Tag: monuments

  • [C’est l’été] À Apt, Le César à petit prix

    [C’est l’été] À Apt, Le César à petit prix

    Ce cinéma de trois salles est le seul encore en activité dans la ville. Il a la particularité d’être installé dans les murs d’une ancienne chapelle classée aux Monuments historiques. L’écran d’une des salles cache les restes de l’ancien autel.

    Le cinéma diffuse actuellement Un grand raccourci , le premier film de deux réalisateurs racontant les aventures de jeunes débrouillards. Est aussi en salle Fjord , qui a eu la Palme d’or à Cannes. Pour les amateurs de thrillers, il y a Le Triangle d’or . Ce film raconte l’histoire de Laura, embauchée pour être au service de Souria dans un hôtel particulier parisien. Entre surveillance et ambiance luxueuse, un lien fragile se tisse entre elles.

    G.C.

  • [C’est l’été] Visite guidéede la Redoute de France à Colmars

    [C’est l’été] Visite guidéede la Redoute de France à Colmars

    Une visite guidée sur la construction et l’histoire d’un site habituellement fermé au public est proposée ce lundi à 10h30.

    Réservations auprès de
    l’Office de tourisme du Verdon.

    Tarif plein 6 euros,
    gratuit jusqu’à 18
     ans.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • [C’est l’été] Monuments marseillais en modèles réduits

    [C’est l’été] Monuments marseillais en modèles réduits

    Sitôt le seuil des Archives municipales de Marseille franchi, une maquette de la Villa Palestine, ce « pastiche architectural » de style néo-mauresque édifié au début du XXe siècle à l’Estaque, s’offre à la vue des visiteurs. Au sein de l’exposition actuellement accueillie par le bâtiment de la rue Clovis Hugues, à la Belle de Mai, c’est l’un des 29 modèles réduits (sur 90) du service Monuments et patrimoine historiques réalisé par le maquettiste Eric Majan, par ailleurs commissaire du parcours. « La protection au titre des monuments historiques sanctuarise et met en valeur les édifices publics ou privés concernés. La ville en compte aujourd’hui plus d’une centaine, dont une quarantaine entre 2020 et 2026. C’est cette politique volontariste que la présente exposition entend valoriser », souligne un cartel. La mise en lumière d’une ville marquée par des gestes d’architectes de tous ressorts parmi lesquels Henri-Jacques Espérandieu en 1864 avec la Bonne mère, ou encore Jean-Charles Danjoy avec le Château Pastré construit deux ans plus tôt à « l’âge d’or des bastides marseillaises ».

    Maquettes et aquarelles

    De la Cité radieuse du Corbusier, dont le chantier est rappelé par des clichés de 1952, à la maison de Pierre Puget construite en 1681, angle rue de Rome – Rue de la Palud, Marseille recèle de pépites architecturales plus ou moins scrupuleusement entretenues. Dans la salle de lecture, au 1er étage, l’atelier-maison construit en 1924 par Gaston Castel au 2, rue Croix de Régnier (4e), trône discrètement avec sa « proue de bateau » parmi d’autres édifices remarquables. Outre les maquettes, « 16 des 300 aquarelles de Catherine d’Ortoli », auteur de Marseille monuments (2019, Parenthèses), témoignent avec minutie de la diversité de styles à l’œuvre sur les bâtiments de la ville.

    Philippe Amsellem

    Le lundi de 13h à 17h et du mardi au vendredi de 9h à 17h

  • Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    À la fin du Ier siècle av. J.-C., Arles, devenue colonie romaine en 46 avant J.-C., est approvisionnée en eau par un aqueduc dont deux branches captent des sources dans les Alpilles. Elles se rejoignaient à Fontvieille, au Vallon des Arcs. L’eau traversait ce vallon sur un pont-aqueduc de 325m de long et continuait sa course vers Arles par le marais des Baux. C’est au début du IIe siècle après J.-C., que les Romains construisent à Barbegal un second pont-aqueduc parallèle au premier et exclusivement dédié à une meunerie hydraulique.

