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  • Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Qu’il semble loin le temps où l’État endossait son rôle de défenseur de la laïcité. Avec les arrivées au pouvoir de Robert Ménard à Béziers et de Julien Sanchez à Beaucaire en 2014, la loi de 1905 qui consacre la séparation des Églises et de l’État a vite été piétinée par l’extrême droite. Laquelle se sert de la religion catholique comme un outil idéologique d’exclusion et de repli identitaire.

    Les premières années, même si elles avaient parfois besoin d’être alertées par les associations, les préfectures du Gard et de l’Hérault contre-attaquaient face à l’installation en mairie de crèches de la nativité. Avec succès d’ailleurs, le prosélytisme des maires d’extrême droite ayant été sanctionné à maintes reprises. Et puis, plus rien ou presque.

    Dans l’Hérault, pas un préfet n’a jugé utile d’engager de recours contre la crèche illégale de Robert Ménard depuis le 8 décembre 2017. Même tendance dans le Gard quand bien même 2022 a fait figure d’exception sous la pression associative. Voilà bientôt une décennie que si la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou la Libre Pensée n’agissaient pas régulièrement contre cette violation manifeste d’un principe essentiel de la République française, personne ne trouverait à y redire.

    La préfète dans son droit

    Ce mutisme devenu la norme représente, face à la transgression de la loi de 1905, une forme de renonciation de la part de l’État. On peut même aller plus loin. Et voir dans la présence régulière des préfets à la messe d’ouverture de la Feria de Béziers (en rien une « tradition » puisqu’elle a été inventée par Robert Ménard en 2014 avec la procession de la Vierge), un signe d’approbation.

    Au cours de l’édition 2026 de la Feria, le discours trumpiste de Robert Ménard en a scandalisé plus d’un. Mais il n’a suscité aucune réaction de la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, alors même que l’image des femmes et des valeurs républicaines telles que la fraternité ont été malmenées par l’édile d’extrême droite.

    Rappelant que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article 2 de la loi de 1905 sur la laïcité), la Libre Pensée a écrit à la préfète pour lui demander deux précisions. Premièrement : le financement municipal du char de la Vierge, emblème religieux par excellence, ne constitue-t-il pas une violation manifeste de la loi ? Deuxièmement : la présence à une cérémonie religieuse d’élus municipaux ceints de leurs écharpes tricolores ainsi que de Chantal Mauchet elle-même en sa qualité de préfète, n’est-elle pas une autre entorse au principe de laïcité ?

    À la première question, la préfecture de l’Hérault donne sa lecture de la jurisprudence. À savoir que « la seule représentation d’un symbole appartenant à une tradition religieuse ne permet pas, à elle seule, de qualifier la dépense de subvention cultuelle. Une telle appréciation suppose d’examiner la destination de l’œuvre ou de l’équipement, son contexte d’utilisation, sa fonction au sein de la manifestation, ainsi que ses éventuelles dimensions artistique, culturelle, patrimoniale ou festive. » Ce à quoi la Libre Pensée s’étonne. « Il nous semble difficilement contestable qu’une représentation de la Vierge Marie dans le cadre d’une procession un 15 août intitulée “défilé de la Vierge” puisse avoir le moindre caractère culturel indépendant du culte de la Sainte Vierge. »

    Sur le fait que les élus sont soumis à « une forme de réserve lorsqu’ils représentent la collectivité publique » (article L. 1111-13 du Code général des collectivités territoriales, CGCT) ou que l’usage de l’écharpe tricolore se limite aux « cérémonies publiques », (…) « fonctions d’officier d’état civil et d’officier de police judiciaire » (article D. 2122-4 du CGCT), Chantal Mauchet précise. « La présence d’un maire à une cérémonie religieuse ne saurait être regardée comme constituant une méconnaissance du principe de laïcité. Dans le contexte d’une fête locale, cette présence peut relever des fonctions de représentation de l’élu et de sa participation à la vie institutionnelle, culturelle et traditionnelle de la commune. »

    Même raisonnement pour les préfets. « Il convient de distinguer la présence institutionnelle à une cérémonie cultuelle de l’accomplissement personnel d’actes relevant du culte : la présence d’un représentant de l’État à une messe ne permet pas de caractériser une méconnaissance du principe de neutralité ». Interrogée par La Marseillaise, la préfecture ajoute que le préfet « n’a pas une interdiction absolue de participer à des offices religieux dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, dès lors qu’il s’abstient d’y participer activement ».

