Tag: Bateaux

  • Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    L’ONG SOS Méditerranée a déploré ce lundi 24 août dans un communiqué une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de « personnes en détresse » et des poursuites des navires de sauvetage, qu’elle attribue à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ».

    Voilà un an, son bateau l’Ocean Viking avait essuyé « des tirs des garde-côtes libyens » assure-t-elle alors qu’il transportait 87 personnes rescapées même si « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », convient l’ONG.

    SOS Méditerranée estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire ». « Un phénomène nouveau et préoccupant » a également été recensé par l’ONG entre juin et juillet. Cette dernière affirmant qu’à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales.

    Un premier trimestre meurtrier

    Elle souligne également une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye ». Des embarcations qui « ont été observées (…) percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.

    Pour Soazic Dupuy, directrice des opérations au sein de l’ONG, « cette attaque aurait dû marquer un tournant ». Mais avec ce harcèlement, « le message envoyé est dangereux : la violence en mer peut se poursuivre en toute impunité », alerte-t-elle.

    SOS Méditerranée réitère également un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque ». Et Soazic Dupuy réaffirme son intention de continuer à « sauver des vies, documenter les violations et veiller à ce que la Méditerranée demeure un espace où s’applique le droit international, la transparence et les principes les plus élémentaires d’humanité ».

    Dans le bilan de ses dix ans d’activité publié en juin, l’ONG s’inquiétait déjà d’un premier trimestre 2026, « le plus meurtrier jamais enregistré », la Méditerranée centrale étant « devenue un cimetière à ciel ouvert non par fatalité, mais du fait de choix politiques de non-assistance à personne en danger ».

    REPÈRES

    821

    C’est le nombre de personnes disparues ou décédées en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025.

    43 485

    C’est le nombre de personnes auxquelles SOS Méditerranée a porté secours depuis le 7 mars 2016. Un quart d’entre elles étaient mineures, dont 80 % non accompagnées. Dans le même temps, entre janvier et juin 2026, 35 000 personnes ont disparu en mer.

    27 116

    C’est le nombre de personnes qui ont été interceptées par les gardes-côtes libyens en 2025, d’après l’organisation internationale pour les migrations. Ramenés en Libye, les migrants font face à un système d’exploitation décrit par l’ONU comme brutal et profondément enraciné.

    75,7 %

    C’est la part des décès en Méditerranée qui ont eu lieu en Méditerranée centrale, sur cette route migratoire entre la Libye et l’Italie, une des plus mortelles au monde, du fait, notamment, de la très grande distance qui sépare les côtes des deux pays.

  • À Palavas, les plaisanciers sensibilisés à la préservation du milieu marin

    À Palavas, les plaisanciers sensibilisés à la préservation du milieu marin

    « Rien par-dessus bord, tous mes déchets au port ! » : tel est le slogan de la campagne nationale de sensibilisation « Je navigue, je trie », lancée en 2011 à destination des usagers de la mer par l’association Gestes propres. Pour la troisième saison consécutive, les ports de Palavas-les-Flots, détenteurs de longue date du Pavillon bleu et labellisés « Ports propres actifs en biodiversité », sont partenaires de ce programme. Lequel, à l’initiative de la Fondation de la Mer, s’enrichit cette année d’un volet « Je protège la biodiversité ».

    Le dispositif se matérialise par la distribution, sur les pontons, d’outils concrets par les ports partenaires. « Nous distribuons des sacs-poubelles de collecte, des cendriers de poche – un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau en raison des milliers de substances chimiques toxiques qu’il libère – et une fiche pratique pédagogique “SOS biodiversité“, qui recense les comportements à adopter (en matière d’hydrocarbures, d’eaux usées, d’ancrage, de déchets…) ainsi que les numéros à contacter face à un animal en détresse (raies, requins, tortues, oiseaux…) », indique Cyril Pagel-Grechi, directeur des ports de Palavas-les-Flots, qui accueillent 1 800 plaisanciers à l’année. « Cette sensibilisation a pour but de faire comprendre aux plaisanciers que quand ils sont en mer, ils doivent être vigilants à ce qu’aucun déchet humain de type plastique ou non biodégradable ne soit déversé dans le milieu marin, parce que la faune en subit les conséquences. De nombreux reportages ont montré que les animaux marins se retrouvent avec l’estomac plein de microplastiques », développe Cyril Pagel-Grechi.

