Tag: poisson

  • Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    « Oui, oui, lui je le connais. Ma mère en prépare ! » lance joyeusement Assia, 9 ans en pointant le labre. L’élève de l’école d’Air Bel (11e) est venue visiter le Village des sciences avec sa maîtresse. Daniela Banaru, maîtresse de conférences à Aix-Marseille université, se prête avec enthousiasme au jeu de la découverte auprès des enfants.

    Au mur, une multitude d’articles « entretien » dédiés aux poissons réalisés pour La Marseillaise en collaboration avec la scientifique, Christian Qui, chef cuisinier, les pêcheurs du Vieux-Port, Chimène Voronkoff pour les illustrations et Marie-Laure Thomas pour les enquêtes.

    « Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Quand te consomme-t-on ? Et comment te mange-t-on ? » : telles sont les quatre questions posées chaque semaine à une espèce différente, en fonction de sa saisonnalité. L’idée était de sensibiliser à la diversité des poissons frais, sources de protéines accessibles, disponibles sur les étals du Vieux-Port. Toutes les espèces présentées ont été observées à la vente au marché aux poissons au fil des mois.

    « Fielas, sardines, calamars, poulpes ou encore daurade… Nous avons plus 263 espèces en Méditerranée. Certaines sont davantage pêchées que d’autres, ce qui entraîne parfois leur raréfaction, voire leur disparition », explique Daniela Banaru le doigt sur les articles plastifiés.

    Les enfants témoignent en avoir déjà mangé, mais aussi « en avoir vu nager en mer ». La Grande bleue leur est familière. Eden s’exclame : « Il y en a même un qui m’a mordu ! » « Ça doit être un baliste, ce n’est pas bien méchant », le rassure la scientifique. À côté, Naïssa se renfrogne : « Mais moi, je ne sais pas nager. » Des jeux permettent également de mieux appréhender la faune et la flore marines. Le stand, aux couleurs vives, enthousiasme les enfants. On y croise même le spécialiste du crabe bleu, Guillaume Marchessaux, intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer cette espèce invasive.

  • [Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche

    [Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche

    La morue du nord-ouest de l’Atlantique est un cas emblématique : après des années de pêche miraculeuse au large du Canada, les stocks s’effondrent dans les années 1970-1980. D’autres cas similaires sont bien documentés : l’anchois du Pérou ou le thon rouge à l’ouest de l’Atlantique, par exemple. « Mais nous manquions d’une cartographie globale de ces événements », indique Mathieu Pélissié, ancien doctorant à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier qui a développé pendant sa thèse une méthode statistique pour détecter ces changements brutaux.

    Sont-ils communs ? Où se produisent-il ? Quelles en sont les causes ? Dans un article paru dans Science Advances, le chercheur, aujourd’hui à l’Université de Padoue (Italie), apporte des réponses en montrant que des changements brutaux de productivité se sont produits dans au moins un quart des stocks de poissons entre 1950 et 2020. « C’est sans doute sous-estimé, avertit-il. Et c’est légèrement plus souvent des déclins que des augmentations ». La productivité s’entend comme le taux de croissance d’un stock de poissons en l’absence de pêche. Un déclin abrupt de productivité est donc différent d’un effondrement de stock, défini comme le franchissement d’un seuil minimal en-dessous duquel une population n’est plus assez nombreuse pour survivre.

    Effet de la température ?

    L’étude montre que parmi les stocks qui se sont effondrés, un quart avait été précédé par un déclin abrupt de la productivité. « Cette part monte à presque 50% si on considère des déclins pas forcément abrupts, ajoute le chercheur. Cela pourrait indiquer un risque que les stocks s’effondrent dans les années à venir ». Alors qu’aujourd’hui des mesures de régulation sont prises presque uniquement à partir du moment où des seuils critiques sont atteints. Sachant que les chutes brutales de productivité ont lieu en moyenne douze ans avant l’effondrement du stock. « Cela peut être vingt ou cinq ans avant », précise le chercheur. Ce qui peut laisser du temps pour prendre des mesures.

