[Sénatoriales] La représentation des territoires en jeu

Rarement les collectivités auront eu besoin de trouver un tel écho au sein du Parlement. Au milieu des nombreux défis auxquels sont confrontées les communes, la crainte de nouvelles coupes budgétaires imposées dans le prochain projet de loi de finances renforce d’autant plus l’importance du renouvellement ce dimanche de la moitié des sièges du Sénat, chambre des territoires, dont les 22 sièges en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au total, 11 555 grands électeurs participeront ainsi au scrutin dans la région, un collège électoral composé des élus du territoire mais aussi des délégués désignés par les conseils municipaux des grandes villes le 5 juin dernier, pour rééquilibrer une représentation favorisant davantage les petites communes. Un vote qui reflétera donc les résultats des dernières municipales, marquées dans la région par une série de victoires de l’extrême droite, de La Seyne à Carpentras. Au moment où le parti lepéniste espère pour la première fois constituer un groupe au palais du Luxembourg en obtenant au moins dix sénateurs, de nombreux regards seront tournés vers le Sud.

Surtout, ce scrutin considéré comme un pôle stabilisateur de la République est marqué par une explosion du nombre des candidatures. Onze (!) dans le Var, neuf dans les Bouches-du-Rhône, sept en Vaucluse. Des records. Entre dissidences et concurrences, ce sont des appareils politiques locaux qui se désintègrent malgré des appels à l’union dans chaque camp. De quoi complexifier le jeu de ce scrutin, le seul où les électeurs mentent plus que les candidats disait Jean-Claude Gaudin.

À SAVOIR

Mode d’emploi

Dans les départements comptant un ou deux sénateurs, comme dans les Alpes, c’est par un scrutin majoritaire à deux tours que sont désignés les vainqueurs. Dans les autres, c’est un scrutin de liste à la représentation proportionnelle qui s’applique. Les sénateurs sont ensuite élus pour six ans.

11 555

grands électeurs voteront dimanche, avec une participation obligatoire sous peine d’une amende de 100 euros. Pour les communes de moins de 9 000 habitants, seule une partie des conseillers municipaux peuvent voter. Au-delà de 30 000, les conseils ont désigné des délégués supplémentaires pour représenter le poids démographique des villes. S’y ajoutent les autres élus du territoire.

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