Tag: festival

  • Le Festival cinématographique de Gardanne de retour

    Le Festival cinématographique de Gardanne de retour

    « Quand on est passionné de cinéma, vous ne pouvez qu’applaudir. Les spectateurs l’attendent vraiment. » Signés de Laure Gonzalès, présidente de Gardanne action cinéma, l’association qui le porte, des mots qui traduisent l’impatience du public pour le retour, après quatre ans de sommeil forcé, du Festival cinématographique d’automne de Gardanne. Fermé depuis fin 2022, son épicentre, le cinéma 3 Casino, a été inauguré en mai dernier après de lourds travaux de rénovation. « On a vu revenir des habitués, mais aussi plein de nouvelles têtes, tous ravis d’avoir un cinéma de proximité. En plus, nos prix permettent à une famille de venir sans s’arracher un bras », rappelle-t-elle au sujet de ce cinéma dont les prix oscillent entre 4,50 euros et 8,50 en tarif plein. Désormais, place à trois salles flambantes, la plus grande pouvant accueillir « 1 171 spectateurs plus 5 personnes à mobilité réduite » pour y guetter le 35e festival Cinématographique d’automne de Gardanne. Une 35e mouture pour autant d’avant-premières, dont celle, en ouverture de la manifestation, jeudi 15 octobre, du nouveau film de Robert Guédiguian, parrain du 3 Casino. Aux côtés de son acteur de toujours, Gérard Meylan, le réalisateur viendra présenter Une femme aujourd’hui, comédie dramatique sur le quotidien bourgeois d’une trentenaire marseillaise travaillant dans la finance, jusqu’à ce que son monde bien rangé ne s’effondre suite à son agression par un collègue de boulot.

    De Kervern à El Yousfi

    Au programme du festival, un certain nombre de films « autour de la condition féminine », observe Anaïs Rinaldi, l’une de ses programmatrices, pointant Les fraises de Laïla Marrakchi, dans les pas de travailleuses saisonnières marocaines en Andalousie « confrontées à la dure réalité de leur situation » ou Les femmes de la station de Sara Ishaq, histoire d’une « station-service réservée aux femmes, havre de paix dans un Yémen déchiré par la guerre ». De guerre, justement, il sera aussi beaucoup question au 3 Casino comme dans Les braves de Lukas Dhont, autour d’un soldat de 14-18 qui « organise des spectacles pour maintenir le moral » des troupes. De nombreuses rencontres de réalisateurs avec le public auront également lieu. Gustave Kervern viendra présenter Voilà c’est fini, son nouveau film sur l’Ile Maurice, « où il est né. Un film toujours un peu barré mais très intime dans lequel il aborde des thèmes comme l’anorexie ou les relents colonialistes », indique Anaïs Rinaldi, avant d’énumérer d’autres rencontres du festival : avec Stéphanie Pillonca et François Busnel, invités pour respectivement présenter Les jours d’après et On était des loups. De jeunes réalisateurs seront aussi conviés dans ce cadre pour leurs premiers longs-métrages : Khalil Cherti pour Ce qui nous mène à toi et Hanaël El Yousfi pour Les filles d’Abraham, qui raconte l’histoire de « Myriam, jeune femme de culture musulmane ayant grandi à Marseille, qui renoue pendant l’été avec Eva, issue d’une famille juive, après plusieurs années de rupture ».

  • Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Avec 180 films projetés, le Festival Cinemed ne fait pas de la figuration. Encore faut-il se repérer dans cette très riche programmation étalée sur neuf jours. La rédaction de La Marseillaise vous en propose un panorama non exhaustif. La soirée d’ouverture du vendredi 16 octobre sera un premier temps fort, avec la projection du prochain film de l’Italien Nanni Moretti, Les Cœurs affamés. En clôture, Nicole Garcia sera présente pour montrer en avant-première 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard.