    200 000 bateaux

    de plaisance chaque été en Méditerranée

    Chaque minute, en effet, entre 15 et 18 tonnes de plastique sont déversées dans l’océan, soit l’équivalent d’un camion-poubelle. « Une fois en mer, ces déchets se fragmentent progressivement sous l’effet des courants et de la chaleur en particules de plus en plus petites, affectant durablement les écosystèmes marins. Chaque geste pour contrer cette pollution compte », insiste la Fondation de la Mer, qui rappelle que « la Méditerranée, mer semi-fermée, ne représente que 0,8% de la surface des mers mais abrite 9% de la biodiversité marine mondiale. Or, ce sont près de 200 000 bateaux de plaisance qui s’y retrouvent chaque été. La pression anthropique y est donc particulièrement forte. Sensibiliser les plaisanciers de Méditerranée aux bons gestes pour protéger l’océan est ainsi particulièrement important ».

    Voilà plusieurs années déjà que les ports de Palavas sont engagés dans la protection de la biodiversité, via notamment l’installation, en mai 2024, de 37 nurseries artificielles fournies par l’entreprise héraultaise Ecocean. « Il s’agit de mini-nurseries avec des panneaux d’information pour pouvoir recevoir les scolaires, les informer avec des jeux. Le but de ces équipements est que les alevins de poissons puissent grandir en se protégeant des prédateurs, jusqu’à atteindre une taille qui leur permet de mieux se débrouiller », explique Cyril Pagel-Grechi. « Là, je viens de signer un engagement avec la start-up Lineup ocean pour déployer des dispositifs biosourcés destinés à faciliter la nidification et la reproduction des poulpes, des mini-récifs artificiels pour protéger les poissons sur une taille au-dessus de celle des nurseries et des équipements sur les pieux du port pour protéger et fournir de la nourriture aux poissons, de façon à ce que les ports deviennent des zones relais où les poissons puissent grossir avant de reprendre la mer », poursuit le directeur. En septembre 2023, les ports de Palavas ont également installé la première station-service maritime de bioéthanol au monde, « toujours dans cette démarche de protection de l’environnement et de verdissement de la plaisance ».

  • En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    Police nationale et municipale, gendarmerie, affaires maritimes, parc national des calanques… Tout le monde s’est mobilisé ce mercredi 12 août sous la houlette de l’État pour une vaste opération de sécurité en mer. La 3e depuis le début de la saison estivale. Le but : sensibiliser les usagers aux comportements adéquats. Dans le viseur notamment, les excès de vitesse des plaisanciers mais pas que…

    Au départ du Fort Saint-Jean, sur un des deux bateaux armés par la brigade maritime de la police municipale, Guillaume, Anis et Carine font dans la prévention et la pédagogie. « Au remous que les navires laissent dans leur sillage, on est capable d’évaluer la vitesse… » explique Anis. Vitesse limitée à 5 nœuds à 300 mètres des côtes.

    Aux abords du Frioul, ce couple un poil trop véloce et qui le reconnaît volontiers. « Je suis passé rapide, il y avait la navette », argumente le pilote pas franchement soutenu par son épouse. « Je lui ai dit qu’il allait trop vite, il y a des gens là sous l’eau », indique-t-elle. Gilets de sauvetages, deuxième coupe-circuit, fusées de détresse, extincteur, les policiers lui demandent de tout sortir. Il s’en tirera avec des recommandations. « J’ai été négligent », convient-il, « ça lui fera une piqûre de rappel », poursuit sa femme.

