Tag: maladie

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.

  • [Entretien] Christiane de Félice : « Il faut prendre des mesures pour la santé au travail »

    [Entretien] Christiane de Félice : « Il faut prendre des mesures pour la santé au travail »

    Alors que la question des morts au travail se pose face aux épisodes de chaleur, le Gouvernement travaille sur des économies dont le plafonnement des indemnités des victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.

    La Marseillaise : Votre association dénonce un plan d’économie sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. De quoi s’agit-il ?

    Christiane de Félice : Le Gouvernement a demandé à la caisse des accidents du travail et des maladies professionnelles [AT-MP] de la Sécurité sociale de réaliser 800 millions d’euros d’économies au prétexte de déficit de la branche. Ces économies vont directement toucher les victimes de Troubles musculosquelettiques [TMS], la maladie professionnelle la plus répandue. Le gouvernement envisage en plus de limiter les indemnités journalières dans ces cas-là à 4 ans alors que certaines personnes cumulent parfois plusieurs maladies. Il faut savoir qu’en 2024, 50 598 nouvelles maladies professionnelles étaient reconnues, soit 3 100 de plus qu’en 2023, et dont 90 % sont des TMS. On parle des travailleurs ayant les tâches les plus difficiles et ingrates, qui au bout de 20 ans au même travail deviennent invalides. Il y a eu 150 000 déclarations d’inaptitude en 2024, souvent soldées par un licenciement. Et encore, c’est quand l’entreprise ne dit pas de rester à la maison sans déclarer ! Toute une population va être précarisée. Car l’invalidité saute à la retraite contrairement à la rente des maladies professionnelles.

    Mais s’il y a déficit, il faut bien combler quelque part ?

    C.d.F. : La branche AT-MP, malgré ce qu’on dit, est toujours en excédent. Les exonérations de cotisations patronales représentent 80 milliards d’euros par an en moins. C’est un détournement financier des droits des salariés qui eux continuent à financer la solidarité par la cotisation sociale. De plus, rendons-nous compte que la sous-déclaration des maladies professionnelles représente entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Mais le 5e plan santé au travail 2026-2030 ne propose aucun objectif de résultats.

    Quelles sont vos propositions dans ce contexte ?

    C.d.F. : Il faut prendre des mesures draconiennes. Il faut de la clarté sur les maladies qui devraient être déclarées comme professionnelles et qui ne le sont pas. La création d’un registre de cancers dans chaque région industrielle. Une médecine du travail au plus près des salariés et de la médecine de ville. Rétablir les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT]. Stopper les exonérations de cotisations, car c’est avec ses cotisations que le travailleur peut se soigner, partir à la retraite ou pouvoir être couvert en cas d’accident. Une partie de cette exonération est financée par la TVA, payée par le salarié. Combien de fois sera-t-il encore pénalisé ?

  • [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    L’épouse de notre « expert » pétanque, Robert Zaragoza, avec qui elle avait eu un enfant, Thomas, était âgée de 67 ans. Ces deux compagnons de route de La Marseillaise s’étaient rencontrés à la RTM, où ils travaillaient comme chauffeurs de bus. Délégués syndicaux CGT, en première ligne lors du grand conflit social qui avait secoué la régie en 2005, ils avaient, cette année-là, scellé leur amour en se mariant sur le piquet de grève.

    Jusqu’en 2024, alors trop affaiblie par la maladie, Isabelle avait été une des plumes de la rédaction engagées à Borély pour couvrir Le Mondial. Sa gentillesse, son énergie débordante, son humour et son franc-parler vont nous manquer.

    à sa famille, à Robert, à ses enfants, Elodie, Nathalie, Christophe et Thomas, la rédaction et la direction du journal adressent leurs plus sincères condoléances.

    Les obsèques auront lieu le mercredi 1er juillet à 17h15 au crématorium du cimetière de Saint Pierre au 380 Rue Saint-Pierre, 13005 Marseille
  • Dans le Var, précautions de mise contre l’introduction de la rage

    Dans le Var, précautions de mise contre l’introduction de la rage

    Malgré sa réputation de mal d’un autre siècle, la rage continue de représenter un danger de nos jours, et ce jusqu’à chez nous. En 2025, 370 animaux domestiques (chiens, chats, furets…) ont été introduits illégalement dans le département en provenance de pays non indemnes de rage (pays du Maghreb et de l’est de l’Europe).