    Dans cet intervalle, le public pourra redécouvrir la filmographie de la comédienne Camélia Jordana. Celle qui est aussi chanteuse, viendra défendre Carmen, l’oiseau rebelle, un nouveau film d’animation dans lequel elle prête sa voix. Cette version à hauteur d’enfants du célèbre opéra est signée du réalisateur et illustrateur Sébastien Laudenbach (Linda veut du poulet !).

    Les amateurs de films de genre se régaleront avec une thématique sur le cinéma fantastique arabe. Ils pourront y découvrir Papa Amin, le premier long-métrage du maître égyptien Youssef Chahine, réalisé en 1950. Le jeune cinéma égyptien fera également l’objet d’une thématique à part entière. Les multiples facettes d’un pays marqué par l’autoritarisme seront explorées, de l’entraînement des haltérophiles féminines d’Alexandrie (Lift like a girl, 2020) à la transformation d’un père tyrannique en volatil (Plumes, 2021) en passant par la condition ouvrière (L’entente, 2025).

    Le Cinemed fait une place au cinéma engagé, conscient des rapports de force à l’œuvre dans les sociétés contemporaines. La production brésilo-libanaise Furies (2026) se déroule par exemple pendant la crise bancaire que le Pays du cèdre a connue en 2019. Dans ce film de casse, une jeune femme tente de récupérer ses économies pour financer l’opération de sa petite sœur. Dans Le prix et la valeur (2026), le réalisateur Visar Morina ausculte pour sa part les conditions de vie d’une famille kosovare contrainte à l’exode rural. Le film a remporté le Grand prix du jury au festival de Sundance dans la catégorie des fictions étrangères.

    Rétrospective De Sica

    Pour qui voudrait approfondir ses connaissances du répertoire classique, une sélection des films de Vittorio De Sica, le père du néoréalisme italien, est proposée. Plusieurs séances du Voleur de bicyclette sont organisées. Le film de 1948 figure dans la liste des 39 chefs-d’œuvre recommandés récemment par Martin Scorsese à un étudiant en cinéma.

    Les spectateurs désireux de rester au fait des tout derniers développements du septième art devraient trouver leur bonheur dans les compétitions de courts-métrages. « C’est l’actualité de la Méditerranée, il n’y a que des productions récentes, dont plusieurs premiers films », conseille le directeur du festival, Christophe Leparc. « La Méditerranée est certainement la zone du monde où il y a le plus de diversité et de créativité au niveau du cinéma », ajoute-t-il.

    *En raison des aléas climatiques du mois de septembre, les lieux de la programmation
    du Cinemed ont été modifiés.
    Le public est prié de se rapprocher du service de billetterie afin de préparer sa venue.

  • Les syndicats du spectacle vivant face à la « casse sociale »

    Les syndicats du spectacle vivant face à la « casse sociale »

    « Grande souffrance morale », « On est épuisé », « Une détresse psychologique incommensurable », « On risque de liquider l’association »… Ces phrases sont extraites d’une enquête réalisée par les syndicats des employeurs du spectacle vivant de la région Paca (Synavi, Syndeac, SMA, Scène ensemble) visant à sonder la situation financière de leurs adhérents. Les conclusions ont été présentées à la presse, mercredi, à la Friche la Belle de Mai.

    Alors que la Métropole Aix-Marseille, réunie en conseil ce jeudi tente de faire face aux contraintes liées à sa situation budgétaire, les acteurs de la culture boivent la tasse. 23 structures ont répondu à l’enquête, avec les résultats suivants : 252 000 euros de subventions en moins, 8 licenciements actés ou envisagés, 64 contrats d’intermittents supprimés et 2 200h de travail perdues.

    Les syndicats évoquent notamment le dispositif PAM, qui devait permettre la diffusion de spectacles gratuits dans 50 communes métropolitaines. Alors que « des engagements avaient déjà été pris auprès de troupes sur les montants alloués, certains collectifs ont appris l’annulation en septembre ». Opening Nights, un collectif de compagnies proposant des spectacles dans la Métropole, a « annulé quinze dates et perdu 70% de son budget avec la suppression de sa subvention », selon Marie Didiez, de Syndeac.

