Tag: Region SUD PACA

  • [Portraits] Ils seront dans la rue le 5 novembre

    [Portraits] Ils seront dans la rue le 5 novembre

    Nathalie Cuzin, Cadre de santé au Centre hospitalier Buech Durance (05) et représentante CGT

    Je suis en colère pour beaucoup de choses », lance Nathalie Cuzin, qui se mobilise depuis la rentrée. Elle était déjà en grève le 29 septembre, et sera à nouveau dans la rue jeudi 5 novembre. « Je suis personnel soignant et fonctionnaire, et moi, mon point d’indice n’a pas bougé. Avec l’inflation, je perds de l’argent pour aller travailler : il faut que je mette de l’essence dans la voiture ! Parce qu’on est un territoire rural, les transports en commun ne sont pas à la hauteur, et on habite tous dans des petits villages car en ville, tout coûte une blinde. » Elle travaille dans un établissement « à taille humaine », mais où le personnel « doit faire plus avec moins » : « On est arrivé à un seuil qui est ingérable, alarme-t-elle. En psychiatrie, on doit refuser des personnes avec des idées suicidaires. Pour les soignants, c’est insupportable, car on a l’impression de ne pas faire du bon travail. Et c’est vrai, on ne fait pas du bon travail. Mais c’est ce que l’on nous impose. »

    La syndicaliste se mobilise avant tout pour une cause globale : pour la défense des services publics, pour de meilleures conditions de travail, et pour l’éducation. « Moi, mon salaire est correct, je me bats aussi pour les autres. L’avenir, il est sombre, les gens dans tous les secteurs n’en peuvent plus, physiquement et psychiquement. Le monde devient fou, et on n’est pas entendus ». D’où l’importance, pour elle, de se rassembler en intersyndicale ce jeudi.

    Guillaume Sierra, Secrétaire du CSE Eurenco, à Sorgues (84)

    Manutentionnaire cariste à l’usine Eurenco de Sorgues, Guillaume Sierra œuvre actuellement au sein d’une industrie florissante. Le groupe, basé dans le Vaucluse et à Bergerac (Dordogne) fabrique des explosifs et a triplé sa taille en 5 ans, visant le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028. « Par la situation géopolitique, les carnets de commandes sont pleins, les effectifs ont doublé en deux ans », constate le secrétaire CGT du CSE, présent samedi dernier dans le rassemblement toléré malgré l’interdiction de la préfecture. « C’est bien, mais le samedi en général on ne travaille pas donc cela impacte moins l’économie qu’une mobilisation de grève en semaine », souligne-t-il.

    Pour autant, l’excellente santé financière d’Eurenco ne se traduit pas assez sur la fiche de paye des salariés. Depuis fin 2025, la CGT a lancé un préavis de grève illimité réclamant davantage que « les 30 euros d’augmentation de salaires » quand la direction fonctionne avec des primes d’intéressement. « S’il n’y avait que les salariés d’Eurenco mécontents, ce serait moins grave mais le problème est généralisé depuis une dizaine d’années », note Guillaume Sierra qui pointe le problème du « partage des richesses ». « Le problème de ne pas augmenter les salaires, c’est que cela engendre moins de cotisations et en bout de chaîne, moins de moyens pour les services publics », expose-t-il. Face « au ras-le-bol généralisé qui s’exprime mais qui se fait matraquer », Guillaume Sierra mise « sur une démonstration de force le 5 novembre par la grève ».

    Simon, étudiant à Aix-en-Provence (13)

    Simon est l’un des jeunes visages de la mobilisation à Aix. Ce membre de l’Union Étudiante estime que ces dernières semaines, il assiste au « plus gros mouvement que j’ai jamais vu depuis que je suis venu étudier ici. Alors que Aix n’est pas une ville qui pourrait se prêter au mouvement social :le contexte national, est vraiment très lourd. » Il fera partie des étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines à rejoindre les cortèges de l’intersyndicale à Aix, ce jeudi 5 novembre. « Je pense qu’il faut saisir l’importance du moment […] je suis très heureux et j’espère sincèrement que au plus la mobilisation avancera, au plus les modalités de mobilisation seront claires pour tout le monde, que les points de rencontre seront réguliers et permanents. Le but, c’est que ce mouvement se régularise. Pour le moment, c’est un peu mi-figue, mi-raisin, mais on a envie de se saisir de ces moments pour que les gens puissent exprimer leur colère, mais pacifiquement », résume cet étudiant en archéologie, qui déplore une trop faible couverture médiatique des mouvements pacifiques, « dans plusieurs villes ». « N’oublions pas qu’à Aix, cela s’est toujours très bien passé », tient à rajouter Simon. L’étudiant se dit « très fier » d’être soutenu par l’intersyndicale et les travailleurs. « Il y a un slogan que je trouve très beau : La lutte, la lutte jusqu’à la victoire. La première victoire que l’on peut s’attribuer, c’est notre mobilisation. Et au plus on sera nombreux, au plus on se fera entendre. »

    Karl Antier, professeur de mathématiques contractuel au collège de Château-Arnoux-Saint-Auban (04).

    S’il est difficile pour lui de sacrifier une partie de son maigre salaire de professeur contractuel pour manifester le 5, Karl Antier reste pleinement mobilisé aux côtés de ses collègues et de ses élèves depuis la rentrée. Présent sur les ronds-points aux côtés des gilets jaunes, devant les lycées et la DSDEN à chaque manifestation, l’enseignant dénonce la situation précaire des contractuels et les conditions d’études des élèves. « Je m’étais reconverti en tant que prof pour la stabilité professionnelle et financière, mais ma situation n’a jamais été aussi mauvaise financièrement et en termes de stabilité que depuis que je suis dans l’Éducation nationale », regrette celui qui ne gagne que 950 euros par mois avec son temps partiel. Sa situation est devenue encore plus précaire avec l’augmentation des prix des carburants, alors qu’il habite à Manosque et travaille à Château-Arnoux-Saint-Auban.

    « Pour les filières générales, les classes ne sont généralement pas surchargées. Par contre, sur des filières spécifiques, technologiques, on ne va pas hésiter à surcharger. On sacrifie ceux qui sont en difficulté, parce qu’on n’a pas suffisamment de budget pour donner les mêmes conditions d’éducation à tout le monde », déplore le professeur de mathématiques, qui réclame des éducateurs spécialisés et des assistants sanitaires dans les établissements. Dans le collège du Mont d’Or à Manosque où est scolarisée sa fille, les élèves avaient encore récemment « des toilettes turques qui ne fermaient pas ».