    Les paddlers présument de leurs forces

    Direction la petite plage du Morgiret. « On vérifie que les navires mouillent dans les zones délimitées par les bouées, cela évite d’arracher les posidonies », précise Guillaume. Et en cas de manquement, « cela peut coûter plusieurs milliers d’euros », ajoute Anis. Entre deux baigneurs, un paddler se fraie un chemin. Une vraie problématique cet été pour les garants de la sécurité en mer. « Depuis le début de la saison, nous avons aidé 30 personnes » se désole Carine, « les gens partent et ne regardent pas la météo, le vent tourne, ils n’arrivent pas à revenir et s’épuisent ».

    Il y a aussi ce père de famille qui saute avec son fiston et sa gamine depuis les rochers. « Monsieur, vous êtes champions de saut ? Non hein c’est bien ce qu’il me semblait », l’interpelle Anis qui rappelle que se jeter des rochers est interdit par arrêté municipal sur tout le littoral marseillais. Quelques jours auparavant, deux jeunes Grenoblois qui ont passé outre sur la digue des Catalans, ont été hospitalisés. « L’un d’entre eux saignait à la tête et ne sentait plus ses jambes », raconte Carine.

    À quelques encablures, un navire arrive à fond. Il faudra que la brigade le prenne en chasse pour qu’il coupe les gaz. Sur les genoux d’un des passagers, une petite fille sans gilet de sauvetage. La mauvaise grâce du pilote, pourtant cadre dans les chantiers navals, finit d’agacer les policiers qui ne laissent pas passer. Il sera convoqué à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Pris à 18 nœuds pour 5, soit environ 33 km/h pour 10, il risque une amende voire un retrait de permis…

  • La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    Lison, cheveux blonds attachés, t-shirt vert clair, se penche par-dessus la bouée du zodiac pour ramasser un sac plastique. « Hier, on en a ramassé plusieurs, quand j’ai ouvert le bidon pour les jeter, l’odeur était horrible », raconte Lola. Elles sont toutes les deux salariées de l’association Naturoscope depuis 5 ans, l’une des 17 structures ambassadrices de la campagne Écogeste Méditerranée, qui se déploie sur tout le littoral méditerranéen, financée par l’Agence de l’Eau et la mairie de Marseille. Dans ce cadre, chaque été, plusieurs fois par semaine, Lola et Lison partent en mer pour sensibiliser les plaisanciers aux bons gestes écologiques à adopter en mer pour protéger la posidonie et la biodiversité marine. En moyenne, elles accostent une dizaine de bateaux par jour.

    La plante à fleurs

    de la Méditerranée

    Lola a repéré un bateau dans une calanque de l’archipel du Frioul avec six jeunes écoutant de la musique. Lison tente : « Bonjour, vous connaissez la campagne Écogeste ? », alors que Lola rapproche l’embarcation. Les jeunes répondent par la négative. Lison prend son questionnaire sur les pratiques écologiques : « Vous faites attention lorsque vous ancrez le bateau ? » ; « Euh oui, il faut planter dans le sable », répond Kassim, capitaine du bateau, encore en pleine baignade. Lison insiste car il s’agit de protéger la posidonie, une plante à fleurs sous-marine protégée au niveau national et international. Elle se déracine lorsque les bateaux ancrent aux endroits où elle pousse et quand le fond est raclé par l’ancre. Or, la posidonie protège plus de 400 espèces de plantes et 1 000 espèces animales. Elle est fragile à cause de sa lente repousse. Un garçon du groupe répond : « On n’ancrera pas à ces endroits parce que j’ai peur des algues, croyez-moi ! »

    « Et comment vous gérez les nuisances sonores ? », poursuit Lison, en prenant des notes dans son carnet. Les animaux marins sont sensibles aux bruits ; les ondes sonores se propagent environ cinq fois plus vite qu’à la surface. Le bruit peut poser problème aux animaux marins pour interagir, les paniquer ou causer des blessures. Un garçon aux longs cheveux blonds, avec des lunettes de soleil sur le nez, rigole. « En vrai, on ne met pas la musique trop fort, l’enceinte ne pousse pas trop », dit-il. Lison et Lola qui ont entendu la musique en arrivant, hochent la tête.

