Tag: Emmanuel Macron

  • La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    Les colères ne sont pas près de s’éteindre sur le terrain social et les interdictions de manifester et autres couvre-feux n’y font rien. Les jeunes sont décidés à maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l’État, Emmanuel Macron.

    Ce dernier a fini par vaciller : Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre plusieurs mesures pour tenter d’éteindre le mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, dont le remplacement en 2028 de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup. Insuffisant pour l’organisation syndicale Mouvement lycéen : « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas », a-t-elle réagi mardi 27 octobre dans un communiqué. C’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays. » Interviewé mercredi 28 octobre sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, le chef de l’État a appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » lors de la rentrée de ce lundi 2 novembre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, alors que le niveau de répression a passé un cap .

    Les organisations de jeunesse seront aux côtés de l’intersyndicale qui organise, jeudi 5 novembre, une journée de grèves et de manifestions dans tout le pays à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Cinq organisations représentants l’essentiel des travailleurs du public et du privé. Pour la CGT, « le projet de budget tourne le dos à la jeunesse et à ses revendications légitimes ». Plus largement « les choix du gouvernement vont encore peser sur nos vies et nos droits : se soigner correctement, vivre dignement de son salaire ou de sa pension, compter sur des services publics accessibles sur tout le territoire… ce sont des droits essentiels à garantir, pas des économies à réaliser ». Pour les syndicats, il s’agit de proposer un contre-récit à celui distiller par la macronie, la droite et l’extrême droite notamment sur la dette publique. « La situation actuelle n’est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais des milliards d’euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale », réplique la CGT. Et de mettre l’accent sur la répartition des richesses. « D’un côté, les aides publiques aux entreprises ont fortement progressé et atteignent plus de 200 milliards d’euros par an. De l’autre, les sommes versées aux actionnaires battent des records, avec plus de 60 milliards d’euros ces 6 premiers mois pour le CAC 40. La question est de savoir à quoi il sert car seul notre travail crée les richesses, elles doivent profiter à toutes et tous pour vivre » argumente la centrale de Montreuil. Pour la CFDT « l’austérité à long terme n’est plus tenable, notamment pour les revenus les plus bas, il est temps de remettre la justice sociale au cœur des choix économiques ». Dans l’Hérault et le Gard, plusieurs manifestations sont prévues notamment à Montpellier, Sète, Béziers, Nîmes et Alès.

    Les manifs du 31 octobre et du 5 novembre

    Samedi 31 octobre

    Hérault : Montpellier, sit-in 14h devant la mairie. Béziers, 10h30 manif départ place David-d’Angers, sit-in devant la mairie. Gard : Nîmes, sit-in 14h devant la mairie, manif 14h Jardins de la Fontaine.

    Jeudi 5 novembre

    Gard : Alès 10h devant la sous-préfecture, Nîmes 14h, bas de l’avenue Jean-Jaurès. Hérault : Montpellier, 14h, place Albert-Ier, Béziers, 10h30, Bourse du travail, Lunel, 11h30, place de la République, Sète, 10h30, place de la mairie.

  • Nouveau camouflet pour le châtelain de Rocher Mistral

    Nouveau camouflet pour le châtelain de Rocher Mistral

    Une ordonnance de non-lieu a été rendue dans une procédure de diffamation publique engagée par Vianney d’Alençon, le propriétaire de Rocher Mistral, pour des propos tenus en juillet 2025, dans une réunion publique à La Barben sur les spectacles de ce Puy-du-Fou provençal écrits « sans comité scientifique digne de ce nom » et qui s’arrêtent à une « glorification de la France d’ancien régime, blanche, catholique ».

    La plainte visait Xavier Daumalin, professeur émérite d’université, spécialiste de l’histoire économique et sociale de la Provence. M. Daumalin, qui bénéficiait du statut de témoin assisté, a démontré qu’il n’avait fait que porter une critique historique et scientifique dénuée d’imputations diffamatoires sur ces spectacles. Le non-lieu rendu est définitif, le plaignant n’ayant pas fait appel.

