Tag: Conseil Départemental

  • Une ultime séance en mode tapis rouge pour Dominique Santoni

    Une ultime séance en mode tapis rouge pour Dominique Santoni

    Dans un petit mois, Max Raspail rependra le flambeau de Dominique Santoni dans l’hémicycle. Non pas que le maire (DVG) de Blauvac ambitionne – a priori – de devenir président du Département mais, c’est lui, en tant que doyen des élus qui sera chargé de présider la séance d’installation du nouveau président, consécutive à l’élection de Dominique Santoni au Sénat. Une séance qui devrait intervenir début novembre.

    En attendant, ce vendredi, c’est bien dans le fauteuil de présidente que s’est assise une dernière fois Dominique Santoni. Un ultime round qui s’est déroulé à l’inverse d’un train de sénateur : 50 minutes pour 40 délibérations, adoptées sans presque une intervention. Tout juste le partenariat avec la mutuelle sociale agricole (MSA) pour accompagner les agriculteurs au RSA a suscité quelques questions à gauche. Alexandre Roux (DVG), lui-même agriculteur, a demandé si la profession devait se soumettre aux 15 heures d’activité d’insertion par semaine [réponse, non], quand Rémy Blanc (PCF) en a profité pour évoquer la décision du Conseil d’État de rétablir dans ses droits une allocataire suspendue (notre édition de vendredi).

    Les séances du Conseil départemental ne donnent jamais lieu à de vifs asticotages, celle de ce vendredi en a été l’illustration criante. « Personne ne peut contester le bilan, tout au long des 5 années, il y a quand même eu beaucoup de votes unanimes ou des abstentions », analyse Dominique Santoni, estimant que sa méthode de « consensus, consultations et concessions » contribue à ce résultat. « Gardons-nous du bruit inutile et des querelles, gardons le sens de l’intérêt général », enjoint-elle pour la suite.

    En ouverture de l’ordre du jour, la présidente a évidemment dressé son bilan et s’est fait applaudir dans tous les rangs. Sans que personne, aussi bien dans sa majorité, que dans les oppositions de gauche ou d’extrême droite, ne vienne abonder, nuancer ou critiquer. Même le préfet, présent pour présenter le rapport d’activité des services de l’État en Vaucluse, a salué « l’engagement pour le territoire » de Dominique Santoni.

    Cette dernière a pu livrer un plaidoyer pro domo sur une demi-décennie à la tête de Vaucluse. « Nous pouvons regarder le travail accompli avec fierté, nous avons fait 95% de ce qu’on avait promis », dit-elle. Le tout en investissant 175 millions d’euros par an et en conservant un faible taux d’endettement. Et de balayer les différents champs d’interventions du Conseil départemental : aménagements et routes (chantier de Bonpas, déviation d’Orange dont l’ouverture est une question de jours), financement au Sdis, états généraux de l’eau, appui d’ingénierie aux 151 communes, modernisation des collèges, insertion (dispositifs d’accompagnement du RSA) et même santé avec le recrutement de médecins salariés. Rien, en revanche dans son propos, sur la protection de l’enfance ou les personnes âgées et handicapées, compétences majeures des Départements.

    Pas de confirmation

    pour sa succession

    « Je quitte la fonction de présidente, pas la maison du département », martèle Dominique Santoni, qui reste conseillère départementale mais abandonne son mandat d’élue municipale à Apt. Et se défend d’avoir choisi le confort du Sénat plutôt que livrer une périlleuse bataille aux départementales de 2028. « Je n’ai pas choisi la facilité, les sénatoriales ont été une élection compliquée », soutient-elle. Hervé de Lépinau (RN) s’est aventuré à poser la question de sa succession. « On a évoqué dans la majorité la personne qui va me succéder », répond-elle sans livrer de nom, bien que tous les regards se soient portés sur Christian Mounier, vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture, et qui est ensuite resté auprès de Dominique Santoni devant la presse. La présidente a toutefois esquivé toutes les questions autour du nom de son successeur.