    Une situation à surveiller, car la maladie est 100% mortelle lorsque les premiers signes cliniques (anxiété, hypersalivation, agitation, troubles de la conscience, similaires à ceux des animaux) apparaissent, après une période d’incubation de un à deux mois : « Elle se transmet essentiellement par morsure, griffure, une brèche cutanée avec de la salive qui contamine la peau puis remonte les voies nerveuses par les nerfs périphériques », explique le docteur vétérinaire Laurent Magne. « Quand ça atteint le système nerveux central, la course est perdue. »

    D’autant plus que la maladie a récemment sévi en France : six personnes sont décédées entre 2017 et 2025 après avoir subi des morsures d’animaux à l’étranger, tandis que deux cas de chiens infectés (dans la Loire en 2015, et dans le Var en 2023) ont été recensés. Dans ce contexte, comme l’a rappelé mercredi lors d’un point presse la directrice départementale de la protection des populations Nathalie Guerson, il demeure impératif, « quand on ramène un animal de l’étranger, de s’assurer qu’il soit soumis à un vaccin homologué dans l’Union européenne, mais aussi dans l’autre sens, quand on emmène son animal dans des zones non indemnes ». Cela permettrait, selon le docteur Magne, de diminuer les risques de contamination « de 90-95%, même si le risque zéro n’existe pas ».

    De même, en cas de morsure par un animal à l’étranger – subie par un homme ou un animal -, il convient de réagir vite, « car c’est une course contre la montre », prévient Nathalie Guerson. « Même si on a été exposé au virus, le vaccin et l’immunité auront le temps de se mettre en œuvre. Il faut donc rapidement consulter un centre anti-rabique, bien savonner, désinfecter la plaie au moment de la morsure. » Des réflexes qui peuvent sauver des vies et éviter une potentielle épidémie.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • Le Pays de Martigues lance un diagnostic territorial de santé

    Le Pays de Martigues lance un diagnostic territorial de santé

    C’est un outil qui ne date pas d’hier. Dès les années 1990, Martigues créait l’un des premiers observatoires communaux de santé de France, avant de signer un Contrat local de santé (CLS) en y intégrant Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts. En 2027, le deuxième volet de ce dispositif partenarial associant les collectivités, l’État, l’Agence régionale de santé et les acteurs locaux du secteur sociomédical s’achèvera.

    « L’heure est au bilan et au diagnostic », annonce Gwladys Saucerotte, conseillère municipale déléguée à la santé. « Le but d’un CLS, c’est de coordonner, à l’échelle du territoire, les actions en vue de réduire les inégalités qui persistent et d’améliorer le parcours de soins (…). Les objectifs sont définis par la concertation avec les professionnels de santé, un travail de terrain mené avec les nombreuses associations qui gravitent autour, mais aussi et surtout par la consultation citoyenne. » Les partenaires ont donc mis en place un questionnaire disponible en ligne et en version papier dans les offices municipaux (mairies, mairies annexes, maisons de quartier, centres sociaux etc.).

    Les réponses des habitants seront ensuite analysées pour définir les actions du 3e volet du CLS, qui courra jusqu’en 2032. Quelques pistes sont déjà privilégiées. Gwladys détaille : « On va prendre un peu de hauteur, puisque la question de la santé se glisse partout dans le quotidien. Ce n’est pas seulement du curatif, pas seulement quand on va à l’hôpital ou chez le médecin, c’est aussi sur notre lieu de travail, dans nos loisirs, l’accès au sport, à la culture, dans l’urbanisme… »

    Des résultats concrets

    Depuis sa création, le CLS a mis l’accent sur l’offre de santé, l’accompagnement médico-social et l’accès aux soins. Plusieurs structures ont vu le jour par son biais, à l’instar des deux maisons pluridisciplinaires de Martigues et de celle des Comtes, à Port-de-Bouc.

