Tag: Conseil Départemental

  • Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Nous sommes dans une situation de maltraitance étatique comme nous en avons rarement connu. Depuis dix ans, nous alertons sur les mêmes incohérences et insuffisances de la part de l’État, qui assèche les fonds destinés aux services publics et aux collectivités locales », a déclaré Jean-Marie Bernard (LR), lors de la séance du Conseil départemental ce mardi. Le président des Hautes-Alpes a donné le ton : les questions d’orientations budgétaires ont dominé l’ordre du jour, sur fond d’inquiétude des élus quant aux marges de manœuvre financière du Département.

    Alors que le gouvernement fait face à une situation financière critique, le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) entend mettre à contribution, entre autres, les départements. « Mais nous refusons d’endosser la responsabilité des conséquences budgétaires de l’État », a poursuivi l’élu, dénonçant la « condescendance » du gouvernement. « Le Département est, avec la commune, le service public de proximité par excellence. Nous finançons les routes, les collèges, des projets d’aménagements pour nos vallées, et nous garantissons une solidarité entre concitoyens, que ce soit sur la question du handicap, de l’insertion ou du vieillissement. » Les élus sont unanimes sur la nécessité de « continuer à faire tourner le Département » et de « faire autant avec moins ».

    Plus de dépenses,

    moins de recettes

    Patrick Ricou, en charge des finances, a présenté les différentes contraintes. À commencer par le contexte budgétaire national, qui impacte aussi les collectivités locales : « Nous avons une croissance nationale qui tâtonne, et de l’autre côté une inflation qui ne cesse de grimper. La dette de notre pays et l’augmentation des taux d’intérêt sont une vraie préoccupation ».

    Si le PLF 2027 est adopté tel qu’il est aujourd’hui prévu, le Département devra contribuer « à l’effort national ». Ce qui signifie, concrètement, plus de dépenses et moins de recettes. Les Hautes-Alpes devront dépenser 2,1 millions d’euros dans le cadre de la Contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), et verront leurs frais augmenter du fait de « mesures exogènes », comme la hausse du montant du Smic ou l’évolution des prestations sociales. Elles verront également leurs recettes diminuer de 2,81 millions d’euros à cause du blocage du gel de la TVA et de la baisse du FCTVA, une aide de l’État qui rembourse aux collectivités la TVA qu’elles paient lorsqu’elles réalisent des investissements. « On est en plein dans un effet ciseau, a dénoncé Patrick Ricou, des dépenses rigides avec peu de marge de manœuvre, des recettes peu dynamiques et une ponction importante de l’État pour le redressement des finances publiques. »

    Mais pas question de réduire les investissements « en faveur du territoire » : « Il est donc impératif de stabiliser la courbe des dépenses de fonctionnement, qui concernent notamment la masse salariale ». Pour cela, les élus prévoient de mener « des efforts de gestion », de stabiliser le niveau d’épargne et d’augmenter le taux des DMTO, des frais de notaire qui s’appliquent aux citoyens lors d’un achat immobilier. Il passera de 4,5% à 5%, mais les primo-accédants seront épargnés de cette revalorisation.

    Ces mesures permettront d’envisager un niveau d’investissement annuel qui reste important, de l’ordre de 56 millions d’euros. Car malgré ces contraintes, le Département assure maintenir ses engagements pour 2027 : modernisation des infrastructures routières, amélioration du patrimoine scolaire, solidarité humaine ou encore réduction de la fracture numérique.

  • Christian Mounier élu président avec une majorité renforcée

    Christian Mounier élu président avec une majorité renforcée

    Cette fois, pas de coup de Jarnac ou d’élection incertaine. À l’inverse de 2021 où les blocs de droite et gauche étaient au coude-à-coude lors de l’élection de Dominique Santoni (LR) à la présidence du Département, ce lundi Christian Mounier (DVD) a pris la suite sans trembler. Celui qui était jusque-là vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture a été élu avec 15 voix. Il devance Sophie Rigaut (PS) qui a glané 8 suffrages et Anthony Zilio, maire (DVC) de Bollène (3 voix). Huit abstentions ont été enregistrées, émanant a priori quasi toutes de l’extrême droite qui n’avait pas présenté de candidat.

