Tag: pêche

  • Semaine halieutique à Martigues : le thon se fait rare

    Semaine halieutique à Martigues : le thon se fait rare

    Assises sur un banc à l’ombre de l’hôtel de ville, trois femmes attendent le retour de leurs compagnons. « Ils sont partis en bateau à 5h ce matin, et ne rentrent pas avant 18h. Il faut vraiment être passionné », souffle l’une d’elles. Cette année, ils sont près de 80 à s’être engagés au sein de 18 équipages pour participer à la Coupe régionale de pêche en haute mer, organisée sous l’égide de la Fédération française des pêcheurs en mer dans le cadre de la 21e Semaine halieutique de Martigues.

    Les compétiteurs ont jusqu’à ce samedi 15 août pour ferrer exclusivement le thon rouge. Cette année, la maille à respecter est d’1,6 m. « Tous les spécimens plus petits rapportent des points, mais ils doivent impérativement être relâchés », détaille Jacques Dauber en sortant du bateau podium, chargé de noter les coordonnées des positions de mouillage de chaque embarcation.

    L’impact de la pêche professionnelle

    Mercredi soir, après une première journée de pêche, les équipages ne ramènent aucun poisson à terre. Une bredouille symptomatique que les amateurs éprouvent depuis des années. « Il ne faut pas se mentir, la pêche va de moins en moins bien, reconnaît François D’Aime, un passionné de 84 ans. Avant il y avait des bestioles de 200/300 kg. Aujourd’hui c’est plus que
    rare.
     » La faute à la pêche professionnelle, selon Jacques Dauber. « Ils ont pris tout ce qu’ils pouvaient prendre, et ne laissent que les petits thons d’1,2 ou 1,3 mètre. Aujourd’hui, sur une trentaine de pités, le plus long fait 1,4 mètre. » Il y a quelques années, la maille était encore d’1,8 mètre. Aujourd’hui, même avec 20 centimètres de moins, les pêcheurs ont du mal à revenir avec le bateau plein. Pas question, pour autant, de la revoir à la baisse. « On est là pour ramener du poisson de sport, pas des échantillons », lâche Jacques Dauber, qui s’agace : « La Méditerranée est poissonneuse, mais elle est surpêchée et surpolluée. Selon certaines études, si on continue au rythme actuel, le poids du plastique présent dans les océans surpassera le poids des poissons d’ici 2050. Il faut qu’on se réveille ».

    Du côté des amateurs, la situation n’est pas toute rose non plus. « Les pêcheurs vieillissent, constate le retraité. On a bien des fils et petits-fils qui s’y mettent par tradition familiale, et puis on est dans une commune de pêche, mais ça coûte de plus en plus cher. Tout augmente : les sardines, le prix des places au port, le gasoil… »

    Mais pas de place au découragement lors de cette Semaine halieutique. Au contraire ! Le Martégal se réjouit : « On se retrouve au bord de l’eau, entre amis qui partagent une même passion. C’est convivial ! » Ce vendredi soir, le Club nautique organise une thonade sur les tables disposées près du quai d’honneur. Samedi soir, une paella est au menu.

    Tarifs : 19 euros par adulte et 10 euros par enfant (4 à 11 ans). Billets en vente à l’Office
    de Tourisme de Martigues.

  • Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Le vent se lève sur l’étang de Berre, mardi en début d’après-midi. Sur la plage de Champigny, à Berre-l’Étang, familles et habitués profitent d’une eau à 32 degrés. Ce couple et leur enfant venant d’arriver s’apprêtent à se mettre à l’eau. Mais juste avant… « Bonjour ! C’est la brigade littorale, est-ce qu’on peut vous poser quelques questions ? » demande Camille Moreti au couple. La volontaire en service civique du Gipreb, le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, dispose d’un petit questionnaire. « C’est la première fois qu’on vient ici » avoue Issam Benabdelkrim, venu de Marseille. « On allait surtout au Jaï avant, mais on préfère ici car il y a plus de place et la plage est propre », remarque-t-il.

