Ils s’y attendaient. « Le préfet n’était pas là, on a été reçus par des représentants qui ont noté nos doléances sans nous apporter aucune réponse directe car ils n’ont aucun pouvoir », résume Alexis, membre du Mouvement national lycéen et de la délégation de quatre jeunes reçue, jeudi, en préfecture, après la manifestation. Ils y ont dénoncé « la répression policière » des derniers jours, évoquant les incidents survenus devant le lycée Marie-Curie, comme « le nassage, le gazage et les arrestations arbitraires » constatés, mardi, sur le cortège parti en manifestation non déclarée.
à ses côtés, Younes, de l’Union étudiante Aix-Marseille, note la « réussite » de cette nouvelle journée organisée au pied levé. Pour lui, la force du mouvement réside aussi dans le rapprochement entre lycéens et étudiants. Côte à côte sur les cortèges, ils partagent les mêmes difficultés. « Lorsque les lycéens disent qu’ils n’ont pas de chaise, pas de table, pas de professeur, la vérité, c’est qu’à la fac aussi », note l’étudiant en droit. Manque d’enseignants, locaux dégradés, personnels administratifs débordés, précarité des personnels : les mêmes problématiques traversent l’enseignement supérieur. Younes balaie d’ailleurs d’un revers les critiques du gouvernement sur le flou des revendications et renvoie aux dix mesures portées depuis des années par les organisations étudiantes.
« On n’imagine pas la fin de ce mouvement tant qu’on n’a pas de vraies réponses. On ne peut pas dire qu’on augmente le budget et qu’on supprime des postes de professeurs », reprend Alexis, rappelant que des lycées marseillais étaient déjà mobilisés, au printemps, contre les coupes budgétaires dans l’éducation nationale. « Un milliard, ce n’est rien. Il faut rattraper toutes les coupes qui ont été faites depuis plus de dix ans », abonde Younes.
Malgré l’approche des vacances, personne ne croit à un essoufflement. « La jeunesse est en colère et la colère ne se calmera pas avec deux semaines de vacances », assure Odile, du Comité de lutte d’Aix Marseille université, estimant que l’appel à la grève des syndicats travailleurs pour la rentrée battra le rappel. « C’est une mobilisation très créative. Les vacances peuvent casser une dynamique, mais je crois que beaucoup trouveront quoi faire pendant les vacances, ça sera un beau moment à vivre. »

Leave a Reply