Quarante millions d’euros ! Balancé à l’emporte-pièce durant la campagne municipale par la droite aux affaires, qui avait choisi l’option du stade des Antonins, le coût de la rénovation du stade des Costières pourrait finalement se révéler bien moins élevé. En attendant le vrai chiffre, qui sera donné par l’audit en cours, l’adjoint aux sports a, d’après les premières estimations, le sentiment que l’addition pourrait être deux fois moins salée. « Nous ferons un point avec l’audit à la rentrée », assure Bruno Ferrier sans s’avancer davantage.
Quoi qu’il en soit, il semblerait que la volonté du maire Vincent Bouget (PCF) de remettre en état l’infrastructure qui fut l’enceinte du Nîmes Olympique de 1989 à 2022 n’a rien d’une lubie. L’option est d’autant plus suivie par sa majorité qu’elle a acquis la conviction que le stade provisoire des Antonins, érigé par l’ancien propriétaire Rani Assaf, n’est pas viable. « Il n’a pas de parking ni de salle de réception. Il n’a que 8 000 places et coûte 500 000 euros par an à la Ville », liste Bruno Ferrier. Qui prévient que la municipalité ne pourra pas injecter indéfiniment dans un club tombé en National 2 (4e division). « On va faire un effort cette année [1,2 million d’euros était injecté l’an passé, Ndlr] mais il va falloir ensuite réfléchir à un projet où la Ville ne soit pas le principal investisseur », anticipe l’adjoint aux sports. En disant cela, Bruno Ferrier pose les bases des échanges à venir avec l’actuel président Thierry Cenatiempo. Lequel se voyait bien rester aux Antonins…
« L’avenir du Nîmes Olympique est aux Costières », lance Bruno Ferrier. S’il dit cela, c’est qu’il pense l’opération de réhabilitation faisable. « Le stade n’a pas de défaut de structure », précise-t-il. Dans son jus depuis trois ans et demi, la pelouse s’est transformée en terrain vague et des arbustes, à l’instar de figuiers, ont poussé dans certaines travées. Rien de rédhibitoire a priori. Côté bâtiments, l’ancienne municipalité s’était contentée d’injecter 700 000 euros pour rénover l’ancienne salle de gymnastique qui abritait le service des sports de la Ville de Nîmes. Lequel est d’ailleurs en train de réintégrer les lieux. La municipalité de gauche a l’intention de rénover toutes les salles qui en ont besoin. Elle vient par ailleurs d’injecter 250 000 euros dans le stade annexe. « Il fallait décaisser et refaire la pelouse. Ce sera prêt en novembre », indique Bruno Ferrier. Une première étape dans la reconquête de cette friche qui, on l’aura compris, en appelle vite d’autres.
Si la volonté politique de redonner au Nîmes Olympique son écrin est présente, quelle sera l’ampleur du projet final ? Difficile à dire car il y aura nécessairement des arbitrages dans une Ville qui manque un peu de tout et qui ne roule pas sur l’or. « Il va falloir se mettre autour de la table et décider des priorités avec un plan pluriannuel d’investissements : est-ce qu’on privilégie le stade, les écoles, les piscines… ». Côté équipements sportifs, le nouvel adjoint a fait le tour et pris connaissance de l’état des besoins. « C’est une catastrophe. Il manque au moins 10 stades et 5 gymnases pour éviter une surutilisation des équipements qui les use plus vite. » Pour ce qui est des Costières, on devrait y voir plus clair avec les résultats de l’audit à la rentrée.

Leave a Reply