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  • Mistral gagnant au long du 47e Marseille-Cassis

    Mistral gagnant au long du 47e Marseille-Cassis

    Franchir la ligne d’arrivée est une prouesse qui ne doit jamais être minimisée. Encore moins sur une course comme Marseille-Cassis, qui réserve chaque année son lot de surprises et d’émotions.

    Quel que soit leur profil, les participants ont tous une histoire à raconter. Car au-delà de la performance magistrale du vainqueur du jour Kiprop Kimutai (voir ci-contre), il y a avant tout des milliers de messieurs et Madame «Tout-le-Monde». Des femmes et des hommes qui jonglent au quotidien entre travail, vie de famille et obligations diverses, et qui doivent souvent composer avec un cruel manque de temps pour préparer une telle échéance. « La montée (de la Gineste) a été difficile, mais je pense que tout le monde s’y attendait. Mais après, ce n’était que du bonheur ! La foule te porte, tu avances avec le sourire. On essaie de faire le vide, de mettre tout le reste de côté pour aller au bout », raconte Alphonse, Aixois et supporter de l’OM, reconnaissable à son maillot olympien, quelques heures avant le coup d’envoi au Vélodrome face au Havre.

    À l’arrivée, les émotions se mêlent et ne se ressemblent pas. Il y a les épanouis, les survoltés, les déterminés, ceux et celles qui poussent un cri de rage ou de délivrance en franchissant la ligne, sous les yeux émerveillés de leurs proches venus les encourager fièrement jusqu’au bout. Ces derniers mètres, souvent les plus difficiles, sont parfois ceux où il faut aller puiser au plus profond de soi pour trouver les ressources nécessaires et ne rien lâcher. « Je pense qu’il n’y a pas tant de monde que ça capable de le faire, et je suis content d’avoir coché cette case », se réjouit Alain Bernard. Le nageur aubagnais, double champion olympique, s’était fixé un objectif de deux heures. Pari réussi, puisqu’il a franchi la ligne d’arrivée avec dix minutes d’avance sur son temps de référence. « Je ne suis pas fait pour courir, il va me falloir quatre ans pour récupérer après cette interminable Gineste », plaisante-t-il. Sur l’épreuve chère à l’organisation de la SCO Sainte-Marguerite, il y a aussi les insatisfaits, les perfectionnistes, ceux qui repartent avec le goût amer d’un objectif manqué, mûrement réfléchi et préparé pendant des jours, des semaines, voire des mois avant le grand moment de l’année.

    Et surtout beaucoup d’épuisés, ceux qui ont tout donné pour venir à bout des quelque 20 kilomètres séparant le stade Vélodrome des hauteurs de Cassis, jusqu’à parfois s’effondrer, terrassés par la fatigue ou rattrapés par une blessure.

    « C’était dur ! Après la descente, ça ne fait que remonter, puis redescendre. On pense que c’est fini, mais pas du tout ! », souffle Flavio, accoudé à la rambarde de sécurité au terme de l’effort. « Je connaissais déjà la course et je m’étais pourtant bien préparé, avec certaines ambitions, mais c’était un peu plus pire que ce que je pensais. Dès le premier tiers du parcours, j’ai compris que ça allait être compliqué », raconte Lucas, un Bordelais, mais Marseillais par alliance, venu aux côtés de son frère, plus aguerri. Le profil vallonné, d’environ +330 m de dénivelé positif, épargne très peu de privilégiés, y compris de grands habitués de la haute performance. « J’ai beaucoup marché, je me suis demandé si j’allais arrêter, c’était très compliqué », reconnaît la championne olympique de natation, Laure Manaudou, huit ans après sa dernière apparition à Marseille-Cassis.

    Évasion collective

    Si beaucoup de coureurs viennent de Marseille et de ses alentours, fiers de prendre le départ de la course mythique de leur territoire, d’autres arrivent de régions bien plus lointaines de notre chère Provence, voire de l’étranger. Certains ont parcouru des centaines, parfois des milliers de kilomètres pour découvrir ce tracé provençal, entre ferveur populaire et paysages emblématiques. « C’est la plus belle course de France ! », s’enthousiasme Alban Pellegrin, célèbre aventurier de Koh-Lanta. « C’est un comble de dire ça pour un Lyonnais », ironise-t-il. Pour sa quatrième participation, le coureur ne cache pas son attachement à cette épreuve si particulière dans son parcours sportif. « C’est cette course qui m’a donné envie de courir, en octobre 2022. La première fois que je suis venu ici, je me suis dit qu’il fallait être fou pour faire ça. Mais quand on franchit la ligne d’arrivée, on se demande déjà : “Quand est-ce qu’on recommence ?’’. C’est toute la complexité de Marseille-Cassis : prendre du plaisir, essayer de se faire mal et, au bout du compte, être fier de soi », résume celui qui a notamment bouclé 72 marathons en 72 jours en 2025.