  • RSA : le conseil départemental de Vaucluse retoqué sur une suspension

    RSA : le conseil départemental de Vaucluse retoqué sur une suspension

    Depuis cinq ans, le Vaucluse est le département qui accuse la plus forte baisse du nombre d’allocataires du RSA, à -32% quand la moyenne nationale tourne autour de -4% sur la même période. Si le Département vante sa politique de « remise au travail », syndicats et élus de gauche dénoncent une marche forcée avec une politique drastique de suspensions/radiations, comme l’exposait encore la CGT fin juin en amont de la séance plénière.

    Le 21 septembre dernier, une décision de justice vient de recadrer le conseil départemental : le Conseil d’État a demandé au Département de revoir sa copie sur le cas d’une allocataire, qui ne s’était pas présentée à une réunion obligatoire, et dont les droits avaient été suspendus pour 4 mois en 2024. Or, cette dernière s’était justifiée en présentant un arrêt maladie qui autorisait les sorties du domicile. Si au départ, le tribunal administratif de Nîmes avait rejeté la demande de l’allocataire, le Conseil d’État vient de la rétablir dans son bon droit. Il annule le jugement du tribunal administratif du 30 avril 2025 et condamne le Département à verser 3 000 euros aux avocats de l’allocataire. La juridiction estime que « la preuve d’un motif légitime tenant à l’état de santé de l’intéressé peut être apportée notamment par la production d’un arrêt de travail, sans que puisse être opposée à son bénéficiaire la circonstance que cet arrêt autoriserait la sortie du domicile ».

    « Le Conseil d’État rappelle que la solidarité ne peut pas se gérer à coups de soupçons », réagit, dans un communiqué, Rémy Blanc. Le conseiller départemental PCF note que « cette décision éclaire d’une lumière crue les pratiques de contrôle et de suspension du RSA en Vaucluse ». « La solidarité départementale semble avoir pour objectif, non pas d’accompagner les personnes vers l’autonomie, mais de faire sortir des personnes du RSA à tout prix. Elle accentue ainsi des situations de vulnérabilité et entraîne la bascule de la précarité vers la grande précarité », conclut Rémy Blanc. Contacté le Département, prend acte de la décision et s’y pliera, assurant désormais qu’un arrêt de travail, même autorisant les sorties, sera un motif valable pour décliner un rendez-vous.

  • Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Des banderoles « pompiers en grève », toujours visibles sur les camions des pompiers vauclusiens, rappellent que l’incendie social chez les soldats du feu n’est pas circonscrit. Depuis le 8 septembre et jusqu’au 20 octobre, un préavis national court chez les pompiers professionnels. « Des revendications légitimes en raison d’une sollicitation opérationnelle croissante », pose Thierry Lagneau, président du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 84, au moment, ce jeudi, de présenter la nouvelle convention liant le Département de Vaucluse et le Sdis.

    Si sa signature ne figure pas encore à l’ordre du jour de la séance plénière de ce vendredi (lire ci-contre), le cadre est formalisé. « En cinq ans, le nombre d’interventions a progressé de 25% [50 000 interventions par an], derrière ces chiffres, il y a une nécessité de moyens humains et matériels non négligeable », estime Thierry Lagneau.

    Ainsi, de 38,9 millions d’euros en 2026, la part du Département prévoit de passer à 41,2 millions l’an prochain et 42,3 millions en 2028. « C’est un montant important mais totalement indispensable », juge Dominique Santoni. La présidente LR du conseil départemental souligne que la collectivité abonde pour 64% dans le budget de fonctionnement du Sdis, le reste provenant de l’État. Dans le détail annuel, 464 000 euros sont consacrés à la prime de feu, 300 000 euros à la location d’un hélicoptère bombardier d’eau ou 900 000 euros dédiés au renouvellement de la flotte. 400 000 euros sur deux ans serviront à financier l’embauche de pompiers professionnels. Actuellement au nombre de 500, ils sont épaulés par 1 900 pompiers volontaires. « Il y a nécessité de recruter pour évoluer vers les gardes de 12h et non plus de 24h », assure Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, allusion à cette forte revendication des grévistes.

