Tag: Pauvreté

  • Rénovée, la dalle contre la pauvreté a été inaugurée à Marseille

    Rénovée, la dalle contre la pauvreté a été inaugurée à Marseille

    Située sur le parvis du parc du 26e centenaire – Jean-Claude-Gaudin (10e), elle symbolise l’engagement de Marseille à lutter pour résorber la pauvreté. Karim Touche a renouvelé « le soutien de la Ville à ATD Quart-Monde et à son combat pour la dignité humaine et à l’accès aux droits. La lutte contre la misère exige un engagement durable des pouvoirs publics et de toute la société. Il est important de rappeler le lien indissociable entre dignité, juste et paix, en affirmant que la misère n’est pas une fatalité et que la dignité n’est pas négociable. »

  • [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    Françoise Verna : Vous organisez la Journée mondiale du refus de la misère à Montpellier, Pézenas et Béziers ce samedi 17 octobre. C’est une première cette coorganisation sur ses trois villes de l’Hérault ? En quoi ces liens sont importants ?

    Bernard Morin : Pézenas, cela fait plus de quinze ans qu’ils agissent ensemble en collectif. Béziers c’est la première année qu’ils le font sur les Allées Paul-Riquet et la Colonie Espagnole. Et à Montpellier cela fait 25 ans que cela existe. Pourquoi ce lien cette année entre les trois communes ? Parce qu’il y a vraiment le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix, de la société. On s’est dit qu’il serait judicieux de faire savoir à Béziers, à Pézenas et à Montpellier, aux trois coins de l’Hérault, que nous sommes reliés.

    Olivier Nottale : Justement nous sommes en ligne avec Serge Pesce depuis Béziers membre du pacte civique et du Pacte du Pouvoir de vivre biterrois. Comment construisez-vous cette journée ?

    Serge Pesce : C’est un collectif qui s’est constitué à Béziers dans le cadre du Pacte pour le pouvoir de vivre, une initiative lancée par de nombreuses associations et ONG au niveau national. Il y en a une quarantaine qui agissent dans le secteur social, citoyen, caritatif le plus divers. Sur Béziers, ce groupe a associé différentes structures : ATD-Quart Monde, la Ligue des Droits de l’Homme, la CFDT, le Pacte civique et un acteur très local, la Colonie espagnole qui est implantée en plein de Béziers dans un quartier touché par la problématique de la pauvreté.

    Françoise Verna : Où peut-on vous retrouver ?

    Serge Pesce : Nous serons présents sur les Allées Paul-Riquet de 14h à 17h pour échanger avec les Biterrois et rappeler la situation de la pauvreté sur la ville. La pièce de théâtre So so Sobriété sera jouée le soir à 18h à la Colonie espagnole.

    Olivier Nottale : Le thème, cette année, de la Journée mondiale du refus de la misère est, je cite : « Défendons la paix, pour un monde habitable : justice sociale et environnementale ». C’est fondamental de lier justice sociale et environnementale ?

    Serge Pesce : Malheureusement, la situation de misère, de pauvreté, elle s’additionne, se cumule. Le premier degré de la misère, c’est la misère financière, bien sûr. Mais, ces personnes sont aussi les premières à être victimes d’une misère culturelle, d’une misère sociale, dans la qualité de la vie, le logement. Ce sont les personnes qui sont le plus nombreuses dans les passoires thermiques où l’on crève de chaud l’été et de froid l’hiver. Elles ont moins accès aux soins, aux médecins. Les personnes fragiles vivent cela dans tous les domaines de la vie.

    Olivier Nottale : L’objectif est d’être force de proposition ?

    Bernard Morin : Il faut savoir de quoi on parle en premier. Sur Montpellier, cela fait six ans que nous existons. On a commencé par bredouiller mais depuis maintenant deux ans on travaille, on agit sur le logement en lien avec la mairie, dans des commissions. Nous allons travailler avec tout le réseau de l’éducation populaire sur Montpellier en lien et avec le soutien technique de la Ville.