    La Libre Pensée, elle, déplore « l’absence de mesure qui encadre strictement la participation des préfets » aux cérémonies religieuses. Quoi qu’il en soit, les préfets sont désormais plus enclins à assister à la messe d’une fête populaire qu’à attaquer une crèche religieuse en mairie reconnue maintes fois illégale.

  • [Féria de Béziers] Le discours trumpiste de Robert Ménard indigne à gauche

    [Féria de Béziers] Le discours trumpiste de Robert Ménard indigne à gauche

    Ce soir, nous avons tout ! Une messe dans les arènes, un défilé de chars avec la Vierge Marie, notre saint patron, saint Aphrodise, et le comte de Trencavel qui nous a défendus jadis face au roi et au Pape. Nous avons même eu une éclipse solaire ! Un signe du Ciel. Et de quoi donner le tournis aux jobards de la laïcité. Nous prierons pour eux (…). Oui, ici, dans nos rues, Marie, la Vierge, la Sainte Vierge continuera d’être portée en procession (…). Ici, on marie les gens qui sont en situation régulière et les OQTF, on les renvoie chez eux. Oui, ici, nous continuerons à aimer les femmes, le corps et le regard des femmes, à notre façon, et tant pis aussi pour les féministes à deux balles. »

    Nous ne sommes pas sur FoxNews en direct d’un meeting de Donald Trump mais bien à la Feria de Béziers. Le 12 août, c’est le maire d’extrême droite Robert Ménard* qui a prononcé ces mots lors du pregón devant une foule réceptive. Face à l’indignation suscitée depuis et au cas où le message ne serait pas clair,
    R. Ménard a remis une pièce dans la machine réactionnaire en placardant plusieurs affiches dans la cité de Paul Riquet. Au-dessus d’une photo du maire de dos à la tribune face à la foule – telle une caution politique – venue festoyer, on peut lire tantôt : « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics. Et vous ? » Tantôt : « Ici, nous avons des traditions ! Et tant pis pour les bureaucrates parisiens. »

    Passons sur le coût de cette nouvelle provocation de bas étage doublée d’une publicité personnelle dans un contexte festif peu propice à la rébellion populaire. Ce qui choque, c’est l’impunité avec laquelle le maire de la seconde ville de l’Hérault peut se livrer à une telle saillie aux relents rances si éloignée des valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité. Si le RN avait organisé un Bingo à la Feria, nul doute que R. Ménard, qui recevra le Canon français en septembre, aurait coché la plupart des cases. En quelques mots, tout est dit ou suggéré : prosélytisme chrétien assumé, complotisme scientifique, rejet des étrangers au mépris de la loi, masculinisme pour ne pas dire misogynie.

    « 200 ans de lutte pour la République, la raison et la science noyés dans un tonneau de sangria ; et ceux qui ne sont pas d’accord avec les beauferies de l’élite, c’est qu’ils sont tristes et n’aiment pas la fête… », a aussitôt commenté la Libre Pensée de l’Hérault. Dans la foulée, plusieurs associations et partis de gauche biterrois (LP, LDH, AFPS, LFI, Génération.S, POI…) ont publié un communiqué commun d’indignation contre ces « propos inacceptables, orduriers, vulgaires et glauques », accusés de renvoyer au « régime de Vichy » durant lequel l’Église avait été réhabilitée en dépit de la loi de séparation de 1905.

    Le PCF combatif

    De son côté, le PCF biterrois condamne des « propos graves » qui ne relèvent « ni de l’humour ni d’une simple provocation festive ». Mais qui sont une attaque minutieuse orchestrée contre la laïcité ou les femmes qu’on pourrait regarder « à sa façon ». « La laïcité n’est pas une vieille lubie. Le féminisme n’est pas une insulte. Les droits des femmes ne sont pas négociables. Et l’extrême droite, même lorsqu’elle se cache derrière les traditions, la fête ou l’identité locale, doit être combattue. À Béziers comme ailleurs, nous refusons que l’on réécrive notre Histoire en glorifiant ce qui doit rester dans le passé : la domination, le patriarcat, la remise en cause des libertés et le mépris de celles et ceux qui les défendent ».