    Julien Granato, élu CGT au CSE de Total La Mède (13)

    « Le 5 novembre on lèvera la tête comme tout le monde », lance Julien Granato. D’autant que cette date « tombe pile poil dans le calendrier des actions des industries », note le secrétaire adjoint CGT du CSE de Total la Mède. Sur le site de Châteaneuf-les-Martigues, comme sur tous les sites français du Groupe, les travailleurs avaient déjà débrayé le 8 octobre en prévision des NAO.

    Alors que Total engendre des profits historiques, avec 7,45 milliards d’euros de résultat net sur le troisième trimestre, et que ses bénéfices ne font qu’augmenter depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Julien Granato affirme : « Il faut qu’on puisse influer pour que cet argent-là soit discuté sur plan fiscal », alors que le géant pétrolier ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France, « mais aussi qu’on pose la question de la responsabilité en termes de maintenance et de garanties de sécurité de nos installations ». « Pendant l’épisode méditerranéen, on a été inondé, on a déversé des produits dans l’étang parce qu’on n’a pas réussi à canaliser cet afflux d’eau », témoigne-t-il, assurant : « On n’est pas prêts face aux événements exceptionnels. » La CGT a déclenché un CSE extraordinaire suite aux intempéries. « On a des solutions, il faut juste mettre de l’argent là où il faut, en termes d’environnement mais aussi de santé au travail, poursuit-il. On accompagne des camarades malades au quotidien. » La CGT tente de « bousculer le patronat » sur tous les plans : en alertant la DREAL, au pénal, aux prud’hommes… Et le 5, dans la rue.

    Nicolas Thibault, représentant CGT Brico Dépôt Toulon (83)

    Depuis le début de l’année, la colère sociale a gagné le groupe Brico Dépôt, au sein duquel un mouvement national de grève a éclaté. Inédit dans l’histoire de l’enseigne. « On a fait deux journées de grève, jeudi sera la troisième. On n’a pas été entendu sur les deux premières, on a donc décidé de se faire voir car on est un peu caché en restant au magasin », explique Nicolas Thibault, représentant CGT de Brico Dépôt Toulon. Seuls les responsables seront au magasin. « On est déjà trop peu pour le faire tourner en temps normal, ça va être un jour noir pour eux », prévoit-il. Parmi les doléances, le sous-effectif, donc, empiré par le retrait récent des intérimaires : « Ils ont basculé en CDD, mais cela n’a duré que quelques semaines. » Une des conséquences du gel des budgets imposé par l’enseigne, qui connaît une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 30%, pour réduire les dépenses, comme les coûts énergétiques, avec « une lumière sur quatre allumée au magasin. Les clients sont dans le noir », décrit le syndicaliste.

    Mais au sommet des priorités, des salaires qui n’augmentent pas : « On est rattrapé par le Smic, les nouveaux venus sont au même niveau de salaires que des personnes avec cinq ans d’ancienneté. Le taux de prime est de 0% cette année, c’est une première », appuie Nicolas Thibault, qui décrit « un épuisement total des équipes », renforcé par des plannings « aléatoires, faits par IA, qui ne cessent de changer ». La seule certitude pour eux : jeudi, c’est manif !

    Nicolas Davan, secrétaire général du syndicat CGT Energie Provence

    « On a toujours été là. Des deux côtés, parce qu’on intervient avec les pompiers pour sécuriser les sites d’intervention ». Pour Nicolas Davan, c’est une évidence : « Jeudi, on y sera encore ».

    Depuis deux ans, les gaziers et les électriciens sont déjà régulièrement dans la rue « contre la vie chère ». Ils nous ont surpris avec des actions coup de poing quand les tarifs de l’énergie ont flambé avec ceux du logement. « On est parti en grève pour aller chercher une majoration résidentielle. Car avec les astreintes, des collègues sont obligés de vivre dans des villes chères et ils n’arrivaient pas à se loger », rappelle le syndicalite. Et leur attachement au service public les a encore poussés à agir sur des grosses installations comme les casernes de pompiers, les hôpitaux ou les Crous : « on les passait en service réduit ». Puis les soldes se sont élargies. C’est en Robins des bois qu’on les a retrouvés, stoppant les compteurs des quartiers populaires tout en maintenant leur alimentation en énergie.

    La colère des énergéticiens est à la fois jubilatoire, généreuse et contagieuse. Dans les manifestations contre la réforme des retraites, l’énergie de leur « martyr » enchaîné, perché sur le toit de la camionnette bleue leur a attiré toute la sympathie d’une jeunesse bien vivante. Depuis la rentrée ils sont présents auprès des lycéens. « Ils sont nos enfants, moins organisés, alors nous assurons un service d’ordre. Logement, alimentation, carburants et études, ils sont déjà touchés de plein fouet ».

    Laurent Guilloteau, sapeur-pompier des Bouches-du-Rhône, délégué CGT

    Laurent Guilloteau est sous-officier du Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). Par ailleurs secrétaire général de la CGT Sdis 13, il déplore des services de secours « sous-financés » : « On subit de plein fouet les politiques d’austérité macronistes, en témoignent les agents non remplacés ». Il attend du gouvernement qu’il « mette la main au portefeuille », afin de « mieux financer les services départementaux ». Le pompier syndiqué parle au nom de la sécurité civile : « Tous les Sdis présentent la même souffrance, ces revendications sont nationales ». Depuis le 8 septembre, celle-ci réclame plus de moyens et d’effectifs, après un été marqué par des incendies d’une virulence inédite aux conséquences nocives sur la santé des pompiers, en première ligne. « Nombre de nos collègues ont été victimes d’intoxications, liées aux substances toxiques qu’on retrouve dans la fumée. Aujourd’hui, on ne peut pas leur garantir un suivi de santé individuel jusqu’à leur départ à la retraite. »

    Avec émotion, Laurent Guilloteau annonce que la mobilisation des agents du Sdis ce jeudi sera aussi motivée par une colère générale, qui fait suite à l’attaque par arme à feu ayant blessé leur collègue des Pennes Mirabeau, ce dimanche 1er novembre. « Les carences des autres services publics en France placent les sapeurs pompiers en dernier rempart », regrette-t-il, en soulignant « les risques que prennent les agents en intervenant parfois avant les forces de l’ordre ».

  • [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    Marseille. Rendez-vous à 10h30 aux Réformés.

    Aix-en-Provence. Rendez-vous à 10h30 à la Rotonde.

    Martigues. Rendez-vous à 10h30 place Jean-Jaurès.

    Arles. Rendez-vous au kiosque à musique à 10h.

    Salon-de-Provence. Rendez-vous à 10h30 devant la mairie.

    Toulon. Rendez-vous à 9h30 place d’Armes.

    Brignoles. Rendez-vous à 14h devant la sous-préfecture.