    Les visiteurs de ce site en accès libre découvrent comment l’aqueduc traversait le rocher de la Pène par une large entaille. L’eau descendait à travers deux canalisations étagées en 8 chutes qui mettaient en marche les roues à aube qui faisaient tourner de 16 à 32 meules de pierre en lave de basalte. Avec un débit estimé entre 240 et 1 000 litres par seconde, cette meunerie, la mieux conservée du monde romain, pouvait produire 4,5 tonnes de farine par jour. Pour l’archéologue Fernand Benoit qui a fouillé le site en 1937, ce complexe a pu être réalisé par l’ingénieur gallo-romain Quintus Candidius Benignus.

    Envahi par la végétation, le site inscrit en zone Natura 2000 manque de lisibilité, de médiation et d’accueil pour le public. La commune prépare sa restauration et sa mise en valeur dans le respect de son classement au titre des monuments historiques.

  • [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    L’hôtel de Pesciolini est classé au titre des monuments historiques depuis l’an dernier en tant que « rare témoignage de l’urbanisme, de l’architecture et de la sculpture baroques à Marseille, placé dans la scénographie urbaine exceptionnelle du Cours Belsunce issue de l’agrandissement urbain du dernier tiers du XVIIe siècle ». Sa porte a d’abord été inscrite au titre des monuments historiques en 1929. L’immeuble a subi il y a deux ans un incendie qui a heureusement vite été circonscrit.

    L’historien Georges Reynaud a retracé l’identité de cette demeure de la noblesse marchande qu’il qualifie de « pièce maîtresse du baroque marseillais ». En avril 1672, Amant de Venerosi-Pesciolini, issu d’une lignée de banquiers et de négociants toscans ayant fait souche à Marseille, achète à son beau-père un terrain à bâtir d’environ 180m2 près du couvent des Récollets qui alors fait face au cours à l’angle de la rue de Dauphine, actuel rue National. Ce beau-père, c’est Barthélemy Cousinéry, un conseiller du commerce élu second échevin de Marseille en 1668.

    Amant engage les entrepreneurs César Portal et Alexandre Casteau pour construire son hôtel particulier avec des boutiques au rez-de-chaussée au prix convenu de 10 200 livres. La pierre vient des carrières de la Couronne. Initialement, il demande aux bâtisseurs de prendre exemple sur les atlantes sculptés par Pierre Puget pour l’hôtel de ville de Toulon en 1657. En cours de projet, le commanditaire se ravise et veut des atlantes semblables au luxueux hôtel d’Espagnet bâti en 1651 au 38, cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Les atlantes de l’hôtel de Pesciolini avaient leur pendant de l’autre côté de la rue d’Aix avec deux cariatides portant le balcon d’un hôtel disparu. Leur symétrie composait un fond de scène à l’extrémité montante de ce cours royal.

    On ne sait pas si Pesciolini y a vécu. Jean-Paul de Foresta, juge de paix, louait la demeure en 1692. L’hôtel est vendu en 1708 à Joseph Villet, un courtier royal qui le revend en 1714 à Gantel-Guitton, futur seigneur de Mazargues. Durant la Révolution, son fils qui fut maire de Marseille de 1779 à 1782, s’enfuit à Lyon après l’incendie de son château de Mazargues. L’hôtel particulier est alors vendu en 1794 aux enchères à Barthélémy Girard, un ancien charcutier, puis en 1806 à Jean-Sylvestre Reynard, raffineur de sucres et négociant en denrées coloniales. Endetté jusqu’au cou, il le revend quinze ans plus tard à Jean-Joseph Martin, le savonnier le plus riche de Marseille. L’historien Georges Reynaud identifie trois commerces en 1848 dont des bains publics coté rue d’Aix et un débit de tabac à l’angle. Une salle de billard est sans doute installée selon lui dans l’entresol.

    À présent, son propriétaire, l’important professionnel de l’immobilier Auguste Lafon, a prévu de restaurer l’édifice pour établir un commerce et un restaurant en pied d’immeuble, un local de stockage au premier étage, des bureaux associatifs au second, et des logements du 3e au 5e étage. Une autorisation de travaux a été délivrée par la conservation régionale des monuments historiques. Le permis prévoit de restituer les chapiteaux ioniques. Les pierres de parement et les modénatures seront restaurées en pierre de la Couronne. Les seuils des portes et commerces, et les soubassements, le seront en pierre de Cassis. Un protocole de restauration des sculptures doit être élaboré. Le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine sera associé aux protocoles de nettoyage des parties sculptées. Les menuiseries de fenêtres anciennes XVIIe et XVIIIe en façade et les impostes seront restaurés. Les vantaux de la porte d’entrée seront remplacés sur modèle du XVIIe. Un ferronnier d’art bichonnera le garde-corps de ce somptueux balcon.