    Sans surprise également, il a fallu trois tours de scrutin pour remplacer Dominique Santoni, contrainte de laisser la présidence après avoir été élu sénatrice fin septembre. Comme martelé depuis son élection au palais de Luxembourg, l’ex-présidente « ne quitte pas le Vaucluse » et présidera d’ailleurs le groupe de la majorité (lire ci-dessous). Pour être élu dès le premier tour, il aurait fallu disposer d’une majorité absolue (18 voix). Assez improbable vu la configuration de l’hémicycle. Seul le 3e tour désignait un vainqueur à la majorité relative -celui qui a le plus de voix l’emporte-. Si Sophie Rigaut et Anthony Zilio ont à chaque fois obtenu 8 et 3 voix, Christian Mounier est passé de 14 à 15 voix entre le 1er et le 2e tour, faisant reculer l’abstention de 8 à 9 suffrages.

    Comme nous l’indiquions dans notre édition du week-end, Anthony Zilio s’est contenté de 3 voix. En revanche, la gauche qui en escomptait 10 a connu un peu de déperdition. À l’inverse, la majorité de droite certifiait avoir sécurisé 13 voix et en compte donc 2 de plus. Une a été officialisée : celle de Léa Louard, élue en 2021 à gauche avec son binôme écologiste Samir Allel… Fantomatique depuis 5 ans, elle siégeait ce lundi à une nouvelle place dans la majorité, aux côtés de Dominique Santoni. Un retour aux sources pour celle qui, en 2014, avait été élue au conseil municipal d’Avignon sur la liste de droite.

    Le secret bien gardé

    de l’isoloir

    Après les votes, dans les couloirs du Département, difficile de percer le secret de l’isoloir. Quels sont les deux élus supplémentaires à avoir voté Christian Mounier ? Où sont parties les deux autres voix classées à gauche ? Chacun doutait un peu de tout le monde… « La gauche dévisse et la droite a sensiblement besoin de l’extrême droite pour gagner », commente Anthony Zilio. Allusion à l’hypothèse, qui circulait déjà la semaine dernière, du possible vote de Jonathan Argenson, dernier rescapé de la bompardie, à Christian Mounier. Une chose est sûre : même avec une gauche à taux plein et une droite un peu affaiblie, l’issue du scrutin n’aurait rien changé. « Je suis certainement le moins politique de vous tous, à vous de déterminer qui m’a apporté ces voix », ne s’aventure pas à analyser Christian Mounier, questionné à l’issue de la séance.

    « Il y a eu des votes cachés », ne peut que constater Sophie Rigaut. L’élue du canton de Vaison préfère aller de l’avant : « On va continuer à travailler pendant un an et demi en intergroupe sur les sujets évoqués dans ma candidature ». Une heure et demie plus tôt, Sophie Rigaut a été la première à se déclarer dans l’hémicycle. En « femme de gauche et fière », elle souhaitait « impulser plusieurs inflexions sur la politique trop rigoureuse du Département car nous disposons de marges de manœuvre ». Protection des plus vulnérables, aide soutenue à la construction d’Ehpad et de logements sociaux, évaluation du dispositif RSA ont été cités.

    Anthony Zilio avait, comme mercredi face à la presse, mis en avant une candidature de dépassement. « Le sens de ma démarche est de dépasser les blocs droite/gauche, je ne suis pas candidat pour défendre un camp ou un autre mais pour rassembler, non pas une alliance de circonstance mais une majorité de travail », plaide le maire de Bollène, redoutant que le choix Mounier soit celui « de l’immobilisme qui se traduira dans 18 mois par l’extrême droite ». Post séance, Anthony Zilio craint que 5 cantons basculent (Pernes, Cavaillon, Apt, Valréas et Vaison). Même s’il savait qu’il ferait « 3 voix », il ne « regrette pas » sa candidature. Il appelle à davantage d’investissement et d’aides aux communes et donne « rendez-vous en 2028 ».

    Enfin, dernier à se déclarer, Christian Mounier. Ou plutôt à se faire déclarer. Car c’est Dominique Santoni qui a pris la parole pour, succinctement, appeler à « préserver notre dynamique » et « apporter le soutien de notre majorité à Christian ». À voir désormais comment cette majorité se traduira dans les futurs votes. Et ce dès le 20 novembre, date de la prochaine plénière, consacrée aux orientations budgétaires.

  • Une présidence bien plus que dans les pas de Santoni

    Une présidence bien plus que dans les pas de Santoni

    À 15 mois des prochaines élections départementales, il ne faut pas s’attendre à une révolution à la tête du Département. Élu ce lundi, Christian Mounier (DVD) compte marcher dans les pas de Dominique Santoni voire même enfiler ses chaussons. « Je n’étais pas programmé pour ce poste, je ne remplace pas Dominique Santoni, je vais essayer de lui succéder au mieux », livre l’ex-maire de Cheval-Blanc devant la presse.

