Les doléances lycéennes à nouveau dans la rue

Lycéens, enseignants et travailleurs se retrouvent à nouveau dans la rue ce mardi pour l’acte V de la mobilisation lycéenne. Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi. L’intersyndicale de l’éducation a appelé à une journée de grève et de mobilisation dans le sillage des organisations de jeunesse. La CGT s’est jointe au mouvement, appelant à renforcer les convergences entre la jeunesse et le monde du travail, notamment autour des salaires et des revendications sociales.

Du côté lycéen, la mobilisation ne faiblit pas malgré les ouvertures imposées d’établissements. Lundi, plusieurs lycées marseillais ont été bloqués par leurs élèves. 26 établissements ont été concernés sur le département au plus fort de la journée, selon la préfecture de police.

Dès 6h30, avec des poubelles récupérées dans le secteur, les lycéens de Marseilleveyre (8e) ont monté le blocus. Dans le calme et sous l’œil de leurs professeurs. Des « cours de soutien » de maths y ont été dispensés. Même dynamique à Saint-Charles (1er) où un programme de jeux et de travail sur différentes matières a été initié par des groupes d’élèves avec, au besoin, des professeurs en soutien. Le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, qui s’était inquiété la semaine dernière auprès du préfet des risques liés à la stratégie de maintien de l’ordre, a reçu une délégation de lycéens et étudiants à l’hôtel de ville. Il a annoncé la mise à disposition de salles municipales pour permettre aux jeunes de se réunir et d’organiser leur mouvement.

Sandwichs

et revendications

Dans la ville, plus d’une dizaine de lycées sont restés portes closes. Le Campus de Luminy a aussi été touché. Autour des lycées St-Exupéry (15e), Victor-Hugo (2e) ou Jean-Perrin (10e), l’ambiance a été parfois très tendue, envenimée par une présence massive de CRS. Autour des lycées Thiers (1er), Remparts (7e), Périer (8e) ou Pagnol (11e), apaisés par le précieux dialogue mené par les équipes de direction, les blocus se sont fait en revanche plutôt dans la bonne humeur.

à midi, au lycée Montgrand (1er), un barbecue solidaire s’est improvisé. Plusieurs enseignants ont mis la main à la poche. « Ça permet de faire rester les élèves, de discuter de la mobilisation et d’écouter toutes les revendications », explique Arnaud, en classe de terminale. « Ça rend le moment plus festif parce que bloquer, en soi, n’est pas rigolo, et puis ça permet à différents groupes qui n’ont pas les mêmes amis, la même classe ou ne sont pas de la même année, de se rencontrer. »

Joa et Marcello officient derrière le grill et certains élèves viennent d’autres établissements. Leur sandwich à la main, ils ne perdent pas de vue leurs revendications : enseignants non remplacés, conditions d’études et bâtiments qui se dégradent…

« Ces 3 000 profs, c’est une réponse d’urgence qui ne veut rien dire. Est-ce qu’ils sont bien formés ? Est-ce qu’ils savent tenir des classes qui débordent ? », interroge Jean. Ici plusieurs classes n’ont pas eu de prof de philo depuis le début de l’année. « Si on parle moyens, nous on doit se rendre à la Pomme à cinq kilomètres par nos propres moyens pour faire du sport », déplore Miyad, élève de seconde.

La question de la suppression de l’algorithme « injuste » et « mal foutu » de Parcoursup est posée aussi. « On veut plus de transparence, plus d’humanité », reprend Jean avant d’évoquer le sujet des horaires. Fallou, en seconde, pointe la pause repas : « On a une heure pour manger mais quand je vois la longueur de la file tellement on est nombreux, je suis dégoûté. » Les « violences policières » et « la répression de leur mouvement », les fédèrent aussi. « Ce n’est pas légitime et ça aboutit à des situations dramatiques et mal gérées », enchaîne encore Jean, déplorant « des moyens trop importants face à des lycéens souvent inoffensifs ».

ET AUSSI

Policiers blessés

Les forces de l’ordre ont procédé à 31 interpellations dont 14 à Marseille et 11 à Aix ce lundi sur les différents blocus lycéens qui au plus fort ont concerné une trentaine d’établissements. Selon les chiffres de la police, six policiers ont été légèrement blessés et un 7e a été atteint à la nuque par un tir de mortier devant le lycée Saint-Exupéry à Marseille.

De Canson à Salon

Lundi, François de Canson, à peine élu président de la Région, a effectué son premier déplacement officiel au lycée l’Empéri de Salon où des « incidents graves, une intrusion et un incendie criminel », avaient entraîné sa fermeture. Il y a réaffirmé la mobilisation de la Région pour permettre le retour des élèves et des équipes « dans les meilleures conditions ».

Blocus à Toulon

Les étudiants ont bloqué la fac de Toulon lundi pour revendiquer notamment la revalorisation des Bourses étudiantes, la transparence dans l’attribution des logements du Crous, l’augmentation du budget de ce dernier, la fin du tri sélectif des étudiants et l’augmentation du nombre de places… Ils appellent à participer à la manifestation ce mardi.

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