Tag: fréquentation

  • À Marseille, le musée subaquatique, une concession sous les algues

    À Marseille, le musée subaquatique, une concession sous les algues

    Les statues ? C’est là-bas à 120 mètres au niveau de la bouée blanche dans l’axe de la jetée ronde » pointe un baigneur. « Avec des palmes, c’est tranquille pour y aller. C’est pas vilain mais bon elles sont recouvertes d’algues » décrit le quadragénaire.

    Créée en juin 2019 avec 11 statues disparates en ciment marin d’artistes de divers horizons immergées à 5 mètres de profondeur sur un espace de 400 m2, le musée subaquatique des Catalans (MSC) n’est l’objet d’aucune activité, aucune randonnée subaquatique comme prévu.

    Cette concession d’utilisation des dépendances du domaine public maritime a été accordée par l’État en novembre 2018 dans la polémique pour 15 ans aux Amis du musée subaquatique de Marseille, une asso dirigée par Anthony Lacanaud, un restaurateur de la rue Sainte qui a depuis quitté Marseille pour fumer des truites à Barcelonnette. Ni lui, ni le parrain du musée, Serge Dupire (un comédien de Plus Belle la Vie), n’ont répondu à nos sollicitations sur cette concession fantôme qui ne semble finalement n’être qu’un support de communications, de visuels.

    Cette vacance indispose les services de l’État, en premier lieu la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). La Ville a caressé un temps l’idée de reprendre cette concession à la dérive. Elle a vite compris qu’elle n’a aucun avantage à hériter de statues méconnaissables sous les algues dont le mortier marin avec des fibres de polyuréthane pour certaines, va s’altérer et alors que le projet de reconfiguration de la plage est à l’arrêt, sans compter qu’à terme il faudra en plus financer leur enlèvement ?

    La Ville n’a jamais répondu à nos questions, alors qu’elle fait partie avec la DDTM et la DREAL Paca d’un « comité de concertation et de prises de décision » du MSC censé traiter des enjeux sécuritaires et environnementaux. La Préfecture, après relance, a fini par nous transmettre les statuts de la concession qui finit en 2033 et un rapport de suivi environnemental de 2024 qui confirme une colonisation des modules par les macroalgues. De nous annoncer qu’« une nouvelle campagne doit avoir lieu cette année et une restitution complète du suivi de la fréquentation, est attendue pour septembre 2027 », indique la Préfecture.

    C’est en réalité, tout le suivi administratif qui pose question. La présence exigée du concessionnaire sur le site « pour surveiller et sensibiliser les usagers » n’a jamais été remplie. La sécurité se réduit à une bouée de repos avec un arceau métallique. Le rapport d’enquête publique avait pourtant alerté en 2018 sur « l’absolue nécessité » d’un protocole de sécurité devant le « risque décuplé » de noyade de jeunes nageurs intrépides et non aguerris. Heureusement, aucun incident n’a été rapporté. Le site internet de la ville prend soin de préciser d‘ailleurs que « la visite du musée est libre et se fait sous la responsabilité de chacun ». Quant au « comité de suivi des usages » du MSC, son représentant sur le papier, Jean-Pierre Galeazzi, qui préside par ailleurs le CIQ Pharo-Catalans, se borne à observer que « ça fait bien longtemps [qu’il n’a] plus rien reçu ».

    Quid de l’assurance exigée par l’État ? « Il appartient effectivement au concessionnaire de contracter une assurance » note la Préfecture qui ne s’émeut pas davantage, sept ans après sa création, de l’absence de versement de la caution exigée dans les statues de 60 000 euros sur un compte bloqué pour couvrir l’enlèvement des statues en fin de concession. « Le concessionnaire doit nous produire une attestation d’assurance et nous sommes en attente de la transmission des éléments relatifs aux garanties financières par les responsables du musée » se borne à constater la Préfecture. Et pour parfaire ce naufrage administratif, la subvention de 100 000 euros versée en 2017 par la Ville à l’association et annulée en raison du retard à créer le MSC, elle n’a tout simplement jamais été remboursée.