    Il n’y a pas que la baignade. « J’y pêche des loups grands comme ça ! », explique Didier Coulomb, en mimant la longueur d’un avant-bras. « Ça fait 20 ans que je suis parti dans les Alpes mais je reviens une semaine chaque été », explique le quinquagénaire. « J’ai connu l’étang pollué et sans poisson. C’est très bien ce que vous faites, il faut préserver et le montrer à nos petits-enfants ! », affirme-t-il.

    C’est justement la mission du Gipreb et de sa brigade, que les deux volontaires en service civique ont rejoint le premier mars dernier. « Sur les plages, on repère ceux qui ne respectent pas les règles : ceux qui amènent leurs chiens quand c’est interdit, ou qui ne mettent pas la laisse alors qu’il le faut quand c’est autorisé, ou le fait de fumer », détaille Martin de Fombelle, marseillais et étudiant l’aménagement du littoral à Toulon. Si la bonne entente est la règle, certains sont parfois réfractaires comme l’illustre Camille Moreti, venue des Alpilles et étudiante en bio-écologie à Montpellier. « Une fois, un mec pêchait la palourde un mardi, jour d’interdiction. On lui a expliqué que c’était interdit, qu’il fallait les relâcher, mais dans ce cas les gens se sentent vite lésés après avoir passé une heure ou plus à pécher, alors ils négocient, nous demandent de fermer les yeux… » Dans le pire des cas, c’est la police qui tranchera. « Notre travail s’arrête à la sensibilisation », reprend la volontaire. « Ceux qui veulent bien faire nous écoutent et changent, certains ne le feront pas, au détriment des autres », analyse son collègue.

    C’est la quatrième année d’existence de cette brigade. « Le dispositif découle de notre feuille de route. On ne pouvait pas créer de police spéciale pour l’étang alors on a embauché des saisonniers », retrace Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « Après deux ans, on s’est rendu compte que 90% des interventions ne nécessitaient pas d’être policier. On a étendu le service sur des périodes de six mois à partir de mars », complète le directeur. La brigade va aussi sur l’eau cet été. « La question se pose de créer une brigade sur l’eau supplémentaire », indique Raphaël Grisel. L’objectif est de protéger les zostères, une plante marine qui a repeuplé le milieu et atteint les 100 hectares. « Plus l’étang ira bien, plus il y aura de monde, plus il y aura de problème », anticipe Raphaël Grisel.

    LA BIODIVERSITÉ MÉDITERRANÉENNE EN CHIFFRES

    10%

    La Méditerranée abrite près de 10% des espèces marines connues dans le monde alors qu’elle représente 1% de la surface des océans. Parmi elles, le grand dauphin est inscrit sur la liste des mammifères marins protégés. Il peut mesurer jusqu’à trois mètres et vit proche des côtes.

    100 millions

    La posidonie, la plante à fleur de la Méditerranée, serait née il y a 70 à 100 millions d’années. Elle occupe entre 20 % et 50 % des fonds méditerranéens. La posidonie protège les animaux, stocke autant de CO2 qu’une forêt et protège de l’érosion côtière.

    80%

    En Méditerranée, les poissons sont surpêchés à 80% : 1,5 million de tonnes de poissons extraits des eaux. C’est la mer où la pêche excessive est la plus importante au monde. Les pêcheurs ont vu leurs prises reculer d’un tiers sur les cinquante dernières années.

  • À Port-de-Bouc, la saison de la pêche au calen est ouverte à la visite au public

    À Port-de-Bouc, la saison de la pêche au calen est ouverte à la visite au public

    De l’autre côté du canal de Caronte, face au complexe pétrochimique de Lavéra, un cabanon se dresse encore là où les anciennes usines chimiques sont parties depuis longtemps. Mardi dernier, les pêcheurs ont enfilé leurs combinaisons pour s’adonner à une pêche des plus typiques du Pays de Martigues pour la première fois de l’année.

