Tag: Emmanuel Macron

  • Une bouffée d’espoir

    Une bouffée d’espoir

    Il y a la dette, le déficit public… tout le monde doit passer à la caisse, c’est comme ça, nous expliquait doctement la semaine dernière, David Amiel, le ministre des Comptes publics, rappelant le cap donné par Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron qui se résume
    en trois mots : « Austérité, austérité
    et austérité.
     » Mais attention, nous disait aussi le ministre, les très riches ont déjà donné les deux dernières années… il ne faudrait surtout pas les accabler de gros mots comme « impôts », « taxes », « prélèvements », « contribution » ou « charges ». Leur représentant syndical, le président du Medef, Patrick Martin, dénonce avec force le « carcan » français et appelle en bon capitaliste à « libérer » l’économie selon un axiome bien connu : moins d’impôts, moins de charges, plus de marges, plus de dividendes.

    Moins de salaires, plus de profits

    Cette course aux profits maximum et court-termiste, poursuivie des décennies durant, tape le mur, de plein fouet. Lorsque des salariés sont obligés d’aller aux Restos du cœur ou au Secours populaire pour manger, lorsque des centaines
    de milliers de familles n’arrivent plus à se loger correctement, lorsque
    les travailleurs qui
    ont pour ambition de vivre dignement et honnêtement de leur labeur, n’arrivent plus à faire un plein d’essence pour se rendre au bureau ou à l’usine, quand les budgets des services publics et des collectivités sont réduits à la portion congrue. Détricotant, fil après fil, notre modèle social français. Cette année d’élection doit nourrir l’espoir d’un changement radical de politique en lien direct avec ce mouvement social en ébullition. Comme
    une bouffée d’espoir.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • Tableau noir

    Tableau noir

    Interdiction du portable au lycée et questionnaire sur les violences sexuelles : ces deux nouveautés annoncées en grande pompe par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, ne peuvent être l’arbre qui cache la forêt. Car c’est sous le signe de l’austérité budgétaire que se déroule la rentrée scolaire 2026-2027, en pleine année de campagne présidentielle. La Loi de finances 2027 prévoit un budget pour l’éducation à la hausse de quelque 800 millions d’euros sur une enveloppe totale de 65 milliards. Mais ces 800 millions seront avalés par l’inflation et ne changeront pas la réalité, notamment le gros point noir des rémunérations des enseignants et des personnels et, plus largement, de tous les fonctionnaires et assimilés. Car le cap
    du gouvernement Lecornu est à l’austérité.

    Le service public détérioré

    La baisse de la démographie aurait pu cette année être une chance historique pour réduire le nombre d’élèves par classe. Mais le choix fait par le gouvernement est à l’opposé, des classes sont supprimées. L’école illustre la détérioration du service public au profit d’une politique tournée vers le patronat et les entreprises du CAC40. Il est significatif que le premier débat public de la présidentielle entre une partie des candidats se soit déroulé lors de la rentrée du Medef. Les candidats de droite ont redoublé de courbettes à l’égard de leurs obligés mais la palme revient à la frontiste Marine Le Pen. L’héritière du parti à la flamme a donné des gages au patronat en promettant de présenter « juste avant le débat budgétaire [sa] trajectoire de rétablissement des finances publiques avec 125 milliards d’euros d’économies ». Preuve, s’il en fallait une de plus, que l’extrême droite choisit toujours les puissants contre le peuple et ses enfants.

  • Un nombre record d’enfants à la rue dans la région

    Un nombre record d’enfants à la rue dans la région

    À la veille de la rentrée scolaire, au moins 131 enfants, dont 21 de moins de 3 ans, sont sans solution après un appel au 115 en Provence-Alpes-Côte d’Azur posent dans un communiqué la fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l’Unicef France. « Cela représente une hausse de 42% depuis 2022 », commente la FAS. Et de rappeler qu’« en 2017, Emmanuel Macron exprimait l’ambition de ne plus voir “des femmes et des hommes dans les rues” avant la fin de l’année » puis en 2022, que le gouvernement s’était « réengagé à “ne plus avoir aucun enfant à la rue ».

    Le sommet de l’iceberg

    Ce constat s’inscrit dans un contexte où « de nombreuses personnes ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à appeler » pointe la FAS. Dans les Bouches-du-Rhône, le SIAO 13, plateforme départementale de coordination et de régulation de l’hébergement d’urgence, a dénoncé début août les critères de plus en plus restrictifs des conditions d’accueil, rappelant que ce dernier devait de par la loi être « inconditionnel ». Et dans la foulée, une vingtaine d’associations s’était opposée aux instructions préfectorales de remettre à la rue des personnes hébergées à l’hôtel, l’État s’étant fixé à un objectif « comptable » de 1 500 nuitées par jour, contre 1 700 actuellement. Pour que le prochain quinquennat soit « à la hauteur des enjeux », FAS et Unicef préconisent notamment, dans le cadre de la loi de finances 2027, « la création de 10 000 places d’hébergement supplémentaires » et le financement de la mise en œuvre du plan « Enfants mal-logés ».

  • Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Jour de fête et de souvenir, ce mardi à Avignon. Une journée consacrée au 82e anniversaire de la Libération de la Ville. Pour l’occasion, un grand défilé et exposition de véhicules d’époque et reconstitution de costumes d’Alliés ont animé les rues pour faire revivre l’ambiance de 1944 qui mettait fin à deux ans d’occupation. « En voyant cette reconstitution depuis mon bureau de maire, qui avait déjà ce rôle en 1944, cela reste une immense joie que d’imaginer cette Libération », confie Olivier Galzi, à l’issue d’un hommage rendu dans le péristyle de l’Hôtel de ville.

    Le maire (DVD) participait en tant que tel pour la première fois à cette cérémonie. Avant de grimper dans une Jeep et défiler, il apprécie « cette réunion de générations qui permet de perpétuer le souvenir, avec des jeunes ou une Avignonnaise, là aujourd’hui et qui était présente place de l’Horloge le jour de la Libération ».

    La « vieille histoire » proche de se répéter ?

    Mais Olivier Galzi n’y voit pas un passé lointain à jamais oublié. « Cette journée n’est pas seulement un souvenir mais aussi une projection sur l’avenir en particulier dans l’époque actuelle, met-il en garde. Ce qu’il se passe avec la Russie en Ukraine démontre que la vieille histoire n’est pas forcément une histoire qui ne se répéterait jamais, sans parler des totalitarismes et des différents fascismes. »

    Dans ce contexte belliqueux, alimenté aussi par le chef de l’État et le gouvernement à coups de renfort budgétaire pour le ministère des Armées ou tentative de résurrection du service militaire, le maire y voit « une forme d’inquiétude, quand on voit les mots, les menaces, et que l’on aime l’histoire, il y a un certain nombre d’ingrédients réunis pour une grande division qui débouche sur la violence ». Olivier Galzi, à son « niveau de maire », plaide « pour un devoir de cohésion et d’unité quelle que soit notre vision politique ». Du moins sur ce genre de cérémonie, « moment où quoi qu’il arrive on peut se réunir entre Avignonnais ». Chose souvent moins favorable lorsqu’il s’agit de politique municipale.

  • Les syndicats préparent une rentrée de mobilisations

    Les syndicats préparent une rentrée de mobilisations

    « C’est scandaleux ». C’est le premier mot qui sort de la bouche de Kadal, militant du syndicat étudiant le Poing levé à Aix Marseille Université (AMU), quand on évoque les préconisations du rapport de l’IGF et de l’Igas. Pour l’étudiant, bien qu’il ne s’agisse pour le moment que d’une préconisation, il y voit « la volonté de la part du gouvernement d’essayer de faire payer la crise aux étudiants ».

    « D’autant plus que sans cette aide, les étudiants vont réduire d’autres dépenses, car on ne peut pas économiser sur le loyer, explique Louis Marjollet, membre du collectif d’étudiants de l’Université d’Avignon. Comme leur frais de santé, ou sur la nourriture ». Un enjeu d’autant plus grand pour les loyers dans les villes d’Aix-en-Provence, Marseille et Avignon ne cessent d’augmenter. « On est dans une situation telle, que certains étudiants commencent la rentrée au camping », insiste Kadal.

    Pour les syndicalistes, c’est une façon détournée de faire de la sélection à l’université. « En faisant en sorte que l’université soit le lieu où seules les personnes les plus aisées peuvent aller étudier », soutient Younes Dufresnes, représentant de l’Union étudiante de AMU.

    Une attaque supplémentaire contre les étudiants dont le coût de la vie aurait augmenté de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron, d’après un rapport de l’UNEF. Une politique hostile qui s’est d’abord portée contre les étudiants extra-européens, avec l’augmentation des leurs frais d’inscription, puis la suppression de leurs APL en juillet dernier. « Ils ont fait un premier test avec les étrangers. Ils ont vu que ça passait. Et là, ils essayent de généraliser », se désole Kadal.

    Face à ce constat, une grande journée de mobilisation intersyndicale étudiante est donc prévue ce 15 septembre. « Il faut que les étudiants précaires, et les futurs précaires se mobilisent pour défendre les derniers droits qu’il nous reste », argue Younes Dufresnes. Une mobilisation contre la préconisation du rapport mais également contre les frais supplémentaires imposés aux étudiants étrangers. « Il faut que l’on se montre solidaire avec les étudiants étrangers qui sont en train d’être inquiétés par le gouvernement, sinon on va se retrouver dans la même situation quelques mois plus tard », ajoute Kadal.