    Au-delà du défi sportif, Alban retient surtout la dimension collective de la course à pied. « Il n’y a rien d’individuel dans la course à pied, surtout à Marseille-Cassis, où l’on est porté par 20 000 personnes. On s’encourage mutuellement », souligne-t-il. Une solidarité qu’il a lui-même mise en pratique en accompagnant l’humoriste Arnaud Tsamère, lui aussi habitué de l’épreuve, même si ses talents s’expriment davantage au volant que dans l’effort pédestre. Finalement, tous les participants ne viennent pas dans le but de faire une performance, mais bien pour profiter d’un élan collectif et s’évader le temps d’un instant. « La météo était au rendez-vous, l’ambiance était au top, tout le monde était gentil… C’était trop bien ! Ça fait du bien, avec tout ce qui se passe en ce moment. J’ai adoré cette belle cohésion. On s’en fiche d’où l’on vient, du quartier d’origine ou de son milieu social, on est tous là pour courir et profiter ensemble. Et ça fait du bien au cœur », s’enthousiasme Clara, malgré la fatigue qui se fait sentir, comme chez beaucoup de coureurs, dans les deux derniers kilomètres. « Il faut en avoir sous le pied », glisse-t-elle, bien décidée à prendre sa revanche l’année prochaine. Le rendez-vous est pris également pour l’organisation, « surtout après une telle réussite », conclut Claude Ravel, président de la SCO Sainte-Marguerite.

  • [Marseille-Cassis] Un plateau sportif relevé sur tous les tableaux

    [Marseille-Cassis] Un plateau sportif relevé sur tous les tableaux

    Malgré 20 000 personnes sur la ligne de départ au pied du Vélodrome, seule une poignée de participants peuvent se disputer la victoire finale au bout des 20 kilomètres de course. Chez les hommes, un grand duel s’annonce en perspective entre le Kenyan Gilbert Kipkosgei Kiprotich, champion national de 5 000 m en 2025, et le Djiboutien Houssein Sougueh, lauréat du semi-marathon de Brazzaville en août 2026.

    Ces deux grands favoris seront également concurrencés par le Rwandais Félicien Muhitara, vainqueur de Marseille-Cassis en 2024, et du Congolais Alex-Franck-Cliford Ngouari-Mouissi, deuxième des 20km de Tours en septembre 2026. « On aimerait bien que le record soit battu », lance Laurent Manneveau, responsable du plateau Élite de la course Marseille-Cassis. Pour rappel, le Kenyan Edwin Kipyego détient toujours la meilleure performance sur Marseille-Cassis avec un temps de 57 minutes et 18 secondes. Côté français, Alexis Miellet (voir ci-dessus) et Louis Gilavert vont découvrir le tracé provençal, aux côtés de l’expérimenté Nicolas Navarro. « Les traileurs et les triathlètes auront aussi leur mot à dire », prévient le directeur sportif de la section athlétisme de la SCO Sainte-Marguerite, conscient qu’un athlète français n’a plus remporté la course depuis Hassan Chahdi en 2022.

    Contrairement à leurs homologues masculins, les féminines tricolores se montrent très performantes face à la concurrence étrangère. Mélody Julien, deuxième de la dernière édition, devrait jouer les premiers rôles, avec Fadouwa Ledhem, multiple championne de France de 10km, et la triathlète Léonie Periault, cinquième des JO de Tokyo en individuel et médaillée de bronze en relais mixte. Elles devront toutefois se méfier de la Kenyane Lucy Macharia, pensionnaire du club organisateur.

  • Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

    Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

    En 2024, Ana Gouffier réalisait une année exceptionnelle, marquée par plusieurs podiums régionaux et une qualification aux championnats de France de semi-marathon. « J’arrivais à courir en 1h40, avec de nombreuses victoires. J’avais fait une année hallucinante », se souvient celle qui s’est mise à la course à pied trois ans plus tôt, après la naissance de son deuxième enfant par césarienne. Jusqu’au jour où l’Aubagnaise, née en Roumanie, est contrainte d’abandonner une course à 3 km de l’arrivée. « Je me mets à vomir du sang, puis je manque de tomber dans les pommes », raconte Ana Gouffier. Les examens révèlent alors un cancer des ovaires. « Il y avait d’autres symptômes auxquels je n’avais pas fait attention », ajoute-t-elle.

    Cette épreuve lui a appris à écouter son corps. « Quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute. Il faut se faire confiance et être attentif aux signaux d’alerte. Moi, je n’ai pas voulu les écouter. J’étais focalisée sur la performance », reconnaît Ana.

    L’enfer, c’est les autres

    Malgré la douleur physique et mentale, la pensionnaire de la SCO Sainte-Marguerite et de l’association course pour la mémoire a fait preuve d’un courage et d’une détermination sans nom. « L’objectif, c’est d’essayer, à chaque fois, de faire mieux, de m’entraîner davantage. Pas forcément pour me prouver quelque chose, mais plutôt pour me dire que je me bats avec mon corps, et non contre lui », souligne-t-elle, consciente que le regard des autres est un poids supplémentaire. « Comme j’ai eu un traitement et pas de chimiothérapie, parce que j’ai eu une ablation de la partie cancéreuse, je n’ai pas perdu tous mes cheveux. C’est devenu une maladie invisible. On me faisait donc des remarques comme “si tu ne perds pas tes cheveux, c’est que tu n’as rien de grave” ou “avant tu étais super forte, maintenant t’es nulle” », déplore-t-elle.

    Son retour sur le chemin de l’entraînement n’a pas été de tout repos. « Tout le club était passé devant moi. Je n’arrivais plus à avancer », confie l’ingénieure d’études. Elle a persévéré en multipliant les entraînements, mais elle a mis un an avant d’accepter de courir avec « ce petit truc en plus ». Et pour aller de l’avant, elle est repartie de zéro, avec le soutien du Martégal Samir Dahmani, spécialiste du demi-fond. « Il m’a coaché jusqu’au marathon de Paris où j’ai atteint mon objectif de 3h30 », se félicite Ana, pour qui aucune distance ne l’impressionne. Elle s’attaque désormais aux championnats du monde master outdoor (W35), aux Pays-Bas, en 2028.

  • À Med’Agri, la sortie de crise par l’innovation

    À Med’Agri, la sortie de crise par l’innovation

    Innover pour avancer, tel semble être le credo de la Chambre d’Agriculture de la région Paca pour cette édition 2026 du salon Med’Agri des professionnels de l’agriculture méditerranéenne, qui se tient du mardi 13 au jeudi 15 octobre au parc des expositions d’Avignon.

    « Un rendez-vous au cœur des transformations », comme veulent le rappeler les organisateurs de la cinquième édition de l’événement, qui se tient tous les deux ans. Trois axes sont privilégiés pour ce rendez-vous. De son côté, Sandrine Faucou-Bourne, vice-présidente de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur et présidente du salon Med’Agri, assure que « l’ADN de ce salon est d’accompagner et de pérenniser nos activités et nos métiers ». Et que « dans un contexte de profondes mutations économiques, climatiques et sociétales, Med’Agri offre aux professionnels un espace d’échange, de découverte et d’innovation au plus près des réalités du terrain ».

    On y retrouve ainsi une grande exposition avec pas moins de 350 exposants de matériel et de services dédiés. Mais aussi des pôles thématiques entre machinisme, innovation, nouvelles technologies, énergies renouvelables, formation ou encore Tech & Bio. Ainsi qu’un cycle complet de conférences et d’ateliers.

    Territoire large

    Dans un dossier de presse, la Chambre d’Agriculture rappelle les enjeux du réchauffement climatique, avec des températures de 2 à 4 degrés plus élevées d’ici 2100. Un réchauffement qui signifie aussi que l’agriculture dite méditerranéenne « s’étend progressivement vers les régions septentrionales françaises ». Et prend en exemple la venue de conseillers en irrigation et gestion de l’eau du bassin Adour-Garonne, en Nouvelle-Aquitaine. « Preuve s’il en est que l’agriculture méditerranéenne devient une source d’inspiration pour d’autres territoires », se targue Med’Agri.