    Françoise Verna : Vous avez fait un travail de fond sur la pauvreté à Béziers, une des villes, si ce n’est la ville, la plus pauvre de France. Quelles en sont les grandes lignes ?

    Serge Pesce : Le seuil de pauvreté, c’est 50% du revenu median qui lui est d’environ 1 500 euros par mois. En France, 14% de la population est à ce niveau [750 euros/mois], soit 9 millions de personnes. Et bien à Béziers, nous sommes à 36%. Si l’on regarde de plus près, cela concerne une population de moins de 30 ans où il est de 48%. La situation de famille monoparentale conduit à la pauvreté presque inéluctablement. C’est une situation qui a beaucoup évolué en France : Il y avait 10% de familles monoparentales en 1968, nous avons dépassé 26% en France au début des années 2020. Et cette fois encore, spécificité à Béziers, il y a 40% de familles monoparentales.

    Olivier Nottale : Bernadette Chamouton vous êtes membre du collectif du pouvoir de vivre de Pézenas. Samedi, la Journée du refus de la misère se déroule au lycée agricole. Il y aura notamment un stand de Territoire Zéro Chômeurs. Pourquoi ce projet est en difficulté ?

    Bernadette Chamouton : Nous sommes en galère après pourtant six ans de travail sur ce projet. Tout était prêt mais le gouvernement a demandé au fonds d’investissement de bloquer l’argent et de stopper le projet qui devait démarrer début septembre. Nous avons fait signer une pétition sur le marché de Pézenas. Une lettre a été envoyée au ministre du travail et même au président, monsieur Macron. Le projet est prévu, budgété. C’est une volonté de ne pas le réaliser. Des salariés attendent un travail depuis des années.

    Nous sommes dans l’incertitude sur ce projet important mais on ne baisse pas les bras car la création du collectif a créé une ambiance citoyenne à Pézenas.

    Consultez le programme complet et écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • À Toulon, une table ronde pour défendre le droit à un logement digne

    À Toulon, une table ronde pour défendre le droit à un logement digne

    Passoires thermiques, logements indignes, difficultés d’accès à un hébergement d’urgence… Le mal-logement recouvre des réalités multiples qui fragilisent chaque jour davantage les personnes les plus précaires. Dans le Var, comme ailleurs, la pénurie plus ou moins organisée de logements sociaux interroge la capacité collective, ou tout simplement la volonté politique des élus, à répondre à un besoin pourtant essentiel : celui d’avoir un toit sur la tête.

    C’est autour de ces constats que se tiendra cette table ronde à la Maison de la Méditerranée. Organisée dans le cadre des initiatives liées à la Journée mondiale du refus de la misère, elle réunira Francis Verne, de la Fondation pour le logement, et Jean-Paul Jambon, pour le collectif logement d’Habitat Humanisme. L’objectif affiché est d’ouvrir le dialogue, de partager les expériences et de faire émerger des pistes d’action.

    Des acteurs engagés sur le terrain auprès des personnes confrontées au mal-logement et dans l’impossibilité d’accéder au parc social croiseront leurs regards sur les difficultés du territoire et les réponses à développer afin de favoriser l’accès à un habitat digne.

    Lutter contre la pénurie

    de logements sociaux

    Une situation préoccupante dans le département, qui ne semble pas perturber certains maires varois, qui « depuis plus de vingt ans contestent et fustigent la loi SRU [Solidarité Renouvellement urbain, ndlr] », rappelle Jean-Paul Jambon. Et préfèrent s’acquitter de lourdes pénalités plutôt que de répondre aux besoins de leurs administrés, « en continuant à infuser ce poison du rejet des habitants en grande demande, à contraindre les jeunes à quitter la commune alors qu’ils devraient en être la force vive et à obliger les travailleurs à ne pouvoir habiter la commune ».

    Dans un département où près de 70% des ménages sont éligibles au logement social et où près de 37 000 d’entre eux en ont fait la demande en 2025 pour seulement 3 730 attributions, la prise de conscience peine encore à émerger. C’est à cela qu’aspire la rencontre de ce soir, qui se poursuivra autour d’un apéritif partagé.