    Un nouveau revers pour Vianney d’Alençon condamné le 23 septembre 2026 en appel à Aix-en-Provence à une peine aggravée pour des aménagements sans autorisation dans son château classé monument historique. La cour l’a condamné à la remise en état des lieux dans le délai d’un an sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à 50 000 euros d’amende pour sa société Rocher Mistral et à 5 000 euros d’amende à titre personnel.

    Quelques jours avant la fermeture de Rocher Mistral fin août pour 18 mois de travaux, Vianney d’Alençon se plaignait encore dans Le Figaro des obstacles administratifs et réglementaires qui entraveraient ses ambitions entrepreneuriales. Il révélait dans sa tribune avoir « échangé directement plusieurs fois » sur son dossier avec Emmanuel Macron et que « dans la foulée, une équipe de l’Élysée a été mandatée », mais que pour autant, « rien n’a bougé ; pire le dossier s’est enlisé ». Si même les conseillers du monarque sont infichus d’aider le seigneur de la Barben, c’est bien la fin du régime !

  • Le compte n’y est pas pour le syndicat Mouvement lycéen

    Le compte n’y est pas pour le syndicat Mouvement lycéen

    « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas ! », tempête l’organisation syndicale Mouvement Lycéen dans un communiqué de presse, diffusé ce mardi.

    Une communication en réponse aux annonces faites la veille par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à « certaines organisations de jeunesse » pour tenter de répondre aux revendications lycéennes. Laquelle fait suite à plusieurs critiques de la part de leurs homologues d’autres organisations sur le même sujet . Autant dire que l’organisation n’y va pas avec le dos de la cuillère puisqu’elle démonte une par une les mesures promises. « La limitation à 28 élèves par classe doit concerner tous les établissements. Les annonces ne répondent pas non plus aux besoins de recrutement et de formation des personnels éducatifs », explique le Mouvement Lycéen. Même principe pour la création à venir de 15 000 places dans les universités : « Elles restent insuffisantes pour répondre aux besoins. »

    Concernant la réforme de Parcoursup, le syndicat juge sa suppression « symbolique ». « Tant que les débouchés manqueront, notre origine sociale, notre genre et notre lycée d’origine continueront de peser sur nos parcours », tacle le Mouvement Lycéen. Avant de développer : « Nous proposons un service public de l’orientation, à commencer par une augmentation du nombre de psychologues de l’Éducation nationale. Nous voulons être accompagnés dès le collège et jusqu’à l’entrée dans le monde du travail, car l’école doit effacer les inégalités sociales. » L’organisation refuse aussi en bloc la proposition d’une « plateforme d’orientation par IA » qui « ne remplacera pas cet accompagnement ».

    « Macron ne tient pas

    sa plus grande promesse »

    Mais c’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays ».

    D’où un appel à maintenir la pression sur le terrain avec une poursuite des mobilisations : « Sans réponses concrètes à nos revendications, la mobilisation se poursuivra. » À bon entendeur…

  • Le coup de com’ après les coups de matraques

    Le coup de com’ après les coups de matraques

    Après cinq semaines de blocus et de mobilisation lycéenne et étudiante, largement soutenue par le corps enseignant, les fédérations de parents d’élèves ou les syndicats de travailleurs, le gouvernement a tenté d’éteindre lundi la colère d’une jeunesse qui irrigue la rentrée sociale. à Marseille le matin, Emmanuel Macron pour répondre aux « demandes légitimes à la racine du mouvement social », avait promis des « annonces fortes » et des « avancées » destinées à engager des « chantiers à très court terme ».