    Érosion des financements

    « On l’a pas encore dit aux enfants, car on espère encore que ça change », se désole Agnès Loudes, directrice du théâtre Antoine-Vitez, où devait être organisé un festival de théâtre engageant 200 jeunes lycéens du département. La directrice dit avoir pris connaissance « du gel des 23 000 euros de subventions de la Métropole en septembre ».

    « Les copains vont très très mal autour de nous, jamais on a autant entendu parler de reconversions professionnelles », déplore Wilma Levy, représentante syndicale Synavi. Le secteur n’en est en effet pas à sa première déconvenue. Depuis 2023, l’État et les collectivités territoriales réduisent régulièrement les budgets alloués au service public de la culture, souvent considéré comme une variable d’ajustement dans la lutte contre les déficits.

    Dans ce contexte, certains acteurs du secteur estiment que les subventions publiques peuvent devenir un outil de pression. Les syndicats citent l’exemple de la suspension de la subvention départementale de 90 000 euros au festival Actoral, qui se tenait en septembre, à Marseille. Cette décision, prise par la présidente du Département Martine Vassal (DVD) faisait suite à des critiques d’élus d’extrême droite visant la venue de l’essayiste Louisa Yousfi.

    Alors que le projet de loi de finances (PLF) entre en débat au Parlement et prévoit de nouvelles coupes, le Syndeac a annoncé demander un moratoire à l’État pour stopper ces réductions et de se rapprocher de l’objectif de consacrer 1% du budget à la culture (0,67% actuellement).

  • [Scène] « Nous, la lune et les voisins » veille sur Marseille

    [Scène] « Nous, la lune et les voisins » veille sur Marseille

    Des escaliers du quartier de Beyrouth, Mar Mikhael, à ceux de la montée des Accoules, à Marseille, il y a 2 800 km mais un pas. Que « Nous la lune et les voisins », festival créé par le collectif d’artistes libanais Kahraba il y a 15 ans dans leur terre d’élection, franchit jusqu’au dimanche 18 octobre. Dans le cadre de la Saison Méditerranée et depuis son centre névralgique du Théâtre Joliette, une semaine jalonnée de « différents ateliers de marionnettes, danse, poésie, chant et cuisine », résume Nathalie Huerta, « pour créer deux soirées » à commencer par « une promenade poétique » le 17 octobre. « D’énormes marionnettes vont déambuler dans le Panier », décrit la directrice de cette scène, le tout « mis en musique par des artistes avec qui le public aura travaillé » comme la comédienne Mayya Sanbar qui invite à la lecture et l’affichage de poètes palestiniens. La veille, cette dernière sera passée sur la scène de la Joliette, pour une lecture des poèmes de Mahmoud Darwich, aux côtés de son père, l’ancien ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco, Elias Sanbar.

    Déjeuner et concert

    Pour la clôture du festival, direction dimanche 18 octobre vers le quartier de Saint-Mauront. À la MAM (Maison des arts Méditerranée), à partir de 12h30, une journée de « partage artistique », fruit d’une semaine ateliers, avant un « déjeuner libanais ». La voix montante du Proche-Orient Salwa Jaradat et le « pionnier de la scène musicale underground » Zeid Hamdan donneront un concert à 15h.

  • À la Fiesta des Suds, des ballades jusqu’à la transe

    À la Fiesta des Suds, des ballades jusqu’à la transe

    Soyeuse parenthèse dans le tumulte des musiques mondiales que celle offerte par la Fiesta des Suds, ce vendredi, sur l’esplanade du J4 avec Stephan Eicher, parmi les têtes d’affiche de la soirée. « Cette fois je ne lui annoncerai pas la dernière hécatombe, je garderai pour moi ce qui m’inspire le monde. Elle m’a dit qu’elle voulait, si je le permettais, déjeuner en paix », chantait-il en 1991 sur l’un de ses tubes écrits au moment de la Guerre du Golfe. 35 ans plus tard, les conflits se multiplient et le guitariste-baroudeur continue de propager sa douceur tourmentée sur les sillons, comme l’illustre son 18e et dernier album, Poussière d’or. « Un personnage à part dans le paysage de la chanson », situe Frédéric André, programmateur de la Fiesta des Suds.