    Draguignan. Rendez-vous à 10h30 devant la sous-préfecture.

    Saint-Raphaël. Rendez-vous au rond-point Kennedy à 10h30.

    Avignon. Rendez-vous à 10h30 sur le cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains. Rendez-vous à 11h place du Général-de-Gaulle.

    Manosque. Rendez-vous à 14h rue Rossini devant le cinéma.

    Gap. Rendez-vous à 10h devant le lycée Aristide-Briand.

  • Les Entrepreneurs de la Région Sud font leur programme

    Les Entrepreneurs de la Région Sud font leur programme

    Les Entrepreneurs Sud (ex-CMPE) lancent leur « Grande consultation des entrepreneurs », une initiative nationale qui se déroule jusqu’au 15 janvier avec l’ambition de faire « remonter les préoccupations et propositions du terrain » en vue de l’élection présidentielle de 2027. L’organisation souhaite associer entrepreneurs, salariés, indépendants, partenaires institutionnels et citoyens afin d’élaborer des solutions concrètes pour l’économie française.

    Laboratoire d’idées

    La démarche reposera sur plus de 100 rencontres organisées à travers le pays, dont six en région Sud. Sur le territoire régional, six réunions sont programmées : à Aix-en-Provence le 17 novembre, à Manosque le 24 novembre, à Gap le 3 décembre, à La Garde le 14 décembre et à Avignon le 15 décembre. Une plateforme participative (lagce.fr) et un laboratoire d’idées réunissant experts et dirigeants d’entreprise sont mis en place.

    Cent vingt fédérations professionnelles vont être mobilisées. Les échanges porteront sur cinq grands thèmes : la création de richesses, la valorisation du travail, le redressement des finances publiques, la souveraineté économique et les opportunités liées à la transition écologique.

    Présentée comme strictement non partisane par le président des Entrepreneurs Sud, Alain Gargani, élu de la majorité de droite au conseil régional, et Daniel Salenc, le futur président des Entrepreneurs 13, candidat du Rassemblement national aux dernières élections municipales à La Ciotat, cette consultation entend partir des réalités vécues par les entreprises afin de produire des propositions chiffrées et opérationnelles. Ces recommandations seront ensuite remises aux candidats à l’élection présidentielle de 2027.

  • Les principales revendications lycéennes restent entières

    Les principales revendications lycéennes restent entières

    « Ce que je souhaite surtout c’est, compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue, qu’elle puisse reprendre les cours, que le calme revienne et qu’on puisse rouvrir dans de bonnes conditions ces lycées », a insisté Emmanuel Macron dans un entretien diffusé, mercredi, sur la chaîne YouTube HugoDécrypte. De quoi parle-t-il ? La création de seulement 500 postes ? Des 15 000 nouvelles places dans l’enseignement supérieur alors que les organisations en demandent 250 000 ? Le remplacement en 2028 de la plateforme Parcoursup, alors que les lycéens veulent son abrogation ? Les organisations de jeunesse appellent à poursuivre la mobilisation avec des assemblées générales et des blocages, dès mardi.

    Classes surchargées

    « Des élèves suivent les cours debout »

    Dans le 1er arrondissement de Marseille, au lycée Saint-Charles, « les classes sont surchargées, on est 35 à 37 par classe. Parfois, on doit demander des chaises dans les salles d’à côté », pointe Joachim. « C’est encore pire pour l’option maths », note le lycéen. À côté de lui, Matis abonde. « Les professeurs choisissent au hasard qui va pouvoir suivre le cours… ça ne devrait pas être à eux de prendre cette décision. C’est horrible de devoir fermer la porte à quelqu’un. Surtout que les options peuvent être très importantes suivant les études qu’on veut faire », souffle-t-il. Pour Léopold, « c’est le meilleur choix, ils ne peuvent pas décider arbitrairement qui peut suivre le cours ou pas ». Il poursuit : « Les options adoptées en terminale, c’est coefficient 2. Les options prises dès la seconde ou la première, c’est coefficient 4. Moi, je devais en avoir deux, mais à cause des emplois du temps qui se chevauchent, j’ai dû en abandonner une. » « Moi aussi j’ai essayé de faire deux options et j’ai dû en abandonner une », ajoute Matis.

    35 à 37 élèves par classe

    Avec 22,5% des contributions, les classes surchargées figurent parmi les principaux thèmes soulevés par les élèves sur la plateforme de concertation ouverte le 6 octobre. Pour y répondre, le gouvernement a annoncé un plafonnement à 28 élèves dans certaines classes à partir de la rentrée prochaine. « élèves et étudiants sont parfois mélangés avec d’autres filières dans leurs cours généraux, il n’y a pas assez de place dans les classes, donc ils restent debout », assure Neila, élève au lycée Diderot (13e). Souvent, les revendications sont liées : « On est bien trop nombreux en classe et ça accentue la chaleur », gronde Nino, en terminale au lycée Frédéric-Mistral, à Avignon.

    Vétusté des lycées

    « Dès qu’il pleut, il y a des fuites partout »

    L’une des revendications majeures des lycéens reste des conditions d’éducation dignes. Sur la plateforme gouvernementale, 48,2% des contributions portent sur le bâti scolaire et leur adaptation thermique, avec 18,3% des élèves qui signalent des bâtiments vétustes et 15,7% une chaleur étouffante en été. C’est ce que subissent les lycéens de Thiers, à Marseille (1er). « L’été il fait 40°, c’est horrible », lâche Mirco, élève de seconde. Une problématique soulevée au lycée Langevin, à Martigues : malgré les rénovations le thermomètre affiche « 38° en classe à 13h parfois ». Au lycée Théodore-Aubanel, à Avignon, « il fait toujours très chaud en classe et certaines fenêtres ne s’ouvrent pas. C’est très difficile de rester concentré », soupire Lina, en classe de première.

    « Moisissure au plafond »

    À un peu plus d’un kilomètre, de là, au lycée Frédéric-Mistral, la situation n’est pas meilleure. « Il fait 35° en juin et septembre et il fait très froid en hiver. C’est d’autant plus grave que c’est dans ces conditions qu’on passe le bac. On ne peut pas accepter l’état de nos lycées », tempête Jeanne, en terminale.

    « Nous étudions dans des conditions déplorables. Il y a des fuites d’eau qui provoquent la chute du plafond, c’est arrivé pendant le bac l’an passé. Les toilettes aussi dégagent une odeur immonde, il n’y a pas de papier, pas de savon, pas de lumière, de la moisissure au plafond », pointe Lilou, élève du lycée du Parc Saint-Jean, à Toulon. Le gouvernement a promis une enveloppe de 4 milliards d’euros de prêts d’ici à 2030 pour la rénovation des lycées.