    « Les réseaux sociaux abîment notre démocratie »

    Des annonces qui devaient être dévoilées par Edouard Geffray, ministre de l’Éducation, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur. Ils ont été doublés par huit influenceurs et créateurs de contenu sur les réseaux sociaux, qui ont eu la primeur des mesures. Un coup de com’ grotesque, signe de l’inconsistance d’un pouvoir aux abois, faisant rire ceux qui ont entendu quatre heures plus tôt, le président de la République assurer, d’un ton presque martial au pied de l’hôtel de ville de Marseille, que « les réseaux sociaux abîment notre démocratie ». Hier, même les représentants lycéens de la macronie sont passés après…

    Dans le détail, il n’y avait de toute manière pas de quoi calmer les ardeurs de la jeunesse. Si les représentants lycéens ont reconnu à la sortie de leur entrevue à Matignon des avancées, ils ont surtout invité leurs camarades à poursuivre le mouvement. À l’agenda de l’intersyndicale jeunesse, la journée d’action des gilets jaunes du 31 octobre, puis la journée nationale de grèves et de manifestations du 5 novembre initiée par les syndicats de salariés.

    Concernant Parcoursup, la plateforme d’orientation pour les études supérieures vivement critiquée sur son aspect sélectif, son « remplacement » a été annoncé sur deux ans. Dès cette année, l’exécutif promet une plus grande transparence sur les critères de sélection sur la base du travail d’un comité de réforme, avant le lancement du « grand chantier » pour 2028. Un débat doit à ce sujet être engagé mercredi à l’Assemblée. Prévu au titre de l’article 50-1 de la Constitution, il donnera lieu à une déclaration du gouvernement suivie d’échanges avec les groupes parlementaires, mais d’aucun vote. Loin de son abrogation réclamée par les organisations de jeunesse, donc.

    Loin du compte

    Concernant le bâti scolaire, 4 milliards sont mis sur la table mais sous forme de prêts à taux préférentiel accordés aux Départements et aux Régions pour rénover les collèges et les lycées d’ici 2030. Une réunion est prévue jeudi avec les représentants des collectivités locales. Un milliard d’euros supplémentaire est débloqué pour rénover les universités. Loin des dix milliards réclamés par les organisations lycéennes et étudiantes.

    Concernant la surpopulation scolaire, des classes de secondes plafonnée à 28 sont évoquées. La mesure concernerait la moitié des lycées, prioritairement ceux accueillant les élèves les moins favorisés, à la rentrée 2027, avant d’être étendue à tous en 2028. La mesure sera accompagnée par la création de 530 postes en 2027 et la non-suppression de 836 postes dans le secondaire. Rien en revanche sur les personnels administratifs, de santé et d’orientation.

    Si la réforme Blanquer du lycée n’est pas évoquée, concernant les emplois du temps, le gouvernement assure vouloir revoir le contrôle continu du bac avec une suppression envisagée pour la classe de première, et se pencher sur les « choix des spécialités » et la « place des enseignements scientifiques et mathématiques ».

    Il s’est aussi engagé à sanctuariser une pause déjeuner d’une heure, promet une indexation des bourses d’étude sur l’inflation afin de lutter contre la précarité étudiante et prévoit la création de 15 000 places dans l’enseignement supérieur, en priorisant les filières techniques (10 000 places en BTS tournées vers l’industrie et les sciences, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé).

    Les organisations de jeunesse réclament 250 000 places à l’université et souhaitent une hausse de 200 euros par mois des bourses versées sur douze mois. Des revendications figurant dans les « 10 mesures d’urgence » portées par l’Union étudiante, la Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne, devenues la feuille de route de la mobilisation de cette jeunesse.

    « Il faut que nos élèves retiennent qu’on va remplacer Parcoursup et que dès cette année, ils vont voir leur vie changer »

  • Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Je sais le traumatisme qu’a été le 17 octobre, vous avez vécu des scènes de pillages d’une violence folle et inacceptable et ça ne se reproduira pas », a posé Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les commerçants en préfecture. Quelques heures avant la venue « surprise » du président de la République dans la cité phocéenne, plusieurs associations de commerçants marseillais avaient envoyé un communiqué commun réclamant des « actes concrets » comme le renforcement des aides financières « à la hauteur des préjudices subis » quand les assurances ne paient pas tout, un « soutien adapté (…) y compris en l’absence de dégradations matérielles », l’anticipation et l’adaptation lors des manifestations à risques et enfin « l’annulation ou l’exonération des charges sociales et fiscales pour les commerces sinistrés ».