    Le samedi 17 octobre, le collectif donne également rendez-vous, toujours dans le cadre de la Journée du refus de la misère, à l’accueil de jour Domensa, à partir de 11h. Au programme : une journée d’échanges et de rencontres permettant de recueillir les témoignages de celles et ceux qui connaissent, ou ont connu, l’enfer de la rue. Des ateliers et un théâtre-forum seront organisés jusqu’à 17 heures.

    Des initiatives de sensibilisation ouvertes au grand public dont l’objectif est de permettre à chacun de changer de regard sur la pauvreté et, pourquoi pas, d’inciter le plus grand nombre à entrer dans la bataille en s’engageant pour faire évoluer les choses, que ce soit en matière de construction de logements sociaux ou de création de places d’hébergement d’urgence.

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.

  • Nourrir encore plus, avec toujours moins

    Nourrir encore plus, avec toujours moins

    Comme tous les mardis et jeudis soir, une file d’une vingtaine de personnes se forme spontanément sur la place de la Joliette, à Marseille. Il n’est que 18h30. « L’association Vendredi 13 n’arrive qu’à 19h, indique un homme. Je viens plus tôt parce que je n’ai rien avalé depuis deux jours et qu’il n’y a plus grand-chose si on arrive trop tard. »

    À 19h, les deux camions de Vendredi 13 sont en position. Dans un ballet bien orchestré par Monique Blanc, cofondatrice de l’association, dix-sept bénévoles en sortent des dizaines de cagettes et de cartons de denrées, déploient tables et barrières, séparant trois files derrière lesquelles se pressent hommes, femmes et personnes handicapées. Ils seront ainsi « 326 » à venir à la distribution alimentaire de l’association, précisera une heure plus tard Yohan, un compteur à la main. « Une petite soirée. On est plutôt sur 450 d’habitude », précise le jeune homme. « Il y a ceux qu’on voit régulièrement, depuis longtemps, et 60% de nouveaux, jauge Ada. Et le samedi matin, à l’entrepôt du boulevard de Plombières, on a une distribution spécifique, sur carte, pour les étudiants. Ils sont près de 200. »

    Vendredi 13 a développé ces deux rendez-vous hebdomadaires à la Joliette « en 2015, avec une autorisation de la nouvelle municipalité pour stationner, en complément des maraudes où l’on touche plus le public de la rue, explique Monique. Ici, on est sur de l’accueil inconditionnel ouvert à ceux qui ont un logement, mais un frigo vide ». Le fromage, le pain, les fruits, les yaourts, les barquettes individuelles de plats préparés, de boulgour, d’épinards, de poisson, de rôti ou encore de cuisses de poulet, que l’association récupère auprès « du Vélodrome, de l’AP-HM, des écoles de la Ville », et se procure par l’intermédiaire des associations solidaires Andes ou Pain et Partage, répondent à l’urgence. « En général, tout disparaît », témoigne Karine, salariée à la SNCF, que « cette hausse de la misère » a convaincu de s’engager il y a plus d’un an. Des « besoins tellement grands qu’on n’arrive plus à prendre le temps de discuter. »

    Son sachet à la main, Jamila, 78 ans, repart souriante en remerciant l’équipe. « Sans eux, je ne pourrais pas me nourrir, explique cette veuve du 8e arrondissement. Avec 600 euros de pension et un loyer que le propriétaire m’a abaissé à 500 euros, sinon j’étais à la rue, ce n’est plus possible. » « Cet hiver encore, je ne vais pas me chauffer », prévoit-elle.