    Professeurs pas remplacés

    « Pas de philo depuis le début de l’année »

    Parmi les doléances des lycéens, 25,9% déplorent le manque de professeurs et les absences non remplacées. Au lycée Saint-Charles, dans le 1er arrondissement de Marseille, « la terminale 5 n’a pas eu de prof de philo depuis le début de l’année », assure Diane. Même problème au lycée Montgrand, dans le 6e arrondissement, où deux classes de terminale n’ont pas eu de cours de philo, faute d’enseignant. « On ne leur en parle pas, ils ne savent pas s’ils en auront avant la fin de l’année et l’examen du bac, on ne leur dit rien », souffle Lucile. « En seconde, je n’ai pas eu de professeurs de français pendant trois mois. Les profs peuvent avoir des absences, ce n’est pas ça le problème, mais plutôt le fait qu’ils ne soient pas remplacés », renchérit l’élève de terminale.

    Une expérience partagée par ses camarades varois. « Notre professeure d’enseignement professionnel, qui avait déjà été absente pendant trois mois en seconde sans être remplacée, l’est à nouveau en terminale pendant un mois, alors que c’est l’enseignement qui compte le plus. Plusieurs profs d’espagnol sont également absents », témoigne Lilou, lycéenne au Parc Saint-Jean, à Toulon.

    Le projet de budget 2027 dans le viseur

    À Gap, Evalinka, élève au lycée Aristide-Briand, se dit préoccupée : « La santé mentale de nos profs est en déclin. Moi, j’ai une prof, le gouvernement l’a poussée à bout, c’est pas humain. Elle ne vient plus, et nous, les élèves, on n’a plus ce cours en attendant. »

    Jana, élève de 16 ans, en terminale au lycée Esclangon, à Manosque, s’inquiète des « coupes budgétaires » dans le budget de l’Éducation nationale. « On a besoin de plus de profs et d’un meilleur salaire pour les profs, que leur métier soit mieux valorisé », avance-t-elle, regrettant la suppression de plus de 1 500 postes d’enseignants prévue dans le budget 2027. « C’est le manque de professeurs qui fait qu’après, on est trop par classe et qu’on a des emplois du temps mal construits. » La gronde a contraint le gouvernement à annuler ces suppressions et prévoir la création de 500 postes supplémentaires…

    Emplois du temps

    « On a que 55 minutes pour manger, parfois, c’est impossible »

    C’est, de loin, la revendication principale des lycéens : une meilleure organisation du temps scolaire. Sur les 67 000 contributions récoltées par le gouvernement, 70% concernent les emplois du temps trop chargés ou les trous qui rallongent les journées, selon les retours de la première synthèse. Sur cette revendication, l’exécutif assure garantir une heure minimum de pause déjeuner dès septembre 2027… « Nos emplois du temps ne sont pas tenables. On nous dit qu’on aura des horaires similaires dans le monde du travail. Mais cela n’a rien à voir : pour bien travailler demain, on veut des conditions d’études dignes aujourd’hui ! », tonne Denis, élève au lycée Bonaparte, à Toulon.

    Une heure de trajet matin et soir

    Même constat dans les Alpes. « Ici, beaucoup de gens habitent dans la montagne. Moi, quand je fais du 8h-18h, j’ai en plus le trajet d’une heure le matin et une heure le soir », insiste Louise, lycéenne àAristide-Briand à Gap. « J’habite loin des cours, donc quand je fais 8h-18h, je me lève à 6h et quand je rentre, il est assez tard », déplore Hanna, du lycée Saint-Charles, à Marseille (1er). Au lycée Diderot (13e), Sacha se plaint d’emplois du temps « avec deux, trois, voire quatre heures de trous. Se lever à 6h pour aller au lycée pour un seul cours puis plus rien jusqu’à 15h, c’est aberrant ». Élève du même établissement, en filière technologique, Neila pointe des « emplois du temps chargés » : « Je finis tard tous les jours, même le mercredi ! »

    Les pauses déjeuners sont parfois passées à la trappe. « Notre temps de pause a été raccourci. On n’a plus que 55 minutes pour manger et avec toute la queue qu’il y a au self, il est parfois impossible de manger. Même les externes n’ont pas le temps de rentrer chez eux », s’agace Lilou, lycéenne du Parc Saint-Jean, à Toulon.

    Parcoursup

    « Un système déconnecté »

    Mise en place en 2018, durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron par les ministres Frédérique Vidal, alors chargée de l’Enseignement supérieur, et Jean-Michel Blanquer, à l’Éducation nationale, la plateforme Parcoursup cristallise la colère des élèves, de leurs parents et de certains enseignants. « Le problème avec Parcoursup, c’est qu’il y a trop d’inégalités, tout le monde ne peut pas accéder à son rêve. Je vise une fac de droit et de sciences politiques, c’est très demandé, donc il faut déjà avoir accès aux bonnes options. Mais elles ne sont pas proposées par tous les petits lycées de campagne ! C’est une élitisation de l’éducation, c’est injuste », peste Noah, en première au lycée Aristide-Briand, à Gap.

    Quelque 16,4% des contributions, à la consultation nationale, ciblent la plateforme nationale de préinscription en première année d’enseignement supérieur. « Parcoursup, ça me stresse. Les professeurs veulent bien nous aider, mais même eux sont parfois perdus avec la législation qui évolue sans cesse. J’ai raté pas mal de cours et j’ai peur que cela joue sur mon dossier », s’inquiète Nino, en terminale au lycée Frédéric-Mistral, à Avignon.

    Pour l’abrogation

    « Parcoursup, ça fait peur. Des élèves de terminale de notre lycée, qui avaient la moyenne partout, ont fait plein de vœux et se sont retrouvés sans études. On se dit que même si on a des bonnes notes, ça ne servira à rien », se désespère Margot. Elle et ses camarades de terminale du lycée Marie-Curie, dans le 5e arrondissement de Marseille, exigent l’abrogation de ce système jugé discriminant : « Si t’es pas privilégié en général, que tu viens pas d’un bon lycée, que t’as un mauvais prénom ou nom de famille… », glisse Sémiramis. À ses côtés, Antonin fulmine : « C’est un système complètement déconnecté de la réalité sur lequel il y a aussi les élèves qui veulent se réorienter. C’est normal que les classes soient surchargées ! » Le gouvernement a annoncé le remplacement, et non son abrogation, à la rentrée 2028.