    Pour le patron des pompiers, la convention « témoigne de moyens conséquents, une dépense obligataire mais surtout une ressource pour le département et assurer l’équité dans la distribution des secours ». Il rappelle que si cet été le Vaucluse a plutôt été épargné par les incendies, ce n’est pas que le fruit du hasard : « On a l’impression qu’il ne s’est rien passé mais on a enregistré plus de 500 départs de feu, si 99% ont été stoppés avant d’avoir parcouru 5 ha, c’est grâce à l’hélicoptère, à notre maillage sur le terrain ou au dispositif prévisionnel dans les massifs », insiste le colonel Paichoux

  • La CGT réalerte sur des failles dans la protection de l’enfance en Vaucluse

    La CGT réalerte sur des failles dans la protection de l’enfance en Vaucluse

    La protection de l’enfance est une compétence majeure du Département. « Une question prégnante à laquelle je suis attachée », assurait il y a un an la présidente Dominique Santoni (LR), qui annonçait récupérer elle-même cette délégation. Mais, selon la CGT, la situation reste ultra-problématique. Il y a un peu plus d’un mois, le syndicat des personnels du Département a adressé une lettre ouverte à la présidente et au préfet pour dénoncer l’état des lieux général au sein de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

    « Nous ne voulons pas attendre un accident, une violence ou un drame pour entendre, demain, que chacun connaissait les difficultés, mais que personne n’avait mesuré leur gravité », écrit Amandine Laugier, secrétaire générale de la CGT du CD84, qui demande « un état des lieux réel des moyens humains consacrés à la protection de l’enfance » et « pas uniquement des organigrammes ou des effectifs théoriques ». La CGT ne pointe pas une défaillance ponctuelle, mais bien un problème plus structurel. « C’est la capacité même du dispositif à garantir pleinement et en permanence la protection des enfants confiés qui doit aujourd’hui être interrogée, nous considérons que certaines situations signalées sont susceptibles d’exposer les enfants comme les professionnels à des risques graves qui ne peuvent être banalisés », estime le syndicat.

    Depuis, le courrier est resté lettre morte. Mobilisée auprès des lycéens et étudiants, la CGT ne prévoit exceptionnellement pas de rassemblement, ce vendredi, en marge de la séance plénière. Contacté, le Département assure qu’une réponse sera apportée lors de la séance. Il est prévu à l’ordre du jour la contractualisation avec l’État sur la protection de l’enfance. De 4,9 millions d’euros en 2025, le partenariat passe à 5,3 millions en 2026 avec une forte progression de la part du Département quand celle de l’État reste stable.

  • Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    « Les Départements ne peuvent plus être la variable d’ajustement de l’État », s’insurge dans un communiqué le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson. C’est toujours d’une extrême saveur lorsque les élus de droite tapent sur l’austérité budgétaire dont ils sont pourtant les gardiens acharnés. Des contradictions qu’ils sont bien obligés de gérer lorsqu’ils en font eux-mêmes les frais à la tête de collectivités. En tout cas, les nouvelles annonces du gouvernement concernant le budget 2027 ne passent pas du tout.

    « Alors que les Départements sont confrontés à une progression continue de leurs dépenses sociales, notamment en matière de protection de l’enfance, de RSA et d’accompagnement du vieillissement, il leur est une nouvelle fois demandé de participer à l’effort de redressement des comptes publics. Cela ne peut plus durer », poursuit le patron du conseil départemental.