    Situation similaire pour Nabila, qui avance appuyée sur sa canne. Elle apprécie : « Il y a du frais, du cuisiné, ça fait une économie de gaz. Je complète avec les conserves des Restos du cœur. » Sans se plaindre, elle confie : « Je fais un repas par jour, parfois pas. Mais j’ose me faire plaisir à la Noël… avec des chocolats. »

    Dans la file s’engage une mère sans emploi, accompagnée de ses trois enfants, dont le dernier est handicapé. Ils vivent depuis trois ans « placés par le 115 à l’hôtel, où on ne peut pas faire à manger ». Les deux plus grands prient de ne pas citer le nom de leur collège, « sinon, les autres, ils vont savoir ». Plus loin, deux mineurs et un jeune de 19 ans, « élèves en technique au lycée Nord », accueillis « en foyer, où on mange mal et on a la dalle », repartent ravis avec leurs sachets jaunes « pleins de plats et de donuts ». S’avouant un peu « gênés » aussi, ils les fourrent au fond d’un sac à dos, « plus discret », avant de sauter dans le tram.

    Abonnés aux « rayons

    du bas » des discounts

    Des travailleurs, en suspend, sont aussi là. Pape, arrivé en France en « 1995, avec sport-études, pour le ballon, mais sans réussir à passer pro », s’est « toujours débrouillé seul », mais sa reconversion en cuisinier s’est brutalement interrompue il y a quatre mois : « J’ai été négligent sur mes renouvellements de titre de séjour et il y a eu des retards administratifs à la préfecture. Alors, mon dernier employeur, qui me logeait dans un studio, n’a pas renouvelé non plus mon contrat. Tout a basculé. » Le quadragénaire multiplie les démarches pour retrouver un emploi : « La plupart des SDF sont résignés. Moi, j’apprends à tenir. Je ne peux pas me projeter à la rue. »

    Au bout de la file, un jeune « Algérien sans-papiers », qui vit « en coloc dans le 14e ». « Je suis dans le BTP, mais là, je n’ai plus de contrat, hausse-t-il les épaules. Depuis 2022 que j’étais pas revenu. On fait les courses dans les discounts, on prend dans les rayons du bas, des boîtes. Mais bon, ça augmente, on dirait qu’ils changent les étiquettes tous les jours. Pour les habits, c’est moins compliqué, il faut juste pas être difficile. »

    Une inflation à laquelle l’association est aussi confrontée. « La palette de bouteilles d’eau a pris 150 euros de plus. Le prix de l’essence grève aussi le budget. La Banque alimentaire n’a plus de poisson, on a acheté une palette de boîtes de sardines, elle a été liquidée en moins trois semaines », déplore Ada, en remballant. Un jeune s’approche, dépité d’avoir raté le coche. Ada lui récupère un sandwich avant de fermer les portes du camion. Il est 20h30, la place s’est vidée. Loin des réverbères, la misère se fait à nouveau discrète. éric, 35 ans, « grille » le bus pour filer dormir dans sa voiture, « si elle n’est pas à la fourrière. Parce que, sans essence, ni assurance, elle ne bouge plus depuis huit mois ».

    REPÈRES

    13%

    des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, selon un sondage OpinionWay commandé par Action contre la faim, soit environ 7 millions d’adultes en France métropolitaine. Cette proportion atteint 25% chez les 18-24 ans (un jeune sur quatre).

    26%

    des 873 076 habitants de Marseille vivent sous le seuil de pauvreté. Ville la plus pauvre de France parmi les grandes métropoles, Marseille compte également 5 839 personnes vivant dans des squats, selon l’étude ISSimars, signe d’une crise sociale et du logement prégnante.

    3,2 millions

    de personnes bénéficiaient de l’aide alimentaire en nature des associations, en France, en 2021 (Insee).

    En 2023, au moins la moitié des personnes en situation de précarité alimentaire ne sollicitaient pas ou ne bénéficiaient pas de cette aide (Crédoc).

    46 ans

    que le droit à l’alimentation est reconnu par la France au niveau international. Il ne figure pourtant pas dans le droit français.

    Action contre la faim appelle aujourd’hui à une mobilisation nationale pour lui donner une valeur constitutionnelle.

    86%

    des personnes interrogées par OpinionWay jugent importante ou primordiale l’adoption d’une loi garantissant l’accès à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie. 73% estiment que le droit à l’alimentation n’est pas réellement garanti en France.