    Droits à manifester

    « On revendique nos droits »

    Depuis le début du mouvement, le ministère de l’Intérieur recense 7 950 gardes à vue, dont 85% concernent des mineurs. L’IGPN a ouvert 36 enquêtes portant sur des violences présumées. « Certains blocus sont assez pacifiques et les policiers interviennent quand même, ils peuvent être violents et virulents. Faut pas oublier qu’on n’est pas des adultes », dénonce Jillian, lycéenne à Saint-Vincent de Paul, à Marseille (6e). « C’est la répression policière qu’on devrait blâmer plutôt que nous, qui revendiquons nos droits », fulmine Clara du lycée Saint-Charles, à Marseille (1er).

  • [#DisMoiPourquoi] Posez les questions insolites des enfants aux chercheurs

    [#DisMoiPourquoi] Posez les questions insolites des enfants aux chercheurs

    Dis-moi pourquoi y a-t-il des inégalités entre les humains ? Quand l’eau chauffe dans une casserole, elle fait des bulles ? On peut glisser en chaussette et pas pieds nus sur du carrelage ? Pourquoi les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?

    Pour nous éclairer, Laboratoires, instituts, muséum d’histoire naturelle, centre de recherche, Universités… grâce aux Petits Débrouillards, pas moins de 21 acteurs se plient en quatre du 2 au 12 octobre. La biologie, la physique chimie, les science humaines et sociales, l’écologie, la santé et l’approche globale One health… Tous les domaines sont concernés.

    Tout le monde peut participer !

    Vous avez une question ? Posez -là depuis chez vous, à l’école ou à la bibliothèque. Donnez nous le prénom de l’enfant, son âge, sa classe, son école et sa ville. En partenariat avec les Petits débrouillards, les scientifiques répondent à tous individuellement.

    Et envoyez le tout par mail à : dismoipourquoi@lamarseillaise.fr
  • François de Canson : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées »

    François de Canson : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Le nouveau président de région

    Didier Gesualdi : Vous avez pris la tête de la Région le 12 octobre. Depuis, il y a eu les catastrophes naturelles, les manifestations lycéennes, les émeutes du 17 octobre, le mouvement social qui est à son plus haut… Allez-vous arriver à dégager des priorités ?

    Quand on accède à la présidence de la Région, il faut être prêt, prêt à toutes les situations. Je suis avant tout un élu de terrain, j’ai l’habitude des crises. C’est vrai que j’ai été bien servi depuis mon arrivée. Les lycéens d’abord, le chaos dans la rue, les inondations…

    Didier Gesualdi : Vous passez derrière Renaud Muselier, une personnalité nationale avec une façon bien à lui de faire de la politique. Quelle sera la vôtre ?

    D’abord, c’est un Marseillais, moi, je suis un Toulonnais, donc on n’a pas peut-être pas les mêmes gènes. J’ai beaucoup d’admiration pour Renaud Muselier. C’est quelqu’un qui a su transmettre et de nos jours, en politique, c’est extrêmement rare. Moi, je suis un élu de terrain, maire depuis 18 ans. Je connais les gens, j’aime les gens, le contact. J’aime sentir les choses avant de prendre des décisions. Ma caractéristique, c’est que je suis un gros travailleur, j’ai une grande capacité d’écoute et je prends des décisions. Ça va être le nouveau style que je vais imposer à la Région. Une Région pour tous, un territoire que je vais parcourir en permanence pour aller écouter les maires. Je sais ce que c’est, être maire, je connais leurs priorités, je sais que ce n’est pas facile. Notre région est immense, c’est un territoire béni des dieux comme j’aime à le dire. J’espère que dans cette belle région, comme savait le faire si bien M. Muselier, l’optimisme sera de rigueur.

    Léo Purguette : Renaud Muselier a été élu au Sénat, mais il est toujours membre de votre majorité. Comment allez-vous articuler vos interventions ?

    Ce n’est pas toujours facile d’avoir le prédécesseur dans ses troupes.J’ai beaucoup de chance. Renaud Muselier m’a laissé les clefs du camion avec le plein. On a une Région en bonne santé. C’est quelqu’un qui observe, qui connaît particulièrement bien les rouages de cette région, ses conseils seront utiles.

    Les Lycéens

    Didier Gesualdi : Estimez-vous qu’on a répondu convenablement aux revendications des lycéens ?

    D’abord, les revendications sont normales. On a le droit dans ce pays de revendiquer, de manifester, mais pas de casser. C’est ce que j’ai dit immédiatement aux lycéens. Je peux tout entendre, mais tout doit se faire dans le calme et la démocratie. Je me suis rendu, ce vendredi, dans un lycée à Salon-de-Provence. Un lycée qui a été détérioré. En quinze jours, on a fait tous les travaux et tout doit recommencer dans des conditions optimales. J’ai rencontré les jeunes, vu le parlement régional de la jeunesse, déclenché un audit. On a fait le tour des 174 lycées. On est en train de me faire remonter l’ensemble des demandes des proviseurs sur la plateforme Allo lycées. Quand on a récupéré l’héritage de Vauzelle, il y avait un gros retard dans les lycées. 2 milliards ont été mis dans lycées depuis 10 ans. Je vais injecter encore 2 milliards pour les 10 ans à venir. J’ai sanctuarisé 300 millions pour l’année prochaine pour les travaux dans les lycées. On a déjà mis 6 millions pour les travaux d’urgence, on va rajouter 10 millions avant la fin de l’année par rapport au changement climatique. On est très actifs, très présents. Je vais écouter les revendications et donner des réponses concrètes. Vous verrez que, très vite, on va retrouver le calme.

    Léo Purguette : Les syndicats enseignants ne sont pas d’accord avec ce que vous dites. Ils indiquent que la majorité de M. Vauzelle a plus investi que vous et disent que notre Région est en bas du classement des Régions sur les investissements dans les lycées.

    Il y a eu des regroupements de Régions, donc ça fait des chiffres plus gros, mais au niveau global beaucoup d’argent a été mis dans les lycées. On a tous été lycéens. Combien on était par classe ? Il faisait chaud. Les sanitaires, ce n’était pas toujours parfait. Il y a eu une montée en gamme. Il faut encore monter en gamme.

    Le rapport avec l’État

    Léo Purguette : Vous êtes tributaire des annonces du gouvernement. Votre vice-présidente s’étonnait, dans les colonnes de La Marseillaise, du seuil de 28 élèves par classe, difficile à traduire vite au niveau du bâti. Est-ce que ce sont des promesses en l’air ?