    D’une action sur un levier, tout un ensemble de poulies vient tirer les câbles partant du cabanon sous l’eau. à mesure que les enrouleurs ramènent du câble, c’est un immense filet de pêche rouge qui sort de l’eau, sur toute la largeur du canal, soit plus d’une centaine de mètres, au point de bloquer la circulation des bateaux de plaisance. Dans leurs embarcations, les pêcheurs sont bien petits au milieu du canal, comparés aux pétroliers qui pourraient passer. Revenu bredouille, Thomas Boninu explique : « Le filet a été posé ce matin, il y a encore des réglages à faire ».

    « Plus que 2 en Provence »

    Ce n’est pas n’importe quel poisson que recherchent ces pêcheurs au calen, du nom du filet de pêche. Il s’agit des femelles du Muge testu, ou mulet à grosse tête, pleines d’œufs. Les poches entières sont prélevées, salées et séchées sur place à l’air libre pendant deux semaines pour donner la célèbre poutargue. « C’est très minutieux, c’est une fine membrane et ça peut vite se percer » explique Thomas Boninu.

    « C’est la 4e année qu’on a remis le filet en marche. On ne vend qu’aux particuliers, par le bouche-à-oreille » détaille-t-il. À 180 euros la poche d’œufs, il s’agit d’un produit d’exception. « On est que deux en Provence à en faire » affirme-t-il. Le savoir-faire est bien gardé. « À 12 ans et demi, mon père venait me tirer du lit pour aller démailler des muges très tôt le matin » se rappelle-t-il. Si les muges sont « de plus en plus gros » avec les années, d’après le pécheur, ce n’est pas la seule activité : « On fait la poutargue jusqu’au 10 septembre et après on a d’autres activités, j’ai un bateau de pêche et je fais le marché de Carro » précise Laurent Lopez, le propriétaire des lieux.

    « Revenez, les prochaines fois, il y aura plus de poisson » promet-il. Justement, l’office de tourisme a programmé des visites tous les mardis après-midi d’août à 14h30. Gratuitement sur réservation.

    La réservation se fait à l’office de tourisme ou au 04.42.06.27.28.

  • [C’est l’été] Fête de la Saint-Pierre à Saint-Raphaël

    [C’est l’été] Fête de la Saint-Pierre à Saint-Raphaël

    Des animations au Vieux-Port, à l’esplanade Delayen et dans le centre ancien vous attendent avec des initiations à la pêche, à la danse et à la langue provençale, ateliers créatifs, concerts, village provençal, soupe au pistou géante, joutes nautiques et feu d’artifice.

    À partir de 8h. Gratuit.

  • Île des Embiez : Inauguration d’une plateforme scientifique

    Île des Embiez : Inauguration d’une plateforme scientifique

    Ce centre technique régional et national de 600 m² dispose d’installations expérimentales de pointe, dédiées à la recherche sur des thématiques clés : aquaculture innovante, sécurité alimentaire, bioremédiation, solutions fondées sur la nature, restauration écologique et conservation d’espèces menacées. Ce nouvel outil a vocation à favoriser les échanges entre acteurs académiques, scientifiques et privés, à soutenir les activités de recherche, de surveillance et d’innovation sur le littoral, et à sensibiliser les décideurs politiques en promouvant les bonnes pratiques. Catherine Chabaud se rendra par ailleurs sur l’Île de Port-Cros vendredi pour une nouvelle séquence liée à la protection du littoral et de la biodiversité méditerranéenne.