    « La visite du musée est libre et se fait sous la responsabilité de chacun »

  • Nîmes attire les foules mais perd ses visiteurs antiques

    Nîmes attire les foules mais perd ses visiteurs antiques

    Les guitares de The Cure ont fait vibrer les arènes, mais les vieilles pierres n’ont pas connu le même succès. Présenté ce 14 octobre, le bilan estival de la municipalité affiche deux visages. Du 1er mai au 17 septembre, Nîmes a enregistré 742 600 nuitées, soit 2,5% de plus qu’en 2025. Pourtant, la fréquentation des monuments romains dégringole de 25,2%. Un sacré paradoxe pour une ville qui fait de son patrimoine antique sa carte de visite.

    Le moteur de la saison reste événementiel. Hors ferias, les dix nuits les plus fréquentées correspondent à des soirs de concert. Deux des trois soirées de The Cure ont dépassé les 9 200 nuitées. La Feria des Vendanges a comptabilisé 755 800 présences en quatre jours. Des « rendez-vous capables de déclencher une venue, un séjour », souligne Laurent Mespoulet, adjoint au maire chargé du Tourisme. Les nuitées étrangères progressent de 3%. « L’Espagne reste le premier marché international, devant les États-Unis et l’Allemagne », précise l’élu. Ces pays représentent 37% des nuitées étrangères.

    « Adapter » le tourisme

    Derrière les bons chiffres, le patrimoine antique fait grise mine. Pendant que les monuments romains perdent un quart de leurs visiteurs, le Musée de la Romanité gagne 4,5% de fréquentation et les musées plus de 16%. La chaleur a-t-elle poussé les touristes vers des lieux plus frais ? C’est l’hypothèse de Mespoulet, sans qu’elle explique à elle seule ce décrochage.

    Face à des étés brûlants, la Ville tente de s’adapter. « Le programme de visites guidées a été repensé pour mieux répondre aux conditions estivales », assure l’adjoint. En juillet et août, la moitié des visites ont été programmées le matin ou en soirée. Des « parcours fraîcheur » sont aussi envisagés. L’objectif est d’« anticiper les dispositifs nécessaires pour ne pas subir », conclut l’adjoint.

  • À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    Peu de personnes ont bravé la pluie, ce mardi 20 octobre à 9 heures, pour la réouverture de la bibliothèque Pierre-Boulle, dans le quartier Reine-Jeanne à Avignon, après plusieurs mois de fermeture.

    L’équipement va désormais rouvrir un jour et demi par semaine, à savoir le mardi matin de 9h à midi et le mercredi de 10h à midi, puis de 13h à 18h. « Une bonne chose car ça manquait d’un lieu comme ça cet été », confie sur place Mathieu, étudiant en droit.

    Les horaires ne sont cependant pas forcément au goût de tout le monde. C’est le cas de Sanaa Tahiri, habitante du quartier, qui avait lancé une pétition pour une réouverture du lieu : « On ne se réjouit pas pour autant car ce n’est même pas la moitié de ce que l’on avait. » Elle explique le manque de fréquentation lors de cette réouverture par la météo, mais aussi par les horaires : « C’est les vacances, les enfants ne se réveillent pas à 8h pour aller à la bibliothèque. Et pendant le reste de l’année, ils auront école donc ils ne pourront pas y aller. »

    Sanaa Tahiri s’interroge également sur le choix de fermer cette bibliothèqueplutôt qu’une autre. « Cela bloque l’accès à la culture dans un quartier prioritaire de la ville. Fermer cette bibliothèque et pas les autres, on ne l’a pas digéré. Cet été, c’était très compliqué d’aller dans une autre bibliothèque, comme au Puzzle ou Renaud Barrault, en pleine canicule. Les économies ne doivent pas être faites au détriment de nos enfants », poursuit-elle. Des ateliers ont été annulés. Avec d’autres habitants du quartier, Sanaa Tahiri plaide pour un retour aux horaires précédents qui allaient au-delà de 16h30 : « Beaucoup de mamans disent qu’elles amenaient leurs enfants à la sortie de l’école pour faire leurs devoirs et rentrer à la maison après. C’est l’après-midi que commencent les activités ».