    Pourvu que la productivité soit suivie de manière régulière. « Tous les ans, idéalement », estime Mathieu Pélissié. Et pas uniquement via les captures par les pêcheurs. « Ils tendent à cibler les endroits où il y a le plus de poissons, souligne le chercheur. Cela peut donner une vision biaisée et surestimée de l’état des populations. » Un suivi correct nécessiterait d’observer l’état des populations régulièrement et toujours aux mêmes endroits, sans chercher nécessairement les meilleurs.

    Pour ce qui est des déclins abrupts de productivité, ils se produisent plutôt là où l’océan se réchauffe vite : au nord-ouest de l’Atlantique, en mer Baltique et en mer du Nord, notamment. De là à établir une relation de causalité, il faut être prudent. « Cela reste une forte corrélation », nuance le chercheur. Mais c’est peut-être là qu’il faut être plus attentif.

    REPÈRES

    315

    C’est le nombre de séries temporelles sur lesquelles se base l’étude citée ci-contre. Issus d’une base de données en ligne, ces suivis de captures et de stocks de poissons ont permis de calculer l’évolution de la productivité – le taux de croissance de ces stocks en l’absence de pêche. Ces suivis devaient courir sur au moins 25 ans pour être pris en compte.

    Gadiformes

    Ces poissons sont ceux qui ont subi le plus de déclins abrupts de productivité entre 1950 et 2020, selon l’étude citée ci-contre. Cet ordre est celui de la morue et du merlu. Celui des clupéiformes – qui comprend le hareng, l’anchois, la sardine – a été aussi très touché.

    1992

    C’est la date à laquelle le Canada a mis en place un moratoire – qui a pris fin en 2024 – sur la pêche à la morue après l’effondrement des stocks au nord-ouest de l’Atlantique en raison de la surpêche.

  • La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La ministre savait son déplacement en Occitanie périlleux. En guise d’accueil dans les ports sétois et graulens, les bateaux étaient quasiment tous recouverts de banderoles avec des slogans comme : « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » ou « pêcheurs à l’agonie ». « La hausse du prix du carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confirme Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie. En effet, l’augmentation du prix du gasoil à des niveaux records avait poussé les pêcheurs de Méditerranée à se mobiliser la semaine du 14 au 18 septembre et à annuler les sorties en mer.

    Lundi 21 septembre, Catherine Chabaud a donc échangé avec des pêcheurs héraultais et gardois. L’idée était de poursuivre le dialogue entamé avec une partie d’entre eux la semaine précédente à Paris. À la suite de ces rencontres, la ministre a notamment annoncé sa volonté de parvenir à une « révision » du plan West Med qui soit « acceptable pour tout le monde ». Ce plan de gestion européen des pêches en Méditerranée occidentale pour préserver la ressource, dont une deuxième version encore plus restrictive est entrée en vigueur début 2025, est décrié par les pêcheurs car jugé trop restrictif. La ministre a également promis des annonces le 23 septembre, qui devaient notamment concerner les prix du carburant. Après cette rencontre, les pêcheurs ont décidé de lever leur mouvement de contestation.

    Les annonces sur le gasoil saluées

    Mercredi 23, Catherine Chabaud a donc effectué plusieurs annonces comme l’accélération du paiement des aides, le lancement d’un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros par entreprise mais surtout, l’augmentation des aides sur le carburant. En effet, « l’aide sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d’avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

