai connus quand j’étais enfant, grâce à mon père. Il m’a montré le concert de Wembley en 1986, c’était l’un de ses derniers concerts avant que Freddie Mercury ne meure en 1991. Je n’arrêtais pas de me dire : « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Ça m’a estomaqué, depuis, je suis resté fan.

    Est-ce qu’il y a une musique que vous préférez interpréter ?

    L.M. : « Bohemian Rhapsody », parce qu’on a fait en sorte que tout soit en live. On a vraiment travaillé pour avoir une identité musicale assez marquée. On chante tous les cinq, on a arrangé les voix, on a bossé sur beaucoup de morceaux, mais celui-là plus que les autres. Et personnellement, c’est la première que j’ai essayé de chanter quand j’étais plus jeune.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à participer à la tournée d’été de La Marseillaise ?

    L.M. : On est tous du Sud de la France, entre Toulon et Marseille. Pour nous, c’était important de chanter dans notre région. Le sonorisateur connaissait La Marseillaise, on a appris que c’était une sacrée scène. On est très heureux de participer à cette tournée.

    Est-ce qu’interpréter des chansons de Queen permet de tisser un lien particulier avec le public ?

    L.M. : Le groupe aurait eu plus de 70 ans aujourd’hui. Mais grâce au film qui a permis de faire connaître Queen aux plus jeunes, les chansons continuent de toucher toutes les générations. Quand on fait un concert, c’est toujours agréable de constater qu’on arrive à rassembler des gens de tous âges.

    Propos recueillis par Gabrielle Cartellier

    Tournée d’été La Marseillaise à Martigues, quai Jean Verandy, le mercredi 12 août, à partir de 20h30.

  • Une sapeur-pompier de Saint-Martin-de-Crau en Gironde

    Une sapeur-pompier de Saint-Martin-de-Crau en Gironde

    « J’ai toujours voulu être utile aux autres », témoigne Sophie Houles. L’assistante de direction au sein de la mairie de Saint-Martin-de-Crau raconte s’être portée volontaire dès le début des feux en Gironde, il y a maintenant neuf jours. Sapeur-pompier volontaire depuis quatre ans, la quarantenaire jongle entre son métier à la mairie et ses « missions sur des urgences vitales ».

    Sophie Houles est partie ce jeudi matin à cinq heures pour « prendre la relève », « cela fait des jours que ça dure et tout le monde est épuisé ». La sapeur-pompier explique : « Je peux partir grâce à la convention de la mairie avec le Sdis. » Cet accord permet aux sapeurs-pompiers volontaires de bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour partir soutenir leurs collègues sur les feux.

    Être au service des autres

    « En élevant seule des enfants, je ne pouvais pas me permettre d’être sapeur-pompier », confie Sophie Houles. Aide à domicile pour personnes âgées, puis dans une maison de retraite, et aujourd’hui assistante de direction à la mairie, elle raconte, depuis son enfance, « avoir toujours eu cette envie d’apporter mon petit truc, même si c’est minime ». C’est ce qui l’a poussée à se porter volontaire chez les sapeurs-pompiers.

    « J’aime beaucoup la nature et les animaux, c’est aussi ça qui m’a poussée à me porter volontaire », confie-t-elle. « Forcément, ça me touche de voir tous ces hectares de forêts partir en fumée », ajoute Sophie Houles. Cela représente également un « défi professionnel » pour cette originaire du Sud qui a peu fait face à des feux dans sa carrière.

    Bien qu’elle n’ait jamais parlé à ses enfants de cette envie de faire partie des soldats du feu, sa fille s’est engagée à 14 ans comme sapeur-pompier professionnel. Elle était dans le Var pour combattre les feux jusqu’à ce début de semaine.

    « L’anxiété et la peur, on les met de côté lorsqu’on part sur ce type de mission », assure-t-elle la voix ferme. Ce qui prime pour elle, c’est « ce que je vais pouvoir apporter sur le terrain ».

    Gabrielle Cartellier

  • Une réorganisation à La Poste de Vedène décriée par Sud PTT

    Une réorganisation à La Poste de Vedène décriée par Sud PTT

    Depuis trois semaines, La Poste a mis en place une nouvelle organisation au sein de son centre courrier de Vedène. Dans un communiqué diffusé ce mardi 28 juillet, Sud PTT dénonce une décision « qui casse le service public postal ».

