À Miramas, le dialogue jugé insuffisant

Des pancartes sont glissées entre les grilles de l’établissement. Sur l’esplanade, des centaines de lycéennes et de lycéens occupent l’espace public. Au lycée Jean-Cocteau, le mouvement a démarré le 28 septembre. Depuis, rien ne semble apaiser la colère de cette jeunesse qui se sent « abandonnée ». Pas même l’entrevue entre une délégation d’élèves, des enseignants, des parents et le proviseur, organisée mercredi. Un « simulacre » de dialogue, selon Mathieu, en terminale. « On a parlé de nos revendications au niveau local, régional et national. Après, comme le chef d’établissement l’a dit et comme tout le monde le sait, il n’a pas de baguette magique. Les choses n’avancent pas. »

En parallèle de ces réunions demandées par le ministre Édouard Geffray, le gouvernement a lancé une consultation en ligne pour recenser les « attentes » et les « propositions » des lycéens. Un dispositif non sans rappeler les cahiers de doléances ouverts après les Gilets jaunes, versés ensuite au Grand débat, qui n’ont débouché sur aucun changement concret. Pour Martial, élève de première, « l’écoute, c’est pas la compréhension ». Et de prévenir : « Quand les parlementaires voteront le budget, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas qu’il y avait une jeunesse en souffrance ». Mathieu et ses camarades appellent à poursuivre les actions et à « essayer de rassembler le plus de monde possible » pour « faire monter la pression ».

Ce 8 octobre, plus d’une dizaine d’enseignants sont à leurs côtés. Cécile Braca, professeure d’anglais et syndiquée Snes-FSU, explique : « On les soutient parce qu’on a les mêmes revendications depuis des années : plus de profs, plus de moyens, des locaux dignes… Est-ce que le dialogue que propose le gouvernement va donner quelque chose ? Je n’en sais rien, je pense que c’est plutôt une tentative pour les calmer, pour gagner du temps, mais ça ne fonctionne pas ».

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