    Et de préciser : « Le prélèvement annoncé de 551 millions d’euros sur les recettes des Départements, dont une part importante sera supportée par les collectivités les plus fragiles, s’ajoute à des années de contraintes financières et de transferts de charges insuffisamment compensés. »

    Une situation qui intervient, insiste-t-il, alors que les collectivités doivent continuer à investir dans leurs collèges, leurs routes, leurs services de secours, leurs politiques sociales et la protection de l’enfance. Et de mettre donc en évidence l’impossibilité à laquelle sont depuis longtemps confrontés les agents des services publics, c’est-à-dire « de faire davantage avec moins de moyens ».

    Révolté, Jean-Louis Masson réclame donc que l’État laisse aux collectivités les moyens nécessaires pour exercer les compétences qui leur ont été confiées.

  • Au Département de Vaucluse, la gauche tente de reprendre la main

    Au Département de Vaucluse, la gauche tente de reprendre la main

    Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour trouver un successeur à Dominique Santoni. Élue il y a dix jours sénatrice, la présidente LR du Département de Vaucluse a un mois pour démissionner. La nouvelle parlementaire attend déjà mercredi, date butoir pour déposer un recours éventuel sur les sénatoriales, avant de quitter la présidence. Dominique Santoni présidera d’ailleurs, ce vendredi, une traditionnelle séance plénière d’octobre. Elle devrait céder son fauteuil a priori dans la première quinzaine de novembre, lors d’une séance dédiée.

    D’ici là, « ça va s’agiter », glisse un élu départemental. La droite, majoritaire d’une courte tête, s’est réunie dès le lendemain des sénatoriales pour s’entendre sur un successeur. Sans surprise et sauf gros revirement d’ici là, Christian Mounier, actuel vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture, est pressenti pour achever le mandat sur 18 mois. En face, l’extrême droite (6 RN, 2 Ligue du sud) n’est pas en capacité de disputer la gagne (les élus avaient voté blanc en 2021 lors de l’élection à la présidence). À l’inverse de la gauche, qui avait vu la présidence lui échapper de peu, suite au revirement du binôme de Bollène et son maire, Anthony Zilio, appui final de Dominique Santoni, élue avec 14 voix contre 12 pour Jean-François Lovisolo.

    Anthony Zilio de nouveau au centre du jeu

    Depuis, la présidente a toujours su préserver sa majorité baroque. Avec des votes fluctuants au gré des dossiers, comme il y a quatre ans, lors de l’absorption du bailleur social public Vallis habitat par Grand delta habitat, soutenue par Jean-François Lovisolo et rejetée par Anthony Zilio… Mais l’élection d’un nouveau président a déjà eu un mérite : se faire réunir toutes les composantes dites de gauche de l’hémicycle. En présentiel ou en visio – pour Anthony Zilio – une quinzaine d’élus, issus des quatre groupes, s’est rassemblée, ce lundi en fin de matinée, au Département. Une première depuis cinq ans. « C’est très bien de se réunir dans ce cadre aussi large », commente Jean-François Lovisolo, qui préside le groupe Territoires de progrès (4 élus). Retenu, le maire de La Tour-d’Aigues n’était pas présent, mais s’était entretenu en amont avec Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique (6 élus) et instigatrice de la réunion.

    « Cela a été très constructif dans l’intérêt de la collectivité, l’idée était de se parler et on continuera à le faire », synthétise brièvement Sophie Rigaut. L’heure n’était évidemment pas aux grandes annonces ce lundi. Si on temporise à gauche sur la possibilité de présenter un candidat, l’inconnue réside surtout dans son identité. Jean-François Lovisolo botte en touche : « En 2021, il y a eu fait majoritaire, je ne vois pas ce qui a changé en 2026 dans l’équilibre politique du Département. » Anthony Zilio pourrait-il opérer une nouvelle bascule et viser la présidence avec le soutien du reste de la gauche prête à pardonner l’épisode de 2021 ? Contacté, le maire de Bollène n’a pas donné suite. « On a tout intérêt à maintenir un esprit de concorde en vue de 2028 [date des prochaines départementales] », juge Rémy Blanc (PCF).