    Le syndicat explique que l’entité, « pour faire des économies », a décidé que les facteurs doivent désormais « assurer à eux seuls la distribution du courrier, des lettres recommandées, des colis, des imprimés publicitaires, des repas à domicile ». Et ce « sans moyens supplémentaires et avec de moins en moins de collègues ».

    Mairie mobilisée

    Sud PTT liste comme conséquences, entre autres, une « suppression de 12 tournées de distribution, la disparition des tournées dédiées aux colis, la fin de la distribution du centre-ville du Pontet à vélo, des tournées fortement augmentées et devenues irréalisables dans les temps impartis, un manque de personnel pour assurer les remplacements » ou encore « des agents mis sous pression permanente et de nombreux collègues arrivés à bout ».

    Une situation qui est arrivée aux oreilles de la mairie d’Entraigues-sur-la-Sorgue, dont la distribution du courrier dépend de ce centre. La commune indique sur sa page Facebook avoir demandé des explications à La Poste, la réorganisation ayant affecté le quotidien de ses habitants. La Poste aurait indiqué que « ces perturbations étaient notamment liées à des difficultés de recrutement et à un important renouvellement des personnels ».

    Contactée par La Marseillaise, La Poste « ne souhaite pas commenter des prises de position syndicales relayées dans les médias » et indique que des échanges réguliers sont en cours avec les représentants du personnel.

  • Le sud, destination refuge en temps de crise

    Le sud, destination refuge en temps de crise

    Au Vieux-Port à Marseille, les valises s’entassent déjà sous l’ombrière. Assis sur ces bagages, les deux fils de la famille Fromentin patientent en regardant leur père dans la file d’attente pour accéder à la navette vers la Pointe Rouge. Venus de Marne-la-Vallée pour six jours, ils incarnent cette clientèle française qui, malgré un budget serré, n’a pas renoncé aux vacances. Leur destination aurait pourtant dû être tout autre. « C’était le voyage des 50 ans de ma belle-sœur prévu depuis un an. On devait aller en Sicile, mais c’est hors de prix », raconte Julie Fromentin.

    Cette adaptation des vacanciers, les professionnels du tourisme l’avaient anticipée. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que les inquiétudes du printemps, alimentées par les tensions au Moyen-Orient et la baisse du pouvoir d’achat, laisseraient finalement place à des perspectives plus rassurantes. « On a eu un printemps qui a démarré très doucement, mais pour juillet et août, les tendances sont positives », résume Isabelle Brémond, présidente de Provence Tourisme.

    Les premiers indicateurs confortent cet optimisme. Dans les Bouches-du-Rhône, les réservations de locations saisonnières affichaient, fin juin, une hausse de 7 % sur juillet et août par rapport à l’an dernier, avec +6 % pour le 14 juillet et +7 % pour le 15 août. Chaque été, le département accueille en moyenne 1,9 million de touristes. Les Français restent les plus nombreux, représentant 69 % des visiteurs. La clientèle étrangère est portée par les touristes allemands, américains, britanniques et italiens.

    À l’échelle régionale, l’optimisme est aussi de mise. « À date, on va faire a minima une aussi bonne saison que l’année dernière », assure François de Canson, président du Comité régional de tourisme Paca. Selon lui, « 80 % des professionnels se déclarent confiants pour leur activité cet été ».

    Pourtant, les vacanciers sont de plus en plus obligés de faire des choix. Une enquête de l’Ifop sortie en avril révélait qu’un Français sur deux prévoyait de réduire ses dépenses en vacances. « On voit des décisions plus tardives, des séjours plus courts et plus échelonnés dans le temps », confirme Isabelle Brémond.

    Partir, mais consommer différemment

    Même constat pour François de Canson : « Les Français ne renoncent pas à partir, mais ils consomment différemment. Une fois le logement payé, il faut arbitrer car le budget n’est pas extensible ». Isabelle Brémond abonde : « Le secteur de la restauration souffre, car là où on allait au restaurant trois fois par séjour, aujourd’hui, on va se faire la cuisine ou pique-niquer ».

    Dans les rues de Marseille, les vacanciers témoignent de ces nouveaux arbitrages. Venue de Lyon pour une semaine, Sandra reconnaît que, sans l’hébergement chez son amie Nassira, « [elle] ne serai[t] peut-être pas venue ». Plus loin dans les rues du Panier, Sacha, étudiante parisienne de 18 ans, a limité son séjour à cinq jours. « Au-delà, ça aurait été beaucoup trop cher, souffle la jeune femme qui s’est fixé un budget de 350 euros pour ses vacances. Déjà 180 euros de train, ça fait mal au porte-monnaie ».