    Stable et durable

    Dans un communiqué diffusé il y a une douzaine de jours, la municipalité d’Avignon rappelait que la fermeture était due à des postes qui n’étaient plus pourvus et que le fonctionnement était possible « grâce à la mobilisation constante des agents des autres bibliothèques municipales ». Et que face à la situation, « la Ville fait le choix de privilégier une organisation pérenne du service public plutôt que de multiplier les fermetures ponctuelles et imprévisibles ». Une démarche pour « permettre de concilier les attentes des habitants, les moyens humains disponibles et la continuité de l’offre culturelle dans tous les quartiers ». La municipalité assurait avoir comme objectif de « retrouver rapidement, pour Pierre-Boulle comme pour l’ensemble du réseau, des conditions d’ouverture durables, adaptées aux besoins des Avignonnaises et des Avignonnais ».

    Corinne Moulin, conseillère municipale déléguée aux bibliothèques, assure de son côté partager « l’attachement des habitants à cette bibliothèque de proximité ».

  • Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    La Ville d’Istres enchaîne les bras de fer. Après avoir obtenu l’abandon du projet d’incinérateur porté par Suez, la majorité se mobilise à propos de La Poste. Le maire Robin Prétot (LR) l’a annoncé lors du conseil municipal : le bureau ne fermera pas. « Ses horaires sont adaptés en raison de la fréquentation et du besoin de recentrer les moyens », explique-t-il après avoir échangé avec la responsable locale. Une maigre victoire pour l’élu, qui y voit la même « stratégie des petits pas » à l’œuvre que du côté de l’Afpa, qui a annoncé un plan de restructuration.

    En Paca, 67 suppressions de postes pour 36 créations, adossées à un plan de départs volontaires, sont envisagées. À Istres, la totalité des formations qualifiantes dispensées par le centre serait rapatriée vers Marseille. « On nous explique que les plateaux techniques vont déménager d’ici deux ou trois ans, mais qu’il y aura toujours de l’accompagnement, s’agace le maire. On a l’impression que c’est la stratégie des petits pas, qui conduit petit à petit à fermer les différents locaux pour des économies d’échelle. » Et de prévenir : « Qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils vendront ce dernier lot à un promoteur pour y faire des immeubles. Je m’y opposerai fortement ».

    Une petite victoire à noter : la majorité a voté un avenant au bail passé avec la société chargée d’implanter une station radio-électrique chemin du Bord de voie ouest. L’antenne relais, qui devait faire 24 m de haut, inquiétait les riverains. Le programme a donc été révisé : la hauteur est réduite à 16 m et le pylône en forme d’arbre est abandonné « en raison de son empreinte carbone », annonce Jocelyn Planelles, adjoint délégué à l’urbanisme.

  • Dans le Var, une légère baisse de la fréquentation touristique sur les huit premiers mois de 2026

    Dans le Var, une légère baisse de la fréquentation touristique sur les huit premiers mois de 2026

    La saison estivale touchant à sa fin, l’heure est au bilan des huit premiers mois de l’année pour le secteur du tourisme dans le Var. Avec un premier constat général : une légère baisse du nombre de nuitées touristiques, de l’ordre de 3% par rapport à 2025 (60 millions contre 61,9). « Ce n’est qu’un écart marginal », tempère le président (LR) du conseil départemental Jean-Louis Masson. « Ce sont de bons résultats, qui sont le fruit de nos efforts pour compenser les freins. »

    Le premier est, évidemment, celui de la conjoncture économique nationale défavorable, qui a poussé les Français à modifier leurs choix initiaux. Si trois Français sur quatre sont partis en vacances cet été, seuls 43% d’entre eux ont réalisé le séjour envisagé au printemps, avec, pour nombre d’entre eux, des baisses de budget. 60% ne sont partis qu’une semaine ou moins, pour des destinations plus proches (16% sont restés dans leur région). 37% ont par ailleurs réservé plus tard que d’habitude par inquiétude financière et 36% ont revu leurs plans sur l’hébergement. « Mais ce que nous perdons, nous le gagnons sur le luxe, qui progresse de 6%, le Var restant une destination de prestige », souligne Guillaume Décard, Guillaume Décard, président de Var Tourisme.

    Comme partout ailleurs, dans le Var, cela s’est surtout ressenti en août, après un mois de juillet positif (taux d’occupation en hausse pour le logement meublé, +7% pour l’hôtellerie, chiffres stables dans le plein air et les hébergements collectifs) et des mois de mai et juin quasiment au même niveau que l’année passée. On a été beaucoup plus sous pression en août, mais le retard a été un peu rattrapé grâce aux départs de dernière minute sur la deuxième quinzaine », détaille Guillaume Décard.