    Une nouvelle attaque du gouvernement contre des étudiants qui se précarisent et que les syndicats appellent à combattre : « On a plus le choix, car ce ne sera que par la lutte sociale que l’on arrivera à repousser ce genre de préconisation », insiste Louis Marjollet.

  • Les APL dans le viseur du gouvernement

    Les APL dans le viseur du gouvernement

    Un rapport rendu public, une polémique qui enfle et un démenti. En arrière-plan, un budget en préparation, plus austéritaire que jamais, et une campagne pour l’élection suprême.

    Afin de préparer son ultime projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la macronie est prête à tout pour des économies. Loin de s’attaquer aux plus riches, elle vise, comme à l’accoutumée, les plus précaires. Ici, les étudiants. Commandé par le Premier ministre, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) remettent, en juin dernier, un rapport nommé « revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales » qui prévoit 2,5 milliards d’euros d’économies à court terme et 4,5 milliards à long terme. Les préconisations visent ainsi plusieurs mesures d’aide aux familles, parmi lesquelles l’aide personnalisée au logement (APL).

    Les deux grands corps de l’État proposent, dès lors, d’« améliorer le caractère redistributif des APL versées aux étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents, en prenant en compte les ressources parentales ». Ce qui signifie intégrer les revenus des parents dans le calcul de l’allocation. « Près de 40% des étudiants bénéficiaires de cette aide sont associés à des revenus familiaux des deux déciles les plus élevés », justifie le texte rendu public le 14 août, qui chiffre les économies réalisées à 550 millions d’euros.

    Ce nouveau mode de calcul conduirait à la suppression directe de l’APL pour 200 000 étudiants et la baisse de l’allocation pour 150 000 étudiants supplémentaires. Rapidement, les syndicats concernés ont tiré la sonnette d’alarme. « En intégrant les revenus parentaux dans le calcul de l’aide, le gouvernement ferait donc le choix de considérer que les parents doivent financer les études et le logement de leurs enfants, y compris lorsque ceux-ci ne disposent pas concrètement de cette aide familiale. Nous refusons cette conception de l’autonomie étudiante », tempête Solidaires étudiants, qui appelle à la mobilisation le 15 septembre prochain. De même que l’Union étudiante, qui interpelle les députés « une attaque sans précédent se prépare », alerte le syndicat.

    Pour la CGT, « cette mesure est particulièrement injuste au regard de la précarisation croissante des étudiants, qui constituent l’une des catégories de population les plus fragilisées économiquement. Elle revient à faire peser sur les familles une charge supplémentaire, sans tenir compte de la réalité des situations familiales », dénonce la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué.

    Face à la bronca populaire, le Premier ministre s’empresse de démentir : « Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu… Tout cela est faux ! Le budget pour 2027 est encore en préparation ; les véritables décisions seront annoncées lorsqu’elles auront été prises, en transparence. Critiquer les décisions du Gouvernement est légitime. En inventer pour inquiéter les Français ne l’est pas », écrit Sébastien Lecornu dans un post sur X.

    Puis, dans la foulée, c’est la ministre de la Santé qui, dans un entretien au Figaro, annonce que le gouvernement a finalement renoncé à doubler les plafonds des franchises médicales. Mais pas à les augmenter…

    Dès lors, faut-il croire l’exécutif ? Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs se sont attelés à réduire les APL de 5 euros, à réformer le mode de calcul, ne prenant en compte que les 12 derniers mois de revenus, et à exclure depuis le 1er juillet, les étudiants extra-européens non boursiers. Ils sont plus de 100 000 impactés qui se voient amputés de 150 à 250 euros par mois.

    La paupérisation des étudiants est loin d’émouvoir les néolibéraux. « La précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé », s’insurge l’Unef dans une étude publiée le 17 août qui fait le « bilan des dix ans au pouvoir d’Emmanuel Macron ». Le constat est sans appel, le coût de la vie étudiante a augmenté de 1,66% sur un an, et de plus de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant.

    EN CHIFFRES

    4,2

    En milliards d’euros, c’est le montant global des coupes budgétaires à long terme que préconise le rapport de l’IGF et de l’Igas en s’attaquant aux politiques familiales de l’État.

    200 000

    C’est le nombre d’étudiants qui pourraient être impactés par le nouveau mode de calcul des APL qui entraînerait, pour 200 000 jeunes, la suppression pure et dure de cette allocation.

  • La bataille du budget se profile

    La bataille du budget se profile

    Un pas en avant, trois pas en arrière… c’est la politique du gouvernement. L’adage maintes fois entendu dans les manifestations sied particulièrement bien à la période.