    Rythmes occitans et colombiens

    Juste avant lui, c’est la chanteuse Mélissa Laveaux qui se produira sur la scène principale. Imprégné de pop-folk comme d’influences caribéennes, son dernier opus At my softest, I am most dangerous souligne son caractère atypique dans le paysage musical. « Je trouve que je fais de la musique bizarre car je n’écris pas de chansons d’amour, mais plutôt sur la mort, la maladie et la destruction de la planète », expliquait cet été, à La Marseillaise, cette artiste franco-canadienne d’origine haïtienne.

    Davantage axée autour de la découverte, la scène « Club Major » offrira, elle, une odyssée musicale traversée à 20h45 par le « duo féminin catalan mélangeant musiques traditionnelles et électro », Tarta Relena. Porté par le souffle des polyphonies occitanes, le « duo féministe et militant » Cocanha prendra son relais mélodieux à 22h30, avant que le groupe aux rythmes afro-colombiens luxuriants, Ghetto Kumbé, ne se charge, vers minuit passé, de faire entrer le public de la Fiesta des Suds dans la transe.

  • [Entretien] Bertrand Belin : « Chanson et poésie entretiennent un rapport évident »

    [Entretien] Bertrand Belin : « Chanson et poésie entretiennent un rapport évident »

    La Marseillaise : Vous avez dévoilé l’an dernier votre 8e projet musical. Comment tout a commencé ?

    Bertrand Belin : J’avais 12 ans et demi quand j’ai commencé la musique. La guitare m’est apparue comme objet de magie, je m’en suis emparé et c’est devenu pour moi un petit feu vers lequel je suis toujours revenu.

    Depuis, vous évoluez musicalement parlant :
    vous explorez de nouvelles sonorités au fil des disques…

    B.B. : Il y a quelque chose qu’on ne peut pas réduire, c’est notre rapport au monde : il demeure d’un disque à l’autre. D’un album à l’autre, on a quand même envie de porter ce qui fait un peu notre essence. Mais on peut apporter des variétés à la forme, aux couleurs instrumentales, aux mélodies, aux rythmes, que ce soit le plus qualitatif possible. C’est ce que j’ai essayé de faire avec chacun de mes disques, tout en poursuivant une certaine intuition. Rien n’est réellement programmé. C’est un noyau qui me guide, qui se construit à partir de ce que je suis et de ce que ne sont pas mes voisins. On a beaucoup en commun, mais on a aussi quelque chose de propre et c’est ce qui fait les individualités. Quand on fabrique des formes artistiques, ça transparaît dans le processus. On ne peut pas s’inventer et devenir un autre de ce point de vue.

    Vous êtes à la fois auteur et compositeur. Comment articulez-vous ces deux travaux d’écriture ?

    B.B. : En vérité, je ne travaille pas tellement différemment. Quand on fait une maison, il faut savoir en construire le toit, mais aussi les murs. Quand on fait une chanson il faut savoir créer les paroles et la musique. Quand j’écris une chanson je ne sépare pas les deux : j’essaie de faire avancer les deux aspects simultanément et de la façon la plus cohérente possible, en suivant des pistes, des plaisirs, des instincts, des logiques, du sens. Ce n’est pas la seule façon de faire mais pour mes disques, je n’écris jamais sur une musique déjà faite, j’avance petit à petit.

    Vous chantiez « La chanson de Prévert » avec Stephan Eicher, aussi à l’affiche du festival vendredi : quel rapport entretenez-vous avec la poésie ?