    Le tourisme 4 saisons face aux effets de la chaleur

    Autre constat relatif au pouvoir d’achat : une consommation en berne. « Il y a un réel souci qui se ressent dans la restauration, les activités… », observe Guillaume Décard. La hausse du prix du carburant a notamment eu une incidence importante. Pour contrer ces effets, plusieurs pistes sont creusées : le développement des modes de transports doux (pistes cyclables, transports en commun…), du ferroviaire (avec la ligne nouvelle)… et de l’avion, avec une ligne Paris – Hyères, bientôt opérée par une compagnie low coast (Transavia).

    Le tourisme étranger, en progression sur mai-juin (+8%), et stable en moyenne, est également un facteur de croissance car doté d’un pouvoir d’achat plus important. Les trois nationalités les plus représentées sont, dans l’ordre, les Allemands, les Italiens et les Belges. En ce sens, Var Tourisme veut poursuivre son ouverture aux pays européens, avec comme nouvelle cible la Scandinavie, ce qui pourrait, là aussi, être favorisé par l’ouverture d’une liaison aérienne avec Copenhague.

    Enfin, les effets de la chaleur se sont fait ressentir, poussant 57% des Français à modifier leurs habitudes sur place. Le Var des terres a ainsi été particulièrement touché, avec des activités annulées, notamment à cause des (risques) incendies. L’agritourisme, en plein développement, mais pour lequel « il n’y a pas encore de chiffres précis », précise Guillaume Décard, est une des solutions stratégique : « Nous menons un projet transfrontalier avec la Toscane à ce sujet. Il faut le lier aux activités de pleine nature. Ce tourisme durable doit se dessiner à l’année sur ces offres-là ».

    Un élément essentiel du « tourisme 4 saisons », objectif principal de la politique touristique. « Mais on est contre l’étalement », affirme toutefois le patron de Var Tourisme. « On gagne des parts de marché hors saison estivale, mais on doit limiter la baisse sur l’été. » Les quatre derniers mois de 2026 seront un indicateur des progrès en la matière, alors que 77% des responsables d’établissements varois se disent confiants à l’abord de cette période.

  • En action pour les services publics à Istres

    En action pour les services publics à Istres

    La réduction des horaires de la Poste est une atteinte aux plus faibles », lance Frédéric Boffi devant la quarantaine de participants au rassemblement organisé par le PCF d’Istres samedi matin.

    En cause, la fermeture tous les après-midi et le mercredi matin du bureau de poste de l’avenue Aristide-Briand depuis la mi-juin. Cela « s’inscrit dans le suivi de l’activité des bureaux afin d’ajuster les services aux usages constatés », justifie la Poste auprès de La Marseillaise. Un scénario connu des contestataires. « Réduire les horaires permet à la Poste de dire que la fréquentation baisse pour se justifier, c’est une politique », assène Stella Estaque, secrétaire du syndicat CGT des activités postales dans le département. Figure de la même lutte à Martigues, Francis Fournier insiste pour « fédérer tous les gens qui ont le même souci du service public pour montrer à la Poste la résistance est partout ».

    Fermeture totale en perspective ? C’est l’idée des communistes d’Istres : « On est là pour défendre la Poste et construire un comité de défense des services publics », indique Isabelle Ehlé, dans une ville qui a déjà vécu « la fermeture de la Sécu, de la CAF, du Nexus qui plaisait bien aux jeunes et où l’Afpa est en danger », résume Frédéric Boffi. En filigrane, les militants alertent sur une fermeture définitive. « Aucun autre projet d’évolution concernant les bureaux de Poste de la commune d’Istres n’est envisagé », affirme la Poste. Mais avec la multiplication des menaces, la vigilance est de mise.

  • À Avignon, un service public en moins au quartier Saint-Jean

    À Avignon, un service public en moins au quartier Saint-Jean

    « Si ce bureau ferme, je sais pas comment faire. Si ça ferme, je devrais aller à celui du Pont des Deux Eaux, à 78 ans, c’est pas l’idéal », confie Nadine, 78 ans, devant le bureau de poste de son quartier, Saint-Jean, à Avignon. L’établissement fait partie des huit bureaux pour lesquels une « transformation » est prévue pour la période 2026-2027.