  • La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    Un kiosque alimentaire installé sur la nouvelle place Castellane rénovée n’est pas conforme à la déclaration préalable autorisée en 2024. L’installation commandée par le commerçant Michel Sultan est de style radicalement moderne, de la tôle métallique jugée sans allure aux yeux de certains.

    Il y a plus d’un an, un procès-verbal avait dressé un constat d’infraction. « Le kiosque mis en place ne s’harmonise pas avec les kiosques de style haussmannien présents sur la place Castellane reconnue comme un lieu emblématique par le Site patrimonial remarquable et dont la fontaine est inscrite au titre des Monuments historiques », énonce l’arrêté municipal de mise en demeure du 25 juin 2026, qui exige sa remise en conformité dans un délai de six mois sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Un montant lourd qui doit suffire à convaincre de s’exécuter. Le respect du Site patrimonial remarquable est en réalité une problématique forte à Marseille, en particulier sur les places publiques à fort enjeu patrimonial.

    « Je me suis fait avoir », explique à La Marseillaise Michel Sultan, le gérant, qui assure de sa bonne foi. Plutôt que de louer un kiosque à la Métropole pour environ 400 euros par mois, il a préféré être propriétaire du sien. « Pour faire simple, j’ai pris un ferronnier marseillais, mais il ne m’a pas fait la frise et le dôme haussmanniens. Ça m’a coûté 56 000 euros quand même. En vrai, il n’y a qu’un seul ferronnier d’art, dans le nord de la France, qui fait le kiosque haussmannien. Il faut dire qu’il a déposé le brevet », nous dit-il.

    Depuis quelques jours les mesures ont été prises et la commande passée. Le commerçant nous assure de sa volonté de se mettre en règle. Il dit aussi comprendre les autorités : « C’est logique, ils veulent faire un bel endroit vu l’argent qu’ils ont mis pour rénover la place ».

    « Tendance bobo végé »

    Pour l’heure, la Ville a édité une autorisation provisoire d’occupation du domaine public pour le kiosque. L’emplacement n’est pas donné. Il dit s’acquitter de 3 800 euros tous les six mois de redevance d’occupation à la Métropole pour poser ses tables et ses chaises. « Avant, j’étais de l’autre côté de la place. Quand je me suis déplacé ici, je voulais faire quelque chose dans la tendance bobo végé et en harmonie avec la place. Pas un kebab quoi. Je m’attendais à ce que ça marche mieux, mais ça va prendre, j’en suis sûr. »

    La requalification de la place Castellane a magnifié l’espace public piétonnisé. La fontaine Cantini a été remise en eau et inscrite, en novembre 2023, au titre des Monuments historiques. L’espace entre le bassin et les grilles a été végétalisé et l’ensemble est mis en lumière. Actuellement, la fontaine est cerclée d’une clôture girondine en bois, les grilles et les vases étant partis à la restauration. Les groupes sculpturaux réalisés par les meilleurs artistes marseillais de l’époque sont en triste état. Rien n’est programmé pour eux.

  • [C’est l’été] Suivez le nouveau parcours numérique des Arènes d’Arles

    [C’est l’été] Suivez le nouveau parcours numérique des Arènes d’Arles

    Les Arènes d’Arles sont parsemées de petites plaques contenant un flashcode depuis peu. D’un bout à l’autre de ce monument du premier siècle inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, l’application de visite Arles Monuments vers laquelle les visiteurs sont renvoyés livre de nouveaux récits sous la forme de vidéos, de capsules audio ou de diaporama d’images et d’archives commentées.

    En tout, ce sont pas moins de 25 minutes d’audio qui accompagnent un parcours étudié pour livrer les informations essentielles, en terme d’architecture, d’Histoire et de sociétés, au travers de 10 points d’intérêt répartis sur environs un tiers de l’emprise du monument. Tout le long de la visite, les explications sont ponctuées de mini-jeux donnant lieu à un bonus s’ils sont tous réussis. En outre, l’histoire est parfois racontée de manière scénarisée. À l’image de cette capsule à la mi-parcours mettant en scène un dialogue entre deux romains venus assister à un combat de gladiateurs.

