Un militant bas-alpin jugé pour violences

Légitime défense ou passage à tabac ? Pour l’avocat général, cela ne fait aucun doute : Guillaume D. « a été passé à tabac » et Merlin Longuet « ne peut évidemment pas justifier d’une quelconque légitime défense et doit être condamné. Il est évident qu’il a porté nombre de coups de poing et de matraque à la victime ». Le public était venu en nombre mardi pour soutenir ce prévenu bien connu dans la région de Forcalquier, puisqu’il avait fondé le Café des Libertés et était très actif dans le milieu militant et l’organisation d’événements.

Le récit de Guillaume D., confirmé par plusieurs témoins, relate que Merlin l’a frappé au sol dès son arrivée sur Forcalquier, son fief, car il considérait qu’il n’y était pas le bienvenu. Selon lui, ces tensions entre eux venaient du fait qu’il avait refusé de mettre le feu à Radio Zinzine, média de la communauté autonome Longo Maï, mission que Merlin « lui demandait pour l’accepter dans son groupe ». Guillaume D. a affirmé avoir reçu « quatre ou cinq » coups de matraques derrière la nuque, avoir été ceinturé et frappé au visage alors qu’il était au sol. Plusieurs hommes s’en seraient pris à lui.

Merlin plaide lui la « légitime défense » et accuse notamment Guillaume d’avoir porté le premier coup et d’avoir simulé un malaise . « C’est la seule manière que j’ai trouvée pour arrêter de me faire agresser », affirme-t-il. Il évoque un « coup de tête sans aucune sommation » et une « attitude provocatrice pour chercher le conflit ». Selon lui, Guillaume D. aurait prémédité son acte et aurait prévu de le violenter depuis plusieurs jours. « Il a morflé, je peux pas le nier », a-t-il tout de même reconnu, avouant avoir commis des violences et détaillant les techniques de boxe anglaise qu’il avait alors utilisées contre Guillaume D.

Un lourd casier judiciaire

Même si Guillaume D. « était venu alors qu’il n’était pas le bienvenu, cela ne justifie pas que l’on exerce sur lui des violences graves », a avancé l’avocat général. « Vous vous présentez sous un bon jour, mais vous avez un casier judiciaire à onze mentions », a rappelé la présidente. Merlin Longuet a notamment déjà été condamné pour violences conjugales.

L’avocat général a tout de même proposé de transformer la peine de huit mois d’emprisonnement de Merlin Longuet en peine avec sursis. Les deux hommes avaient été condamnés en première instance en 2024, Guillaume D. à 1 000 euros d’amende et Merlin Longuet à une peine de huit mois d’emprisonnement sous bracelet électronique, dont il a fait appel.

L’avocat de Merlin Longuet, Me Louis Ramuz, a plaidé la relaxe, avançant qu’il ne pouvait être prouvé que la blessure de Guillaume D. avait été provoquée par Merlin Longuet. Interdit de département, le militant a expliqué être désormais en train de monter une boutique de produits locaux et « vivre d’amour et d’eau fraîche », s’étant occupé des ânes et des poules de ses amis.

L’audience a été perturbée à plusieurs reprises par la présence de nombreux soutiens de Merlin Longuet qui avaient omis d’éteindre leurs téléphones portables. La décision a été mise en délibéré au 2 septembre.

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