    B.B. : J’aime toutes sortes de formes poétiques, y compris celles qui ne sont pas verbales. La poésie est pour moi tout ce qui peut échapper au discours ordinaire informatif, c’est là qu’elle se trouve, aussi, dans des choses techniques. La poésie, je la cherche et je la trouve où je veux. La poésie et le chant entretiennent un lien historique, permanent, concret, radical. Chanson et poème sont historiquement semblables : La Chanson de Roland, c’est un poème, La Divine Comédie, c’est un chant. Avec l’industrie de la chanson, de façon plus récente, on a vu les deux formes se séparer, mais elles entretiennent un rapport évident.

    Qu’est-ce que le public marseillais découvrira sur votre scène lors de la Fiesta des Suds ?

    B.B. : Que le public vienne avec curiosité, on réserve la surprise pour le moment venu. Un concert, c’est ce qu’il y a sur scène, mais c’est aussi le public et la manière dont il se manifeste. On réagit avec lui sur le moment et c’est ce qui fait la beauté du spectacle vivant. Ce n’est pas quelque chose qui est prévisible, immuable. J’ai joué à l’espace Julien au printemps, au cours de cette tournée : ferveur, chaleur humaine, excitation, plaisir… Je me réjouis de venir jouer à Marseille, à l’affiche avec mon camarade Stephan Eicher. Qu’on se fasse plaisir en se rassemblant pour essayer de s’évader, pour faire une pause dans les humeurs et la rudesse du monde.

    Entretien réalisé par Oriane Castan

  • Redécouvrir Béziers hors cadre

    Redécouvrir Béziers hors cadre

    Les esthétiques de trente photographes seront exposées dans une vingtaine de sites. « Les lieux hôtes ont sélectionné une exposition avec laquelle il y avait une résonance », explique Thomas Langlois Meurinne, le président du festival.

    Le musée des Beaux-Arts Fayet compte parmi les nouvelles étapes du parcours. L’exposition introductive, proposée dans le cloître de la cathédrale Saint-Nazaire, est une autre innovation de cette édition 2026. Les visiteurs pourront découvrir une image clé de chaque artiste.

    « Exigeant sans être élitiste » : telle est l’ambition de ce jeune festival. Pour preuve, des photographes amateurs ont été sélectionnés pour exposer leurs travaux dans un ancien pub, le Korrigan. En conclusion, Thomas Langlois-Meurinne glisse ce conseil pratique : avant de venir, il faut bien vérifier les horaires car ils sont différents dans chaque lieu.

    Julien Bramy

  • [Entretien croisé] La Fiesta des jours heureux, « une fête qui se veut populaire, culturelle, mais aussi politique »

    [Entretien croisé] La Fiesta des jours heureux, « une fête qui se veut populaire, culturelle, mais aussi politique »

    La Marseillaise : Quel est le principe de la « Fiesta des jours heureux », organisée le dimanche 11 octobre par la Solimut, en partenariat avec l’association Parcours ?

    Pierre Méry : Le dimanche de la Fiesta des Suds est toujours une journée gratuite, ouverte à tous les Marseillais et plus généralement à toute personne qui le souhaite. C’est un moment très familial : il y a des stands pour les minots, des concerts de musique. C’est la deuxième année où nous Solimut, donnons une tonalité citoyenne et politique à l’événement. L’année dernière, sur les 80 ans de la Sécurité sociale, cette année sur les 90 ans du Front populaire.

    La journée s’appelle la Fiesta des jours heureux, en référence aux jours heureux de 1936.

    Notre idée est de conserver l’esprit familial et festif, tout en célébrant ces acquis. Il y aura un spectacle sous forme de comédie musicale. En parallèle, les gens peuvent se retrouver autour d’un banquet avec les Mariannes de Saint-Joseph, association du 14e arrondissement, qui s’occupe des 800 couscous offerts. Les 800 personnes qui arriveront à la Fiesta à partir de midi, pourront assister au spectacle tout en mangeant.

    Pour nous, ça correspond aussi à ce que peut être une fête populaire à Marseille. On a fait une sardinade l’année dernière, cette année c’est le couscous. L’idée est de faire en sorte que les gens puissent partager.