  • Un échec collectif

    Un échec collectif

    Dans un pays qui n’a jamais produit autant de richesses, voir la faim gagner du terrain constitue un échec collectif.

    Aujourd’hui, 13% des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, selon un sondage OpinionWay pour Action contre la faim. Chez les 18-24 ans, ils sont un sur quatre. Plus de 3,2 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire, selon l’Insee et le Crédoc.

    Ces chiffres révèlent quelque chose de plus profond qu’une simple difficulté passagère. Depuis plusieurs décennies, le recul des services publics, la fragilisation du salariat, l’explosion des dépenses contraintes et l’effritement de l’accompagnement social ont placé une part croissante de la population dans la précarité. Désormais, les files de l’aide alimentaire accueillent retraités, étudiants, travailleurs pauvres et familles entières. La faim devient un phénomène social de masse.

    Leviers

    Face à cette réalité, les associations accomplissent un travail indispensable. Mais elles ne peuvent devenir le dernier rempart permanent contre la pauvreté. La solidarité associative ne peut pas remplacer la solidarité nationale.

    Car la question est d’abord politique. Lorsque des millions de personnes peinent à se nourrir alors que les fortunes les plus élevées continuent de prospérer, c’est bien celle du partage des richesses qui est posée. Revalorisation des salaires et des pensions, renforcement des protections sociales, régulation des prix essentiels, accès effectif à une alimentation de qualité : l’État dispose de leviers. Encore faut-il les actionner.

  • David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    Il n’en est pas à son coup d’essai. Déjà candidat à la présidentielle de 2022, David Lapendry, figure bien connue de la gauche dans le bassin toulonnais, réitère l’expérience en 2027. Une idée qui avait germé en 2012. Encarté au Parti socialiste, il avait annoncé vouloir participer à la primaire. « Je pensais naïvement que ça s’adressait à tous les adhérents, alors que dans les faits, c’était seulement aux têtes d’affiche. Je me suis fait retoquer », ressasse-t-il. Il s’était alors mis en retrait du militantisme jusqu’en 2017.

    « On m’a invisibilisé »

    Il rejoint alors Génération.s Var, où il fait de la lutte contre la pauvreté son leitmotiv, notamment en ce qui concerne les personnes porteuses de handicap, étant lui-même atteint du syndrome de Little, paralysie cérébrale qui affecte ses capacités motrices. « Vivre avec une aide aux adultes handicapés (AAH) est compliqué. Le revenu universel défendu par Génération.s m’a séduit », souligne-t-il. Il fait alors part à son parti de sa volonté de se présenter à la présidentielle 2022. Mais là encore, ça ne passe pas : « N’importe qui peut se présenter à la présidentielle en théorie, mais concrètement non. Je pensais que le parti allait m’aider, mais on m’a totalement invisibilisé », dénonce-t-il. Il claque la porte, poursuit sa campagne seul, mais échoue à recueillir les signatures nécessaires à sa candidature.

    Convaincu par des membres de la section varoise de Génération.s, il y revient en 2023, et en devient le co-coordinateur fin 2024. Un an plus tard, il évoque à nouveau l’idée de se présenter pour 2027. Là encore, il n‘obtient pas le soutien du parti. « Je pensais que ça allait être différent car j’étais mieux intégré. À un certain moment, on m’a demandé de taire ma candidature. J’ai été très peu écouté au sein de la gauche du Var. J’ai trouvé cela très humiliant, c’est pour cela que je vais démissionner », annonce-t-il.