    Pensez au savon

    de Marseille

    Dans une autre calanque de l’archipel, un voilier de 15 mètres a posé son ancre. Les deux plaisanciers irlandais arrivent d’Espagne et vivent sur leur bateau depuis janvier 2026. David balbutie quelques mots en français. « Ola, ça va être compliqué, on a un questionnaire en anglais ? », dit Lola en interpellant Louison. « Est-ce que vous donnez de la nourriture aux poissons ? », teste-t-elle en anglais, accompagnée de gestes pour se faire comprendre. « Non, on fait attention, on sait que c’est pas bon pour eux », assure David dans un français sommaire. Les poissons sont une attraction dans les calanques. « Les nourrir permet de les attirer, mais cela menace l’équilibre des espèces, explique Lola. L’Oblade a une façon de se nourrir opportuniste. Elle va manger tout ce que donne le plaisancier, et elle se reproduit très vite, au détriment des autres espèces », décrit-elle, pour exemple. « Et vous faites comment pour les douches ? », poursuit Lola. « Vous utilisez quoi comme savon ? », ajoute Lison. « Il certifié écologique en Australie », répond David. Pour diminuer la pollution en mer, les deux salariées recommandent d’utiliser des savons et des produits certifiés par des labels verts. « Ok, on ne connaît pas ça… Mais n’hésitez pas le savon de Marseille c’est super ! », répond Lison en rigolant. En repartant, Lola sourit, « ils étaient super eux, ils connaissaient tout ».

    Gabrielle Cartellier

  • Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Doté de 734 places de mouillage, le port de Saint-Tropez accueille chaque année plusieurs milliers de bateaux. Parmi eux, de nombreux yachts émettant des centaines voire des milliers de tonnes de CO2 par an. Titulaire des certifications internationales « Ports propres » et « Ports propres en biodiversité », remises aux ports de plaisance qui agissent pour réduire leurs impacts carbone et sur la biodiversité, le port de Saint-Tropez continue de s’engager en ce sens avec la mise en place d’un rideau à bulles sous-marin, au niveau de la station de carburant du Phare Vert.

    Un outil polyvalent

    Cette innovation unique pour un port français, nommée « InvisiBubble » agit comme un mur d’endiguement empêchant les particules d’hydrocarbures de se propager en dehors du périmètre sécurisé par le rideau. Elle est déployée par The Searial Cleaners (filiale de Wearth Group), expert de la lutte contre les pollutions marines. « Cela contribue à sensibiliser les plaisanciers à l’importance vitale de protéger la mer et son environnement. Nous sommes fiers que Saint-Tropez soit la première ville en France à mettre en place cette solution pour confiner les hydrocarbures », se réjouit Pascal Bonnet, directeur du port de Saint-Tropez.

    Le principe : au fond de la mer, plusieurs tuyaux sont reliés à un compresseur d’air. Ce dernier génère un flux d’air, envoyé dans le tuyau percé qui laisse passer les bulles qui s’échappent, créant ainsi un rideau de bulles, du fond de l’eau jusqu’à la surface, pour éviter que les fuites d’hydrocarbures ne se propagent à l’ensemble du port. Dès qu’un usager en constate une, il peut actionner le rideau à bulles à l’aide d’un bouton pour stopper la propagation. Celui-ci s’active et crée un courant interne au sein de la zone délimitée par les tuyaux qui vient concentrer les nappes d’hydrocarbures, ceci facilitant le pompage. Particulièrement adapté dans un port où l’incendie d’un yacht, en juillet 2025, avait provoqué la fuite de 18 000 litres de carburant dans l’eau.

