[Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des sénatoriales dans le Var et au-delà ?

Jean-Louis Masson : C’est l’essence même du Sénat que d’être l’émanation des collectivités locales. Les sénatoriales sont donc le reflet des municipales. Le mode de scrutin est singulier puisqu’il n’est pas le même partout et qu’il est complexe lorsqu’il est à la proportionnelle. Dès lors au plan national comme au plan local, les résultats sont conformes à ce qui pouvait être attendu. La droite et le centre sont restés majoritaires dans les mairies. Ils le resteront donc au Sénat. Le RN et LFI qui ont connu quelques succès électoraux aux municipales vont voir un groupe pour le premier et deux sénateurs pour le second. Dans le Var, la liste LR remporte la victoire des suffrages avec 40% des voix. En tant que président de la fédération LR 83, je félicite nos deux élus : Françoise Dumont qui voit son mandat renouvelé et Christian Simon, un maire de premier plan, qui va enrichir le Sénat de son expérience importante d’élu local.

Renaud Muselier a annoncé
qu’à la suite de ce scrutin, il passerait la main à François de Canson. Vous vous étiez opposés par le passé, a-t-il votre soutien
 ?

J.-L.M. : Nous avons plus souvent été ensemble qu’opposés. Je suis président du Département, le fait qu’un Varois puisse accéder à la présidence de la Région, je m’en réjouis.

Après un été très douloureux dans le Var, vous appelez à sortir de la conception forêt-musée ? Qu’entendez-vous par là ?

J.-L.M. : Je ne crois pas à la protection de l’environnement en y excluant l’activité humaine. La vision dogmatique de la protection environnementale a montré ses limites voire sa dangerosité cet été lors des incendies. Je revendique de pouvoir protéger les personnes et les massifs forestiers avec une autre approche. Je considère que nos forêts doivent être gérées, dans le respect de ce que nous connaissons de la nature certes, mais gérées. Cela veut dire par exemple que les procédures d’exception qui permettent de lutter plus efficacement contre un incendie doivent également être valables en tant que règles de prévention des incendies.

Comment le Département peut-il aider à l’adaptation au changement climatique ?

J.-L.M. : Pour ne pas faire un long catalogue, je retiens deux sujets. D’abord, nous lançons une démarche d’ampleur concernant les énergies renouvelables notamment solaire. Par ailleurs, s’agissant de la rénovation ou de la construction de nos bâtiments publics, nous mettons l’accent sur la sobriété énergétique.

Au-delà des particuliers et des collégiens, les agriculteurs et notamment les viticulteurs sont également touchés.

J.-L.M. : Ils sont parfaitement conscients des enjeux. Ils sont force de proposition. En matière de gestion de l’eau, leur approche est lucide et responsable. Au sujet de l’adaptation des cultures, il en va de même. Je me félicite régulièrement de la coopération des agriculteurs varois pour tous les sujets environnementaux.

Le pouvoir d’achat des Français est durement comprimé par l’envolée des prix des carburants. Quel est votre message en direction de l’État et que peut un Département comme le Var pour rendre du pouvoir d’achat à ses habitants ?

J.-L.M. : L’attention que nous portons à ce sujet est constante, pic des prix du carburant ou pas. C’est ainsi que nous avons choisi et que nous nous sommes tenus à la modération tarifaire en ce qui concerne la restauration scolaire.

Vous avez récemment inauguré des « logements inclusifs » à destination des personnes handicapées. En quoi consistent-ils ?

J.-L.M. : Il ne faut pas ajouter l’isolement au handicap, c’est pourquoi, ces lieux de vie proposent des espaces partagés qui invitent les résidents à plus de moments en commun.

L’année prochaine a lieu l’élection présidentielle. La victoire de l’extrême droite est-elle inéluctable ? À droite et au centre, nombreux sont les candidats. Quel est le vôtre ?

J.-L.M. : Je n’aime pas la politique-fiction ni ramener la politique aux spéculations qui relèvent du jeu de hasard. Nous savons tous qu’aucune campagne ne se déroule comme il est raisonnable de l’envisager plusieurs mois à l’avance. Dès lors aujourd’hui, rien n’est inéluctable. Nous ne connaissons même pas encore ni la totalité des candidats ni même ceux qui vont concourir jusqu’au bout. À date, mon parti a un candidat, par conséquent la question ne se pose pas à moi.

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