    « Sur le prix du gasoil, les annonces vont dans le bon sens. Sur le reste, nous sommes en discussion parce qu’il y a tout à construire. Les bateaux ne sont toujours pas rentables donc il faut trouver des modèles différents. Il faut notamment lutter contre la lourdeur administrative. Nous allons travailler sur ces sujets avec la ministre. Nous voulons croire en l’avenir et construire un avenir pour nos jeunes mais il faut qu’on nous donne les moyens et qu’on nous écoute », explique Bernard Perez, qui prévient : « Vu la situation actuelle, on fait au jour le jour. Si ça ne va pas dans le bon sens, on est prêt à se remobiliser. »

  • [ Entretien] Pour protéger la biodiversité de l’océan, peut-être faut-il l’écouter »

    [ Entretien] Pour protéger la biodiversité de l’océan, peut-être faut-il l’écouter »

    La Marseillaise : Vous montrez que le son produit par un poisson – « Argyrosomus japonicus » – nous le rend plus impressionnant, intelligent et sensible. Est-ce que vous vous attendiez à un tel effet du son ?

    Anne-Sophie Tribot : Cela confirme ce que j’avais pu tester de manière informelle lors d’activités de médiation auprès du public dans des aquariums : quand nous faisions écouter des sons aux visiteurs, cela suscitait de l’étonnement, de la curiosité et faisait travailler l’imagination. Nous savons que les sons émis par les animaux peuvent générer de l’affect positif. C’est bien documenté chez les oiseaux.

    Qu’est-ce qui provoque cette réaction ?

    A.-S.T. :C’est ce que nous aimerions approfondir. Est-ce parce qu’on trouve que c’est un beau bruit ? Parce qu’on l’associe à un animal en particulier ? Parce qu’il nous évoque quelque chose ? Il faudrait faire cela pour différentes espèces et différents types de sons et observer quelles réactions cela provoque. Nous voudrions aussi étendre l’étude à des paysages sonores sous-marins.

    C’est-à-dire ?

    A.-S.T. : Ne pas nous limiter à une espèce mais faire des assemblages d’espèces. C’est intéressant en termes de médiation car la dimension sonore des océans est méconnue. Et pour cause, c’est un espace plus difficilement accessible que l’espace terrestre. Au-delà des sons produits par les mammifères marins
    –baleines, dauphins…-, on connaît peu les bruits de l’océan. Or, il est loin d’être le « monde du silence ». L’écouter peut être un bon levier pour protéger la biodiversité qui le peuple.

  • Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Mesurer la température du Buech en le survolant. C’est l’opération de « cartographie thermique infrarouge », qu’ont réalisée, en juillet, les techniciens du Département et de l’entreprise Scimabio, bureau d’experts pour la conservation de la biodiversité aquatique. « Ça consiste à emporter une caméra thermique et un appareil photo numérique dans un ULM (engin aérien motorisé ultraléger), et de réaliser une acquisition d’images en suivant le cours d’eau, en général entre 300 et 500 m d’altitude », explique Arnaud Caudron, cofondateur de Scimabio. Le système infrarouge offre une précision à 0,3 degré, et la résolution d’image est à un pixel tous les 20 à 30 cm de rivière. En parallèle, des sondes thermiques sont placées dans la rivière pendant le survol, afin de comparer les deux sources de données et améliorer la précision des relevés. La finalité est d’identifier les variations de température de la rivière pour mieux préserver les milieux aquatiques.

    « Ça permet d’établir une gamme générale de la température de la rivière et de dégager des anomalies thermiques. Soit des réchauffements, des effets de seuil liés à des plans d’eau, l’eau stagne à cause d’un barrage par exemple, ou des rejets d’eau chaude, comme ceux d’une centrale électrique par exemple, détaille Arnaud Caudron. À l’inverse, on va voir les anomalies d’eau froide qui apparaissent dans la rivière, plutôt d’origine géologique, des affluents froids, des résurgences, des adoux, des sources… Ça permet de définir des zones où on a encore des apports d’eau froide important dans ces périodes de canicule pour la sauvegarde de la faune aquatique. » Des zones refuges pour la truite par exemple, très dépendante de la température.