    Au Vieux-Port, Thibault et Laetitia ont, de leur côté, traqué les bons plans : échange d’appartement, premier train Ouigo à 6h du matin et seulement un restaurant pendant leur séjour. « On ne voulait pas aller à l’étranger, parce que c’est trop cher et aussi par conviction », explique le couple. Marseille s’est naturellement imposée à eux : « On a vraiment choisi la ville. Il y a tout ce qu’on recherchait : les mobilités douces, les musées et le coût de la vie bien sûr. »

    Le témoignage du couple illustre le constat dressé par Julien Harounyan, adjoint au maire de Marseille en charge du tourisme : « Ce n’est pas une destination par défaut, c’est une destination qu’on choisit précisément pour son budget ». La ville profite d’une dynamique bien installée. En juin, la fréquentation a progressé de 4 % par rapport à 2025, les hôtels dépassent les 95 % de taux d’occupation et les locations meublées affichent 44 % de fréquentation supplémentaire. Marseille s’est même hissée en tête des destinations françaises sur le site spécialisé Booking en juillet, une première. Les récents concerts de Jul et de Bad Bunny, les demi-finales du Top 14 ou les ponts du mois de mai ont contribué à ces pics de fréquentation.

    Pour rester attractive, la mairie mise aussi sur l’Été marseillais, programme reconduit pour une 7e édition avec concerts, cinéma en plein air, activités sportives et visites. Le tout gratuitement. « L’objectif, c’est l’accessibilité pour les touristes, mais aussi pour les Marseillais qui sont là toute l’année et qui ne partent peut-être pas », insiste Julien Harounyan.

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Des feux « extrêmes » qui vont nous obliger à changer de doctrine dans les décennies à venir… Chercheurs à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Paca, Julien Ruffault, spécialiste des dynamiques de feux de forêt au sein de l’unité Écologie des forêts méditerranéennes, basé à Avignon, et Bernard Prevosto, spécialiste en écologie forestière méditerranéenne au sein de l’unité Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience, basé à Aix-en-Provence, font le point sur ce qui nous attend en matière d’incendie.

    Des phénomènes qui dépendent de trois facteurs, rappelle en préambule Julien Ruffault. La météo où les « températures élevées, l’humidité faible et le vent fort vont favoriser les incendies », la végétation, « toutes les forêts ne brûlent pas de la même manière » et enfin les activités humaines. L’homme étant « à l’origine à 95% des départs de feu en France ».

    Paradoxalement si le changement climatique a « fortement contribué à l’augmentation de ces conditions », poursuit-il, on note « une tendance à la diminution des surfaces brûlées », qui « s’explique par les investissements et progrès réalisés dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « On observe partout dans le monde l’apparition de feux de plus en plus extrêmes », alerte Julien Ruffault.

    En clair, des incendies de taille exceptionnelle ou qui ont « des impacts majeurs sur les populations, l’économie ou les écosystèmes », précise-t-il. Comme les feux de 2003 et 2022 où respectivement 73 000 ha et 59 000 ha de forêt et de terres boisées étaient partis en fumée.

    Vers une extension géographique du risque

    Ces feux étant incontrôlables, « il va falloir changer de paradigme », indique le scientifique. Ce que les pompiers ont déjà commencé à faire assure-t-il, en essayant de « protéger les populations, diriger le feu et l’attaquer quand on peut ».

    Si, pour l’été qui s’annonce, les prévisions restent difficiles à faire concède-t-il, au cours des prochaines décennies il faut s’attendre à une « extension géographique du risque vers le nord de la France et vers les zones de moyenne montagne », un rallongement de la saison principalement en zone méditerranéenne et dans le Sud Ouest et des feux plus fréquents. En conséquence, l’Inrae se pose en conseil pour anticiper. En proposant par exemple avec l’ONF et en partenariat avec Météo France et l’IGN, une carte nationale d’aléas incendies de forêt « qui servira de référence pour les politiques de gestion de risques », illustre Julien Ruffault.