    Outre les grandes machines pour les productions de masse, le salon assure qu’il « consacrera aussi une large place à l’agriculture biologique, à l’agroécologie et aux biosolutions, avec un focus sur les innovations techniques au service de la performance durable ». Avec des rencontres et des stands dédiés.

  • Avant-dernier, l’OM accueille la trêve comme un répit

    Avant-dernier, l’OM accueille la trêve comme un répit

    Au cœur d’un début de saison particulièrement corsé, marqué par un calendrier peu clément et un enchaînement d’affrontements face à des cadors de la Ligue 1, l’OM n’a pas encore trouvé les ressources nécessaires pour sortir la tête de l’eau. Défaits dimanche soir au Vélodrome lors du célèbre « Classique », les Olympiens sont tout de même parvenus à tenir tête au Paris Saint-Germain, double champion d’Europe en titre, qui a, lui aussi, affiché une certaine maladresse depuis le début du championnat.

    Mais une défaite reste une défaite aux yeux de Bruno Genesio, frustré de voir les mêmes scénarios se répéter semaine après semaine. « À Marseille, on ne peut pas se satisfaire d’une défaite honorable. Ce n’est pas une défaite honorable qui va me satisfaire. On perd souvent sur les mêmes erreurs. Ce groupe-là a donné le maximum ce (dimanche) soir et a même fait plus que le maximum. Mais je ne peux pas me satisfaire de ça. Je ne fais pas ce métier pour me satisfaire de perdre 2-1 parce que c’est la meilleure équipe d’Europe en face. Ce n’est pas pour ça que je fais ce métier », a lancé le technicien marseillais.

    Ce dernier reproche notamment à ses joueurs un manque de maturité et de concentration, deux défauts criants sur le second but parisien, intervenu seulement trois minutes après l’égalisation phocéenne. Cette quatrième défaite en seulement cinq journées a ainsi précipité l’OM à la dix-septième et avant-dernière place du championnat, à l’aube de la première trêve internationale.

    Genesio ne lâche pas

    Sur le terrain, la blessure d’Igor Paixão, touché à la cheville à la demi-heure de jeu, n’a pas encore livré son verdict. En cas d’absence prolongée, malgré les trois semaines de pause qui se profilent, l’attaque marseillaise se retrouverait notamment entre les mains d’un Amine Gouiri inspiré, entouré de jeunes encore inexpérimentés et de briscards en manque de temps de jeu. Parmi ces derniers, Neal Maupay est passé à côté de son match dimanche soir, en manquant notamment deux grosses occasions devant la cage de Safonov.

    « Je suis un attaquant, je veux marquer des buts et ça aurait récompensé la plutôt bonne performance de l’équipe. J’aurais aimé marquer, j’aurais dû marquer. C’est compliqué pour moi, parce que quand on est attaquant et quand on se retrouve dans ces positions, on doit mettre les occasions au fond. J’aimerais bien être comme Harry Kane ou Erling Haaland et marquer cinquante buts par saison, mais ce n’est pas comme ça », souligne le Francilien de 30 ans, remplacé en fin de match par Faris Moumbagna.

    Emporté dans cette spirale négative, l’entraîneur olympien a également assuré à l’issue du match qu’il n’avait « pas l’idée de démissionner ». « Je ferai un point avec la direction, avec mon staff, avec les joueurs, parce que pour l’instant, ce qui m’importe, c’est de faire progresser l’équipe », ajoute l’ancien entraîneur de l’Olympique Lyonnais, du Stade Rennais et du Losc, entre autres.

    Après la trêve, durant laquelle un match amical est prévu le 3 octobre au stade Francis-Turcan à Martigues face à Montpellier, l’OM sera confronté à des adversaires jugés « plus abordables » sur le papier, à l’image de Troyes, Angers et du Havre. « J’entends que ça va aller mieux après. On sait que tous les matches en Ligue 1 sont difficiles. Sur les derniers matches, on n’est pas payés, mais on n’a pas fait suffisamment pour mériter mieux, également », estime Bruno Genesio.