    La réunion de ce lundi, peu importe l’issue sur la présidence dans un mois, a d’ores et déjà permis à la gauche de poser des jalons pour 2028. Élection où le RN visera bien plus que ses 4 cantons actuels sur les 17 de Vaucluse.

  • [Entretien] Magali Giorgetti, PCF : « Le Département doit être sur ses compétences »

    [Entretien] Magali Giorgetti, PCF : « Le Département doit être sur ses compétences »

    La Marseillaise : Dans un contexte budgétaire contraint, quelles priorités doit se fixer le Département ?

    Magali Giorgetti : Le FN, qui se dit proche des travailleurs et des travailleuses, vote avec Macron pour une baisse de 5 milliards de budget aux collectivités territoriales. Le Département, qui gère la politique sociale, la Région et les communes, qui mettent en place le service public de proximité et sont les derniers remparts pour protéger les populations en difficulté, se retrouvent lésés. Et donc il faut qu’ils fassent des arbitrages, qui diffèrent selon la couleur politique. Le Département doit se concentrer sur ses compétences notamment l’action sociale, qui est la plus importante. Pour ça, Gérard Frau le rappelle systématiquement : il faut arrêter de financer la construction de gendarmeries par exemple.

    La protection de l’enfance est
    au cœur de vos préoccupations. Quelles mesures demandez-vous
     ?

    M.G. : On veut que la protection de l’enfance relève de l’État, pour garantir les mêmes droits et standards de qualité partout en France, tout en maintenant une mise en œuvre adaptée aux territoires. On veut un ministère, avec des compétences propres, et que la protection de l’enfance soit inscrite dans la Constitution. Aujourd’hui on n’a plus les moyens d’accompagner les jeunes. C’est une carence absolue. Dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs. Les métiers du social n’attirent plus. Un effort a été fait par le Département sur le régime indemnitaire. Toutefois, nous demandons que le point d’indice soit revalorisé pour que nos professions soit mieux reconnues, et là, c’est à l’État que revient la responsabilité.

    Le budget départemental
    de la protection de l’enfance
    a augmenté de 45% entre 2016
    et 2025. Est-ce suffisant
     ?

    M.G. : C’est une bonne chose, mais ce n’est toujours pas à la hauteur des enjeux. Les situations explosent et se dégradent, on n’arrive plus à briser le cycle de la reproduction sociale. On a plus de 5 000 mineurs et jeunes majeurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. On aimerait un état des lieux de la protection de l’enfance… Les 18 et 19 novembre, il y aura des assises dédiées à la question. Les communistes militent pour qu’elles soient populaires et ouvertes.

  • Les communistes portent secours à la protection de l’enfance

    Les communistes portent secours à la protection de l’enfance

    « Peser collectivement pour exiger la mise en place d’une véritable politique nationale et départementale ». Après avoir poussé le Département des Bouches-du-Rhône à organiser des assises, les communistes préparent le terrain. Samedi, les sections des 4e, 5e, 9e, 10e et 11e arrondissements ont invité parents, responsables associatifs, citoyens et professionnels du secteur à venir échanger au foyer du Peuple de Mempenti pour enrichir les propositions qui y seront portées.

    Abandonnée au national, sacrifiée dans les Bouches-du-Rhône, la protection de l’enfance ne joue plus son rôle. Une situation « catastrophique dans les Bouches-du-Rhône, où 963 mesures judiciaires pour protéger un enfant en danger, sans le retirer de sa famille, ne sont pas appliquées, où les travailleurs sociaux ne sont plus en capacité de suivre les familles, ni d’accompagner les 5 000 enfants placés », cite à titre indicatif, Gérard Frau. Assurant que « l’État, qui donne les compétences mais pas les moyens, est le premier déficient », le conseiller départemental accuse « l’absence de volonté politique d’un Département, plus riche que d’autres, aux mains de la droite, pointé par un rapport de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) et un autre de la Cour des comptes accablants ».