    Établir des zones refuges pour la biodiversité

    Scimabio réalise ce type de diagnostics depuis près de cinq ans, et totalise une quinzaine de projets de ce type, pour 1 000 km de rivière diagnostiqués. « On voit beaucoup de choses qui peuvent être réglées en termes de réchauffement, affirme Arnaud Caudron. Car, souvent, les zones de réchauffement qu’on voit sur les rivières sont dues à des impacts locaux, comme des barrages, des stagnations d’eau liées à des seuils, des rejets d’eau chaude ou des débits réservés. Quand il y a une usine électrique, par exemple, l’eau est dérivée, et la partie où la rivière a moins d’eau se réchauffe. »

    Si le Département n’a pas de compétence d’action sur ce domaine, cette opération permet de produire des données pour les acteurs de la gestion des milieux aquatiques, comme les syndicats de gestion, les services de l’État comme l’Office National de la Biodiversité. « Ce relevé thermique permet aussi de comprendre tous les échanges entre les écoulements de la rivière et les eaux souterraines, voir là où l’eau s’infiltre et là où elle revient. S’il y a un endroit où on voit qu’il y a une arrivée d’eau fraîche en berge alors c’est un endroit qu’il va falloir préserver, il ne va pas falloir faire un enrochement bétonné par exemple. », Explique, Pascal Krieg-Rabeski, technicien au service Eau du Département. Si l’opération de survol ne prend qu’une heure, le traitement des données, lui, va nécessiter six à huit mois de travail.

  • À Port-de-Bouc, la saison de la pêche au calen est ouverte à la visite au public

    À Port-de-Bouc, la saison de la pêche au calen est ouverte à la visite au public

    De l’autre côté du canal de Caronte, face au complexe pétrochimique de Lavéra, un cabanon se dresse encore là où les anciennes usines chimiques sont parties depuis longtemps. Mardi dernier, les pêcheurs ont enfilé leurs combinaisons pour s’adonner à une pêche des plus typiques du Pays de Martigues pour la première fois de l’année.

    D’une action sur un levier, tout un ensemble de poulies vient tirer les câbles partant du cabanon sous l’eau. à mesure que les enrouleurs ramènent du câble, c’est un immense filet de pêche rouge qui sort de l’eau, sur toute la largeur du canal, soit plus d’une centaine de mètres, au point de bloquer la circulation des bateaux de plaisance. Dans leurs embarcations, les pêcheurs sont bien petits au milieu du canal, comparés aux pétroliers qui pourraient passer. Revenu bredouille, Thomas Boninu explique : « Le filet a été posé ce matin, il y a encore des réglages à faire ».

    « Plus que 2 en Provence »

    Ce n’est pas n’importe quel poisson que recherchent ces pêcheurs au calen, du nom du filet de pêche. Il s’agit des femelles du Muge testu, ou mulet à grosse tête, pleines d’œufs. Les poches entières sont prélevées, salées et séchées sur place à l’air libre pendant deux semaines pour donner la célèbre poutargue. « C’est très minutieux, c’est une fine membrane et ça peut vite se percer » explique Thomas Boninu.

    « C’est la 4e année qu’on a remis le filet en marche. On ne vend qu’aux particuliers, par le bouche-à-oreille » détaille-t-il. À 180 euros la poche d’œufs, il s’agit d’un produit d’exception. « On est que deux en Provence à en faire » affirme-t-il. Le savoir-faire est bien gardé. « À 12 ans et demi, mon père venait me tirer du lit pour aller démailler des muges très tôt le matin » se rappelle-t-il. Si les muges sont « de plus en plus gros » avec les années, d’après le pécheur, ce n’est pas la seule activité : « On fait la poutargue jusqu’au 10 septembre et après on a d’autres activités, j’ai un bateau de pêche et je fais le marché de Carro » précise Laurent Lopez, le propriétaire des lieux.