    J’ai été très étonné des réponses du gouvernement. Quand il me dit qu’il va me donner des facilités pour emprunter pour financer les travaux dans les lycées… J’ai envie de dire qu’en tant que maire, président d’intercommunalité et maintenant président de Région, que j’ai toujours su emprunter. Mais emprunter quand les taux sont à 5%, est-ce que c’est une bonne chose ? Je ne pense pas. De ce côté-là, je dis au gouvernement : « Laissez-moi agir, je sais faire, je connais, faut pas m’expliquer. » En deux ans, l’État a pris 170 millions à notre Région. Et l’année prochaine, il veut nous prendre 50 millions. Je veux partager l’effort même si c’est un peu facile de mettre les collectivités à l’os quand on n’arrive pas à équilibrer le budget. Sur les 50 millions qu’on veut me prendre, prenez en 20 et laissez-m’en 30 pour mettre dans les lycées. J’ai dit au président de la République quand il est venu ici : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées. » J’espère que cette proposition sera entendue.

    Le Rassemblement national

    Léo Purguette : Qui peut battre le RN selon vous ?

    On n’en est pas au choix. Aujourd’hui, il y a beaucoup de candidats, on sait que tout va se jouer début janvier. Je suis contre les extrêmes. Chez moi, il n’y a pas de porosité avec le RN. J’ai toujours eu des candidats d’extrême droite contre moi, je les ai toujours battus.

    Didier Gesualdi : Allez-vous pouvoir résister à une vague RN aux prochaines régionales ?

    Je ne suis pas là pour faire l’intérim. Je suis là pour bâtir une équipe pour garder cette Région. Elle est bien gérée, elle fonctionne bien, elle a de bons résultats. Je crois que les gens le voient. M. Allisio nous disait qu’il avait déjà gagné Toulon et Marseille, ils ont perdu les deux. En politique, rien n’est joué.

    Léo Purguette : La Marseillaise révèle que son collaborateur, pointé pour ses écrits haineux, est toujours salarié. Ça vous choque ?

    Si M. Allisio ne veut pas balayer devant sa porte, à un moment, il va prendre la porte dans la tête. En tout cas, on va être extrême vigilant.

    Les inondations

    Didier Gesualdi : Comment faire face aux conséquences du changement climatique et aider les sinistrés ?

    Spontanément, je suis allé aux côtés des inondés. J’ai débloqué 5 millions d’euros pour les aider. C’est une problématique que je connais bien. En 2014, deux fois ma ville a été touchée. J’ai porté un projet de loi à travers un député varois à l’époque. Il faut simplifier les procédures des services de l’État pour que les collectivités puissent aider. On meurt de l’administration. Aujourd’hui, dans la présidentielle, grand nombre de candidats veulent des simplifications administratives. Le 17 novembre, je recevrai pour le congrès régional des maires Jean-Louis Borloo, qui a une vision très forte du changement nécessaire pour l’État.

    Léo Purguette : Les mairies sont très en colère, ils menacent de ne pas organiser la présidentielle…

    Ce n’est pas possible. Mais ça montre le ras-le-bol. On demande aux collectivités, qui sont déjà en difficulté, d’abonder le budget de l’État. Je souhaite que tout parte du terrain.

    Le climat social

    Didier Gesualdi : Est-ce qu’on va vers une radicalité encore plus importante du mouvement social ?

    Je n’ai pas de boule de cristal. Je ne sais pas comment ça va évoluer, personne ne le sait. Par contre, j’ai été choqué par la violence, notamment à Marseille. J’étais là dès le dimanche 18 octobre au matin. J’ai vu des gens qui avaient tout perdu, des commerçants pleurer, des magasins pillés… Que ce soit le Département, la mairie, la Région. Tout le monde est choqué. Comme l’avait fait Renaud Muselier en 2023, on a activé le fonds d’urgence. On va être capable dans les 15 jours qui viennent de donner 10 000 euros aux commerçants touchés pour leur redonner du souffle. L’initiative est portée par la Région, qui a la compétence économique. On a été rejoint spontanément par le Département qui met 5 millions, par la Métropole qui va nous aider, si d’autres collectivités veulent venir au lieu de faire du bruit…

    Léo Purguette : Même la Ville ?!

    Ça avait été contesté jusqu’en justice par la Région la dernière fois… Parce qu’ils l’avaient fait directement. Si la Ville vient rejoindre le fonds ouvert par la Région, tout se passe bien. Chacun a sa légitimité, on doit travailler ensemble, chacun doit être un maillon de la chaîne. Le leader dans ce cas-là c’est la Région, on est là pour aider. Plus il y aura d’argent, plus on pourra aider les commerçants. Là aussi, il ne faut pas que l’État se trompe, il doit se caler sur la Région parce qu’on a un guichet unique, que ça va vite. C’est ce que j’ai dit au ministre Papin.

    Didier Gesualdi : Quelles réponses à tous ceux qui ne cassent pas, mais qui vivent dans des conditions de vie très difficiles ?

    Je suis extrêmement sensible au pouvoir d’achat. En tant que maire, je touche ça du doigt tous les jours. À la Région, le président Muselier avait largement commencé. Il a fait en sorte que chaque étudiant puisse avoir une économie de 2 500 euros par an à travers les différents pass mis en place. Chaque fois qu’on peut aider nos concitoyens avec les pass transports, santé, loisirs etc. Il faut le faire. Et chaque euro investi doit avoir un sens. Il faut être respectueux de l’argent public et transparent sur son utilisation.

    Léo Purguette : Une des racines principales de cette crise, c’est l’explosion du coût des carburants. Le gouvernement doit-il baisser les taxes ? Nationaliser les compagnies qui affichent des profits indécents au regard des souffrances du monde du travail ?

    Je suis président de Région, je ne suis pas parlementaire. Chacun son niveau de compétence. Bien évidemment, je souhaite qu’on aide les Français. Quand la France souffre, il faut donner des moyens pour permettre aux gens de vivre dignement.

    Léo Purguette : Au-delà du climat social, il y a ce fond de l’air délétère avec cet attentat raciste à Trappes. Est-on face à un glissement ?

    Il y a un glissement, il faut le contrôler. Une dérive. Je crois que l’extrême gauche y est pour beaucoup…

    Léo Purguette : Ce n’est pas l’extrême gauche qui a tué à Trappes !

    Non, mais c’est toujours un extrême. On est toujours dans l’extrême. Face à cela, dans les élections, chaque fois qu’on est uni, on n’a jamais perdu. Soyons unis pour la présidentielle, les législatives, les régionales. Et vous verrez, on n’a pas grand-chose à craindre.

    La République c’est quoi ?

    François de Canson : « Ce n’est pas ce qu’il se passe en ce moment. La République, ce n’est pas le chaos, ce n’est pas casser. La République c’est le respect, c’est Liberté, Égalité, Fraternité. La Liberté, c’est de pouvoir exprimer ce que l’on veut de manière démocratique. Quand on va voter, ce qui me plaît beaucoup, c’est que dans l’isoloir, tout le monde est égalitaire devant le bulletin de vote. Je dis aux citoyens : allez voter, faites en sorte qu’il y ait une vraie majorité pour que ce pays puisse fonctionner de la façon la plus démocratique possible. »

    La question des lecteurs : Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Marie : Qu’est-ce qui va changer avec un président

    de la Région qui vient du Var ?