  • Catherine Chabaud inaugure la salle opérationnelle du Cross Med et annonce un décret sur la sécurité maritime

    Catherine Chabaud inaugure la salle opérationnelle du Cross Med et annonce un décret sur la sécurité maritime

    La campagne de sécurité des loisirs nautiques a débuté il y a trois semaines en Méditerranée. Et comme chaque année, les enjeux sont importants dans une zone de 115 000km² et de plus de 2 000km de côtes qui connaît une recrudescence des opérations (+13% l’été dernier, +6% sur l’année) et des alertes en mer (5 700 en 2025, année record) eu égard à l’augmentation du nombre d’usagers et de pratiques.

    C’est pourquoi le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med) renforce ses capacités de surveillance avec la création d’une nouvelle salle opérationnelle, inaugurée par la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud, mardi. Un outil doté d’un « espace dédié à la gestion de crise et à la décision, permettant d’être en lien avec les différents échelons et les préfectures », et « de garantir la continuité opérationnelle en menant de front plusieurs opérations », explique Christophe Lenormand, directeur interrégional de la mer Méditerranée.

    Priorité à la prévention

    Grâce à cette salle, dotée de 8 postes, il devient possible de traiter jusqu’à 60 opérations par jour. Et les capacités peuvent augmenter si besoin grâce à une seconde salle – affectée en temps normal à la formation – dotée de trois postes, qui prend le relai des opérations courantes en cas de passage en plan d’organisation de la réponse de sécurité civile (Orsec), en situation d’urgence.

    Après cette inauguration et une démonstration d’hélitreuillage par la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), Catherine Chabaud s’est exprimée au sujet des grandes priorités de la saison. Avec, comme premier volet, celui de la prévention et du développement de la « culture du risque », particulièrement d’actualité après un week-end de la Pentecôte marqué par au moins sept décès dus à des noyades. Objectif : sensibiliser aux dangers et aux bonnes pratiques (connaissance de son matériel, surveillance météo, moyens de secours à bord…). Pour prendre conscience que « le risque zéro n’existe pas », mais aussi pour prévenir la saturation des équipes de secours « pour des situations qui ne nécessitent pas qu’on mobilise ces moyens, alors qu’à côté, il va peut-être y avoir des gens vraiment en danger ».

    Une démarche largement déployée par la campagne de sécurité des loisirs nautiques à travers plusieurs modalités (patrouilles en mer et auprès des commerçants du domaine tels que les loueurs de bateaux, messages préventifs sur différents supports comme les panneaux d’affichage municipaux et autoroutiers, guides de bonnes pratiques…), et la coopération de nombreux acteurs (collectivités, services de sécurité…).

    Un décret avant une loi

    Après la prévention, la sanction. La ministre a annoncé la promulgation prochaine (pour application cet été) d’un décret relatif, entre autres, à la consommation d’alcool, de stupéfiants, et aux défauts de maîtrise des engins. En substance, il s’agit d’un durcissement et d’une multiplication des contrôles, qui seront déclenchés à la vue « d’un bateau dont la trajectoire laisse penser qu’il n’y a pas une totale maîtrise de l’engin », y compris des dépistages drogues et alcool, pour l’instant trop rares.

    Dans cette optique, Catherine Chabaud prévoit d’aller plus loin, en étendant ces dispositions au projet de loi Ripost, contre les incivilités du quotidien, voté ce mardi au Sénat. La députée de Gironde Sophie Panoncle (Ren.) porte aussi ce combat en proposant la création d’un crime d’« homicide maritime », après la mort de Benjamin, 8 ans, l’an dernier à Arcachon, fauché par un pêcheur positif aux stupéfiants alors qu’il pratiquait la planche à voile. Un projet de loi en procédure accélérée qui pourrait être adopté d’ici décembre.