    Sans compter tous les dispositifs plus confidentiels, mais pas moins importants. « Depuis 2025, on a réussi à mettre en place de l’interprétariat pour les personnes qui parlent mal le français avec l’association Osiris, qui propose 150 langues différentes », se réjouit Omar Kpodar, coordinateur du CLS. Autre innovation récente : « La création d’un poste de médiateur en santé, soutenu par l’ARS et l’Assurance maladie, poursuit-il. C’est quelqu’un qui va physiquement accompagner les personnes en situation de renoncement aux soins vers leurs rendez-vous médicaux, actions de prévention et dépistage. C’est une jonction supplémentaire entre les suivis social, administratif, juridique et sanitaire. »

  • Un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à sa fille

    Un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à sa fille

    Le jugement prononcé par la chambre de la famille du tribunal correctionnel de Marseille ne laisse place au doute. Dépassant les réquisitions de 4 ans de prison avec sursis probatoire du procureur qui avait même proposé de requalifier les faits en mise en danger, les juges ont condamné, hier, Samantha M., absente au délibéré, à la peine de 4 ans de prison dont un an ferme avec un sursis probatoire renforcé de 3 ans, à la déchéance de l’autorité parentale, à l’obligation de suivre des soins psychiatriques et à ne pas entrer en contact avec sa fille placée. La peine est assortie de l’exécution provisoire.

    Les juges ont été emportés par la conviction que cette mère de 50 ans qui vit à Toulon était bel et bien coupable en dépit de ses farouches dénégations, d’avoir volontairement et activement administré de la cocaïne en 2022 à sa fille de 10 ans atteinte d’une maladie neurogénique rare. La fillette avait été hospitalisée le 14 février 2022 dans le service de neurologie de la Timone Enfants. Son état n’avait cessé de se dégrader pour plonger dans le coma le 11 mars, nécessitant une réanimation. Pressentant une possible intoxication, des analyses étaient réalisées qui démontraient la présence de cocaïne et de Fentanyl dans le sang, les urines et les cheveux et jusque dans des prélèvements du liquide céphalo-rachidien conservé en 2020 par l’hôpital et qui révélaient déjà des traces de cocaïne. Aucun médicament morphinique ou opioïdes n’entrait pourtant dans son traitement.

    « J’étais la coupable d’avance »

    Dénonçant à l’audience du 20 mai « une machination » de son ex-conjoint qui a obtenu la garde de la fillette et qui se dit « sûr et certain qu’elle l’a droguée », la mère n’a eu de cesse de protester de son innocence. « J’étais la coupable d’avance parce que j’avais consommé et que ça fait de moi une mauvaise mère », s’est-elle défendue, lançant même au tribunal : « Vous pouvez me mettre mille ans en prison, ce qui me fait de la peine, c’est qu’on dise que je lui ai fait du mal. »

    Le 17 mars 2022, l’hôpital de la Timone avait procédé à un signalement au parquet. Les enquêteurs trouvaient 3,4 grammes de cocaïne dans le portefeuille de la mère et des résidus de cocaïne sur l’étagère de la chambre d’hôpital. Placée en garde à vue, elle était positive à la cocaïne, la méthamphétamine, le THC, l’amphétamine et à l’opium. Elle reconnaissait avoir consommé de la coke dans la salle de bains de la chambre. Les expertises ordonnées par la juge d’instruction concluaient que « l’aggravation de l’état de la fillette était très certainement liée à des interactions médicamenteuses causées par l’administration indue de cocaïne, combinée à son traitement ».

    À la suite de son placement provisoire, l’enfant n’avait plus reçu de visite. Son état de santé s’était amélioré, avec notamment une reprise de la marche et de la parole. Le juge des enfants relevait chez la mère des traits laissant penser à un syndrome de Münchhausen par procuration, ce qu’observait aussi le psychiatre s’agissant de cette forme de maltraitance parentale consistant à exagérer ou provoquer délibérément des signes de maladie sur son propre enfant dans l’optique de susciter l’attention, la compassion ou la reconnaissance, l’adulte se positionnant en figure héroïque. Auprès des professionnels de l’aide sociale à l’enfance, la mère se présentait comme sauveuse de sa fille : « Avec tout ce que j’ai lu et appris j’aurais pu faire médecin. Je lui ai sauvé la vie au moins sept fois. Je sais mieux que les médecins. »

    La thèse de la « contamination passive »

    L’expert psychiatre a relevé le besoin de la mère à susciter la compassion et d’être admirée dans son dévouement pour sa fille. Un type de fonctionnement qui renvoie à ce syndrome et questionne sur sa possibilité de tenir des propos mensongers, la mère ayant fait croire autour d’elle qu’elle avait une tumeur au cerveau. Autre élément retenu à charge : un dessin de la fillette représentant sa mère, un pot de sel apporté par cette dernière à l’hôpital, son père et un cœur brisé. Les investigations ont montré qu’un flacon de verre contenant de la cocaïne a été trouvé dans la veste de la mère dans la chambre d’hôpital.