    À quelques mètres de là, l’intéressée ne perd pas une miette des premiers mots de son ex-vice président dont elle a officialisé la candidature en séance (lire ci-dessus). « Il est le meilleur pour assurer la stabilité, indique la nouvelle sénatrice qui va désormais prendre la présidence… du groupe majoritaire. Et quand on lui demande si Christian Mounier ne serait pas son homme de paille, Dominique Santoni répond par une pirouette malicieuse : « C’est un agriculteur… ». « Je dois tout à Dominique Santoni, elle a été une présidente exceptionnelle », ne tarit pas d’éloges Christian Mounier qui met en avant le projet plutôt que sa personne. « Que ce soit Mounier, Jean-Pierre ou Jean-Paul, on ne va rien changer ». Y’aura-t-il une patte Mounier ? « Elle ne sera pas différente de la patte Santoni, on continue de la même façon tout ce qu’on avait défini », assure-t-il.

    Pour son premier discours face aux élus, Christian Mounier (67 ans) s’est placé en « président de transition », sorti « de la faculté de Cheval-Blanc », avec comme mots d’ordre « continuité, stabilité, unité ». Sa seule « ambition ? » « Servir le Vaucluse avec humilité et neutralité ». Longtemps agriculteur, il a démarré son discours en mettant en avant ce secteur-là, « première activité économique de Vaucluse ». Élu départemental depuis 2015, il se revendique « d’un autre bon sens, celui paysan qui vient de la terre », loin « de ce monde politique nouveau qui parle beaucoup et regarde son nombril en comptant frénétiquement le nombre de like qu’il obtient sur Facebook ». Une pierre dans le jardin du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Dans un communiqué de « félicitations », celui-ci espère toutefois « ouvrir ensemble une nouvelle dynamique, fondée sur le dialogue » et « renforcer les coopérations entre le Département et Avignon ».

  • Christian Mounier élu nouveau président du département de Vaucluse

    Christian Mounier élu nouveau président du département de Vaucluse

    Le Vaucluse a un nouveau président : Christian Mounier, candidat de la majorité de droite. Ancien maire (DVD) de Cheval-Blanc et actuel vice-président délégué à l’eau et à l’agriculture, il a été élu ce lundi matin après trois tours de vote. Avec 15 voix, il arrive en tête devant la socialiste Sophie Rigaut (8 voix) et le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio (3 voix). Huit bulletins blancs ont aussi été enregistrés, émanant vraisemblablement des élus d’extrême droite qui n’avaient pas présenté de candidat.

    Un scrutin rendu obligatoire après la démission de Dominique Santoni, ex-présidente LR élue sénatrice fin septembre.

    Plus d’informations dans La Marseillaise du 3 novembre.

  • Jour J pour le vote de la nouvelle présidence au conseil départemental

    Jour J pour le vote de la nouvelle présidence au conseil départemental

    En 2021, Dominique Santoni (LR) était devenue la première femme présidente du Département. La désormais sénatrice, contrainte de quitter la présidence, espère qu’un homme lui succédera, ce lundi matin (9h30). Les 34 conseillers départementaux sont appelés à élire leur nouveau président qui achèvera le mandat jusqu’à la mi-2028.

    Bien qu’il ne se soit pas officiellement déclaré, Christian Mounier est attendu pour incarner la continuité de la majorité de droite. Et a donc l’appui de Dominique Santoni. L’ex-maire de Cheval-Blanc, vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture, semble favori du scrutin et devrait concourir face à deux autres candidats : Anthony Zilio (DVC) et Sophie Rigaut (PS). Le premier, maire de Bollène, espère tout de même rassembler les deux blocs de droite et de gauche. En 2021, bien qu’issu de la gauche, il avait voté Dominique Santoni à l’issue d’un scrutin très disputé, la droite l’emportant de 14 voix face aux 12 de la gauche (Jean-François Lovisolo) et huit abstentions du RN.

    L’élection se joue sur trois tours maximum. Pour l’emporter, il faut une majorité absolue (18 voix ici) lors des deux premiers tours. Le 3e se joue à la majorité relative – celui qui a le plus de voix l’emporte –, comme ce fut le cas il y a cinq ans. En cas d’égalité, c’est le doyen qui est élu. En l’occurrence, Christian Mounier (67 ans) qui devance de huit ans Sophie Rigaut, quand Anthony Zilio affiche 41 ans.

