À 8h, début officiel de la mobilisation de ce jeudi, seulement une quinzaine de lycéens sont rassemblés devant le lycée Dominique-Villars, au centre de Gap. « Beaucoup ont peur de la police, justifie une élève de première. Mais moi, je ne peux pas aller en classe comme si de rien n’était : ailleurs en France, une fille a été étranglée, d’autres élèves sont frappés par les forces de l’ordre… »
De loin, une dizaine de policiers surveillent le petit groupe, qui laisse entrer et sortir ceux qui souhaitent aller en cours. « La politique de Macron, c’est une politique répressive, dénonce William. Depuis qu’il est passé en 2017, toutes les inégalités sociales se sont accrues, étant donné qu’on a affaire à un type de droite, qui d’ailleurs persiste à se présenter de centre. » Il trouve « ignoble » qu’autant de policiers soient déployés. « Mais de toute façon, ils ne peuvent rien faire tant qu’on ne sera pas agressif et que l’on manifeste pacifiquement. Tout en restant présents, même dans les petites villes comme Gap, parce que c’est l’unité qui leur fait peur. Il faut qu’on soit soudés, unis : c’est comme ça qu’on avancera. »
À ces mots, plusieurs élèves du lycée voisin Aristide-Briand rejoignent le groupe, qui continue à s’agrandir au fil de la matinée. Toujours dans le calme et sous le contrôle de la police, les lycéens font des allers-retours entre les différents établissements, espérant rallier à leur cause. « On veut le bac, pas la BAC », scandent-ils de temps en temps. Même si, durant la majorité de la manifestation non déclarée, il n’y a aucune prise de parole quant à leurs revendications et seules deux ou trois pancartes sont déployées.
Ce qui ne les empêche pas d’être clairs sur leurs positions : « Macron, il ne fait rien pour nous aider. Il empire la situation des lycéens, estime Clémentine, en terminale. Il nous prend de haut, n’écoute rien. Les politiques manipulent notre mouvement parce qu’on est en pleine campagne électorale. Mais nous, on veut juste des conditions de travail normales. Ma copine, le mardi, elle n’a pas de pause pour manger. Et Parcoursup, on en parle ? On se fait broyer par cette machine. On n’a même pas 18 ans et on est censé savoir ce qu’on veut faire pour toute la vie ! »
Vers la fin de la matinée, plus de 200 lycéens étaient mobilisés, accompagnés par quelques parents d’élèves et soutiens. Deux interpellations ont eu lieu, pour un tir de mortier et pour une tentative d’incendie de poubelle.
Agathe Di Lenardo

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