  • Les femmes revendiquent leur place dans les métiers de la Mer

    Les femmes revendiquent leur place dans les métiers de la Mer

    « On ne naît pas marin, on le devient », affirme François Lambert, directeur de l’École nationale supérieure maritime (ENSM) de Marseille. En ce lundi 18 mai, la Journée internationale des femmes dans le secteur maritime a été l’occasion d’une table ronde à l’ENSM. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, s’est rendue sur place pour promouvoir le recrutement des femmes dans l’économie bleue. Encore largement sous-représentées, elles constituent 30% des actifs des métiers de la mer, avec une faible augmentation de 2% en six ans, selon l’Observatoire du Conseil maritime de façade. Certains secteurs sont plus inégalitaires, comme le transport maritime et la pêche. Dans le public, les étudiantes de l’ENSM ne représentent que 15% des effectifs.

    Isabelle Renaud, ambassadrice d’Armateurs de France, a fréquenté ces bancs. Ses douze années passées en mer lui ont appris à s’affirmer. « On m’a répété de nombreuses fois que c’était un métier d’homme. Il fallait en faire plus pour montrer sa valeur », raconte-t-elle, avant de poursuivre : « Les femmes ont toute leur légitimité dans le secteur. » L’autocensure, les stéréotypes et le manque d’information restent des freins à cette féminisation.

    « On a besoin de gage

    de sécurité »

    Le secteur entend aussi lutter contre les violences sexistes et sexuelles. « Une femme sur quatre [dans le milieu maritime] a été en situation d’insécurité, face à des hommes français ou étrangers, tous types de grades confondus », rappelle Emma, responsable de la cellule d’écoute et présidente du bureau des étudiants de l’ENSM. Elle dépeint la réalité d’une femme en mer : « De vous-même, vous n’iriez pas vous enfermer dans un appartement clos avec une trentaine d’hommes, parfois pendant des mois. Encore moins lorsque ces hommes exercent une autorité sur vous. » Si elles acceptent de se mettre dans ces situations, « en contrepartie, [elles ont] besoin de gages de sécurité ».

    La ministre Catherine Chabaud, première femme à avoir terminé le Vendée Globe en 1997, se dit toutefois témoin d’une amélioration de la condition féminine dans ce secteur : « Dans les années 80, une femme embarquée portait malheur. » Pour accélérer cette féminisation d’ici 2030, elle lance la rédaction d’un livre blanc, en lien avec les objectifs de l’ONU. Un appel à contribution national est lancé.

    Marie Moreau

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.

  • Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    « La prudence c’est vous, la sécurité c’est nous. ». Telle est la devise martelée par les acteurs de la sécurité maritime à travers le pays, apanage du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med) dans notre région, ainsi que sur les quelque 1 700km de côtes et les neuf départements de la zone. C’est dans ses locaux de la Garde, fraîchement rénovés, et qui seront inaugurés fin mai par la ministre de la Mer et de la Pêche Christine Chabaud, qu’a été lancée, lundi, sa campagne de sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance 2026.

    En maître mot, un sigle : PEA, soit « se préparer », « s’équiper », « alerter ». Car « les premières causes d’interventions sont l’inexpérience, l’impréparation, l’inconscience et l’irresponsabilité », souligne le vice-amiral Christophe Lucas, préfet maritime de Méditerranée, après une recrudescence en la matière en 2025 (14% d’opérations supplémentaires sur la saison haute, +6% sur l’année, et 87 décès, soit une hausse de 26%).

    De nouveaux moyens

    de communication

    La campagne 2026, qui s’étend de mai à octobre, recense trois leviers : prévention et sensibilisation, contrôle, et réglementation. Sur le volet prévention, Christophe Lucas invite les usagers à « se tenir informés des conditions météo et de baignade, connaître le milieu dans lequel ils évoluent », ainsi qu’à « vérifier leur matériel », avant chaque sortie. Un accent particulier est mis sur la pratique du paddle, toujours plus importante, et sur la plongée, qui a vu son nombre d’accidents doubler sur le mois d’avril et le premier week-end de mai par rapport à la même période l’an dernier (avec deux décès à déplorer). « Le facteur fatigue intervient dans 60% des cas d’accidents de plongée », alerte Muriel Vergne, médecin urgentiste, responsable du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM), qui appelle chacun à « savoir s’écouter et dire non ».