    D’abord, c’est une première et je crois que c’est une bonne chose. On a eu des présidents de Région qui venaient d’Arles, de Marseille, de Nice. Aujourd’hui, on a un président de Région qui vient de La Londe-les-Maures, dans le Var. C’est peut-être un style différent, c’est peut-être aussi rétablir un équilibre entre l’ensemble des territoires. Aujourd’hui on le voit, le département du Var ne cesse de grandir et est en train de trouver sa place sur l’échiquier régional. Moi, je suis là pour que le Var émerge, bien évidemment, mais pour qu’il y ait un équilibre entre tous les territoires. Je suis un homme d’équilibre, de dialogue. Comptez sur moi. Les Varois, c’est solide et ça sait partager.

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • 117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    Par un arrêté publié ce jeudi au Journal officiel, un total de 184 communes, dans le quart Sud-Est de la France, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle « pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue », dix jours après les orages meurtriers qui ont frappé la région, les 19 et 20 octobre. Parmi elles, 117 communes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 72 dans les Bouches-du-Rhône, 19 dans le Var et 26 en Vaucluse. Aucune demande de reconnaissance n’a été refusée.

    À l’échelle régionale, il faut remonter aux inondations du 23 novembre 2019, qui avaient fait six morts dans le Var et les Alpes-Maritimes, pour dépasser ce nombre, avec 169 municipalités reconnues en catastrophe naturelle. Dans les Bouches-du-Rhône, il faut remonter au mois de décembre 2003 (84 communes reconnues), lorsque les digues du Rhône avaient cédé. Sept personnes avaient alors perdu la vie.

    Cette fois, la publication s’est faite « dans des délais record », apprécie le maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet. Lors de son déplacement dans le département le 23 octobre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, avait promis une procédure accélérée pour ouvrir la voie aux indemnisations, face aux inondations qui ont fait trois morts dans les Bouches-du-Rhône. Désormais, les sinistrés disposent de trente jours pour déclarer les dégâts à leur compagnie d’assurance.

    La longue marche

    de l’indemnisation

    Cette indemnisation est en effet obligatoire pour les personnes qui possèdent une assurance de dommages, dès lors que les sinistres déclarés sont la conséquence directe de la catastrophe naturelle. Elle comprend les frais de pompage, de nettoyage, de désinfection. Après la déclaration de sinistre, les assureurs disposent d’un délai d’un mois pour saisir un expert, puis lorsque le rapport d’expertise est rendu, d’un mois supplémentaire pour faire une proposition d’indemnisation. Lorsqu’elle est acceptée, elle doit être versée dans un délai de 21 jours.

    « L’État devait concrétiser ses engagements sans perdre de temps. Nous avons été entendus », apprécie désormais le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard. Mais alors que le ministre s’était heurté à la défiance des maires lors de sa visite, l’institution avertit : « L’accompagnement doit se poursuivre avec la même intensité. » « Les moyens financiers qui seront obtenus permettront de panser les trop nombreuses plaies que l’orage a laissées sur notre ville », souligne aussi le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, en remerciant les habitants pour leur mobilisation qui a permis cette reconnaissance : « La force du nombre a, une nouvelle fois, permis de faire avancer les choses. » Désormais, ses services municipaux, comme dans de nombreuses autres villes touchées, restent mobilisés pour aider les habitants à accéder à leurs droits. Tandis que la Région et le Département ont déjà débloqué des aides exceptionnelles, le ministre Mathieu Lefèvre promettait, mercredi à l’Assemblée, que « l’État est mobilisé », avec des reports de charges pour les agriculteurs qui s’ajoutent aux dispositifs de calamité agricole et dotations de solidarité pour les communes.

    Reste désormais à faire face aux conséquences de long terme. Si les circulations ferroviaires ont pu reprendre en mode dégradé, « des travaux complémentaires se poursuivront pendant plusieurs semaines », avertit SNCF Réseau, « compte tenu de l’ampleur des dégâts constatés ». à Saint-Mitre, plusieurs dizaines d’arrêtés de mise en sécurité sont en cours d’envoi aux propriétaires « dont les ouvrages demeurent menaçants ». à Carry, le sentier du Lézard est fermé depuis lundi face aux effondrements et glissements de terrain. à Saint-Chamas, une étude globale doit être menée pour sécuriser les collines « encore gorgées d’eau et fragilisées », indiquait, mardi, la maire Magali Ramos. Certaines maisons ne peuvent toujours pas être habitées. De quoi illustrer l’ampleur des chantiers qui s’ouvrent, alors que le dérèglement climatique accroît les dangers : le coût des inondations devrait s’élever à 50 milliards d’euros entre 2020 et 2050, contre 18 milliards entre 1989 et 2019.

    LES VILLES CONCERNÉES

    Bouches-du-Rhône

    Aix-en-Provence ; Alleins ; Arles ; Aureille ; Aurons ; La Barben ; Beaurecueil ; Belcodène ; Berre-l’Étang ; Bouc-Bel-Air ; Cabriès ; Carnoux-en-Provence ; Carry-le-Rouet ; Ceyreste ; Charleval ; Châteauneuf-les-Martigues ; La Ciotat ; Cornillon-Confoux ; Éguilles ; Ensuès-la-Redonne ; Eyguières ; La Fare-les-Oliviers ; Fontvieille ; Fos-sur-Mer ; Fuveau ; Gignac-la-Nerthe ; Grans ; Gréasque ; Istres ; Jouques ; Lamanon ; Lambesc ; Lançon-Provence ; Mallemort ; Marignane ; Marseille ; Martigues ; Meyrargues ; Meyreuil ; Mimet ; Miramas ; Mouriès ; Noves ; Paradou ; Pélissanne ; Les Pennes-Mirabeau ; Peyrolles-en-Provence ; Port-Saint-Louis-du-Rhône ; Port-de-Bouc ; Le Puy-Sainte-Réparade ; Puyloubier ; Rognac ; Le Rove ; Saint-Andiol ; Saint-Cannat ; Saint-Chamas ; Saint-Étienne-du-Grès ; Saint-Marc-Jaumegarde ; Saint-Martin-de-Crau ; Saint-Mitre-les-Remparts ; Saint-Rémy-de-Provence ; Saint-Victoret ; Salon-de-Provence ; Sausset-les-Pins ; Sénas ; Septèmes-les-Vallons ; Simiane-Collongue ; Tarascon ; Velaux ; Venelles ; Ventabren ; Vitrolles.