    Qu’importe : David Lapendry va poursuivre son combat, bien conscient qu’il n’a toutefois aucune chance d’être élu. « Je veux surtout montrer qu’une personne porteuse de handicap est tout aussi légitime de se présenter », affirme-t-il. Sans renier une petite part de rêve : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »

  • [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    Sous-titrée « Juin 2029, la Russie attaque les pays Baltes », cette BD signée du journaliste spécialisée Olivier Truc et de Nicolas Otero qui utilise un graphisme et des couleurs totalement adaptés au propos prend aux tripes dès les premières pages et ne lâche plus son lecteur jusqu’à la fin. Ce récit surinformé d’anticipation, très proche, raconte comment la Russie pourrait utiliser tous les moyens de la guerre hybride pour récupérer les trois pays Baltes devenus indépendants à la chute de l’URSS, puis devenus membre de l’Union européenne et de l’Otan, organismes paralysés par leurs lourdes procédures. L’hypothèse de départ est un cessez-le-feu en Ukraine sous la surveillance de l’UE et de la Chine. La Russie va prendre parti d’un attentat qu’elle a sans doute commis elle-même et l’attribue aux « nazis ukrainiens » qu’elle va accuser de s’entraîner sur des bases de l’Otan dans les pays baltes. à partir de là, en quelques semaines, le régime poutinien va déstabiliser tous les alliés des Baltes avec des manipulations via les réseaux sociaux, des démonstrations de force militaire, l’utilisation de la « maskirovka », ce brouillard de guerre qui empêche de savoir si des troupes se massent ou s’il s’agit de leurres… Avant une invasion éclair « justifiée » par le droit international et soutenue par les Brics et les alliés africains de la Russie. Découpée en courts chapitres, cette fiction ressemble à un reportage d’anticipation tant elle apparaît crédible.

    ET AUSSI…

    La fabrique de la pauvreté

    « De la lutte contre la pauvreté à la guerre aux pauvres » … L’ancien rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté Olivier de Schutter et Juan Mendez font œuvre extrêmement utile en rappelant que si 23% des 415 millions d’Européens sont à risque de pauvreté alors que la précarité s’installe partout, il ne s’agit pas d’une fatalité. Même si nos yeux s’y sont habitués, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle mais du résultat de choix de société et d’orientations économiques. Un rappel salutaire.

    Chez Futuropolis, 20€

    Le problème à trois corps

    Après une adaptation en série moyenne, cette BD tirée de l’œuvre phénoménale du maître de la science-fiction chinoise Liu Cixin est au contraire une excellente surprise. Il reste deux tomes à venir mais le travail du dessinateur chinois Wu Qingsong et du mystérieux Three-body universe est fantastique, tant dans la fidélité à l’œuvre originale, et à sa complexité, qu’à travers son graphisme. Difficile à résumer, mais la Terre se retrouve sous la menace d’une invasion extraterrestre d’ici 400 ans alors que des physiciens chinois se suicident les uns après les autres…

    Chez Glénat, 20€

    Jusqu’à la tombe

    Vincenzo Bizzarri et Stefano Nardella livrent un excellent western spaghetti situé en 1863, juste après l’unification italienne, dans un Mezzogiorno encore moyenâgeux et qui refuse « l’invasion piémontaise ». Là, des bandes de brigands s’opposent à la loi du nord, dont Carmine qui, revenu d’entre les morts, affronte un potentat local qui lui a volé sa fiancée. Mais un soldat piémontais, lui aussi survivant de l’enfer, est à ses trousses alors que sa compagne vient de donner naissance à leur fils. Une BD en noir et blanc aussi âpre que réussie sur une période peu connue ici.

    Chez Sarbacane, 25€

    Billy the kid

    Dans cet imposant pavé de 232 pages en couleur, Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse vont au-delà du mythe d’un des hors-la-loi les plus célèbres du Far-West. Et ils le font même sauter, rappelant que « L’histoire est écrite par les vainqueurs » et que sa saga n’est qu’une fable journalistique. Ce qui se rapproche de la vérité est plutôt l’histoire d’un jeune gars paumé broyé par un capitalisme naissant et qui ne sera désigné comme outlaw que lorsque ses patrons n’auront plus besoin de lui. Une relecture aussi vivifiante qu’actuelle et humoristique.