    Le PCF appelle à un vrai débat public sur ces sujets et demande au maire s’il assume ses propos, ce qui ne fait guère de doute. C’est moins le cas de la préfète de l’Hérault. Présente à la messe d’ouverture de la Feria, Chantal Mauchet estime que sa venue ne contrevient en rien au principe de laïcité mais se garde de tout commentaire sur les propos de Robert Ménard. Nous y reviendrons en détail…

    Les ficelles de R. Ménard sont grosses mais semblent fonctionner. À l’instar de la droite qui invoque souvent un prétendu « bon sens » pour justifier des régressions sociales, l’extrême droite joue sur la corde populiste en flattant les instincts les plus bas. Un moment de concorde – la fête – est instrumentalisé à des fins idéologiques. En bon communicant,
    Robert Ménard y ajoute un ressort que Georges Frêche savait lui aussi utiliser : l’opposition entre les élites bureaucratiques parisiennes et les gens du Midi, dont les traditions et l’art de vivre seraient menacés. Flatter les ego et stimuler le sentiment d’appartenance pour défendre des « valeurs » qui vont à l’encontre de la tolérance et du vivre ensemble. Sacrée pirouette.

  • Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    Nîmes : la feria Vendanges promet le grand frisson

    À la fin de l’été, tandis que la pierre blonde des arènes retiendra encore la chaleur, Nîmes remettra ses habits de feria. Du 18 au 20 septembre, cinq rendez-vous taurins composeront les Vendanges 2026, entre grandes figuras, jeunes pousses et paris audacieux. Dévoilés le 20 juillet, les cartels veulent mêler prestige, transmission et attachement à l’amphithéâtre.

    La Corrida Carmen ouvrira le bal vendredi à 17h30. Après une première édition remarquée en 2025, ce rendez-vous entre art et tauromachie revient avec un mano a mano de haute volée entre Alejandro Talavante et Andrés Roca Rey. Les deux maestros affronteront des toros de Jandilla, Victoriano del Río et El Freixo, dans un décor confié à Muriel Goro. Installée à Lunel, la peintre, céramiste et sculptrice a puisé dans la Camargue et les couleurs méditerranéennes pour habiller cette corrida que Simon Casas rêve d’installer comme un emblème nîmois.

    « Nîmes est une plaza à part »

    Samedi matin, la relève entrera en piste. Mario Vilau, Manuel Quintana et Clovis, vainqueur de la Cape d’Or à Pentecôte, se mesureront aux novillos des Hermanos Sandoval, présentés pour la première fois en France. L’après-midi, le public retrouvera trois toreros familiers des tendidos nîmois : Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo, face aux toros de García Jiménez.

    Mais le pari le plus spectaculaire attendra dimanche matin. À seulement 18 ans, Marco Pérez affrontera seul six toros de différents élevages. Une encerrona qui place le jeune Espagnol dans les pas des grands noms ayant déjà relevé ce défi à Nîmes. « Nîmes, pour moi, est une plaza à part. Mon cœur y bat différemment », a-t-il confié lors de la présentation. Derrière l’exploit physique, l’affiche dit surtout l’ambition d’un torero déjà adopté par l’amphithéâtre.

    La feria s’achèvera dimanche après-midi sur une corrida française. Juan Leal, Adriano et El Rafi affronteront les Fuente Ymbro. Les deux derniers, enfants de Nîmes, restent sur leur triomphe lors de la corrida française de Pentecôte. Une clôture qui entend récompenser les résultats plus que les passeports. Entre figures consacrées, jeunesse impatiente et fidélités locales, les Vendanges promettent de faire résonner le vieux cercle romain au rythme des clarines et des ovations.

  • [C’est l’été] Soirée festive à La Ciotat

    [C’est l’été] Soirée festive à La Ciotat

    À 21h15, il y aura une pégoulade, le traditionnel cortège inaugural d’une feria incluant une parade de char, cavaliers et fanfares. Ce sera suivi d’un défilé aux lampions sur le port vieux. La soirée se termine par un concert du groupe Eden Age, place de l’Escalet à 22h15.

    G.C.