    « Transformer, ça veut dire que soit les horaires vont être réduits, soit que ça devient une agence communale ou encore que ça ferme », précise Bruno Verdi, secrétaire départemental Sud PTT, à l’occasion d’un rassemblement d’une trentaine de personnes lancé à l’initiative du PCF. Sont concernés, en plus de Saint-Jean, celui de la place Pie et ceux de Gordes, Rasteau, Lapalud, Saint-Saturnin-lès-Avignon, Fontaine-de-Vaucluse ou encore Jonquières. « Ici, c’est emblématique car on est en plein quartier prioritaire et le guichet humain permet de régler beaucoup de problèmes, notamment au niveau bancaire. Si on se bat comme à Saint-Ruf, on peut au moins gagner du temps », poursuit le responsable syndical. Ce dernier a rencontré les maires de Jonquières et Lapalud et espère rencontrer le maire d’Avignon.

    Moins de missions

    Une ribambelle d’élus de gauche étaient également présents. Devant les manifestants, le conseiller d’opposition municipal et départemental Rémy Blanc (PCF) est venu apporter son soutien. Et rappelle que « l’agence communale ou un bureau de tabac remplit beaucoup moins de missions qu’un bureau de poste ».

    Oukacha Rtili, élu d’opposition (LFI) avignonnais, pointe de son côté « la responsabilité de l’État qui poursuit sa politique anti-service public ». « Ici, ils sont très prévenants. Ils prennent du temps pour nous et dire qu’il n’y a pas de fréquentation, c’est faux car il y a tout le temps du monde quand je viens », ajoute Roselyne, habitante du quartier.

  • À Aubagne, la fin de la gratuité suscite l’incompréhension des usagers

    À Aubagne, la fin de la gratuité suscite l’incompréhension des usagers

    Il est 13h passé, vendredi, et la foule se presse au pôle d’échanges intermodal d’Aubagne. Entre les collégiens et lycéens qui quittent leurs établissements, les voyageurs de la gare en transit, et les simples passants, les queues se font et se défont à l’ombre des abribus.

    Gilles habite Auriol. Il rentre de Marseille où il est descendu faire des papiers rue Grignan. Ce retraité a le temps, alors prendre les transports en commun est évident. D’autant que c’est gratuit. « En plus pour moi c’est sur tous les Bouches-du-Rhône », sourit-il avant de rapidement cacher ses gencives : « Maintenant… Samia Ghali (la présidente DVG de la RTM, ndlr), de gauche, bravo ! »

    L’annonce la veille par Nicolas Isnard, président (LR) de la Métropole, de la fin de la gratuité des transports en commun en vigueur depuis 2010 sur le pays d’Aubagne et de l’étoile, et depuis un an sur toute la métropole pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans, le met en colère. « Elle, ne veut pas supprimer la gratuité mais elle veut la diminuer en fonction des revenus. Je ne suis pas d’accord. Les retraités ne sont fortunés et on sait que la limite du tarif social sera très basse. »

    « On recule »

    Le sujet est dans les têtes, entre colère et fatalisme. Le « tous pourris » s’impose dans la discussion de Sandrine et Nourdine qui tancent ces élus jugés loin des préoccupations de leur quotidien et moins enclins à « faire des économies sur leurs gueuletons ». Assis sur un banc, en pleine lecture, Sébastien utilise les transports pour aller travailler sur Marseille.

    « C’est une décision que je pourrais comprendre vu la situation financière de la Métropole mais je me demande si toutes les solutions ont été étudiées », s’interroge ce quinquagénaire pour qui seul le trajet Auriol – Aubagne est gratuit. « On n’est quand même pas sur du superflu. C’est une compétence de la Métropole, ça impacte les collégiens, les étudiants, ça risque de mettre la révolution. »

    Lena, 16 ans, habite aussi à Auriol. Elle arrive d’Aix où elle étudie. Son trajet sur sa partie non gratuite lui coûte 11 euros. « Ça fait déjà cher quand même » glisse timidement la jeune fille. Noa, 19 ans, vient lui de Saint-Maximin avec sa carte Zou à 90 euros par an pour effectuer son alternance à Aubagne. « La gratuité pour un étudiant ça compte. Mis bout à bout, les petits frais ça pique », sourit le jeune homme qui gagne moins de 1 000 euros par mois.