    « Revenez, les prochaines fois, il y aura plus de poisson » promet-il. Justement, l’office de tourisme a programmé des visites tous les mardis après-midi d’août à 14h30. Gratuitement sur réservation.

    La réservation se fait à l’office de tourisme ou au 04.42.06.27.28.

  • Des opérations pour préserver la Méditerranée

    Des opérations pour préserver la Méditerranée

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année à la date du 8 juin, l’Institut océanographique Paul-Ricard organise son traditionnel BiodiverSeaDay sur l’île des Embiez. Depuis près de 25 ans, cette opération de nettoyage du littoral engage le grand public autour de la pollution marine grâce au ramassage des déchets accumulés sur les plages et dans la mer.

    Menée en partenariat avec la Capitainerie du port des Embiez, l’initiative se distingue par une collecte réalisée à pied et en plongée sous-marine. « Le ramassage est suivi d’une caractérisation des déchets collectés, pour sensibiliser et prévenir les pollutions marines », explique Marion Djama, chargée de mission à l’Institut océanographique Paul-Ricard.

    Pour l’édition 2026 du BiodiverSeaDay, 60 collaborateurs du groupe Pernod Ricard France participeront à l’initiative, en plus des plaisanciers et des bénévoles conviés chaque année à l’événement. En 2024, cette mobilisation avait permis de ramasser pas moins de 780 kg de déchets, selon l’Institut.

    Au-delà de la recherche, l’Institut Paul-Ricard a aussi pour mission de faire connaître la Méditerranée. La sensibilisation et l’éducation à l’environnement sont un axe fort de l’Institut, que ce soit à destination du grand public ou des scolaires. Chaque été, des ateliers sont organisés sur l’île des Embiez, notamment des balades naturalistes et des énigmes, qui se font en présence d’un membre de l’équipe scientifique.

    « Depuis sa création, l’Institut cherche à vulgariser ses connaissances scientifiques pour familiariser le plus grand nombre avec le milieu marin, précise Marion Djama. Ces événements clés permettent une transmission du savoir qui est essentielle car lorsqu’on connaît bien, on protège bien. »

    Des ateliers ouverts

    au grand public

    Pour célébrer ses 60 ans, l’Institut dévoilera par ailleurs une nouvelle programmation, le 11 juin, ouverte au grand public. À cette occasion, plusieurs activités seront proposées sur l’ensemble de la journée. L’Institut inaugurera ses nouveaux outils et supports de sensibilisation, parmi lesquels un cabinet de curiosités et les ateliers de la mer, pour faire découvrir les espèces marines, ainsi que leurs différents habitats. Cette année est aussi marquée par l’installation d’un récif artificiel dans le port, destiné à contribuer à la restauration de la biodiversité en zone portuaire.

    Créé en 1966 par Paul Ricard et Alain Bombard, l’Institut océanographique est né avec l’ambition de lutter contre les premières pollutions industrielles en Méditerranée. Dès les années 1950, Paul Ricard avait acquis l’île des Embiez pour y préserver la faune et la flore, avant d’y installer son centre de recherches. Au fil des décennies, ses missions se sont élargies jusqu’à lui conférer une renommée internationale aujourd’hui. Lors d’une conférence de presse organisée le 1er juin au Club Pernod Ricard à Marseille, sa directrice, Patricia Ricard, petite-fille du fondateur, a rappelé la philosophie qui anime toujours l’établissement : « Soixante ans ont passé, mais notre méthode reste la même. Nous travaillons avec des entreprises responsables et compétentes, avec les acteurs locaux et les enfants. Surtout, nous mettons la science au service de la connaissance. »

    Si la lutte contre la pollution demeure une priorité, Patricia Ricard insiste sur l’urgence climatique : « Le défi majeur est la décarbonation de la société car l’océan se réchauffe à une vitesse inédite. » L’Institut poursuit sa mission fondatrice : mieux connaître la Méditerranée pour mieux la préserver.