    La soirée est entièrement gratuite et accessible à tous. Les votives se terminent le 23 août.

  • La Feria de Béziers va s’embraser

    La Feria de Béziers va s’embraser

    Depuis 1968, elle est devenue un tel rituel qu’on en oublierait presque que la Feria de Béziers est, avec sa voisine nîmoise, l’événement qui réunit chaque année le plus de monde en Occitanie.

    Cette année encore, du 12 au 16 août, les Biterrois et les touristes, qu’ils soient aficionados, fêtards ou simples curieux, seront près d’un million à s’immerger cinq jours durant dans la cité Paul Riquet entre traditions, cérémonies et festivités.

    Raison d’être de la Feria, la tradition tauromachique sera au cœur de l’événement. À commencer par les spectacles dans les arènes, qui semblent toutefois souffrir d’une lente et continue érosion des aficionados. Quatre corridas sont prévues du 13 au 16 août chaque jour à 18h. Celle d’El Parralejo lance les hostilités jeudi 13 avec Alejandro Talavante, David de Miranda et le local de l’étape, Sébastien Castella. Le lendemain, place à la corrida de Garcia Jimenez avec Emilio de Justo, Juan Ortega, Andrés Roca Rey. Samedi 15 août, Diego Ventura, Léa Vicens seront les acteurs de la corrida de rejon de Fermin Bohorquez. Enfin, dimanche 16, Juan Leal, Carlos Olsina, Christian Parejo affronteront les taureaux de Robert Margé.

    À noter que 3 novilladas sont également au programme du 14 au 16 août à 11h. Les deux premières (de Roland Durand) sans picadors avec les élèves de l’école taurine de Béziers. La troisième (4 novillos de Robert Margé et 2 de Julio de la Puerta) mettra aux prises Olga Casado, Victor et Clovis.

    Défilés, concerts et sport

    Hors des arènes où se déroulent aussi des spectacles de voltige et d’art équestre en soirée ainsi que des toros piscine, la tradition taurine inonde toute la ville. Les abrivados, ces lâchers de taureaux encadrés par des gardians à cheval sur les allées Paul Riquet, animeront la Feria au rythme du passage des fanfares (bandas y peñas). Outre le patio des pitchouns à l’école Casimir Péret (village occitan), les familles pourront apprécier chaque soir à 22h30 et 23h place de la Madelaine le spectacle sons et lumières.

    Un soir à la Feria, c’est aussi faire un choix de bodega et donc de musique. Du côté de la scène pop/DJ du parvis du théâtre municipal, on retrouvera DJ Cassou, Morgan Rotondo et Mathieu Bost (12 août), le grand concert RTS Live (13 août), une soirée années quatre-vingt avec concert des peñas et bandas et paquito géant (14 août) puis le Show DJ’s avec Le Kid et Maéva Carter (15 août). Au village occitan, après les bals traditionnels de 20h, de grands concerts sont prévus à partir de 22h avec Giramundo (mercredi), Fucking Freedi (vendredi), Christian Almerge / TEST (samedi) et Goulamas’K (dimanche). Enfin, au bas des allées, au village de la 3e mi-temps, le trublion Ricoune fera deux apparitions (les 12 et 15 août à 23h) après le concert festif du groupe auvergnat Wazoo mercredi 21h) et du Tribute Florent Pagny par Marc Amsellem (samedi 21h).

    Comme chaque année depuis l’arrivée de Robert Ménard en 2014, la 59e Feria s’ouvrira sur une série de cérémonies religieuses en présence du maire d’extrême droite qui s’assoit sur le principe de laïcité. Après la procession de la vierge (12 août à 19h), la grande messe (19h30) ouvrira la Feria dans les arènes avant la grande parade nocturne en ville (20h45) avec des chars géants. À noter que deux événements sportifs se tiendront en amont de cette inauguration officielle. D’abord le match de rugby entre l’ASBH et le Racing Club Narbonnais (11 août, 19h30 au stade Raoul Barrière). Le lendemain dès 9h, les plus courageux s’élanceront depuis les allées pour la course des 10 km de la Feria.