    Le bilan est lourd : « 3 commerces sur 4 sur la Canebière impactés », selon l’un des artisans concernés, 500 en tout dont 331 sinistrés et 118 totalement pillés, précise Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence.

    Il s’inquiète : « Des commerçants ont décidé de se défendre seuls, on leur dit de ne pas le faire. Il faut que la peur change de camp, que les profiteurs soient punis. »

    Un souci de TVA

    pour l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), a lui estimé qu’il y avait « un trou dans la raquette » sur la TVA dont les commerçants ont fait l’avance. Et de réclamer une dérogation de la part de Bercy. Un commerçant avance : « Il va falloir faire en sorte que les aides ne soient pas seulement pour ceux qui sont fermés », mais aussi pour ceux qui « vont aider à remettre de la lumière dans notre ville ». Un autre demande à ce que les prêts pour repartir prennent en compte la capacité de remboursement.

    Également présent, Rodolphe Saadé, président de la CMA CGM, joue les pères Noël. « On est là pour vous aider en matière de logistique », assure-t-il, avec une mise à disposition de ses avions et bateaux, pour permettre la reconstitution des stocks de marchandises au plus vite et « assurer au minimum les fêtes de fin d’année ». Et d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement. »

    Mais il va falloir de la patience quand Serge Papin, ministre du Commerce, répond : « Les choses vont être un peu traitées au cas par cas. » Emmanuel Macron a affiché son soutien avec la mise en place d’un dispositif « très simple ». En attendant, le fonds régional « Solidarité commerces pillés » a été réactivé ce lundi, débloquant une aide financière d’urgence à hauteur de 10 000 euros pour faire face aux premières dépenses.

  • Pour Emmanuel Macron, l’ordre et les regrets

    Pour Emmanuel Macron, l’ordre et les regrets

    Deux chaises brisées, un tag anarchiste et le buste de Marianne le nez brisé. En amont de la visite éclair d’Emmanuel Macron à Marseille ce lundi, les derniers vestiges de l’envahissement de l’hôtel de ville, en marge des violences du 17 octobre, ont été laissés en l’état, exposés au regard présidentiel. À son retour du Proche-Orient, une semaine après une allocution télévisée sans réelles promesses, le chef de l’État a en effet choisi la cité phocéenne pour s’exprimer sur un mouvement social qui ne faiblit pas.

    « C’est tout à fait vrai qu’à Marseille comme ailleurs, il n’y avait pas assez de forces de l’ordre le 17 octobre, parce que nous n’avions pas du tout anticipé ce qui s’est passé », a reconnu Emmanuel Macron, dans un rare mea-culpa jupitérien, après un échange en privé avec le maire (DVG) de Marseille. Un raté dans lequel Benoît Payan voit la conséquence ultime de la suppression d’une préfecture de police de plein exercice. « J’avais dit qu’on paierait un jour cette histoire, on l’a payé », souffle-t-il. En espérant un rapide retour en arrière. Mais l’Élysée avait annoncé un déplacement axé sur l’ordre, et c’est l’ordre que promet le président de la République. « Samedi [24 octobre, Ndlr], les manifestations se sont tenues dans tout le pays et l’ordre a été tenu », insiste-t-il.

    Dans la foulée, le chef de l’État assure que les dispositifs mis en place seront encore améliorés pour les prochaines mobilisations. Les préfets sont invités à maintenir les couvre-feux, en lien avec les municipalités, « dans des territoires où l’on sent encore des tensions ». « Nous continuerons d’avoir des tracés de mobilisation déclarés, demandés par les syndicats représentatifs, qui se feront en dehors des centres-villes », annonce aussi Emmanuel Macron en se félicitant que « le droit de manifester a été préservé ». Cela malgré les interdictions, parfois retoquées par la justice, malgré les changements de pied au dernier moment des préfectures. « On tient la République aujourd’hui sans l’état d’urgence mais cela ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader, c’est un interdit ou un tabou », menace-t-il.

