Le constat est sans appel : dans le Pays d’Arles, « 20 à 23% des exploitants agricoles sont sous le taux de pauvreté », affirme Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « En même temps, on a du dynamisme dans ce secteur, avec 1 600 entreprises, 10 000 salariés permanents…, poursuit-elle. Il y a une richesse, mais il ne faut pas qu’elle masque des situations de précarité. » Alors, devant la volonté des acteurs et collectivités du territoire, la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, en partenariat avec la FNSEA et la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (MSA), a lancé le Pacte des solidarités du Pays d’Arles.
« Le chiffre 13 porte-bonheur : 13 signataires dans le département 13 », se réjouit Anne Rubinstein, en charge de la mission gouvernementale, qui rappelle : « Aucun acteur n’a la réponse à lui seul, nous sommes obligés de travailler ensemble. »
Concrètement, ce Pacte a pour objectif de faciliter l’accès aux droits et de lutter contre le non-recours, de repérer les situations de fragilité et d’isolement grâce au travail de terrain de la MSA et du réseau des Sentinelles agricoles, mais aussi d’accompagner la viabilité des exploitations avec la mise en place d’un diagnostic économique et technique proposé par la Chambre d’agriculture, pour une dizaine de concernés. « On passe aussi par la formation pour sécuriser les trajectoires professionnelles des salariés en mutualisant les dispositifs et en créant une offre pour la poly-activité », détaille Yolande Eskenazi. Ce pacte met aussi en place de nouveaux espaces de dialogue pour le secteur et expérimente des solutions de logement adaptées aux besoins des salariés saisonniers.

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