  • À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    Après Georges Marchais et Pierre Laurent, Fabien Roussel est devenu le troisième secrétaire national du PCF à participer à la feria à Nîmes samedi 23 mai. Une réelle fierté pour tous les élus de gauche mais aussi pour les jeunes de la Jeunesse communiste qui l’ont accueilli sur leur stand au Prolé. « Avec ma compagne, on est souvent venu à Nîmes mais c’est la première fois pendant la feria. Et le faire avec Vincent Bouget et une ville devenue une ville de gauche avec un maire communiste, ça décuple le plaisir. Quand j’ai lu l’édito de Vincent Bouget pour parler de la feria, j’ai retrouvé les valeurs que nous portons sur l’accès pour tous à la culture, à la fête, au beau, au plaisir, à la joie et ça, c’est notre fibre à nous », s’est félicité Fabien Roussel au moment de partager un verre avec les élus régionaux dans un Prolé plein à craquer.

    « La première intention de Fabien Roussel, c’est de venir fêter la victoire des communistes, de l’union de la gauche à Nîmes, de Vincent Bouget et de toute son équipe », confirme Pierre Lacaze, vice-président de la région Occitanie. « Aujourd’hui avec la feria toute la ville de Nîmes est en rouge et c’est normal que le secrétaire national des rouges vienne fêter un maire rouge à Nîmes ».

    Mais Fabien Roussel était également dans la capitale du Gard pour parler politique. Entre préparation du congrès national (3-5 juillet à Lille), des élections sénatoriales, législatives et même départementales et régionales qui suivront, mais aussi pour aborder des sujets sociaux comme le pouvoir d’achat ou la désindustrialisation, il a pu échanger avec les élus régionaux pendant plus d’une heure avant de partir découvrir l’ambiance des bodegas nîmoises.

    « Les élus m’ont parlé de leur territoire, des combats qu’ils mènent ici et notamment celui de la papeterie Fibre Excellence, donc on a des combats à mener aujourd’hui. Nous avons aussi parlé de l’emploi, de la vie chère qui frappe tout le monde. Puis nous avons parlé du congrès et des élections à venir. On s’est dit que si on menait des combats aujourd’hui sur ces questions-là, on va forcément parler des propositions que nous portons et donc de l’utilité du Parti communiste dans le débat politique parce que nous avons des propositions fortes qui permettront de répondre à la crise que l’on vit dans le pays », explique-t-il.

    « Fabien Roussel a parlé de la lutte pour le pouvoir d’achat et pour l’augmentation des salaires et contre la vie chère », confirme l’élu départemental et communal Christian Bastid. « Dans un département parmi les plus pauvres de France, ça correspond à la bataille que doit mener le PCF dans les mois à venir. La préparation de l’élection présidentielle qui vient est au centre d’enjeux qui dépassent la question de la candidature et le rôle du PCF au niveau national. Fabien Roussel a bien insisté sur ce point avec le but de rassembler tous les communistes qui est un élément important dans la bataille politique actuelle ».

    Après cette réunion au Prolé, Fabien Roussel a ensuite déambulé dans les ruelles nîmoises, découvrant la façade de la maison d’Olivier Jullian, artiste autodidacte habitué du Prolé, puis s’est rendu à la bodega des cheminots et au Carré d’art. Drapé de son nouveau bandana blanc, feria oblige, il a échangé avec de nombreux Nîmois et a même reçu un : « Bonjour Monsieur le Président ».

    Combattre le RN sur ses terres

    Dans un département qui n’a élu que des députés d’extrême droite lors des dernières élections législatives, Fabien Roussel était également venu délivrer un message d’espoir. « La victoire à Nîmes montre que l’on peut gagner contre le Rassemblement National », précise Pierre Lacaze. « Le RN avait la certitude de la victoire, mais nous avons su démontrer dans un large soutien de toute la gauche à l’exception de la France insoumise qui n’a pas choisi l’unité, que nous pouvions gagner. Fabien était venu fêter une victoire mais surtout saluer une perspective sur les années qui viennent pour que nous fassions reculer le RN ».