    Me Frédérique Chartier, son avocate, plaidait la « contamination environnementale passive » au regard de la consommation de cocaïne de la mère. À l’issue du délibéré, elle a rappelé qu’« aucune expertise toxicologique n’a été menée sur le père et que ce n’est que 18 mois plus tard qu’on a découvert que lui aussi était consommateur de cocaïne. Cette enquête a été menée à charge. Je vais conseiller à ma cliente de faire appel. »

  • Cancer et travail de nuit : l’hôpital fait appel

    Cancer et travail de nuit : l’hôpital fait appel

    C’était une « décision de justice historique » pour Sylvie Pioli. Cette infirmière a travaillé 25 ans de nuit à l’hôpital de Martigues jusqu’à développer un cancer du sein en 2014, reconnu lié au travail de nuit par la décision du tribunal administratif de Marseille du 3 mars (notre édition du 6 mars). Mais le 30 avril, l’ancienne infirmière reçoit un courrier des ressources humaines de l’hôpital, que La Marseillaise a pu consulter, faisant état de la décision du centre hospitalier de Martigues de faire appel.

    « C’est avec une immense incompréhension que je vois cette reconnaissance contestée », indique Sylvie Pioli, jointe mercredi 20 mai. « J’ai consacré ma vie à soigner les autres pendant 35 ans jusqu’à tomber malade à mon tour. Mais ce combat dépasse mon histoire personnelle. Il concerne toutes les femmes qui travaillent de nuit dans des conditions éprouvantes », rappelle l’ex-infirmière.

    « Garantir la sécurité juridique de l’hôpital »

    Sollicité par La Marseillaise sur les raisons de cet appel, l’hôpital de Martigues n’a pas souhaité commenter la décision du tribunal administratif dans sa réponse du vendredi 22 mai. Parlant de « l’éventualité d’un appel » alors qu’il a déjà été notifié, « l’établissement n’a pas vocation à commenter ni à divulguer sa stratégie juridique. Notre rôle demeure d’appliquer les textes, d’accompagner les agents et de garantir la sécurité juridique de l’hôpital. » En même temps, l’hôpital de Martigues affirme que « la maladie est une réalité qui est prise en considération avec la plus grande attention. Toutes nos pensées vont à la professionnelle ainsi qu’à ses proches. » Un double discours assumé qui n’entame pas la « détermination » de l’infirmière « pour que toutes les femmes concernées soient enfin entendues et respectées ».

  • [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à porter cette proposition de loi sur le remboursement des soins
    de support pour les patientes atteintes d’un cancer du sein ?

    Yannick Monnet : Une femme victime de cette maladie avait sollicité Fabien Roussel [secrétaire national du PCF, Ndlr] et moi-même, à deux moments différents. Elle nous avait expliqué qu’en plus de ses traitements contre le cancer, elle devait acheter des pommades et du vernis à ongles spécifiques. Ces dépenses, considérées comme soins de support, s’élèvent en moyenne 2 000 euros et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Tout comme les dépassements d’honoraires, les prothèses capillaires et les implants mammaires. Pourtant, ces soins ont été reconnus comme essentiels à la guérison physique, mais aussi psychologique des patientes. Nous avons rencontré des acteurs qui suivent ces femmes, comme chez moi l’association Accanthe, qui financent des espaces d’accompagnements thérapeutiques pour les victimes de cancer du sein. Elles peuvent y consulter des kinésithérapeutes, des diététiciennes, des sophrologues… Notre objectif était donc d’obtenir la prise en charge intégrale des soins liés au cancer du sein, avant la chimiothérapie, pendant et après la rémission. Malheureusement, on n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait. Nous avons dû retirer en commission la question du dépassement d’honoraires. On a eu, en contrepartie, l’engagement de l’ancien Premier ministre, François Bayrou, qu’un rapport sera fait sur le dépassement d’honoraires. Mais il y a, tout de même, un certain nombre de progrès qui sont permis par la loi. Faut-il encore que les décrets soient écrits et appliqués.