    Var

    Les Arcs ; Bandol ; Cabasse ; Le Castellet ; Claviers ; Correns ; Gonfaron ; Grimaud ; Lorgues ; Montfort-sur-Argens ; Le Plan-de-la-Tour ; Roquebrune-sur-Argens ; Saint-Antonin-du-Var ; Saint-Cyr-sur-Mer ; Saint-Tropez ; Sainte-Maxime ; La Seyne-sur-Mer ; Le Thoronet ; Vidauban.

    Vaucluse

    Apt ; Caromb ; Carpentras ; Caumont-sur-Durance ; Cheval-Blanc ; Courthézon ; Entraigues-sur-la-Sorgue ; Lourmarin ; Mazan ; Ménerbes ; Mérindol ; Monteux ; Mormoiron ; Murs ; Oppède ; Pernes-les-Fontaines ; Pertuis ; Puget ; Puyméras ; Robion ; La Roque-sur-Pernes ; Saint-Saturnin-lès-Avignon ; Uchaux ; Vacqueyras ; Vedène ; Visan.

  • [Entretien] Marie-Florence Bulteau-Rambaud, Modem : « Je ne vois pas comment on peut mettre en place ces classes à 28 »

    [Entretien] Marie-Florence Bulteau-Rambaud, Modem : « Je ne vois pas comment on peut mettre en place ces classes à 28 »

    La Marseillaise : La région a annoncé une réunion extraordinaire sur les lycées et la création d’une plateforme Allô lycée pour permettre aux usagers de signaler leur problème. Quels sont les retours ?

    Marie-Florence Bulteau-Rambaud : Ce n’était pas une réunion extraordinaire, c’était un séminaire avec 200 encadrants, le premier certes, mais qui était prévu de longue date. Ça s’est très bien passé, le président de la Région, François de Canson, est resté une grande partie de la journée, il a pu échanger et comprendre leurs missions. La plateforme, elle, a été lancée, au lendemain de son élection, le 12 octobre. Il y a plus de 600 contributions assez intéressantes. Un peu de tout et beaucoup de remontées sur des problématiques d’emplois du temps, un vrai sujet pour les jeunes, mais qui comme pour la pause méridienne ne concerne pas vraiment notre collectivité.

    Il était aussi question d’un audit des lycées avec des brigades départementales. C’est en place ?

    M.-F.B.-R. : L’audit est assez simple à faire, on l’a globalement, puisque chaque lycée a une sorte de carnet d’entretien tenu par des chargés d’opérations de la direction de l’architecture et de la maîtrise d’ouvrages. Ils ont chacun 8 lycées qu’ils suivent de près avec ce qui a été fait et les programmations. La plateforme a permis d’affiner certaines choses à la marge.

    Quel est l’état des lycées ?

    M.-F.B.-R. : Il y a trois catégories : les vieux lycées comme Thiers (Marseille) ou Masséna (Nice), dans des bâtiments souvent classés, nécessitant des travaux réguliers et coûteux. Il y a ceux du plan Lycée-Réussite de Gaudin qui ont 30-40 ans et nécessitent aussi des grosses restructurations. On a ensuite les plus récents, les six qu’on a construits et ceux sortis sous Vauzelle. Mais récent ne veut pas dire sans problème. Mandela (Marseille) est magnifique avec son toit végétalisé mais il y a des infiltrations partout et il y fait des chaleurs extrêmes l’été. Puis on a des lycées très vétustes nécessitant des restructurations au prix du neuf.

    De l’ordre de 50 millions, comme annoncé pour Marie-Curie ?

    M.-F.B.-R. : Entre 35 et 60 millions, quasiment le prix d’un lycée neuf. Et pour Marie Curie (Marseille), on n’a pas attendu qu’on vienne nous tirer l’oreille. On est depuis longtemps sur cette restructuration complexe. Quand on met plus de 50 millions, il faut être sûr qu’on fait le bon choix en termes d’usage et d’offre éducative. On a 3 millions de mètres carrés bâtis, nos budgets sont assez réduits. Souvent, hélas, on agit dans l’urgence.

    La Région revendique 2,9 milliards investis depuis 2016 dans les lycées.

    M.-F.B.-R. : C’est ce qu’on consacre aux lycéens. Je sais qu’il y a eu un bel article dans la Gazette des Communes et un classement. Mais pour classer, il faut la même base. En matière d’investissement, on a fait 1,9 milliard dans le premier programme pluriannuel d’investissement et 1,5 milliard dans le prochain, notamment pour les lycées les plus vétustes. Sur la trentaine, quinze ont déjà fait l’objet d’une rénovation. On n’oublie personne.

    Malgré cela, la 3e région de France se trouve en fin de classement…

    M.-F.B.-R. : J’étais en colère de lire ça, ce n’est pas le reflet de la réalité. La Région mène aussi beaucoup de politiques volontaristes. Il y a ce qui est obligatoire, construire et entretenir les lycées, et ce qu’on fait mais qui ne l’est pas forcément. La région Bourgogne-Franche-Comté qui est bien classée, donne 20 euros pour les livres. Nous donnons des tablettes sans condition et finançons les licences numériques. C’est autour de 40 millions par an mais ce n’est pas pris en compte.

    Mais ce qui n’est pas prioritaire ne devrait pas passer après ?

    M.-F.B.-R. : Le pouvoir d’achat des familles n’est pas prioritaire ? Dans les cantines, le repas coûte 4,30 euros mais nous revient à 13 euros, sur les tablettes, peut-être devrons-nous requestionner l’usage du numérique et leur gratuité. Il y a la bourse au mérite, le pass Zou pour les transports, le pass santé. Si on continue à nous mettre à la portion congrue, on devra se poser ces questions.

    Les 4 milliards de prêts aux collectivités annoncés par l’état sont donc une bonne chose ?

    M.-F.B.-R. : Reste à savoir ce que c’est un prêt à taux préférentiel ? Ce n’est pas un taux zéro. Mais ce n’est pas la pire annonce là-dedans même si on n’a pas été consulté avant, ce que je trouve cela clairement inadmissible. Ce qui m’a particulièrement mise en colère, c’est les 28 élèves par classe de seconde à la rentrée 2027. J’aimerais bien savoir où on va mettre nos élèves ? Même si on a de l’argent magique qui tombe, je ne vois pas comment on peut mettre en place ces classes à 28 en dix mois. Et les 10 000 places de BTS qui sont majoritairement dans les lycées ? J’ai l’impression que ce nombre de 10 000 s’est fait au doigt mouillé.