    La dernière fois que Fabien Roussel s’était rendu dans le Gard, c’était pour le rassemblement de soutien au Prolé d’Alès attaqué par des militants du groupuscule d’extrême droite violent du Bloc montpelliérain en pleine feria alésienne. Le secrétaire national du PCF a donc aussi profité de son retour dans le département pour se féliciter qu’un procès ait finalement bien lieu en octobre prochain : « J’espère que non seulement les personnes responsables de ces violences seront condamnées mais qu’ils vont parler et que l’on va connaître leur histoire, d’où ils viennent, leurs motivations et les réseaux d’extrême droite dans lesquels ils s’organisent. Il faut que tout cela soit décortiqué pour mettre un coup de projecteur sur ces réseaux qui sont dangereux et qui malheureusement se développent », ajoute Fabien Roussel.

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux a poursuivi son déplacement nîmois en assistant à la corrida du dimanche 24 mai aux côtés de Vincent Bouget. Puis, en début d’après-midi, il a échangé avec les militants communistes au Prolé.

  • Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Avant la Feria de Pentecôte à Nîmes, c’est la traditionnelle Feria d’Alès, réputée plus familiale, qui ouvre les festivités dans le Gard. Celle-ci a débuté mercredi 13 mai par son traditionnel défilé d’inauguration, rapidement suivi par les premières animations taurines et le grand feu d’artifice en fin de soirée. Les quinze bodegas ont aussi pris place sur le boulevard Louis-Blanc pour accueillir les 300 000 personnes attendues sur les cinq jours.

    Les festivités se poursuivent ce vendredi 15 mai par un festival d’abrivado (11h) autour de la place Gabriel-Péri. Des animations de vachettes sont prévues dans la petite arène dans l’après-midi avec la manade Tommy Maire (14h et 17h). Suivra une course Gardonnenque (15h30) où douze cavaliers s’affrontent sur un parcours entre les berges du Gardon et le lit de la rivière où ils devront allier vitesse et technicité.

    Les arènes du Tempéras ouvriront ensuite à 16h30 pour une course camarguaise. Pour ce spectacle payant, les raseteurs devront redoubler de courage pour décrocher les cocardes, glands ou ficelles accrochés aux cornes des taureaux. Cette course camarguaise récompensera le meilleur raseteur de la catégorie 3 de la saison taurine qui sera qualifié de « champion de France Espoir ». Deux encierros avec la manade Conti (19h) et la manade Agniel (22h) viendront clôturer la journée. Entre les deux, les arènes du Tempéras accueilleront la soirée alésienne des gardians, qui mettra à l’honneur la culture camarguaise avec des démonstrations équestres et des épreuves inspirées du travail en manade.

    La tauromachie espagnole

    à l’honneur samedi 16

    Samedi 16, le week-end s’ouvrira par un lâcher d’anoubles (jeunes taureaux d’un an) dans le Gardon (11h). À la même heure se tiendra une novillada non piquée avec un mano à mano entre le Marseillais Matias (20 ans) et le Nîmois Remy Asensio (18 ans). Après une animation de vachettes dans la petite arène en bord de Gardon (14h), la seule corrida de la feria se déroulera ensuite à 17h avec, sur la piste, Sanchez Vara, El Rafi et Carlos Olsina face aux toros de la Curé de Valverde et de Margé. À la même heure, Alès innove avec le premier concours de serveurs de paella, sur le même format que les courses de garçons de café. Il sera suivi par des nouvelles animations vachettes dans la petite arène (19h). Le concours du plus grand paquito revient aussi (20h), avec un record à battre de 430 mètres. Un encierro piscine clôturera les activités du samedi (22h).

    Dimanche 17, la dernière journée de la feria sera marquée par une messe sévillane (9h) et un toro piscine (16h) dans les arènes du Tempéras. À noter aussi que pendant toute la durée de la feria, une boutique éphémère est ouverte au 24 rue Saint-Vincent pour y retrouver toutes sortes de souvenirs (chapeaux de paille, bobs, mugs, éventails ou magnets) à l’effigie de la Feria d’Alès.

  • Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Après les propos du procureur d’Alès le mois dernier, ouvrant la porte à un classement sans suite s’il manquait d’éléments, le pessimisme avait gagné les victimes de l’attaque du Prolé. Elles s’étaient d’ailleurs donné un an avant d’envisager de poursuivre directement les suspects identifiés par la justice et reconnus par les victimes lors d’une confrontation qui s’était déroulée fin février. Mais finalement, la nouvelle est intervenue par un message envoyé par le procureur aux trois avocats des victimes : les trois suspects passeront bien devant le tribunal correctionnel au cours d’une audience prévue le 6 octobre.