    Adapté à tous les milieux (ports, fleuves, lacs, étangs…), le dispositif n’a aucun impact sur l’environnement. Il agit sur tous les déchets du fond jusqu’à la surface de l’eau – comme c’est le cas dans le canal de l’Ourcq à Paris depuis 2024, pour collecter les déchets flottants – et permet d’augmenter les niveaux d’oxygène dans l’eau, en préservant l’équilibre de l’écosystème environnant. Cette solution génère ainsi un gain de temps important, ne nécessite pas de ressources humaines ou matérielles, et consomme très peu d’électricité.

  • Des contrôles contre les dangers de la mer

    Des contrôles contre les dangers de la mer

    Devant le stade nautique du Roucas Blanc, à Marseille, l’adjoint du préfet maritime, le commissaire Jean-Emmanuel Perrin fait le briefing aux unités prêtes à partir en mer cet après-midi. Un mot d’ordre : « Veiller au respect de la réglementation pour sauvegarder la vie humaine en Méditerranée. »

    Au programme, 50 à 70 agents à bord de huit Zodiacs vont sécuriser le plan d’eau. Les affaires et la gendarmerie maritimes, la douane, les polices municipale et nationale sont missionnées du 1er mai au 30 septembre. Ils agissent sur toute la façade Méditerranée.

    L’été dernier, sur les 12 000 contrôles effectués, 4 000 infractions ont été relevées. « En mer, il y a de plus en plus d’infractions parce qu’il y a plus de fréquentation », constate le Major Marc Foyer, responsable de la brigade nautique départementale, en poste aux côtés de quatre autres agents de la police nationale. À bord de leur intercepteur, nom donné au Zodiac, ils se veulent « visibles et crédibles ».

    Protéger et sanctionner

    à tous les niveaux

    Car les dangers sur l’eau sont multiples. Un équipement complet et en règle doit toujours être vérifié par le capitaine du bateau, même quand c’est de la location. Alors que l’intercepteur de la police navigue à proximité du Mucem, le Major fait signe à un bateau de location de s’arrêter. « On coupe le moteur s’il vous plaît. Vous me présentez la carte de circulation et le permis bateau. »

    La vérification des papiers faite, les policiers rappellent la réglementation : « Quel est l’équipement obligatoire à bord, Monsieur ? » Bonne réponse pour le capitaine contrôlé, qui présente cinq gilets de sauvetage pour ses cinq passagers. « On fait preuve de pédagogie sur nos contrôles, pour réduire les risques en amont des infractions », explique Marc Foyer. Parmi les équipements contrôlés, l’extincteur et sa date de péremption, ou encore la lisibilité de l’immatriculation du bateau.

    Le bateau de la police nationale ralentit de nouveau quand il croise un baigneur dans la rade du Vieux-Port. Une baignade interdite dans cette zone. « Je vous invite à rapidement retrouver la berge. » Les agents de police expliquent, contrôlent, et portent secours quand il y a urgence. Ils sont tous diplômés du BNSSA, du PSC1 et 2.

    L’autre danger majeur sur l’eau, ce sont les excès de vitesse des bateaux. « Sur la bande des 300 mètres, c’est-à-dire les eaux proches de la berge, il ne faut pas dépasser les cinq nœuds [10 km/h ndlr]. » Au moment où Thierry, aux commandes du Zodiac, détaille la réglementation en mer, il remarque une écume particulièrement épaisse autour d’un plaisancier, témoin d’une vitesse trop élevée. Le bateau transporte une dizaine d’adolescents, conduits par un guide professionnel. « Vous savez pourquoi vous êtes arrêté ? », lance Marc Foyer. En quelques minutes, le procès-verbal est rédigé, et le permis levé. « Pour un délit de cinquième classe comme ça, c’est le procureur qui décidera du montant de l’amende et de la durée de suspension du permis. »

