La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

La ministre savait son déplacement en Occitanie périlleux. En guise d’accueil dans les ports sétois et graulens, les bateaux étaient quasiment tous recouverts de banderoles avec des slogans comme : « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » ou « pêcheurs à l’agonie ». « La hausse du prix du carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confirme Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie. En effet, l’augmentation du prix du gasoil à des niveaux records avait poussé les pêcheurs de Méditerranée à se mobiliser la semaine du 14 au 18 septembre et à annuler les sorties en mer.

Lundi 21 septembre, Catherine Chabaud a donc échangé avec des pêcheurs héraultais et gardois. L’idée était de poursuivre le dialogue entamé avec une partie d’entre eux la semaine précédente à Paris. À la suite de ces rencontres, la ministre a notamment annoncé sa volonté de parvenir à une « révision » du plan West Med qui soit « acceptable pour tout le monde ». Ce plan de gestion européen des pêches en Méditerranée occidentale pour préserver la ressource, dont une deuxième version encore plus restrictive est entrée en vigueur début 2025, est décrié par les pêcheurs car jugé trop restrictif. La ministre a également promis des annonces le 23 septembre, qui devaient notamment concerner les prix du carburant. Après cette rencontre, les pêcheurs ont décidé de lever leur mouvement de contestation.

Les annonces sur le gasoil saluées

Mercredi 23, Catherine Chabaud a donc effectué plusieurs annonces comme l’accélération du paiement des aides, le lancement d’un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros par entreprise mais surtout, l’augmentation des aides sur le carburant. En effet, « l’aide sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d’avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

« Sur le prix du gasoil, les annonces vont dans le bon sens. Sur le reste, nous sommes en discussion parce qu’il y a tout à construire. Les bateaux ne sont toujours pas rentables donc il faut trouver des modèles différents. Il faut notamment lutter contre la lourdeur administrative. Nous allons travailler sur ces sujets avec la ministre. Nous voulons croire en l’avenir et construire un avenir pour nos jeunes mais il faut qu’on nous donne les moyens et qu’on nous écoute », explique Bernard Perez, qui prévient : « Vu la situation actuelle, on fait au jour le jour. Si ça ne va pas dans le bon sens, on est prêt à se remobiliser. »

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