  • [Rugby – Top 14] Toulon ne cède pas à l’urgence

    [Rugby – Top 14] Toulon ne cède pas à l’urgence

    Il n’y a pas le feu à la rade. C’est en substance le propos que l’on entend dans les couloirs de Mayol, où les hommes de Pierre Mignoni se sont entraînés, jeudi matin, comme pour se rassurer et se réapproprier leur antre, autrefois imprenable, et dans laquelle ils ont déjà chuté, samedi dernier, pour leur premier match à domicile de la saison face au Stade Rochelais (20-21). Un deuxième revers d’un point en autant de matches, après celui concédé en ouverture de la saison, à Bayonne (27-26), qui vient déjà mettre en branle les objectifs de solidité à la maison annoncés avant le début du championnat.

    « Ce n’est pas le départ qu’on voulait faire. Seul le résultat compte, j’aurais préféré gagner ce match, mais ce n’est pas la fin du monde, on va se reprendre le plus vite possible », tempère le directeur du rugby toulonnais, qui ne veut pas céder au catastrophisme : « Il ne faut pas faire l’erreur de tout dramatiser, de tout vouloir révolutionner après deux matches. On n’a perdu que d’un point. Peut-être que si on avait eu le ballon à la dernière touche, on aurait levé les bras à la fin. Il en manque sur des secteurs précis, mais on n’est pas à 10 km, sur des défaites qui font mal. On prend à chaque fois un point qui va compter. » Cela, face à « l’équipe qui est, pour moi, la plus en forme du moment ».

    Le constat sera-t-il différent si le RCT (2 points au classement) venait à enchaîner un troisième revers, ce samedi, à Castres (4 points) ? Peut-être, d’autant que les Toulonnais ne sont plus imposés à Pierre-Fabre depuis 2019. « Ce n’est pas un club qui nous réussit ces dernières saisons. C’est une équipe dure à jouer, très complète. On sera attendu, eux aussi ont besoin de se racheter. Ce sera un match très disputé, comme d’habitude », prévoit Pierre Mignoni.

    Albornoz de retour

    Pour répondre à ce défi, Franck Azéma et Pierre Mignoni vont opérer plusieurs changements dans le quinze de départ, confirme ce dernier : « Certains étaient prévus car des garçons méritent de jouer, d’autres car on n’était pas contents des prestations. Avec ces changements, on doit continuer à s’accrocher, même encore plus fort, pour rivaliser avec Castres. »

    L’un d’entre eux est très attendu : le retour de Tomas Albornoz, suspendu lors des deux premiers matches pour un comportement intimidant envers l’arbitre d’Argentine-Angleterre, cet été. « J’en ai parlé avec lui. C’est un garçon calme à l’intérieur, mais c’est un gros compétiteur. Il a mal réagi, ça nous arrive à tous », le défend son entraîneur, avant tout heureux de retrouver un joueur qui « dynamise l’équipe, accélère le jeu. On essaie de jouer pareil avec ou sans lui, mais on est content de le récupérer. Il a beaucoup d’excitation. Il a eu une semaine de plus pour travailler et se régénérer, il est en forme ». Une éclaircie dans un ciel toulonnais quelque peu nuageux.

    Ludlam capitaine

    En l’absence de David Ribbans, toujours trop juste, et de Gaël Fickou, laissé au repos, Lewis Ludlam sera le capitaine toulonnais, ce samedi. « C’est important d’officialiser ce capitanat, car il est très légitime. Il parle français, il est très bien intégré. Après cinq mois sans jouer, il a joué 70 minutes contre La Rochelle, sans préparation, c’est remarquable. Il va amener beaucoup d’énergie. Quand il est là, il est écouté et suivi. Quand il n’est pas là, il impacte les autres », ne tarit pas d’éloges Pierre Mignoni. « Le plus important, c’est la performance sur le terrain. En tant que capitaine, il ne faut pas juste parler, il faut faire », a rappelé le principal intéressé.

  • Le Frac Sud révèle les rendez vous du festival Actoral

    Le Frac Sud révèle les rendez vous du festival Actoral

    C’est la rentrée des classes, et avec, celle de la cité de l’art contemporain (Frac Sud), qui vient de révéler les rendez-vous attendus en septembre. Au programme, notamment : un partenariat avec le festival Actoral, centré autour des arts et des écritures contemporaines.