    À l’approche de la rentrée, l’exécutif multiplie les ballons d’essai pour tester l’opinion en vue de la préparation du budget de l’État. Le dernier de l’ère Macron qui, en dix ans, aura vu s’accroître considérablement les inégalités dans notre pays. Minoritaire à l’Assemblée nationale, ce gouvernement semble déterminé jusqu’au bout à mettre en œuvre une politique libérale et d’austérité pourtant désapprouvée à plusieurs reprises par les Français.

    Tactique

    Des rapports fuitent opportunément pour préparer les esprits à des économies sur les APL, des taxes sur les retraités, une augmentation des franchises médicales tandis que le Premier ministre assure que rien n’est décidé.

    Sans doute espère-t-il éviter l’effet « musée des horreurs » qu’avait imprimé dans l’opinion la présentation du projet de budget de son prédécesseur François Bayrou et qui avait entraîné son départ de Matignon.

    Pour autant de nombreuses mobilisations sociales sont d’ores et déjà programmées pour septembre et l’approche de la présidentielle ne devrait pas contribuer à l’apaisement des échanges dans le débat parlementaire.

    Plutôt que de chercher la meilleure tactique pour infliger de nouvelles coupes budgétaires, Sébastien Lecornu serait bien inspiré d’accepter le débat sur les recettes. Les 500 plus grandes fortunes de France cumulent 1 200 milliards d’euros de patrimoine quand les dépenses de l’État se situent à environ 455 milliards en 2025.

  • Bataille culturelle

    Bataille culturelle

    Si l’élection présidentielle du printemps prochain donne le tempo de la rentrée politique en France, la tenue des différentes universités d’été des gauches, qui va commencer ce jeudi jusqu’à la fin du mois d’août, révèle l’importance de la réflexion et du débat d’idées. Ces rendez-vous militants mettent aussi à jour les grands thèmes qui devront charpenter les projets pour une autre politique. Ce sera donc aussi l’heure de dresser le bilan désastreux du macronisme et d’ouvrir des perspectives.

    Les défis sont nombreux et, le premier, sera de convaincre les citoyens et les très nombreux Français qui se détournent de la chose publique, de s’emparer de ces questions vitales : santé, éducation, démocratie, droits, égalité, etc.

    La question sociale est centrale

    Pour les progressistes, répondre à la question sociale doit demeurer la priorité. Pour rétablir ce qui a été détruit mais, surtout, pour proposer de nouvelles conquêtes sociales. Cela ne peut se réaliser en vase clos. Le mouvement social doit être associé et même devenir le moteur des changements si nécessaires.

    La Ve République et son présidentialisme outrancier piétinent la dimension collective indispensable pour arracher la justice sociale. Le patronat a fait son choix et franchit la ligne noire en discutant avec l’extrême droite RN. La droite dite classique fait sienne les propositions rances du parti à la flamme. Une bataille culturelle est à l’œuvre pour promouvoir ces thèmes. Les gauches doivent aussi imposer leur récit.

  • L’incurie qui menace les nourrissons

    L’incurie qui menace les nourrissons

    Il est des classements qui font froid dans le dos. En trente ans, la France a dégringolé de plusieurs étages en matière de santé périnatale. Il s’agit des soins apportés aux nouveau-nés. Le pays pointe désormais à la 23e place au sein de l’union européenne. Ce classement se traduit par des vies perdues alors que les discours natalistes font florès notamment dans la bouche du président Emmanuel Macron, aux manettes depuis dix ans. Le locataire de l’Élysée, à l’heure de son bilan, ne fait pas illusion. Son « réarmement démographique », expression aussi paternaliste qu’insultante pour les femmes, est une fanfaronnade.

    Répondre aux manquements

    Pour preuve, le sort réservé au rapport de l’inspection générale des affaires sociales (l’Igas) sur la mortalité infantile. Mis au fond d’un tiroir tant il énonce une vérité crue et une réalité plus qu’alarmante, il mérite d’être connu et diffusé pour répondre justement aux graves manquements qu’il révèle. Baisse de lits de néonatalogie, augmentation de la précarité et des difficultés économiques sont autant de facteurs qui expliquent la très forte hausse de la mortalité infantile en France et singulièrement en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La politique macroniste exonérant notamment de l’impôt les hauts revenus et les entreprises du CAC40 a eu pour conséquence une asphyxie des services publics et en particulier de l’hôpital. Pourtant, au regard du budget d’un pays aussi riche, un peu moins de 200 millions d’euros par an permettrait d’assurer des places suffisantes à l’hôpital pour soigner et sauver les nouveau-nés. Le scandale n’en est que plus grand.