    Réponses tardives

    Face aux journalistes qui insistent sur le bilan du 17 octobre, le chef de l’État finit par s’agacer. « J’ai plutôt un goût pour l’avenir », s’irrite le président en fin de règne. L’avenir immédiat, c’est réparer, en premier lieu pour les commerçants touchés. « Un fonds a été mis en place par l’État, abondé par les collectivités locales, par le privé aussi, et nous allons continuer en allant chercher les assureurs », esquisse-t-il en promettant d’accompagner les collectivités touchées. Sans aller jusqu’à l’indemnisation totale des dommages pour les commerçants, que le maire de Marseille avait réclamée par courrier au Premier ministre. « Des mesures complémentaires de l’État sont attendues pour soulager les commerçants. Mais cet engagement national doit se traduire par des démarches simples et des moyens rapidement mobilisables », réclame aussi le président (DVD) de Région, François de Canson.

    Après un mois entier de mobilisations lycéennes et face à un mouvement qui fait tache d’huile, le tempo n’est-il pas mauvais pour apporter des réponses ? « À coup sûr », reconnaît Emmanuel Macron. « J’ai demandé au gouvernement de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racine de ce mouvement social », explique-t-il désormais en promettant « des annonces fortes et des avancées pour changer les choses et pouvoir enclencher des chantiers à très court terme » pour les lycéens. Celles-ci ont été déclinées par le gouvernement dans la soirée, avec des « évolutions fortes » sur Parcoursup et une marche arrière sur les suppressions de postes (lire par ailleurs).

    Face à la crise sociale qui s’enracine toujours plus profondément, « il y a une réponse politique et sociale, c’est le travail du gouvernement pour les jours à venir », annonce aussi Emmanuel Macron. En évoquant la « discussion » nécessaire entre représentants syndicaux et patronaux. Cela au moment même où le monde de la finance mise sur l’adoption par ordonnances d’un budget austéritaire, après deux mandats marqués par les baisses d’impôts des plus privilégiés.

    Besoin de justice fiscale

    « Le rétablissement de l’ordre n’est pas une politique », reproche de son côté Benoît Payan, à l’issue de la visite élyséenne. « À force de n’avoir pas entendu ce qui se passait dans le pays, nous avons un pays dans une situation catastrophique », appuie-t-il. Face à la presse, il reprend les propositions formulées à huis clos auprès du président de la République, de la suppression de Parcoursup à la mise en place d’un fonds pour la rénovation des établissements d’enseignement supérieur, l’embauche de professeurs. Face à la crise sociale, il propose une TVA réduite de 5,5% sur 50 produits, une augmentation immédiate du Smic de 100 euros. « Ça ne se finance pas avec de l’air ni des mots, il faut que la question de la justice fiscale soit remise au centre des débats », lance-t-il. Comme une plateforme programmatique qu’il partage, tout en rappelant qu’il ne vise aucunement l’Élysée. « Certains aspirent à occuper la magistrature suprême, il leur appartient de se montrer à la hauteur », lâche-t-il, après avoir réclamé depuis des jours une sortie politique à la crise.

    « Nous n’avons pas du tout anticipé ce qui s’est passé. »

  • À Marseille, Emmanuel Macron veut se poser en garant de l’ordre

    À Marseille, Emmanuel Macron veut se poser en garant de l’ordre

    Après avoir échangé dimanche avec le maire (DVG) Benoît Payan, le président de la République s’est rendu ce lundi matin à Marseille, pour une brève visite improvisée, une semaine après les violences qui ont marqué la journée de mobilisation du 17 octobre. Il a pu en constater les stigmates dans la salle Bailli de Suffren de l’hôtel de ville, et s’arrêter devant le buste de Marianne renversé au sol lors de l’envahissement du bâtiment par des individus masqués.