    Parmi les rendez-vous notables, celui du 29 septembre pour assister, de 18h à 20h, gratuitement sur réservation, à Hurlevent Carcasse, un récit lu par la comédienne Constance Dollé (Un village français), qui « amplifie le livre [Les hauts de Hurlevent] d’Emily Brontë ». L’ambition : « faire retentir sa puissante modernité », promet le Frac dans son résumé. L’autrice « Claudine Galea [ancienne responsable culture à La Marseillaise, ndlr] plonge dans cette matière, entrelace des voix dans un corps à corps effréné et aiguise à l’os le récit d’amour fusionnel et de haine fatale, décrit le programme. Explorant toutes les formes de domination à l’œuvre, elle révèle le fondement colonial de cette histoire de passion, de mépris de classe et de haine de soi, au sein d’une société victorienne en pleine expansion capitaliste ». Une lecture novatrice d’un ouvrage majeur de la littérature du XIXe siècle, constituant un « texte canonique sur la passion amoureuse, la vengeance et la folie ». En bref, « un roman furieux et cruel ».

    D’autres rendez-vous sont attendus en cette rentrée, notamment les 25 et 26 septembre, de 18h à 20h30, avec la performance de Gaëtan Rusquet dans Back-and-Forth. Un spectacle « sérieusement ludique », qui « cumule différents niveaux de lecture » et où « la lumière devient peau, le geste architecture », nous indique le site du Frac.

    Les poètes Roxana Hashemi et Laura Vazquez

    Toujours le 26, mais de 16h à 18h, une projection de Randa Maroufi, de L’MINA, est attendue dans les locaux du Frac, suivie d’une discussion avec la réalisatrice. L’MINA propose une reconstitution du travail actuel dans les puits de Jereda, ville minière au Maroc où l’exploitation du charbon, bien qu’officiellement arrêtée en 2001, se poursuit de manière informelle jusqu’à aujourd’hui. Le décor a été conçu en collaboration avec les habitants de la ville, mis en scène dans leur propre rôle. Enfin, le 29 septembre encore, en parallèle d’Hurlevent Carcasse, Antoine Volodine, principale signature et porte-parole du post-exotisme, qu’il définit lui-même comme « un objet poétique marginal et rien d’autre », est de passage pour une soirée « exceptionnelle », de 19h30 à 21h. Les échanges se structureront autour de Retour au goudron. Dernière livraison, l’un des 11 livres publiés chez 11 éditeurs différents, qui composent le 49e et dernier volume du mouvement, mettant un terme à une aventure littéraire entamée en 1985. Grand temps fort, les 15 et 17 septembre, de 18h à 22h, avec la performance Quoi qu’on vous dise, n’y croyez pas proposée par les poètes Roxana Hashemi et Laura Vazquez.

  • [Passerelle interculturelle] Jeux mondiaux des robots humanoïdes en Chine

    [Passerelle interculturelle] Jeux mondiaux des robots humanoïdes en Chine

    La deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes s’est achevée mercredi 26 août à Beijing. Pendant cinq jours, plus d’une centaine de modèles, représentant au total plus de 2 000 robots, ont participé à des épreuves allant du sprint et du saut en longueur à des tâches inspirées de situations réelles.

    Les performances sportives ont particulièrement retenu l’attention. Lors de la finale du 100 mètres dans la catégorie des robots de grande taille, l’équipe Tianjiao s’est imposée en 8,64 secondes, établissant un nouveau record de la compétition. Dans l’épreuve de saut en longueur sans élan, qui réunissait 35 équipes, la meilleure performance a atteint 4,83 mètres.

    Une nouvelle discipline inspirée du touhu, un jeu traditionnel chinois consistant à lancer des flèches ou des tiges dans un récipient placé à distance, a également fait son apparition. Déclinée en deux catégories, robots à jambes et robots à roues, elle permet notamment d’évaluer la capacité des machines à identifier une cible, à contrôler leurs mouvements et à doser précisément leur force.

    Transformer la compétition en données

    Durant les cinq jours de Jeux, plusieurs milliers d’heures de fonctionnement et des dizaines de milliers de mouvements ont été enregistrés. À la clôture de l’événement, l’ensemble des données collectées a été mis gratuitement à la disposition des entreprises, des laboratoires de recherche et des universités. L’objectif est notamment de réduire le coût de la collecte de données sur des robots physiques, où les algorithmes doivent apprendre à interagir avec le monde réel. Les équipes de recherche pourront ainsi exploiter les réussites, mais aussi les erreurs, les pertes d’équilibre ou les échecs observés pendant les compétitions pour entraîner et améliorer leurs propres systèmes.