    Chez Casterman, 28€

    13 jours, 13 nuits

    Après le film, la BD. Jean-Claude Bartoll et Renato Arlem adaptent le témoignage de Mohamed Bida, policier en charge de la sécurité de l’ambassade de France à Kaboul en août 2021 lors de la prise de la capitale afghane par les Talibans. Dans « l’enfer de Kaboul », il va tout mettre en œuvre pour sauver et évacuer Français mais aussi Afghans condamnés à mort par les nouveaux maîtres du pays. Une histoire vraie et un récit rythmé au cœur du chaos et du chacun pour soi durant 13 jours et 13 nuits sans sommeil ni repos, et sans soutien des alliés non plus.

    Chez Delcourt, 22,50€

    La femme au portrait

    Nicolas Tellop au scénario et l’italien Antonio Lapone au dessin offrent un polar rétro comme on les aime. Dans le Hollywood des années 1940, un tableau disparaît sur un plateau de tournage. Le réalisateur Ernst Spieler, sorte de Fritz Lang, ne peut tourner son film sans et les studios vont faire appel à la détective privée Miss X, ancienne actrice aussi caustique que séduisante. Intrigue à la Agatha Christie et dessin stylisé font le reste dans cette histoire où « plus on avance, moins on y voit clair ». Un vrai plaisir de lecture.

    Chez Dargaud, 21,50€

  • [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    « Il faut bloquer les prix des carburants tout de suite, mais aussi créer les conditions pour que ces guerres s’arrêtent, sans quoi ce sera sans fin », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale CGT. « Augmenter les salaires n’est plus non plus une option », insiste-t-il. Et de poursuivre : « On ne peut pas continuer. Les gens n’arrivent plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Et maintenant, avec le prix de l’essence, ils doivent payer pour aller travailler. »

    Même son de cloche pour Alain Tournay (FSU) qui souligne que la hausse du prix des carburants vient se lier au gel du point d’indice. « Pendant que les agents des services publics s’appauvrissent, les prix continuent de monter », dénonce-t-il, en constatant que « tout augmente, sauf nos salaires ». Et de préciser : « Nous sommes bien évidemment pour le blocage des prix des carburants, et taxer les super profits, pour pouvoir récupérer l’argent là où il est. » Mais aussi, tout aussi clairement, pour l’augmentation des salaires.

    Le responsable syndical rappelant que 860 000 agents de la fonction publique aujourd’hui sont sous le seuil de pauvreté. La communauté éducative n’étant pas épargnée par l’hécatombe, en particulier, insiste-t-il, « les AESH qui démarre à 900 euros et qui terminent, au bout de 30 ans de carrière, à 1 100 euros ». Des personnels amenés à accompagner des élèves dans plusieurs établissements étant plus que concernées par l’explosion des prix. « Se déplacer est un besoin essentiel, comme se nourrir et se loger », conclut-il.

    Blocage des prix

    « Ce que l’on demande, renchérit Zoé Desmoulins (Solidaires), c’est une augmentation des salaires avec une indexation de ces salaires sur l’inflation, et un blocage des prix du carburant. » La militante insistant sur l’urgence qu’il y a à sortir les prix de l’énergie du marché spéculatif.

    Sur les moyens dont dispose le gouvernement, la syndicaliste rappelle entre autres que Total, sur le premier trimestre 2026 a réalisé 5 milliards de bénéfices. Pas question donc de laisser les actionnaires s’enrichir sur le dos de la population.

    « Depuis 25 ans, les fonctionnaires ont perdu 30% de pouvoir d’achat », insiste Marc Dalmasso, le secrétaire départemental de la CFDT. « Donc, au-delà des conditions de travail, du sous-effectif chronique, et des politiques publiques hostiles aux fonctions publiques qui les stigmatisent, on a un véritable problème de pouvoir d’achat », tempête-t-il.

    Pas question pour autant de nier les contraintes budgétaires, assure le syndicaliste. Et d’ajouter : « On ne peut pas se satisfaire d’une dette publique à 120% du PIB, qui va monter à 122% en 2027. Par contre, de l’argent, il y en a, alors il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes. »

    L’occasion aussi de mettre en avant l’obligation parfois pour se loger décemment, pénurie oblige, de s’éloigner de 20, 30, voire 50 km de son lieu de travail. Une double peine depuis l’explosion des prix à la pompe.