  • À gauche, Sophie Rigaut se lance à la présidence du Département de Vaucluse

    À gauche, Sophie Rigaut se lance à la présidence du Département de Vaucluse

    C’était attendu, c’est désormais officiel : Sophie Rigaut (PS) brigue la présidence du conseil départemental. L’élue du canton de Vaison-la-Romaine a officialisé, vendredi, sa candidature dans un communiqué de presse. Ce lundi à partir de 9h30, les 34 conseillers départementaux se réunissent pour désigner un successeur à Dominique Santoni (LR). La présidente a dû démissionner de sa fonction – elle reste conseillère départementale – après son élection au Sénat.

    « Je suis la candidate d’un collectif, avec mes collègues, il nous paraît important de marquer une candidature avec des priorités sur lesquelles il y a une attente, même s’il reste 18 mois de mandat », confie, à La Marseillaise, celle qui préside le groupe « Pour un Vaucluse solidaire et écologique ». « Notre assemblée a la responsabilité majeure de porter les politiques de solidarité territoriale et humaines indispensables à nos concitoyens », souligne-t-elle dans sa déclaration.

    Avantage Mounier ?

    À l’instar de ses prises de parole régulières en séance sur la protection de l’enfance, Sophie Rigaut entend « protéger les plus vulnérables d’entre nous en proposant une prise en charge adaptée aux enfants placés sous notre protection, à nos aînés, aux personnes en situation de handicap et en situation d’insertion ». Allusion à la gestion décriée du RSA par la majorité de droite. Amplification de « la politique d’accès à la santé », mais aussi plus de « volontarisme » pour construire des « logements abordables » font également partie de la feuille de route. Plan climatique aux collèges, eau, agriculture et soutien aux sapeurs pompiers complètent les axes programmatiques.

    Reste à savoir qui sera séduit par cette candidature dans une assemblée morcelée. Outre Sophie Rigaut, Anthony Zilio est le seul autre candidat déclaré (notre édition de jeudi). Le maire (DVC) de Bollène, qui avait fini par soutenir Dominique Santoni en 2021, se pose en rassembleur des blocs égaux de droite et de gauche [12 élus chacun en théorie]. Côté majorité de droite, aucune annonce officielle n’a été faite, mais Christian Mounier, vice-président délégué à l’eau et à l’agriculture, sera le candidat. Le groupe RN, fort de 7 élus, devrait se tenir à l’écart des candidatures et s’abstenir. L’extrême droite dispose d’un dernier élu, Jonathan Argenson, dernier survivant de la bompardie (Ligue du sud).

    Sophie Rigaut trace son chemin et, selon nos calculs, pourrait récolter 10 voix. Les 6 de son groupe – outre la sienne, Annick Dubois, Laurence Lefèvre, Alexandre Roux, Fabrice Tocabens et Rémy Blanc – plus 4, venues de Samir Allel (Ecologistes) et du centre gauche. À savoir le binôme Jean-François Lovisolo / Noëlle Trinquier et Max Raspail, le doyen qui présidera la séance. Selon nos informations, sa binôme Myriam Silem pencherait plutôt par le vote Zilio. Contactée, elle n’a pas donné suite. « Chacun vote en son âme et conscience, je suis fière d’avoir rassemblé autour des grandes orientations qui nous tiennent à cœur et qui sont le fruit d’un travail collectif », ne s’appesantit pas Sophie Rigaut. Pas plus que sur la candidature d’Anthony Zilio, avec qui des échanges ont eu lieu jusqu’à lundi. Est-ce que le choix du maire de Bollène a fait douter Sophie Rigaut pour se présenter ? « Non, pas du tout », assure-t-elle.

    Beaucoup d’observateurs doutent du dessein d’Anthony Zilio, qui ne pourrait recueillir que 3 voix : la sienne, son binôme Christine Lanthelme et Myriam Silel. Cela signifierait que la majorité de droite serre bien les rangs et fait bloc derrière Christian Mounier. L’ex-maire de Cheval-Blanc pourrait ainsi glaner 13 suffrages, les 12 de son groupe et celui de Léa Louard (ex-écologiste). Sachant que la majorité absolue est à 18 voix, plusieurs tours sont à prévoir.