    L’Inrae s’est aussi penché sur les capacités des plantes, en mode résistance ou résilience. Car « bonne nouvelle, nos végétations méditerranéennes ont développé des stratégies face à l’incendie », indique Bernard Prevosto. Avec son écorce mince, le pin d’Alep, qui occupe plus de 30 000 ha dans le Sud de la France, va par exemple mourir raconte-t-il. Mais les « cônes sérotineux » qu’il produit vont s’ouvrir sous l’effet de la chaleur, libérant des graines sur un sol brûlé, sans la concurrence d’autres espèces. Notre pin mettant « 20 à 30 ans pour reconstituer sa banque de graines », c’est la succession des incendies qui peut poser problème, conduisant même à « une dynamique régressive », nuance le chercheur.

    Néanmoins, après des tentatives de reboisement dans les années 70, 80, « beaucoup d’échecs », il s’agit de laisser aujourd’hui la nature « opérer » dans notre région et d’agir plutôt sur l’érosion post-incendie précise-t-il. « Les sols sont fragilisés, parce que la matière organique a été perdue, on peut faire des fascines pour aider à la reconstitution ou laisser des branches au sol qui vont constituer des abris pour les futures plantes », ajoute Bernard Prevosto.

    Côté prévention, un gros travail reste aussi à faire sur la « perte de la culture du feu dans notre région » estime Julien Ruffault, notamment sur la protection individuelle avec le respect des obligations légales de débroussaillement et les comportements, avant d’exporter ce savoir vers le Nord…

    « Nos végétations de Méditerranée ont développé des stratégies »

  • [Entretien] Christian Bosq : « Les traminots se sont battus avec détermination »

    [Entretien] Christian Bosq : « Les traminots se sont battus avec détermination »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

    Christian Bosq : C’était un moment important de ma vie personnelle puisque 46 jours de grève, on n’en sort pas indemne. Je voulais surtout remercier tous les gens qui se sont mobilisés. Il faut quand même rappeler que les traminots se sont battus pendant 46 jours avec force et détermination et que ce conflit social a pris une dimension nationale. Tout le peuple français s’est reconnu dans la défense du service public. Enfin, c’était aussi un moyen de remémorer les problèmes de transport à Marseille. Pour moi, on a toujours 50 ans de retard.

    Quelle leçon avez-vous tirée de ce conflit ?

    C.B. : La leçon que j’en tire, c’est que rien n’est impossible quand le combat est juste et que les salariés ont décidé de se battre. La grève est arrivée après un an de discussion. On a eu tout le monde contre nous, mais la détermination des travailleurs a eu raison du privé, car ce tramway tout neuf devait être donné à une filiale de Veolia.

    Cet épisode de votre vie a-t-il nourri votre mandat municipal (2020-2026) ?

    C.B. : Quelque part, oui. Même si, quand j’ai rejoint le Printemps marseillais, être délégué aux transports n’a pas été possible pour moi. J’ai eu une autre délégation, mais je regardais et je regarde toujours attentivement ce qu’il se passe à ce niveau-là. Aujourd’hui, j’aimerais justement que mon livre soit déclencheur de quelque chose.

    « Marseille – Le Tramway de la discorde », Christian Bosq, Éditions Maïa, 21 euros.

  • à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    « On est mobilisés pour les AESH qui sont indispensables, sans qui il n’y a pas d’école inclusive, et pourtant maltraités par le système », commence Cécile, professeure d’histoire-géo au collège Henri-Bosco. « Et elles sont presque toutes en dessous du Smic parce que c’est un temps partiel subi, imposé », ajoute la militante de la CGT. Elle déplore une fois encore une gestion de la pénurie, alors que la priorité voudrait de répondre aux besoins des élèves en situation de handicap, ainsi qu’une juste reconnaissance des missions de service public qui le permettent.

    Avec pour résultat des gamins insuffisamment accompagnés et « des collègues qui sont en souffrance absolue ».

    À ses côtés Bruno Combette (Snes-FSU), explique que dans le département du Var, il y a à peu près 2 000 AESH pour à peu près 4 500 élèves qui ont eu une notification handicap nécessitant un accompagnement individualisé. Un ratio qui démontre le manque de personnel.

    Et de poursuivre : « Nous demandons la création d’un corps de fonctionnaires AESH basé sur une catégorie B de la fonction publique, permettant de reconnaître leur importance et leurs compétences dans l’accompagnement éducatif des élèves. », L’enseignant et responsable syndical témoignant que lorsque les élèves bénéficient de nombreuses heures ils progressent très fortement.