    Frédéric Rosmini : Cet événement s’inscrit dans une campagne, dont je suis le coordinateur, et qui rassemble une vingtaine d’organisations, dont Solimut. Nous nous déplaçons dans des centres sociaux, dans des villages-vacances et dans des communes de gauche. Nous allons au-devant des publics pour les convaincre que l’aspiration à des régimes autoritaires s’est toujours traduite par le chaos. Nous n’agissons pas au nom de partis politiques, mais au nom de l’ensemble du mouvement social, en rappelant qu’il a été déterminant en 36.

    Des interventions doivent aussi avoir lieu, en plus du spectacle musical…

    P.M. : Il y aura bien sûr des interventions autour de ce que 1936 représente pour nous [la Solimut], mais aussi sur ce que ça représente, plus globalement, de fêter ces 90 ans du Front populaire aujourd’hui. C’est une fête qui se veut populaire, culturelle, et politique aussi, pour les citoyens.

    F.R. : Peut-être ferons nous intervenir également l’association Promemo, qui cultive la mémoire du monde ouvrier. Gérard Leidet, qui en est le président, fait partie de notre campagne. C’est avec lui notamment que nous avons prévu d’intervenir dans les établissements scolaires. Il a une connaissance très marquée de ce qui s’est passé à Marseille et dans la région en 1936. Il peut proposer un éclairage sur la spécificité du Front populaire ici, ce qui a de l’importance.
    Ça reste un contexte festif, pas forcément adapté pour organiser de longs débats. Mais nous mettrons en place la veille, dans un centre social rue de l’Évêché, juste à côté, le reste de notre programmation. Nous présenterons l’exposition itinérante « L’héritage de 1936, culture, loisirs et éducation populaire », initiée par La Ligue de l’enseignement. Nous projetterons également le documentaire « Été 36, les premières vacances des Français ».

    Pourquoi est-ce important d’intervenir dans des événements comme la Fiesta des Suds sur des thèmes tels que le Front populaire ?

    P.M. : La Fédération des mutuelles de France est particulièrement engagée dans le cadre de ces 90 ans des congés payés. Pourquoi ? Parce que c’est aussi une époque où l’on a observé, au-delà des congés payés du Front populaire, énormément de réalisations ouvrières, notamment dans le domaine de la santé. Notre objectif est aussi de réfléchir à la façon dont a évolué le mouvement social et politique de société et quel impact il a eu sur la construction des solidarités dans le pays. Les mutuelles en font partie. Aujourd’hui, alors que la solidarité est mise à mal, c’est important pour nous de se poser la question de ce qui a pu fonctionner, il y a 90 ans, pour gagner des droits et permettre aux gens de vivre mieux.

    F.R. : Le principe de cette campagne n’est pas d’être dans une nostalgie historique en se contentant d’expliquer ce qu’a été le Front populaire. Notre objectif est d’aller à la rencontre de publics plus larges, comprenant des gens susceptibles d’avoir voté Rassemblement national. C’est ce qu’on a fait lorsqu’on est allé intervenir dans nos villages [parcours] vacances. L’idée est donc de montrer que 1936 a été une réussite grâce aux partis politiques qui ont bougé, ainsi que l’ensemble du corps social et notamment du mouvement syndical et de la CGT.

    Lorsqu’on ira à la Fiesta des Suds, l’idée est similaire. Même si le public est jeune, on sait que certains peuvent être touchés par les discours du Rassemblement national, car ils touchent tous les milieux. On propose donc une démarche concrète en allant sur le terrain pour les convaincre qu’ils se trompent de choix. On veut montrer que les grandes périodes qui ont donné du bonheur aux salariés et aux gens modestes sont celles du Front populaire et de tous les mouvements qui s’inscrivent dans ce creuset-là.

    La journée est gratuite sur inscription sur le site de la Fiesta des Suds.