    «C’est tout à fait vrai qu’à Marseille comme ailleurs, il n’y avait pas assez de forces le 17 octobre», a reconnu Emmanuel Macron devant la presse à l’issue d’un bref échange privé avec le maire de Marseille. «Samedi [24 octobre, ndlr], les manifestations se sont tenues dans tout le pays et l’ordre aussi a été tenu», a-t-il cependant rappelé en promettant d’améliorer encore le dispositif pour le week-end à venir. «Le droit de manifesté a été préservé», défend-il, malgré les interdictions et changements de dernière minute qui ont imposé des circuits loin des commerces de centre-ville.

    «Répondre aux demandes»

    «Nous continuerons d’avoir des tracés de mobilisations déclarées, qui sont demandés par les syndicats représentatifs, qui se feront en dehors des centre-villes», annonce le résident de l’Élysée. «On tient la République aujourd’hui sans l’état d’urgence, cela ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader c’est un interdit ou un tabou», précise-t-il.

    Avant de rencontrer les représentants des commerçants à la préfecture, Emmanuel Macron a rappelé que l’Etat avait mis en place un fonds abondé par les collectivités locales et qu’il comptait poursuivre dans cette voie, mettant à contribution les assureurs. «Nous allons évidemment accompagner les collectivités les plus touchées, comme la mairie de Marseille», promet aussi le président de la République alors que Benoît Payan réclamait la semaine précédente d’être remboursé au centime près.

    «J’ai demandé au gouvernement de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racines de ce mouvement social», lâche aussi Emmanuel Macron, un mois après le début de ces mobilisations. En promettant «des annonces fortes et des avancées pour changer les choses et enclencher des chantiers à très court terme».

  • Emmanuel Macron en visite éclair à Marseille ce lundi

    Emmanuel Macron en visite éclair à Marseille ce lundi

    Déplacement-surprise pour le chef de l’État ce lundi à Marseille. Après un nouveau week-end de mobilisation, il se rend dans la cité phocéenne pour rencontrer Benoît Payan. Il visitera notamment la salle des mariages de l’hôtel de Ville qui avait été dégradée par des émeutiers. Emmanuel Macron a aussi prévu d’échanger avec les forces de sécurité et les commerçants qui ont été victimes des casseurs.

    Plus d’information à venir sur lamarseillaise.fr et dans La Marseillaise de ce mardi.

  • Les lycéens demandent « des actions concrètes » au président

    Les lycéens demandent « des actions concrètes » au président

    Une vingtaine de représentants issus de trois organisations lycéennes (Refondation lycéenne, l’association Les Lycéens ! et l’Union syndicale lycéenne) sont arrivés à 15h à l’Élysée, à l’invitation du chef de l’État. Ce dernier annonçait, en amont de cette rencontre, sa volonté « d’écouter leurs revendications et inquiétudes ».

    Emmanuel Macron a ainsi devancé le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui les recevra lundi, aux côtés des organisations enseignantes, syndicales, patronales, mais aussi des collectivités territoriales et des parlementaires « pour que le dialogue et le travail se poursuivent ».

    « Des promesses », mais

    la vigilance de mise

    Les lycéens, dont plusieurs avaient exprimé leurs doutes vis-à-vis de cette invitation, ont pu obtenir quelques avancées à l’issue de cet entretien. « On a obtenu des promesses notamment sur la refonte de Parcoursup, ainsi que celle du bac Blanquer », avance Nathanaël Combary, président de Refondation lycéenne et, par ailleurs, militant au sein du parti Renaissance.

    Louis Letoublon, membre de l’association Les Lycéens !, a de son côté évoqué « une brèche » ouverte par le président, dans laquelle « il faut que nous nous engouffrions » afin d’obtenir « de meilleures conditions d’études et d’apprentissage ».

    Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL), s’est lui montré plus mitigé : « C’est déjà une petite victoire d’avoir été reçu, mais il n’y a pas de volonté d’abroger Parcoursup, seulement de faire des corrections. »

    Les différentes organisations lycéennes convergent néanmoins sur la nécessité de poursuivre la mobilisation et appellent à participer aux manifestations, ce samedi. « On appelle à manifester car conserver ce rapport de force est malheureusement nécessaire pour avoir un dialogue », considère Nathanaël Combary, tandis que Ryad Rani insiste, plus incisif : « Rendez-vous dans la rue samedi, puis lundi avec le Premier ministre, on attend désormais des actions concrètes, plus du vent. »

    Lors de cette rencontre avec Sébastien Lecornu, prévue ce lundi 26 octobre, les organisations étudiantes (Unef, la Fage et l’USL) comptent faire valoir une liste de dix mesures construites collectivement, estimées à 10 milliards d’euros, dont l’abrogation de Parcoursup et de la sélection à l’université, mais aussi une revalorisation des bourses étudiantes et la création de 250 000 places à l’université.

    « Rendez-vous dans la rue samedi »

    L’entretien des représentants des lycéens avec le chef de l’État a pris de nombreuses directions. La question des violences policières est venue sur la table. Les représentants de l’USL, dont Ryad Rani, ont jugé important de rappeler au président de la République « qu’il est garant de la Constitution et, par conséquent, du droit à manifester ».

    « Ni la pluie, ni les vacances ne nous arrêteront »

    Ces propos font écho aux divers arrêtés d’interdiction de manifester et au dispositif annoncé par le gouvernement pour encadrer les mobilisations, ce samedi : 70 000 membres des forces de l’ordre déployés, avec des unités d’élite comme le RAID, le GIGN ou encore la BRI.

    Le jeune bachelier a conclu son intervention par un message d’encouragement au mouvement lycéen : « Ni la pluie, ni les vacances ne nous arrêteront. Le rapport de force est de notre côté, nous allons les faire céder. »

  • Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le couperet est tombé jeudi en toute fin de journée. Au prétexte des violences du 17 octobre, la préfète de l’Hérault a décidé d’interdire les manifestations prévues samedi 24 octobre à Montpellier. Une annonce qui semble coordonnée au plus haut de l’État puisque c’est à la même heure que le préfet des Bouches-du-Rhône a communiqué lui aussi, annonçant une interdiction de manifester, cette fois-ci à Marseille. Idem dans le Var.

    Le chef de l’État avait donné le ton un peu plus tôt, jeudi, à l’issue d’un conseil de sécurité en affirmant que « la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir ». Les demandes formulées par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela » seront refusées, a-t-il prévenu. « Ce n’est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme. » Celles venant d’organisations syndicales se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger « nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments », a indiqué Emmanuel Macron, qui devait par ailleurs effectuer un déplacement vendredi auprès des forces de l’ordre. Le chef de l’État avait convoqué l’ensemble des services de renseignement, accusés d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre. Emmanuel Macron a réclamé « la plus grande dureté » contre les « actes de délinquance », ainsi que contre les groupes « d’ultragauche » ayant cherché, selon lui, à « faire tomber la République ». Rien de moins.

    Une manière d’ouvrir un peu plus le parapluie en kevlar après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures. Le gouvernement et le chef de l’État ont choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère ce samedi. Les préfets sont donc au diapason.

    En visite ce jeudi à Toulon dans le Var, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a appelé les salariés et les jeunes à ne pas tomber dans le panneau de la provocation tendu par le gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est qu’on parle de nos vies, qu’on parle de nos conditions de travail, de nos salaires, de nos retraites, de nos services publics », a-t-elle insisté. « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression. » a-t-elle affirmé. Sophie Binet condamne les dégradations survenues lors de précédentes manifestations, mais dénonce leur utilisation pour justifier les interdictions.

    Reçue mercredi à Matignon avec les autres responsables syndicaux, la responsable de la CGT est cinglante : « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie.

    Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.