    Nathalie Tessier inaugure la délégation aux droits des enfants mise en place par le Printemps Marseillais « à construire avec l’Unicef ». Des premiers travaux sont à l’œuvre : « la création d’un baromètre des droits, un conseil pour laisser s’exprimer une jeunesse qui parle, un travail sur la prostitution… ». Magali Giorgetti, conseillère départementale, s’élève « contre la marchandisation » du secteur, « où les structures sont en concurrence sur des appels d’offres publics et tirent sur l’emploi » et propose « qu’il revienne dans le giron de l’état ».

    Zéro de conduite

    Cadre de santé aux urgences gynécologiques, Bénédicte Lamourette témoigne être en présence « au quotidien avec des enfants de Marseille ou venus d’autres communes où il y a encore moins de structures » et déplore « l’inexistence de plateforme dédiée aux violences sexuelles ». Elle propose de s’appuyer sur des expériences telle que « l’Amicale du Nid, qui a recensé 87 cas de viols cet été ».

    Des données qui manquent cruellement, sans lesquelles « on ne peut faire aucun travail, aucun suivi car on ne sait pas ce qui se passe. Les observatoires départementaux de la protection de l’enfance ont été créés en 2007. Ici, 20 ans après on a zéro chiffre » rappelle Johanne Ghénard, conseillère technique à la protection de l’enfance. Parmi les interventions dans la salle, Sophie Guérard, adjointe au maire apporte sa contribution : « Dans les réunions, on entend que les satisfecits des institutions. Ces assises doivent déboucher sur des actes ». Les communistes y veilleront.

    Les réunions publiques à venir

    Le 14 octobre à 18h15, halle Léo Ferré à Gardanne.

    Le 20 octobre à 18h15, salle Fernand Ros à Septèmes-les-Vallons.

    Le 3 novembre à 18h, Espace Simone Veil, salle Raoul Dufy à Martigues.

    Le 7 novembre à 17h, à la section PCF, place Voltaire, Arles.

    Le 12 novembre à 18h, Salle Gagarine ou Cinéma Le Méliès à Port-de-Bouc (à préciser).

    M.G

  • Les diplômés du secondaire de l’ASE à l’honneur dans le Var

    Les diplômés du secondaire de l’ASE à l’honneur dans le Var

    Leur vie est rarement un long fleuve tranquille, mais ils n’ont pas moins de capacités à la réussir. Vendredi, le département du Var a, pour la première fois, mis à l’honneur 178 adolescents placés sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui ont récemment obtenu un diplôme de l’enseignement secondaire (brevet, certificat de formation générale [CFG], BEP, CAP, bac), à travers une cérémonie à l’Hôtel du département. 128 d’entre eux étaient présents. Ils se sont vus remettre un chèque cadeau et des goodies du conseil départemental, et ont été salués par plusieurs institutionnels, parmi lesquels le préfet du Var Simon Babre, et le président du département Jean-Louis Masson. « C’est important de les valoriser, de leur témoigner notre reconnaissance et notre confiance », explique Caroline Depallens, présidente de la commission enfance du département. « Il faut changer les regards sur les enfants confiés à l’ASE, le regard de l’autre et leur propre regard, qu’ils prennent confiance en eux. »

    Parmi ces jeunes, Cheyenne, 18 ans, « revient de loin », selon ses propres mots. Orpheline de son père depuis l’âge de neuf ans, placée à deux reprises, en proie à la dépression pendant un an, la jeune femme vient d’obtenir son CAP cuisine au lycée Anne-Sophie Pic au prix d’un parcours semé d’embûches. Avec la mention bien, qui plus est, « et à quelques centièmes de la mention très bien ! », peste-t-elle. Aujourd’hui en mention complémentaire traiteur dans le même établissement, elle ambitionne de poursuivre sur un CAP boucherie, et pourquoi pas travailler un jour dans les cuisines de l’armée. Avec un bagage bien rempli, mais qui plutôt que la freiner, lui confère une arme supplémentaire : « Je retiens la force que m’a donnée mon parcours à l’ASE. Je suis fière de moi. »