  • [On passe à table] Le ceviche traditionnel péruvien au leche de tigre

    [On passe à table] Le ceviche traditionnel péruvien au leche de tigre

    Un poisson bien frais

    Pour débuter cette recette traditionnelle que vous propose de réaliser Patricia, dans les règles de l’art, vous devez commencer par couper votre filet de poisson en cubes d’environ 2 à 3 centimètres pour garder de la mâche et éviter que le poisson ne cuise trop rapidement avec le citron vert. Réservez dans un plat. Pendant ce temps, épluchez et émincez finement l’oignon rouge. Il vous faudra ensuite le rincer trois fois à l’eau claire pour enlever toute son amertume et éviter qu’il prenne le dessus sur la préparation. Coupez les citrons verts en deux et pressez-les directement dans le mixeur. Attention de ne pas aller jusqu’au bout du citron pour ne pas qu’il soit trop amer dans le leche de tigre. Ajoutez ensuite une gousse d’ail, un morceau de céleri branche, du poivre blanc, du sel, quelques branches de coriandre en utilisant uniquement les tiges et non pas les feuilles que vous garderez pour plus tard. Quelques petits morceaux de piment antillais, un petit bout de gingembre pelé. Mixez le tout pendant une trentaine de secondes.

    Récupérez ensuite le cul-de-poule dans lequel se trouve votre poisson coupé. Ajoutez une pincée de sel et une de poivre. Une poignée d’oignons rouges, les feuilles de coriandre cette fois, émincées, de nouveau quelques petits morceaux de piment.

    Un savoir-faire unique

    Enfin, versez le leche de tigre sur le tout et mélangez bien à la cuillère. Pour le dressage, servez le poisson et sa sauce au centre de l’assiette et accompagnez de maïs grillés, d’un épi cuit et de quelques cuillerées de patate douce cuite au four avec de la cassonade et des clous de girofle. Pour terminer, vous pouvez agrémenter le tout de chips de banane plantain. Pour ce faire couper de fines lamelles de banane encore verte à la mandoline et passez à la friteuse.

    Servez tout de suite et bon appétit !

    Pour 2 personnes il vous faudra :

    – Un filet de dos de lieu noir de 240 g, cinq citrons verts 

    – Un oignon rouge et une patate douce, une banane plantain verte

    – Du gingembre, de la coriandre, du céleri branche, un piment antillais

    – Une gousse d’ail, du sel et du poivre blanc

    – De la cassonade et des clous de girofle

  • Un projet pour valoriser la pêche locale dans les cantines du territoire

    Un projet pour valoriser la pêche locale dans les cantines du territoire

    Le 1er avril, une dizaine de chefs-cuisiniers de la restauration collective avaient rendez-vous en cuisine au lycée Charles-de-Gaulle, à Sète, pour une journée de formation autour du poisson local, ce grand oublié des cantines du territoire. Au menu : boulettes de poulpe, rillettes de muges ou maquereaux, brandade de mulet, acras de poissons blancs… « Des propositions de recettes pensées pour être facilement reproductibles en cuisine scolaire, adaptées aux recommandations nutritionnelles et au goût des enfants ont été testées par les chefs », explique Fabien Heran, animateur du projet alimentaire de territoire au sein du Syndicat mixte du Bassin de Thau (SMBT).