    Tout au long de l’après-midi de contrôles, les agents de police repèrent les comportements à risque et sensibilisent aux bons réflexes. Notamment lorsqu’ils voient des touristes en vacances, en train de consommer de l’alcool. « C’est vous qui pilotez ? Il n’y aura pas de troisième bière, on est bien d’accord ? », met en garde le Major Foyer. Un avertissement d’autant plus important depuis l’adoption du décret anti-ivresse le 2 juin dernier. L’ivresse manifeste est punie d’un retrait du permis et de la confiscation du navire. « L’objectif de ces journées, c’est de renforcer le volume de contrôles. C’est une opération coup de poing », insiste le Major. « Pour que la mer reste un espace de plaisir. »

    REPÈRES

    3 536

    L’été 2025 a été particulièrement chargé pour les secours en mer en Méditerranée. Le CROSS MED a coordonné 3 536 opérations, soit une hausse de 14 % par rapport à l’année précédente. Au total, 8 072 usagers ont été impliqués dans ces interventions (+4 %). Les départements du Var, des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes, de la Corse-du-Sud et de l’Hérault concentrent à eux seuls près de 80 % des opérations. Cette augmentation confirme une accidentologie estivale toujours élevée sur un littoral très fréquenté.

    Contrôles

    Pour faire face à la multiplication des pratiques nautiques et aux comportements à risque, la préfecture maritime de la Méditerranée a renforcé sa présence en mer. Durant la saison 2025, près de 12 000 contrôles ont été effectués sur le littoral. Ces opérations ont permis de constater environ 4 000 infractions, soit un contrôle sur trois donnant lieu à une verbalisation ou un constat d’irrégularité. Les autorités pointent surtout l’inexpérience, l’impréparation et les comportements irresponsables comme principales causes d’interventions de secours.

    38

    Si le nombre d’accidents reste important, la mortalité en mer recule. En 2025, 38 décès ont été recensés sur la façade méditerranéenne, soit une baisse de 17 % par rapport à 2024. La plongée sous-marine, particulièrement touchée l’année précédente, enregistre une diminution notable avec six décès, en recul de 33 %. Les autorités attribuent cette amélioration aux campagnes de sensibilisation et aux actions de prévention renforcées menées auprès des pratiquants, qui seront poursuivies cet été.

  • Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Une catastrophe majeure a été évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins-pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, sur le Vieux-Port, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, a pris feu, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 m de long. Malgré l’intervention rapide des marins-pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, entraînant l’évacuation de plusieurs terrasses de cafés et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau-pompe, le bataillon est venu à bout du sinistre. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon, de nos policiers municipaux », a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). L’élu souligne le savoir-faire du BMPM, qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution.

    La scène expertisée

    La pollution peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu, dont la pollution est plus visuelle ».

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre, poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs : d’abord la sauvegarde de la vie humaine. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux. Et en troisième lieu, protéger la scène sur l’eau. » Interrogé justement sur la poursuite des festivités, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau en train de regarder la structure », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je parle au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver ».

  • Marseille : « Tous à bord » veut permettre à tous de prendre le large

    Marseille : « Tous à bord » veut permettre à tous de prendre le large

    Nous mobilisons une trentaine de sociétaires bénévoles et 28 bateaux pour que 25 familles d’enfants handicapés et jeunes adultes souffrant de troubles autistiques puissent partager un moment de plaisir tous ensemble », détaille Catherine Le Roux, la dynamique secrétaire générale de l’union nautique du canal de la douane et des vieux marins bateliers (UNCD & VMB).

