Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

En 2024, Ana Gouffier réalisait une année exceptionnelle, marquée par plusieurs podiums régionaux et une qualification aux championnats de France de semi-marathon. « J’arrivais à courir en 1h40, avec de nombreuses victoires. J’avais fait une année hallucinante », se souvient celle qui s’est mise à la course à pied trois ans plus tôt, après la naissance de son deuxième enfant par césarienne. Jusqu’au jour où l’Aubagnaise, née en Roumanie, est contrainte d’abandonner une course à 3 km de l’arrivée. « Je me mets à vomir du sang, puis je manque de tomber dans les pommes », raconte Ana Gouffier. Les examens révèlent alors un cancer des ovaires. « Il y avait d’autres symptômes auxquels je n’avais pas fait attention », ajoute-t-elle.

Cette épreuve lui a appris à écouter son corps. « Quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute. Il faut se faire confiance et être attentif aux signaux d’alerte. Moi, je n’ai pas voulu les écouter. J’étais focalisée sur la performance », reconnaît Ana.

L’enfer, c’est les autres

Malgré la douleur physique et mentale, la pensionnaire de la SCO Sainte-Marguerite et de l’association course pour la mémoire a fait preuve d’un courage et d’une détermination sans nom. « L’objectif, c’est d’essayer, à chaque fois, de faire mieux, de m’entraîner davantage. Pas forcément pour me prouver quelque chose, mais plutôt pour me dire que je me bats avec mon corps, et non contre lui », souligne-t-elle, consciente que le regard des autres est un poids supplémentaire. « Comme j’ai eu un traitement et pas de chimiothérapie, parce que j’ai eu une ablation de la partie cancéreuse, je n’ai pas perdu tous mes cheveux. C’est devenu une maladie invisible. On me faisait donc des remarques comme “si tu ne perds pas tes cheveux, c’est que tu n’as rien de grave” ou “avant tu étais super forte, maintenant t’es nulle” », déplore-t-elle.

Son retour sur le chemin de l’entraînement n’a pas été de tout repos. « Tout le club était passé devant moi. Je n’arrivais plus à avancer », confie l’ingénieure d’études. Elle a persévéré en multipliant les entraînements, mais elle a mis un an avant d’accepter de courir avec « ce petit truc en plus ». Et pour aller de l’avant, elle est repartie de zéro, avec le soutien du Martégal Samir Dahmani, spécialiste du demi-fond. « Il m’a coaché jusqu’au marathon de Paris où j’ai atteint mon objectif de 3h30 », se félicite Ana, pour qui aucune distance ne l’impressionne. Elle s’attaque désormais aux championnats du monde master outdoor (W35), aux Pays-Bas, en 2028.

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