    99 MNA récompensés

    Certains ont traversé des océans pour être là aujourd’hui : ceux que l’on appelle les mineurs non accompagnés (MNA), qui sont 99 à avoir été récompensés. Accueillis en France sans leurs parents, leurs histoires de vie les mènent très tôt à acquérir une maturité hors du commun : « Ce ne sont pas les mêmes enjeux, il faut qu’ils progressent très vite, apprennent la langue, comprennent nos rites et coutumes », détaille Paola Abellonio, responsable du service départemental des MNA. « Ça leur demande beaucoup d’adaptation, ce qu’ils arrivent à faire. Certains vont dans le supérieur, même si leur nombre est insuffisant. Un jeune a réussi l’école d’architecte, on a un ingénieur, une future avocate… Ce sont des jeunes qui ont la rage, l’envie de réussir. » Ahmed est de ceux-là. Ce jeune Algérien de 16 ans, en France depuis deux ans, vient d’obtenir son CFG (équivalent du brevet pour les parcours adapté) au collège Django Reinhardt. « Je suis très fier », se félicite-t-il. « Ça va me permettre d’avancer, d’avoir un bel avenir, des enfants, une maison, une voiture, une belle vie », rêve celui qui vient d’entamer un CAP plomberie, pour, plus tard, travailler en mécanique navale. N’en déplaise aux obsédés des frontières.

  • À Vedène, le collège Lou-Vignarès s’est métamorphosé

    À Vedène, le collège Lou-Vignarès s’est métamorphosé

    Fabienne Vera, élue (PCF) de Vedène, se rappelle avoir fait l’ouverture du collège Lou-Vignarès comme élève au début des années 80. Ce jeudi, c’est en quelque sorte une seconde ouverture qui est inaugurée : après trois ans d’un chantier sur site, l’établissement a entièrement fait peau neuve. Seule une pièce attenante à la cantine n’a pas été rénovée. « Au-delà d’une simple réhabilitation, c’est une métamorphose complète », apprécie Jean-Philippe Didelet, le principal, soulignant « les conditions d’apprentissage et de travail » optimales des 750 élèves, mais aussi des professeurs et personnels.

    16,4 millions d’euros

    ont été investis

    « L’égalité des chances passe par le bien-être des enfants, on ne peut pas leur demander d’apprendre si leur environnement n’est pas à la hauteur », estime Christelle Castanier, vice-présidente du Département en charge des collèges, devant le maire Joël Guin (DVD), Bénédicte Martin, vice-présidente (DVD) de la Région, et Vincent Lelionnais, secrétaire général adjoint de la préfecture. « Cela me rappelle ce que j’ai vécu il y a 25 ans quand j’étais au collège et qu’il avait été entièrement refait, le cadre pédagogique évolue et change beaucoup de choses », se remémore-t-il.

    16,4 millions d’euros ont été investis – dont 2 millions d’euros de fonds européens pour la rénovation énergétique et 500 000 euros par l’État, le reste étant à la charge du conseil départemental. Démarré en janvier 2023, le chantier a été complètement achevé en septembre. Le bâtiment d’origine grisâtre et énergivore a laissé place à un ensemble blanc et lumineux qui devrait permettre 60% d’économie d’énergie.

    Une salle polyvalente et un foyer des élèves ont été créés. Cantine, salles de classe, CDI, administration, vie scolaire… tout a été repris. Sans oublier la cour désimperméabilisée et végétalisée. Le tout en site occupé nécessitant l’installation de 30 salles de classe provisoires pour maintenir les cours.