  • Courts-bouillon fait mijoter les courts-métrages à Rousset

    Courts-bouillon fait mijoter les courts-métrages à Rousset

    Après des séances dédiées aux scolaires, puis la projection d’une série de films au format court réalisés par des jeunes et personnes âgées, la 21e édition de Courts-bouillon ouvre ses bras au grand public samedi 10 octobre. Au menu de la Salle Émilien Ventre de Rousset, à partir de 14h, six films qui témoignent de l’appétit de réalisateurs pour le court-métrage, genre de quelques dizaines de minutes tout au plus qui stimule l’inventivité. Aussi bien dans les pas d’un jeune livreur de repas éconduit par l’hôtesse des bureaux d’une multinationale de la banque dans Pentest de Tristan Lhomme et Benjamin Chevallier, que dans ceux de recruteurs de l’armée ukrainienne un dimanche de Pâques avec Easter day de Mykola Zasieiev, les points de départ percutants d’aventures intenses. « Le court-métrage n’a jamais été un petit cinéma. En quelques minutes, il fait rire, bouleverse, questionne, surprend et ouvre des horizons insoupçonnés », résume Sylvia Vaudano, directrice des Films du Delta, association aux manettes de Courts-bouillon.

    Animation et « Coyotes »

    À 16h15, elle programmera une séance de 17 films courts réalisés par des élèves issus d’écoles d’animation française comme la Mopa à Arles ou les Gobelins à Paris. Avant deux autres salves de douze films, à 18h15, puis 21h, parmi lesquels Coyotes, thriller palestino-jordanien de Saïd Zagha, dans le sillage d’une chirurgienne palestinienne « coincée » sur la route de Jéricho à Ramallah.

  • À Marseille, le festival des jeunes bénévoles du Secours populaire

    À Marseille, le festival des jeunes bénévoles du Secours populaire

    « Désolée, je n’ai pas pièces, je n’ai que ma carte. » « C’est pas grave, on prend aussi ! Il est où le TPE ? », lâche Riziki, 17 ans, aux côtés de trois autres bénévoles du Secours populaire 13. Chasuble bleue sur le dos, elles arpentent ce samedi les rues du centre-ville de Marseille, boîte de dons à la main. « J’ai remarqué que dans notre société, plus on grandit, moins on a de compassion pour les personnes en difficulté. Pour toute la France c’est compliqué mais si on peut aider, on doit le faire », pousse-t-elle. Janelle, 15 ans, acquiesce : « Je suis jeune, j’ai du temps. Ça me fait plaisir d’aider ceux qui en ont le plus besoin, si j’étais à leur place j’aurais aimé qu’on le fasse pour moi », renchérit-elle.

    La collecte de ce samedi après-midi sera reversée au Secours médical palestinien (PMRS – Palestinian Medical Relief Society). « Tout le monde est en galère mais celle que j’ai est minime par rapport à d’autres. J’essaye d’aider à mon échelle », ajoute Nasma, 20 ans. Cette collecte se déroule dans le cadre du festival des jeunes bénévoles organisé par le Secours populaire 13. Valentine, référente jeunes, insiste sur « l’importance de la mobilisation de la jeunesse » et conseille au petit groupe : « Ne vous laissez pas décourager, osez aller vers les gens, le plus important c’est de sourire. C’est le langage universel. »

    Plus tôt dans la journée, 57 jeunes venus de la région étaient réunis au sein du centre social Malpassé (13e) où ils ont participé à des ateliers sur la solidarité internationale, l’éducation populaire, la santé, l’engagement de la jeunesse et le sens des pratiques. L’objectif état de former cette jeunesse solidaire.

    À l’instar de Rayan, qui a participé à la création du groupe d’enfants bénévoles Copain du monde de Port-Saint-Louis-du-Rhône auquel il participe depuis quatre ans. Il a, à son actif, de nombreuses collectes, maraudes et a rencontré des délégations étrangères, à 16 ans seulement : « Je m’y sens bien car mes valeurs et convictions sont les mêmes que celles du Secours populaire. »