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Rescoloco (« Restauration collective produits locaux »), porté par le SMBT. Lancé en septembre 2024 à l’échelle des agglomérations Sète Agglopôle et Hérault Méditerranée, dont 8 communes* ont jusqu’ici participé au projet, il vise à faire entrer davantage de produits locaux dans les cuisines de la restauration collective. À commencer par la pêche locale, quasiment absente des assiettes servies dans les cantines du territoire. Principal écueil : « Le poisson local n’est pas du tout transformé, or en restauration collective, travailler du poisson brut est quelque chose de complexe  », souligne Béatrice Pary, en charge, au sein du SMBT, d’un programme qui finance, via des fonds européens, un certain nombre d’opérations en lien avec la pêche et les cultures marines sur Sète Agglopole Méditerranée et Hérault Méditerranée. « Une grande partie des produits qu’on débarque ici partent en Italie et en Espagne (60% pour la criée d’Agde) », illustre-t-elle. « Il y a donc un vrai enjeu de relocalisation de la consommation, et peut-être aussi de la transformation. »

    Sensibilisation en classe et visites des criées

    Pour tenter de faire rentrer le poisson d’ici dans les cantines, Rescoloco agit donc à plusieurs niveaux. Outre la formation des cuisiniers de restauration collective à la préparation de produits de la mer, le projet accompagne les élus et les gestionnaires pour faciliter l’achat de produits locaux et de qualité, sensibilise les enfants à la consommation de produits du territoire et propose également une découverte des métiers de la mer. « On a monté, en partenariat avec le CPIE Littoral d’Occitanie, un programme de sensibilisation pour que dans chaque commune partenaire, des temps d’animation soient proposés en classe autour des espèces locales mais aussi des métiers de la mer, à travers notamment la visite d’une des deux criées du territoire, Sète ou le Grau d’Agde, pour aller à la rencontre des pêcheurs et comprendre jusqu’au bout la chaîne de pêche », détaille Fabien Heran.

    « Dans les cantines, il y a généralement deux repas de poisson par semaine. On sait que la ressource locale ne sera pas en mesure de remplacer tous les repas de poisson. L’objectif, c’est que toutes les communes puissent faire une, deux, trois fois par mois un repas avec du poisson local et proposer, à cette occasion, un temps de sensibilisation aux enfants », détaille l’animateur du projet alimentaire de territoire. « L’idée est de créer ou recréer ce lien terre-mer et de faire de la mer pas uniquement un lieu de baignade ou de loisir mais aussi un lieu où les gens travaillent et produisent de quoi nourrir les populations locales », complète Béatrice Pary.

    * 4 communes ont suivi le projet en 2025 : Pézenas, Lézignan-la-Cèbe, Mèze et Balaruc-le-Vieux. 4 nouvelles en bénéficient durant cette année scolaire : Agde, Pinet, Sète et Villeveyrac

  • La plaque en hommage à Nana inaugurée sur le Vieux-Port

    La plaque en hommage à Nana inaugurée sur le Vieux-Port

    Pupitre et micro, photo géante, la nièce de Nana a pris la première la parole, sur le quai de la Fraternité, pour évoquer Nana avant de laisser la place au maire de Marseille. Benoit Payan (DVG) a rendu un hommage empreint d’émotion à celle qu’il qualifie comme un «symbole de Marseille» devant sa famille, ses amis les pécheurs et de nombreux anonymes.

    Un discours ponctué d’anecdotes, d’échanges qu’il avait eu avec cette figure du Vieux-Port. Elle l’avait prévenu : «A ma mort, il faudrait qu’on me vende ou plutôt qu’on me donne un morceau du Vieux-Port».

    Le maire évoque «ces petits métiers qui tendent à se perdre mais qui fond partie de l’histoire de Marseille». Et de poursuivre : «Pour l’éternité, Nana , dans le marbre de cette ville, ton nom sera là. Nous sommes des milliers à avoir des histoires avec elle. Mais, c’est avant tout l’histoire des femmes, des femmes courageuses, cheffe de famille. Des femmes qui se bâtent, qui ne subissent pas.»

    Les derniers mots de l’édile vont à sa famille. « Elle est partie et elle est là . Elle va nous survivre, car elle est gravée dans le marbre de cette ville. Que ta gentillesse, ta beauté , ton intelligence vivent dans tout Marseille ».

    Les enfants, Marie-Lou et Francis, ont ensuite porté la gerbe à la mer.

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