    Justement, avez-vous connaissance d’un calendrier gouvernemental pour la publication de ces décrets ?

    Y.M. : Aucun. Aujourd’hui, on n’a toujours pas de calendrier. On est encore dans des logiques financières, ce qui n’a aucun sens. Pour les femmes qui sont victimes d’un cancer du sein, c’est la double, voire la triple peine : l’angoisse de la maladie, une vie personnelle complètement bouleversée et, parfois, une vie professionnelle mise entre parenthèses. Beaucoup de femmes divorcent ou quittent leur emploi. Et, en plus, elles doivent assumer des dépenses pour se soigner correctement. Je pense que c’est un problème de volonté politique pour ne pas dépenser trop d’argent. C’est pourquoi nous lançons une pétition. Mais c’est terrible qu’on soit obligés d’en arriver à un rapport de force. Aujourd’hui, le législatif a fait son boulot, de façon assez rapide, puisqu’on a mis peu de temps pour aboutir à cette loi, moins de deux ans. Maintenant, c’est à l’exécutif de faire le sien. Et il ne le fait pas, pour l’instant… Les réponses administratives et technocratiques que je reçois ne m’intéressent pas. C’est du prétexte. Et ça crée de faux espoirs pour ces femmes. J’ai vu des procédures accélérées. On est capable de voter des budgets pour des dispositions militaires. On n’a pas mis trois ans.

    Pensez-vous qu’il existe un déséquilibre dans la volonté d’agir en fonction des sujets ?

    Y.M. : Clairement, aujourd’hui, on cherche à faire des économies en matière de dépenses de santé. On passe son temps à vouloir réduire les dépenses. Donc il y a une volonté politique. En tout cas, il y a un risque de voir la Sécurité sociale disparaître si l’on continue à en assécher les financements. Dans le cas de cette proposition de loi, il est invraisemblable que les décrets n’aient toujours pas été publiés. Ils finiront bien par l’être, mais cela traîne des pieds. Le problème, c’est que les ministres ont une durée de vie qui était assez courte, donc, « après moi, le déluge ». Pourtant, ce n’est pas compliqué de rembourser des produits qui bénéficient aux femmes victimes d’un cancer du sein. Je me dis qu’avec cette pétition, le gouvernement ne pourra plus ignorer la nécessité de publier ces décrets.

  • À Port-de-Bouc, des ateliers pour aborder la retraite en toute sérénité

    À Port-de-Bouc, des ateliers pour aborder la retraite en toute sérénité

    « Pour parler de retraite, on aurait pu rester au rez-de-chaussée », plaisante cette néoretraitée, au moment de gravir les escaliers de la maison des services au public de Port-de-Bouc.

    La structure a accueilli un petit groupe de cinq personnes, mardi après midi, pour aborder en douceur les questionnements, craintes voire appréhensions du passage à la retraite. « Le but de ces ateliers est de vous faire réfléchir différemment sur cette période de vie qui doit être investie à fond », pose Céline Jauras, sophrologue et intervenante de Neosilver. Cinq séances d’accompagnement sont programmées jusqu’au 16 juin pour mieux cerner les enjeux du bien-être à la retraite, dans le cadre du dispositif « Pour bien vieillir », créé par l’ensemble des caisses de retraite.

    « On n’est pas juste vieux »

    Cette première séance pose les bases d’une méthode. Les retraités présents sont invités à livrer leurs moindres états d’âme, à la manière d’un groupe de parole. Si tous partagent l’idée d’un nouveau départ, Arielle, coiffeuse durant 48 ans, remarque « qu’il faut s’imposer quand même pour ne pas être mis en retrait. On a des choses à apporter, on n’est pas juste vieux », estime-t-elle.

    En filigrane, la crainte de l’isolement est présente. « Tout ce qu’on avait envisagé pour la retraite est tombé à l’eau lorsque je me suis retrouvée veuve », relate Marie-Paule, retraitée depuis deux ans. Même écueil pour Jeanine, « c’est compliqué d’être toute seule », confie-t-elle. Michel, retraité de l’industrie, trouve son compte malgré une maladie de 10 ans et une greffe. « Le sport m’apporte beaucoup et amène des connaissances. Le foyer de personnes âgées aussi, comme l’office de tourisme », partage-t-il.

    Le partage est un premier rempart à la peur.