Samedi 19 septembre au soir, à Saint-Symphorien-sur-Coise, les Crocos ont encore gagné. Un succès 3-1 chez Haut Lyonnais, le cinquième en autant de journées, et un fauteuil de leader solidement accroché. Sur le terrain, Nîmes Olympique ne pouvait rêver meilleur départ, le meilleur même depuis 1949-1950. Dans les bureaux, le décor est autrement moins réjouissant.
Ce décalage a pris une dimension très concrète le 14 septembre. Ce jour-là, le président de l’Association Nîmes Olympique, Yannick Liron, a annoncé 630 000 euros de déficit sur l’exercice 2025-2026 : 500 000 euros pour la société Nîmes Olympique Ensemble de Thierry Cenatiempo et 130 000 euros pour l’Association. « Il faut qu’on se mette tous autour de la table et qu’on arrête ce cirque. Il faut siffler la fin de la partie », a-t-il lancé en conférence. Car derrière le trou comptable se cache surtout un profond désaccord sur la manière de solder la saison passée.
SAS et Association se réclament mutuellement de l’argent. En cause, des refacturations de prestations, de billetterie, de mise à disposition d’infrastructures et surtout la répartition des dépenses liées aux Antonins et à la Bastide. La Ville avait versé 1,1 million d’euros à l’Association lors du sauvetage, mais près de 960 000 euros ont été absorbés par les deux équipements la saison dernière, selon Yannick Liron. En parallèle, environ 100 000 euros de recettes de mécénat et de partenariat promises n’ont jamais été concrétisées. Le montage construit dans l’urgence à l’été 2025 montre aujourd’hui ses coutures.
L’été avait déjà donné le ton. Début août, Thierry Cenatiempo refusait de signer les conventions d’occupation des Antonins et de la Bastide, jugeant trop élevés les loyers proposés par la nouvelle municipalité. Le bras de fer se doublait alors d’un autre sujet sensible : la fan zone extérieure, où de la bière était vendue, avait été recalée par la préfecture, menaçant une source de recettes pour le club. Après quelques jours de négociations, un compromis était trouvé : 10 000 euros par match aux Antonins et 25 000 euros pour la Bastide, tandis que les buvettes et animations étaient réorganisées à l’intérieur du stade. Un épisode réglé, mais révélateur d’un club où chaque ligne comptable est devenue sensible.
À l’intérieur aussi, l’équilibre se fragilise. Émiliano Marcos et Philippe Gas, deux entrepreneurs qui avaient participé au sauvetage de 2025 avant de s’éloigner de Thierry Cenatiempo, ont rejoint le conseil d’administration de l’Association. Ils assument désormais vouloir bâtir un « plan B », renforcer la formation locale et mobiliser les entreprises du territoire. Leur autre objectif est symbolique : permettre à l’Association de récupérer avant la fin de l’année la marque Nîmes Olympique, toujours détenue par Rani Assaf. De son côté, Thierry Cenatiempo affiche sa sérénité. Une ouverture de capital doit faire entrer notamment Kevin Denkey et un entrepreneur américain pour environ 700 000 euros, avec d’autres investisseurs annoncés. Le président assure que le dossier a avancé à « 80% », tout en précisant que ces nouveaux fonds n’ont pas vocation à éponger le déficit passé.
Mais l’échéance est proche. Les comptes doivent être arrêtés avant le passage devant la DNCG fin octobre. L’Association, elle, ne peut pas présenter un exercice déficitaire. « Ce sont des problèmes de personnes. Les personnes, il faut qu’elles se rencontrent et qu’elles parlent », résume l’adjoint aux Sports Bruno Ferrier, alors que la Ville se dit prête à jouer les médiateurs. Le NO gagne de nouveau le samedi. Reste à savoir s’il saura aussi faire équipe le reste de la semaine.

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