Nîmes attire les foules mais perd ses visiteurs antiques

Les guitares de The Cure ont fait vibrer les arènes, mais les vieilles pierres n’ont pas connu le même succès. Présenté ce 14 octobre, le bilan estival de la municipalité affiche deux visages. Du 1er mai au 17 septembre, Nîmes a enregistré 742 600 nuitées, soit 2,5% de plus qu’en 2025. Pourtant, la fréquentation des monuments romains dégringole de 25,2%. Un sacré paradoxe pour une ville qui fait de son patrimoine antique sa carte de visite.

Le moteur de la saison reste événementiel. Hors ferias, les dix nuits les plus fréquentées correspondent à des soirs de concert. Deux des trois soirées de The Cure ont dépassé les 9 200 nuitées. La Feria des Vendanges a comptabilisé 755 800 présences en quatre jours. Des « rendez-vous capables de déclencher une venue, un séjour », souligne Laurent Mespoulet, adjoint au maire chargé du Tourisme. Les nuitées étrangères progressent de 3%. « L’Espagne reste le premier marché international, devant les États-Unis et l’Allemagne », précise l’élu. Ces pays représentent 37% des nuitées étrangères.

« Adapter » le tourisme

Derrière les bons chiffres, le patrimoine antique fait grise mine. Pendant que les monuments romains perdent un quart de leurs visiteurs, le Musée de la Romanité gagne 4,5% de fréquentation et les musées plus de 16%. La chaleur a-t-elle poussé les touristes vers des lieux plus frais ? C’est l’hypothèse de Mespoulet, sans qu’elle explique à elle seule ce décrochage.

Face à des étés brûlants, la Ville tente de s’adapter. « Le programme de visites guidées a été repensé pour mieux répondre aux conditions estivales », assure l’adjoint. En juillet et août, la moitié des visites ont été programmées le matin ou en soirée. Des « parcours fraîcheur » sont aussi envisagés. L’objectif est d’« anticiper les dispositifs nécessaires pour ne pas subir », conclut l’adjoint.

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