    « Les fonctionnaires ne doivent pas travailler pour survivre. Ils doivent travailler pour vivre », dénonce Sophie Dégeilh, secrétaire générale adjointe de l’UD FO du Var. « À présent ça suffit de taper toujours sur les fonctionnaires, sur les salariés, les retraités, les jeunes et les chômeurs », conclut-elle en appelant à une mobilisation massive le 29 septembre.

    Un refus qui va s’exprimer mardi prochain dans l’unité.

  • Un quart des Français se disent « précaires »

    Un quart des Français se disent « précaires »

    Dans la cour de l’antenne du Secours populaire de la Blancarde, les chaises ne désemplissent pas. Ce jeudi matin, ils sont une dizaine à attendre leur tour pour récupérer un paquet d’aide alimentaire. Une fois par mois, les personnes accompagnées par l’association viennent récupérer ici des paquets de pâtes, de l’huile, des conserves, des packs de laits et de la farine.

    Une aide de plus en plus essentielle pour un nombre grandissant de personnes. C’est ce que révèlent les résultats du baromètre annuel du Secours populaire réalisé avec Ipsos sur la perception de la précarité en France publié ce jeudi. Alors qu’en 2025, 20% des sondés se déclaraient en précarité, ils sont 26% à se considérer comme tel cette année.

    Cette tendance, Monique Lerouet, responsable bénévole de l’antenne, la ressent. « On a des nouveaux inscrits presque tous les jours », explique-t-elle. Sa structure prend en charge les habitants des 4e, 5e, 6e et 12e arrondissements de Marseille qui en ont besoin. Si leur inscription est valable pour 6 mois : « la plupart viennent beaucoup plus longtemps. Certains viennent depuis plusieurs années », explique la responsable.

    Une précarité qui croît mais qui se transforme aussi. Les catégories autrefois épargnées commencent à se tourner vers le secours populaire pour remplir leurs placards. « Il y a de plus en plus de retraités, remarque la bénévole. Beaucoup ont de petites retraites et si ils sont seuls, ils ne s’en sortent pas… »

    Se serrer la ceinture

    Amar est de ceux-là. À 69 ans, il est accompagné depuis deux ans par le Secours populaire. « Je viens pour récupérer de la nourriture, et parfois je vais prendre des affaires aux vestiaires, raconte-t-il. Je me serre la ceinture et j’essaie de faire avec ce que j’ai, mais j’ai une petite pension ». Les retraités ne sont pas les seuls touchés par cette précarisation. D’après le baromètre de l’association, 40 % des travailleurs déclarent ne pas gagner assez pour recouvrir tous leurs frais. Des travailleurs précaires que voit aussi passer la responsable du centre. « C’est là que l’on voit qu’il y a quelque chose qui cloche. Ceux qui se lèvent tous les matins pour aller travailler ne devraient pas avoir du mal à subvenir à leurs besoins », se désole-t-elle.

    Précarité énergétique

    Et l’augmentation du coût de l’énergie et la mauvaise isolation des logements rajoutent à ces difficultés financières. Selon le baromètre d’Ipsos, ils seraient 79% à considérer que leur facture énergétique est un poids dans leurs dépenses. Pour essayer de soulager les foyers qu’il accompagne, le Secours populaire a développé un partenariat avec l’association aubagnaise Geres.

    Présents ce jeudi à la Blancarde, les bénévoles expliquent les petites actions que les personnes peuvent réaliser pour réduire leur facture. « On propose aussi des visites pour mettre en place des petits dispositifs, explique un bénévole présent. Cela fait deux, trois ans que l’on installe également des brasseurs d’air. » Des actions de plus en plus précieuses, avec les étés qui risquent d’être de plus en plus chauds, et le coût de l’énergie qui ne cesse d’augmenter.

    420

    C’est le nombre moyen de familles accompagnées par mois à l’antenne du Secours populaire de la Blancarde qui couvre les 4e, 5e, 6e et 12e.