    Mission de service public

    Pour Capucine, AESH depuis 3 ans, « il y a des choses qui semblent évoluer mais au final c’est tout le temps de la poudre aux yeux ». Et de poursuivre : « On était heureux d’entendre qu’il y allait avoir un groupe de travail autour de la titularisation de notre métier. Et on se rend compte que c’est tout l’inverse de ce qu’on attendait. »

    L’espoir d’avoir une vraie considération et un vrai statut, rincé aussitôt. « L’objectif, c’est vraiment de faire disparaître peu à peu notre métier, de remplacer l’aide humaine par des outils informatiques, du matériel », conclut-elle.

    « Ce qu’on réclame, c’est une fonctionnarisation, que ce métier soit totalement reconnu, à sa juste valeur, c’est-à-dire avec une grille salariale revue à la hausse », déclare Zoé Desmoulins (Sud-Éducation), qui dénonce « des conditions de travail toujours plus compliquées, toujours plus dégradées ».

    « Ce qu’on redemande c’est une revalorisation de notre situation, de notre salaire, et une vraie reconnaissance, à l am mesure de la place qu’on a dans l’école et qui ne fait que s’accroître », résume Mounia (AESH).

  • La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    À la tribune du 54e congrès de la CGT, pour cette deuxième journée de débats, on retrouve plus d’une douzaine de syndicalistes venus du monde entier : Amérique du Sud et du Nord, Asie, Afrique ou encore Europe. L’objectif est clair : « Nous construisons l’internationale du monde du travail face à l’internationale de la haine », comme le plaide Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

    Et que les syndicats s’enrichissent mutuellement de leurs expériences face au fascisme. Quand Maurizio Landini, pour le syndicat italien CGIL, juge que « toutes les dimensions de la mondialisation ont dégradé nos conditions de vies », son homologue espagnole, Christina Faciaben, pour la CCOO, abonde : « L’inégalité économique a été le terroir de l’extrême droite en Espagne. » Si le premier constate que « la concurrence entre les travailleurs se traduit par des divisions », la seconde note que l’extrême droite s’en nourrit et « polarise la société » pour mieux « défendre les élites ».

    De quoi faire écho à l’analyse de l’Amérique sous Trump par Nick Allen, pour l’organisation syndicale états-unienne SEUI : « Les digues sautent tous les jours : les milliardaires américains sont aux astres, l’état de droit perdure à peine. » Mais il n’est pas désabusé pour autant : « Un syndicat fort est la seule chose qui compte lorsque tout s’écroule. L’offensive, c’est garder le cap de la construction d’un syndicat capable d’imposer de la démocratie sociale. » Le cheminement est le même pour le militant brésilien Antonio Lisboa, de la CUT : « L’extrême droite est en recrudescence depuis 2008, cette crise structurelle du capitalisme. C’est la raison pour laquelle on a une alliance entre le monde financier et l’autoritarisme. Pour contrer le fascisme, il faut donc s’attaquer aux maux du capitalisme. »

    Une alliance mondiale

    Une chose est sûre, c’est que tous s’accordent pour un travail commun contre cette montée. « L’extrême droite est un défi mondial, il est essentiel de mettre l’accent sur les alliances des syndicats à l’international », réclame Christina Faciaben. Son homologue italien est d’ailleurs venu avec une série de propositions : « Le monde du travail doit réinventer une nouvelle vision à l’international. Le capitalisme a des approches radicales, nous devons l’être aussi. » Encore une fois, Nick Allen fait la synthèse : « L’antidote à ce poison est un programme de justice économique et sociale international. Ce congrès est un pas de plus dans la construction d’une internationale ouvrière. » Il s’appuie sans doute sur le constat réalisé par Magdalena Chojnowska, pour le syndicat polonais Opzz : « Un travailleur à Varsovie a plus de points communs avec un travailleur à Marseille qu’avec ceux qui cherchent à nous diviser. Il faut une coopération internationale plus forte. »

    Ce sont les représentants de deux pays du Sud qui résument l’envie partagée de ce meeting. « Les droites s’unissent par intérêt, ne nous divisons plus », tonne Roberto Baradel pour le syndicat argentin CTA-A, quand son camarade indien Gautham Modi, du NTUI, appelle à « construire une coalition syndicale à travers le monde ».

    La Palestine mise à l’honneur

    C’est toute la CGT qui a fait corps avec le peuple palestinien, ce mardi, à l’occasion de prises de paroles de Youssef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France. « Notre relation est historique, ancienne, ancrée dans la lutte du peuple palestinien pour ses droits. Nous avons des valeurs communes », a loué cette dernière.

    La délégation a été reçue avec la manière : applaudissements à tout rompre par l’ensemble des délégués debout.