  • Le département des Bouches-du-Rhône affiche son appui aux forces de l’ordre

    Le département des Bouches-du-Rhône affiche son appui aux forces de l’ordre

    À l’initiative de Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, une immense bâche tricolore, sur laquelle figurent plusieurs visages ainsi que le message « Merci, nous serons toujours
    à vos côtés », a été déployée
    ce mercredi 28 octobre
    sur la façade du siège
    de la collectivité, à Marseille.

    Dans la foulée, Martine Vassal a relayé ce message sur les réseaux sociaux : « À celles et ceux qui nous protègent : Merci ! Jour et nuit, nos pompiers, policiers, gendarmes et militaires répondent présents pour assurer notre sécurité et porter secours à ceux qui en ont besoin. »

  • La gauche vauclusienne reste dans l’expectative

    La gauche vauclusienne reste dans l’expectative

    Au bout du fil ce mercredi, Max Raspail, conseiller départemental (DVG) du canton de Pernes, avance une certitude pour lundi : « C’est moi qui présiderai la séance », glisse-t-il. À 77 ans, le maire de Blauvac est le doyen de l’assemblée. Pour le reste, il essaye de prendre un peu de hauteur face à la candidature d’Anthony Zilio (DVC) et celle aussi possible de Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique. « Sophie a la légitimité du groupe de gauche élargi mais, en un peu plus d’un an [date des prochaines départementales], personne ne renversera la table et il faudra bien veiller à ce que le Département reste encore à la République », prévient Max Raspail.

    Sous-entendu face à l’extrême droite qui aujourd’hui détient 4 des 17 cantons et pourrait prétendre à davantage en 2028. Contactée, Sophie Rigaut ne souhaite pas « communiquer à ce stade ». L’élue de Vaison se donne encore un peu de temps pour consulter et formaliser sa candidature. Car celle en face d’Anthony Zilio rebat les cartes. Encore jusqu’à lundi, des échanges avaient lieu avec le maire de Bollène pouvant, avec 13 élus au total en cas de large union, permettre à la gauche de l’emporter. « Il fait une rechute, on ne comprend pas trop son cavalier seul », déplore-t-on dans les rangs. « La position de Sophie sera la mienne, si elle candidate, cela me va bien », appuie Jean-François Lovisolo (DVG), qui était candidat il y a cinq ans.

  • Le Département des Bouches-du-Rhône valorise ses pouponnières avant les Assises

    Le Département des Bouches-du-Rhône valorise ses pouponnières avant les Assises

    « On ne fait pas d’annonce aujourd’hui, on vient simplement visiter la pouponnière et rencontrer les équipes ». Agnès Amiel, conseillère départementale déléguée à la protection maternelle et infantile, à la famille et à l’enfance, était en visite, mercredi matin, à la pouponnière de Fontainieu.

    Deuxième pouponnière du département, son activité a démarré en novembre 2024 pour épauler celle située à Montolivet (12e), à Marseille. La structure accueille 18 enfants entre 0 et 3 ans, placés sur décision judiciaire, le plus souvent. « Nous sommes très bien dotés dans le département, cela permet de bien accompagner les enfants qui sont placés ici », assure l’élue, membre de la majorité départementale. Elle met en avant le suivi de qualité qui est assuré par la cinquantaine d’employés de la structure : « Les enfants ne peuvent pas avoir de meilleur suivi médical, ils ont une prise en charge pluridisciplinaire avec infirmières, pédiatre, psychologue, psychomotricienne. » Les équipes de la pouponnière sont présentes en continu. Plusieurs activités sont organisées en dehors des locaux.

    Problèmes de fond

    Si l’accueil d’urgence en pouponnières semble efficace, des difficultés demeurent, dans le département, sur la protection de l’enfance, comme le soulignait dans nos colonnes Gérard Frau, conseiller départemental PCF, le 5 octobre dernier : « L’État, qui donne les compétences mais pas les moyens, est le premier déficient. » Agnès Amiel évoque notamment, lors de sa visite, « l’après pouponnière » comme principal écueil.

    À ce sujet, des Assises dédiées à la protection de l’enfance ont donc été convoquées par la présidente du département (DVD), Martine Vassal, les 18 et 19 novembre prochains. Cette initiative est née suite à l’alerte d’élus communistes du Département concernant la situation d’urgence à laquelle la protection de l’enfance est confrontée.

    Ce rassemblement sera « à destination des professionnels de la protection de l’enfance, que ce soit les directeurs de structures, les différents éducateurs et agents. Nous avons aussi invité tous les présidents de Départements français et les délégués à la protection de l’enfance », explique l’élue.