    Cette idée est venue du président du club Pascal Passaro dit Calou. « On participe à Octobre rose, opération pour laquelle on arrive à mobiliser 35 bateaux. mais moi, j’avais aussi envie de faire quelque chose avec des enfants », lâche cet homme dont la vie a été rythmée par des années de syndicalisme. Et de poursuivre : « Je voulais faire partager gratuitement la mer et ses bienfaits à des enfants handicapés. »

    Hop, hop, hop, Catherine contacte l’association Soliane membre du réseau parcours handicap 13. « Soliane aide les parents depuis 23 ans quel que soit l’âge et la nature du handicap de l’enfant. Et depuis 3 ans, nous sommes aussi membre d’un réseau GEM (groupe d’entraide mutuelle) TSA, le « ComGem » propose de nombreuses activités différentes aux jeunes entre 18 et 35 ans porteurs de TSA sans déficience intellectuelle, majeurs et autonomes dans leurs déplacements » définit Véronique Mauro la présidente.

    Une après-midi festive

    Et prolonge : « C’est très important de partager des activités avec les frères, les sœurs et les parents. La quasi-totalité n’a jamais fait de sortie en bateau. Nous nous y préparons depuis deux mois. »

    L’UNCD & VMB a prévu l’après-midi en 3 temps. Le rendez-vous est au 62 Quai du Port (2e) à 13h30. Le temps de se présenter, de revêtir les gilets de sauvetages et d’écouter les consignes. Voilier, hors-bord ou in-board, par petits groupes et très encadrés chacun est dirigé vers son embarcation. À 14 heures, c’est le départ pour une balade autour de l’île de Gaby. Le retour est prévu vers 15h30 pour un grand goûter avec une dernière animation festive, avec la Maison de Nina qui propose des animations autour des techniques du cirque. « Ça va être top. Il va y avoir des boules, le rouleau américain, de la jonglerie et aussi de l’aérien sur le portique. Ça va être un beau moment de partage » conclut Nina avec enthousiasme. Un apéro grillade clôturera la journée entre les différents organisateurs.

    Toutes les infos du club sur l’UNCD & VMB

  • [Passerelle interculturelle] Traditions chinoises, zongzi et courses de bateaux-dragons

    [Passerelle interculturelle] Traditions chinoises, zongzi et courses de bateaux-dragons

    Il s’agit de l’une des grandes fêtes traditionnelles chinoises. À cette occasion, les familles ont coutume de manger des zongzi, de petits paquets de riz gluant enveloppés dans des feuilles végétales, de suspendre de l’armoise chinoise aux portes des maisons, et surtout d’assister ou de participer à des courses de bateaux-dragons.

    Le zongzi est l’un des aliments les plus emblématiques de cette fête. Il est préparé avec du riz gluant, parfois garni de différentes farces, puis enveloppé dans des feuilles de bambou, de lotus, de roseau, de maïs ou encore de bananier. Chaque type de feuille apporte au riz un parfum particulier et donne au zongzi une saveur unique.

    Dans la Chine ancienne, ces feuilles ne servaient pas seulement à parfumer les aliments. Elles permettaient aussi de mieux conserver les zongzi pendant les chaleurs de l’été, grâce à certaines propriétés naturelles antibactériennes. C’est ainsi que les anciens Chinois ont développé cette méthode consistant à envelopper le riz dans des feuilles, puis à conserver les zongzi dans l’eau fraîche.

    Mais la fête de Duanwu est surtout connue pour ses spectaculaires courses de bateaux-dragons. Cette tradition chinoise très ancienne remonterait à plus de 2 000 ans. Aujourd’hui encore, elle reste l’un des moments les plus attendus des célébrations.

    Le long du fleuve Yangtsé

    Il existe plusieurs explications sur l’origine de ces courses. Selon l’une des théories les plus répandues, elles seraient nées parmi les communautés de pêcheurs installées le long du fleuve Yangtsé, dans le centre-sud de la Chine. À l’origine, il s’agissait d’un rituel populaire destiné à demander aux divinités de la pluie des récoltes abondantes.