    Femme de ménage à la retraite, Nanou, 75 ans, habite Aubagne et entend conserver sa gratuité. « On s’est battu contre le maire sortant qui voulait nous faire payer. Il va falloir se battre encore », prévient la sexagénaire qui a connu le ticket à 1,20 euro avant 2010 et n’entend pas payer tous les jours pour se rendre au secours populaire où elle y est bénévole. « On a été les premiers à faire la gratuité et aujourd’hui on recule alors que d’autres s’y mettent je ne comprends pas. »

    ET AUSSI

    La ville d’Aubagne lance une pétition

    « La gratuité des transports est notre bouclier. Ne laissons personne le briser. Pour dire non à la décision de la Métropole et appuyer les démarches engagées par la ville, chaque signature compte ». La ville d’Aubagne a lancé dans la nuit de jeudi, sur son site internet une pétition pour la gratuité des transports. 2 000 signatures ont été recueillies dans la nuit. Vendredi soir, la barre des 5 000 était passée.

    La ferme opposition de Frédéric Szabo

    Frédéric Szabo, maire (DVD) de La Penne-sur-Huveaune, affirme dans un communiqué s’opposer fermement à la décision de la Métropole. « Dans le contexte actuel, la gratuité des transports est à la fois une mesure de pouvoir d’achat, une réponse aux difficultés quotidiennes de nos concitoyens et un engagement concret en faveur de la transition écologique et de la sécurité publique », explique-t-il après avoir rappelé la baisse significative des incivilités sur le réseau. Et d’en appeler aux maires du territoire : « Nous devons préserver ce dispositif et défendre les habitants ».

    LFI veut supprimer la Métropole

    La liste de La France insoumise aux élections sénatoriales, conduite par Michelle Blanchard-Svoboda, dénonce fermement la fin annoncée de la gratuité des transports. Les insoumis estiment qu’elle pénaliserait les ménages, sans garanties d’économies réelles, et défendent la gratuité comme un outil de justice sociale, écologique et de mobilité pour tous. « La gratuité des transports, comme les autres services publics, ne doit pas être sacrifiée au nom d’une pseudo-rentabilité », affirme la tête de liste qui entend « redonner leur pouvoir aux communes, concerter les citoyens et mettre fin à cette organisation métropolitaine responsable de nombreux maux de notre territoire ».

    Ch.C.

  • Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    La Ville indique que « jamais ils n’avaient enregistré une telle fréquentation en un seul mois. » Ce résultat est porté par le succès « des expositions temporaires », notamment au Centre de la Vieille Charité, avec 51 561 visiteurs (+48,23%), ainsi qu’au Musée d’Histoire, au Château Borély et au MAC.

  • La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie, « l’un des temps forts de la rentrée commerciale avignonnaise », reprend ses droits en Cité des Papes de ce jeudi 17 au dimanche 20 septembre. Quatre journées pendant lesquelles les 1 800 commerçants du centre-ville sont invités à disposer leurs marchandises, à prix réduits pour l’occasion, sur la voie piétonne.

    Un événement organisé, comme chaque année, pendant les Journées du patrimoine, où une cinquantaine d’animations sont proposées, « car cela attire du monde et on profite de ces dates importantes », assure Corinne Chatriot, première adjointe au maire d’Avignon, chargée de la dynamique commerciale. Avec également « une ambition collective qui est de faire du plateau piéton un véritable moteur de fréquentation et de vitalité commerciale ».

    Vacance commerciale

    Une importance d’autant plus forte que la Ville lutte contre la vacance des locaux commerciaux. « On est en train de faire un état des lieux », assure l’élue. Dernièrement, c’est l’enseigne Foot Locker qui a annoncé se séparer de ses locaux en intra-muros. Tandis qu’avec les canicules successives, « la fréquentation a été compliquée », concède Corinne Chatriot, elle-même à la tête d’une boutique de vêtements entre les remparts. « Donc c’est effectivement attendu car c’est souvent un succès, d’autant qu’il devrait faire beau. Il y a plein de choses à améliorer et un travail va être effectué à ce propos », poursuit la première adjointe.