    La compétition fonctionne alors comme un accélérateur de recherche : les exigences imposées aux participants obligent les équipes à identifier rapidement les faiblesses de leurs machines et à améliorer leurs technologies. Cette évolution correspond à une question désormais centrale pour l’industrie chinoise des robots humanoïdes : comment passer du prototype spectaculaire à une machine suffisamment fiable et abordable pour travailler réellement dans une usine, un commerce ou, à terme, au domicile des particuliers ?

    La troisième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes est déjà annoncée pour le 25 août 2027 à Beijing. Les organisateurs prévoient alors davantage d’épreuves consacrées aux situations réelles que de compétitions purement sportives. Un changement de priorité révélateur : à mesure que les robots apprennent à courir et à sauter, la véritable course se déplace désormais hors du stade, vers leur utilisation dans le monde réel.

  • Baptême du feu européen pour Thomas Wilkes

    Baptême du feu européen pour Thomas Wilkes

    Les projecteurs éclairent la piste du Qatar Sports Club Stadium de Doha. Au départ, huit hommes côte à côte. Tous portent une tunique frappée de « la virgule » ou des trois bandes, sauf un. Thomas Wilkes, tout juste 22 ans, arbore le maillot de son club : le Martigues Sport Athlétisme. Il ne le sait pas encore, mais le spécialiste du 110m haies va prendre la 3e place de cette étape de la Ligue de Diamant, le plus haut grade mondial de meetings. Avec à la clé, un record personnel en 13 secondes et 28 centièmes.

    Cette performance, parmi d’autres tout au long de l’été, lui a permis de valider son ticket pour les championnats d’Europe élites, à Birmingham (10-16 août). Une première sélection en équipe de France A pour le natif d’Aix-en-Provence. « Je suis heureux parce que c’est la récompense de beaucoup de travail. Pas forcément cette année, mais les années précédentes, quand j’étais blessé. Je pense que c’est ce travail-là qui paie maintenant, donc beaucoup de satisfaction. »

    Avant d’exploser au niveau mondial, Thomas Wilkes a connu les blessures, quasiment toutes au même endroit. « J’ai eu deux ans de galère avec dix blessures aux ischios-jambiers. Cette année, c’est ma première saison complète. J’ai réussi à me débloquer mentalement par rapport à ça parce que j’avais beaucoup d’appréhensions. Cette année, je me suis prouvé que je pouvais enchaîner les compétitions sans blessures. Je n’ai jamais fait autant de compétitions. Là, je suis en super confiance, à 200% », lâche-t-il.

    Bien entouré à Aix

    Le jeune hurdleur bucco-rhodanien a retranché deux dixièmes à son record personnel, comparé à l’année 2025 (13.48 contre 13.27). Une explosion hors-norme, qui a débuté sur une course en solo, à Orange. Lors des interclubs, pour sa rentrée estivale, le sprinteur a claqué un 13.38 en courant seul, avec dix haies en face de lui et pas de présence humaine autour. « C’est ça qui m’a mis dans le bain. C’est ça qui m’a fait réaliser que cette saison, il y avait peut-être quelque chose à faire », dira-t-il simplement.

    Les chronos vont continuer de descendre avec notamment 13.32 et 13.27 réalisés, coup sur coup, à Paris. Ensuite, les temps seront sans doute moins dans la même gamme, mais il arrivera tout de même à grimper sur le podium des championnats de France, fin juillet (3e). Aujourd’hui, Thomas Wilkes évolue dans un cadre idéal au sein du Creps d’Aix-en-Provence. « J’ai trouvé un très bon équilibre dans ma vie. Je pense que c’est vraiment la clé. C’est ça qui a fait qu’aujourd’hui, je peux enfin lâcher les chevaux. » Outre son coach, Franck Né, il est bien entouré avec des partenaires d’entraînements redoutables. En tête, Sacha Alessandrini, numéro 3 européenne cette année, mais aussi Ronan Greff ou Raphaël Mohamed.