    Plus tard, cette tradition a été associée à la mémoire de Qu Yuan, poète de la période des Royaumes combattants, au IIIe siècle avant notre ère. Connu pour son patriotisme et ses œuvres poétiques, Qu Yuan fut exilé après avoir été écarté de la cour par un souverain corrompu. Selon la légende, lorsqu’il apprit que son pays avait été vaincu par ses ennemis, il se jeta dans la rivière Miluo, désespéré. Les habitants auraient alors lancé leurs bateaux sur la rivière pour tenter de retrouver son corps. Ils auraient également jeté des zongzi dans l’eau afin d’empêcher les poissons de s’en approcher. C’est de cette légende que viendrait l’association entre les courses de bateaux-dragons, les zongzi et la fête de Duanwu.

    Au fil des siècles, les courses de bateaux-dragons sont devenues à la fois une tradition culturelle, une activité sportive et un symbole fort de l’esprit collectif. Aujourd’hui, elles sont pratiquées bien au-delà de la Chine, dans de nombreux pays, où elles attirent un public de plus en plus large.

    À travers ses saveurs, ses légendes et ses courses animées, la fête de Duanwu témoigne de la richesse des traditions chinoises et de leur capacité à traverser le temps tout en s’ouvrant au monde.

  • [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    Avec cette mise à jour, la Chine compte désormais 45 traditions inscrites sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. C’est le plus grand nombre au monde. Ces traditions couvrent de nombreux domaines. Elles permettent de mieux comprendre la longue histoire de la Chine et la diversité de sa culture.

    La présence de la Chine sur les listes de l’Unesco a commencé en 2001, avec la reconnaissance de l’opéra Kunqu. Dans les années suivantes, d’autres traditions ont été inscrites, comme la musique du guqin, le Muqam ouïgour du Xinjiang et le chant long mongol. Ensemble, elles montrent la richesse de la culture traditionnelle chinoise.

    De nombreuses traditions reconnues par l’Unesco montrent une esthétique chinoise très particulière. La calligraphie chinoise, la gravure de sceaux et le papier découpé transforment des matériaux simples en formes artistiques. À travers les traits du pinceau, les sceaux gravés et les dessins découpés dans le papier, ces arts transmettent depuis des générations un sens unique de la beauté.

    Les savoir-faire traditionnels sont aussi une partie importante du patrimoine immatériel chinois. Les techniques de construction en bois, le tissage du brocart Yunjin de Nanjing, la sériciculture et les techniques de fabrication de la soie, ainsi que la cuisson du céladon de Longquan, montrent l’union entre l’utilité et l’art.

    Le reflet des 56 groupes ethniques de Chine

    Les fêtes et les coutumes populaires restent très présentes dans la vie quotidienne. La Fête du Printemps et la Fête des Bateaux-Dragons réunissent encore les familles et les communautés. Des traditions maritimes, comme les croyances et coutumes liées à Mazu ou la cérémonie Wangkang, se sont diffusées au-delà de leur région d’origine et sont reconnues dans différentes cultures.

    Le patrimoine culturel immatériel chinois reflète aussi les traditions des 56 groupes ethniques de Chine. Le Nanyin, le Grand Chant du peuple Dong, l’opéra tibétain et les arts Regong ont chacun leurs propres caractéristiques. Ensemble, ils montrent la diversité culturelle qui a façonné la civilisation chinoise au fil des siècles.

    D’autres formes de patrimoine conservent des savoirs traditionnels et des façons de penser anciennes. L’acupuncture et la moxibustion, le taijiquan et le zhusuan chinois, c’est-à-dire le calcul traditionnel avec le boulier, continuent d’influencer la vie moderne tout en transmettant une sagesse ancienne.

    En même temps, certaines traditions rencontrent des difficultés pour être transmises aux nouvelles générations. L’impression à caractères mobiles en bois, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises et le Meshrep ont été inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco. Cela montre l’importance de poursuivre les efforts de protection et de soutien.