    En cas d’accident ou danger, la technologie a également un rôle à jouer, avec le traditionnel canal 16 pour les signaux de détresse radio, et le 196, numéro d’urgence téléphonique. Pour optimiser leur fonctionnement et traiter les alertes toujours plus nombreuses (5 700 en 2025, un record), quatre nouvelles stations radio, en lien avec les 19 sémaphores de la zone, ont été installées en Méditerranée (portant leur nombre à 26), et le réseau de téléphonie optique a été modernisé. Un autre outil d’alerte, déjà déployé dans l’Hérault et en Corse, qui consiste en l’envoi de SMS pour alerter sur les conditions météorologiques et maritimes, va aussi être déployé dans les mois à venir, et des messages diffusés sur les panneaux numériques autoroutiers pour informer les personnes arrivant en zone littorale. « Il y a de plus en plus en plus d’usagers, ce qui nécessite de multiplier les moyens de communication », commente Aymeric le Masne de Chermont, directeur du Cross Med.

    Si la prévention reste la priorité, les contrôles, dont le nombre (12 000) est en augmentation de 10% sur 2025 (+12% d’infractions relevées), demeurent la suite logique. « On en fait une petite moitié sur les défauts de matériel de sécurité, et une petite moitié sur la vitesse », précise le préfet maritime, qui prône la tolérance zéro quant aux comportements dangereux.

    Et pour éviter d’être mis à l’amende, connaître la réglementation est la meilleure solution. Parmi les fautes récurrentes, l’absence d’un des deux coupe-circuit obligatoires sur les bateaux, ou le non-port d’une combinaison en néoprène, réglementaire pour l’usage d’un jet-ski. Des obligations consignées dans la division 240, texte qui fixe les règles de sécurité sur les embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 mètres, et que chacun peut consulter sur l’application Nav&Co, également conçue comme un outil d’aide à la navigation.

  • Une expo-immersion dans le monde de la pêche à Sète

    Une expo-immersion dans le monde de la pêche à Sète

    Parallèlement à la manifestation maritime Escale à Sète, grande fête des traditions maritimes en Méditerranée (voir p.29), le Centre régional d’art contemporain (Crac) de Sète* accueille, jusqu’au 6 avril, l’exposition « La solidarité des destins », Louisa Marajo.

    Originaire de Martinique, l’artiste place la mer au cœur de son travail. Elle présente ici la restitution d’une résidence artistique autour de la pêche professionnelle en Méditerranée, réalisée au Grau-du-Roi entre septembre et décembre derniers. « Louisa Marajo est allée à la rencontre d’acteurs et actrices du monde de la pêche professionnelle, elle a pu embarquer sur des chalutiers et des bateaux “petits métiers”, vivre au rythme d’un port, connaître le quotidien de ces hommes et femmes dont la vie tout entière est consacrée à la pêche », décrit le Crac.

    Un temps d’immersion à partir duquel l’artiste a produit un court-métrage, des images et des textes ainsi qu’une série de sculptures et d’objets qu’elle présente dans une scénographie immersive. « Entre banquet de science-fiction, criée onirique et atmosphère des fonds marins, Louisa Marajo plonge les visiteurs dans l’espace du rêve ».

    Comme elle l’écrit elle-même au sujet de son court-métrage : « Rêve éveillé, chemin initiatique, ce film est un hommage à ce rapport singulier à la mer-nature aimée à qui nous devons tout, un hommage à la passion de la pêche, ce monde menacé aujourd’hui par ce changement d’époque que nous vivons. Quel chemin prendre ensemble, afin de ne pas devenir hors-sol et tenter de rester connecté·e·s et relié·e·s à cet élément primordial, nourricier et essentiel, ce fragment de nous-même qu’incarne la mer, espace magique irremplaçable (…). »

    * 26 Quai Aspirant Herber