    La tenue de ces Assises permettra de faire un tour d’horizon des difficultés du secteur : « Les différents sujets seront répartis sur quatre demi-journées afin de mettre sur la table ce qui dysfonctionne et avoir de véritables temps d’échange ». Une des finalités de ces rencontres sera de produire « une lettre ouverte à l’intention des candidats à la présidentielle », explique la conseillère départementale.

  • Anthony Zilio veut prendre les rênes du Département de Vaucluse

    Anthony Zilio veut prendre les rênes du Département de Vaucluse

    Mitoyen de la mairie de Bollène, le cinéma le Clap met à l’affiche Street Fighter et Le Roi du Game. Anthony Zilio sourit quand on lui demande quel arrière-plan il préfère, pour la photo, entre les deux films. Car, ce mercredi, le maire (DVC) de Bollène s’imagine en haut d’une autre affiche : la présidence du conseil départemental. Lundi prochain, les 32 élus se réunissent pour une séance spéciale consacrée à l’élection d’un nouveau président, le poste étant vacant depuis l’élection au Sénat de Dominique Santoni (LR).

    La courte majorité de droite n’a pas officialisé de successeur, mais plus personne ne fait mystère autour de Christian Mounier, vice-président délégué à l’eau et à l’agriculture. À gauche, malgré des échanges avec Anthony Zilio (lire ci-dessous), un léger flou demeure autour de Sophie Rigaut (PS) qui devrait candidater. Quant à l’extrême droite (huit élus), réduite au rang de spectateur, l’option pourrait être de ne présenter personne et s’abstenir, comme en 2021. En attendant, Anthony Zilio est donc le premier à officialiser sa candidature, ce mercredi face à la presse, au lendemain d’un courrier adressé aux 26 conseillers départementaux de gauche et de droite. Et ce « en toute indépendance, avec la volonté de rassembler, au-delà de nos sensibilités politiques, c’est une candidature contre personne », pose le maire de Bollène.

    En 2021, pourtant soutenu par la gauche sur son canton, il avait voté pour Dominique Santoni à la présidence, jouant les faiseurs de reine. « On a toujours un bloc de 12 à droite, un bloc de 12 à gauche et nous deux [lui et sa binôme Christine Lanthelme, présente à ses côtés mercredi] au milieu. Est-ce qu’on continue à se regarder les 12 en face-à-face ou est-ce que dans ce moment avec ces échéances importantes en 2027, on ne peut pas porter à 26 conseillers départementaux une majorité stable, ouverte et capable de dépasser les appartenances politiques ? », questionne-t-il. À l’image de sa majorité à Bollène, allant du PS à LR. Il propose une sorte de gouvernance partagée avec des vice-présidences pour toutes les sensibilités

    Mounier,

    « une candidature subie »

    Et si Anthony Zilio « ne regrette pas une seule seconde », d’avoir soutenu Dominique Santoni dont il juge le bilan « positif », il émet de fortes réserves sur Christian Mounier, qui incarne pourtant la continuité. « C’est une personne qui est poussée, une candidature subie et non choisie, je sens qu’on va vers l’immobilisme », attaque-t-il, tandis que lui agirait « sans ambition personnelle » et aurait « tout à perdre ». Sa déclaration de candidature s’appuie sur six priorités, résumées en « protéger et soutenir » : santé, sécurité, solidarités et protection de l’enfance, culture, agriculture et soutien aux communes. Si Anthony Zilio appuie le bilan de Dominique Santoni, il distille quelques piques sur la répartition des centres de santé ou la politique sociale qu’il faut « humaniser » évoquant la gestion du RSA. « La santé financière de notre Département est bonne, mais les Vauclusiens tirent la langue, il faut davantage investir et jouer notre rôle de bouclier », promet le maire de Bollène.

    Qui parmi les élus pourrait être séduit par cette candidature ? « Je n’ai pas vocation à donner des noms », répond-il quand, dans la majorité de droite, on assure que les rangs sont serrés avec même une voix supplémentaire qui pourrait être Léa Louard (ex-écologiste). Certains voient dans cette candidature une façon de jouer le coup d’après en 2028 avec le soutien du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Un projet « Galzilio », ironisent certains ? « Ce n’est pas ma façon de faire, on ne sait pas ce que fera le maire d’Avignon, le bon sens je le porte au quotidien depuis 2020 sans faire de vague », assure Anthony Zilio, qui ne s’aventure pas non plus à donner un nom pour lui succéder en mairie s’il venait à être élu lundi. « Cette candidature ne m’arrachera pas à cette ville », promet-il.