    « C’est Thelonicus, le fameux rétiaire. Torse et tête nus, juste son filet et son trident. Tu te rends compte ? Il n’a que ce morceau de cuir sur l’épaule pour se protéger » explique le romain Gaius à son homologue dans cette scène. Ce dernier lui conseille de ne pas sous-estimer l’adversaire Sedulus, un secutor dont il est « impossible de deviner les intentions sous son casque » et dont « le bras armé est bien à l’abri sous ses écailles de métal ». Une forme de pronostic.

    « Le visiteur doit repartir avec la vérité historique »

    Cette scénarisation et la manière globale de rendre ludique la visite répondent à un objectif néanmoins sérieux. « Le touriste doit repartir avec une vérité historique sans inventions ou légendes » assure Claire de Causans, adjointe au patrimoine (Horizons) d’Arles. Cette application est « très suivie scientifiquement » selon l’élue, qui relève la mobilisation de l’équipe du service patrimoine.

    L’application est vouée à évoluer. Les langues anglaise, allemande, espagnole et italiennes seront déployées d’ici l’automne et d’autres monuments sont voués à accueillir la même application dans les prochains mois, d’après la Ville.

  • L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    Le ministère de la Culture a ouvert une instance de classement au titre des monuments historiques de l’ancien palais de justice de Brignoles (Var), édifié entre 1839 et 1842. Cette décision ministérielle rare, signée le 20 mai 2026 et qui vient d’être publiée, répond à une demande de l’association Sites & monuments qui avait interpellé en urgence l’État pour sauver l’édifice de 1 000 m2.

    « Le dépôt le 14 août 2025 d’un permis de démolir partiel fait peser une menace directe de transformations irréversibles, d’altérations architecturales substantielles et de perte de lisibilité des volumes et des dispositions d’origine sur cet ensemble d’intérêt patrimonial majeur », a écrit en février Sandrine Rolengo, la déléguée régionale Paca de l’association de défense du patrimoine. Son courrier à Rachida Dati soulignait l’extrême urgence à intervenir. « Dans un contexte de pression foncière et de renouvellement urbain, ces risques appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. »

    « Un ensemble architectural complet »

    Après le départ du tribunal du centre-ville, le bâtiment historique est resté vacant et s’est dégradé jusqu’à l’effondrement partiel de la toiture et de zones de plancher. « La préservation en l’état étant devenue impossible, notamment en raison du coût nécessaire, il a été décidé la démolition partielle du bâtiment, en ne conservant que la façade principale », énonçait, en juin 2025, la mairie de Brignoles dans l’appel d’offres pour sa déconstruction. L’instance de classement garantit désormais la sauvegarde de cet ensemble « dans l’attente de l’instruction d’une mesure de protection pérenne ». « Tous les effets du classement au titre des monuments historiques s’appliqueront de plein droit à cet immeuble pendant une durée d’un an », énonce la décision.

    L’ancien palais de justice est l’œuvre de l’architecte Esprit Lantoin (1787-1856), qui l’a conçu dans un style néoclassique comme « élément central d’un ensemble architectural complet d’édifices construits pour les institutions judiciaires et pénitentiaires sous la monarchie de Juillet ». C’est en réalité tout le pôle judiciaire du XIXe qui mérite d’être sauvé. C’est pourquoi Sites & monuments a demandé que soient également protégées l’ancienne prison, l’ancienne gendarmerie, la place et sa fontaine. « Bien que situés dans le Site patrimonial remarquable de la ville, ces édifices méritent une protection individuelle afin d’assurer leur conservation, leur restauration et leur transmission aux générations futures », vient d’écrire l’association reconnue d’utilité publique au maire de Brignoles, Didier Brémond (LR), pour demander une reconversion de l’îlot plus respectueuse du patrimoine.

  • La Villa Gastaut, monument protégé

    La Villa Gastaut, monument protégé

    Commanditée en 1895 par le négociant Alexandre Couros, membre de l’importante communauté grecque de Marseille, elle témoigne de l’architecture privée des élites marseillaises avec ses décors, son écrin paysager. La chambre des métiers l’a vendue fin 2024 pour 3,4 millions d’euros à un privé.