    « C’est une bonne nouvelle parce qu’on pouvait craindre un classement sans suite au regard de ce qu’annonçait le procureur de la République », explique Sophie Mazas, l’une des trois avocates qui souhaite désormais obtenir des condamnations à la hauteur de la gravité des faits : « Nous sommes sur une procédure à juge unique, ce qui est étonnant lorsqu’on a deux circonstances aggravantes que sont la préméditation et le motif politique. Cela veut dire que la victime a moins de 8 jours d’ITT. Nous, nous demandons une audience collégiale qui est plus solennelle, où il y a un temps d’évaluation des préjudices des victimes qui est plus long. Nous ferons tout pour obtenir une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits. »

    L’annonce du procès a également rassuré les représentants du Parti communiste français. « C’est une excellente nouvelle. Il a fallu du temps mais on se réjouit que le procureur poursuive les suspects car il y a un faisceau d’indices important. Cela aurait été incompréhensible que ce soit classé sans suite, d’autant plus que le Bloc montpelliérain a été interdit et dans l’arrêté ministériel qui le dissout, il y avait aussi comme justification l’attaque du Prolé. Cette dissolution était une première victoire, cette audience en est une seconde mais maintenant on attend la condamnation », explique Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section communiste d’Alès, qui a porté plainte au nom du PCF.

    Sécurité renforcée pendant la feria

    Cette information est tombée quelques jours avant le début des festivités de la feria, qui a débuté le 13 mai. Pour éviter d’éventuelles représailles et surtout pour rassurer la population invitée à venir festoyer au Prolé pendant la feria, le bar alésien a prévu de renforcer sa sécurité. « La feria sera une victoire sur les violences de l’extrême droite. On est en pleine date anniversaire. Nous avons pris des mesures renforcées pour tranquilliser les gens. Ce sera donc un lieu de fête encore plus important que les années précédentes, où la fraternité et la solidarité vont s’exprimer encore plus fort », affirme Giovanni Di Francesco.

    En effet, des membres des sections communistes de tous les départements voisins ont prévu de venir au Prolé marquer leur soutien. « C’est important qu’il y ait une ambiance de fête au Prolé pour montrer que l’extrême droite ne peut pas nous empêcher de faire la fête ou de mener nos autres actions habituelles. Pour cela, nous pouvons compter sur le soutien de militants communistes qui ont l’habitude de sécuriser des événements comme la Fête de l’Huma par exemple », explique Cécile Alphon-Laire.

    Après la feria, le PCF a prévu d’organiser une conférence-débat début juin au Prolé sur l’extrême droite et à la rentrée, en septembre, un forum sur le même sujet devrait aussi se tenir. Un rassemblement est également déjà prévu le matin de l’audience, le 6 octobre, devant le tribunal d’Alès.

  • [Info La Marseillaise] Bar Le Prolé à Alès : procès le 6 octobre pour 3 membres du Bloc Montpellierain

    [Info La Marseillaise] Bar Le Prolé à Alès : procès le 6 octobre pour 3 membres du Bloc Montpellierain

    La nouvelle était attendue avec une certaine impatience. Près d’un an après la violente agression par des membres du groupe néo-nazi le Bloc Montpellierain de militants communistes et du public réunis au Bar du Prolé à Alès, en mai 2025, le procureur de la République a décidé de renvoyer devant la justice trois individus.

    « Après que ces individus aient été gardés à vue, en février, puis relâchés, nous redoutions un classement sans suite qui aurait été non seulement incompréhensible mais révoltant au moment où, de surcroît, la peste brune déballe au grand jour sa haine et sa violence. Depuis un an, les victimes et leurs trois avocats n’ont eu de cesse de donner de la voix pour que ces auteurs de violences ne jouissent pas d’une impunité. Au nom des communistes Alésiens, des victimes et des amis du Prolé, je me réjouis de cette première étape. Je suis soulagé de savoir que des violences ne demeurent pas sans poursuites , a fortiori, ici, des violences politiques» réagit Giovanni Di Francesco secrétaire de la section alésienne du PCF .

    Feria d’Alès du 13 au 16 mai