    Ces championnats d’Europe, il les aborde avec l’envie de faire sa place, au milieu des stars. « Je n’y vais pas en spectateur non plus. Mais je le prends comme une nouvelle expérience, après les Diamond League, les France Elite etc. J’y vais pour apprendre des grands, je vais être entouré de légendes de l’équipe de France. » À Birmingham, Thomas Wilkes sera loin d’être un touriste.

    Un athlète international en mal de sponsor

    Trouver des partenaires pour accompagner sa carrière est parfois compliqué, surtout dans l’athlétisme. Thomas Wilkes porte sur chaque course le maillot de Martigues Sport Athlétisme pour une raison très simple : il n’a pas de sponsor.

    « J’espère que l’année prochaine, j’en aurai. Mais en tout cas, pour le moment, je n’en ai pas. Je suis fier d’être dans ce club-là. Ils m’ont accueilli cette année, ça se passe super bien. Je les remercie énormément, d’ailleurs, parce qu’ils m’ont beaucoup apporté cette saison. Pour les remercier, je mets le maillot dans tous les coins du monde », raconte l’athlète.

    Les Martégaux auront même un autre athlète aux championnats d’Europe avec le discobole Lolassonn Djouhan.

  • [C’est l’été] De la musique de chambre dépoussiérée à Salon

    [C’est l’été] De la musique de chambre dépoussiérée à Salon

    Destinée à l’origine à de petits ensembles musicaux, la musique de chambre charme les amateurs de musique classique depuis la période baroque, au XVIIe siècle. Un genre encore cultivé par de nombreuses formations comme l’illustre la 34e édition du Festival international de musique de chambre de Salon-de-Provence dont les trois coups sonnent samedi 1er août à midi à l’Abbaye de Sainte Croix par une performance de Frank Braley. Ce pianiste y présentera un programme conçu façon « cabinet de curiosités ». Un voyage surfant sur les touches noires et blanches si chères à son cœur, des Préludes de Debussy (1913) jusqu’au Ghost Rags de William Bolcom, en passant par des standards jazz de Gershwin, époque comédie musicales de Broadway, comme The Man I Love. La journée d’ouverture de cette manifestation, 34e du nom, fera aussi escale à 21h au Château de l’Empéri. Au menu, un plateau de musiciens chevronnés montrant les multiples facettes de la musique de chambre. Leur répertoire piochera aussi bien du côté de compositeurs tels que Nino Rota ou Aram Khatchatourian, qui rappellent à quel point le style « peut être théâtral et cinématographique », situent les organisateurs, que dans L’art de la fugue de Bach, dont « les lignes, rigoureuses et implacables » voient leur rythme « respirer autrement » sous la maestria du trio Belli (trombone), Fischer (percussions) Rimmer (piano). « Trois siècles plus tard, la mécanique du contrepoint continue d’avancer avec une étrange énergie », indique le programme du festival qui va jusqu’à comparer : « Presque du groove. »

    Corée du Sud à l’honneur

    « La musique de chambre est si vaste qu’elle va de la musique baroque qu’on jouait dans une église au sein d’une petite formation jusqu’à la musique contemporaine avec de l’électronique. La musique de chambre, c’est tout ce qu’il y a entre l’orchestre et le soliste », aime à rappeler Eric Le Sage, parmi les fondateurs du festival salonais. Jalonnant le programme de son doigté contagieux, ce pianiste chevronné sera d’ailleurs, entre autres, à l’affiche du 2 août, pour un programme autour de Leonard Bernstein et des Symphonic Dances de West Side Story, « condensé orchestral de la comédie musicale ».

    Signe de l’ouverture d’une musique victime de procès en désuétude, le festival international de musique de chambre de Salon invitera aussi le 5 août au Château de l’Empéri Lambert Wilson. Acteur reconnu, le voilà transformé en baryton « espiègle » piochant du côté de Poulenc comme de Stravinsky. La clarinettiste Yebin Seo et la violoncelliste Danbin Lee seront également de la partie, tous deux « membres de l’Arko Ensemble, placé sous la direction artistique de Jae-Yeon Won. Le fruit d’un investissement remarquable de la Corée du Sud dans la formation de ses musiciens classiques depuis 20 ans. Les Coréens considèrent Salon comme le foyer de l’École française de musique de chambre ».

    www.festival-salon.fr