Après « un été gravé dans nos esprits », selon le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard, le conseil départemental a fait sa rentrée ce mardi matin. L’élu a commencé la réunion en rappelant les événements « déstabilisant » de la saison estivale, comme l’incendie au pays des Écrins et les glissements de terrains à de multiples endroits.
Suite aux crues torrentielles qui ont détruit la route d’accès au Pré de Madame Carle, neuf véhicules sont toujours bloqués. Le Département a décidé de prendre en charge 10 000 euros sur les 15 000 nécessaires à l’évacuation, qui se déroulera par hélicoptère le 24 septembre. « C’est un scandale que les compagnies d’assurances aient refusé de prendre en charge leurs clients », s’est exclamé le président du Parc des Écrins Arnaud Murgia. Début du mois, les élus avaient annoncé que la route ne sera pas reconstruite à l’identique. « Ce serait irresponsable techniquement et financièrement », a justifié Jean-Marie Bernard, tout en affirmant que tous les acteurs compétents travaillent à rétablir l’accès. « Depuis 2023, je vis un jour sans fin, je crains toujours la crue d’après », a dit la maire de Vallouise-Pelvoux Gaëlle Moreau. Pour elle, il est « vital » d’installer une solidarité financière amont-aval dans la gestion Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). « L’échelle intercommunale n’est pas la bonne pour une telle compétence, a complété le président du Département. Il est urgent d’agir, faute de quoi nous pourrons avoir de grandes difficultés pour assurer de manière pérenne l’approvisionnement en eau du sud de la France. » Il a précisé que le préfet de région a été sensibilisé à ce sujet la semaine dernière.
Autre délibération majeure : un investissement de 6 millions d’euros pour la filière arboriculture, « pilier de l’agriculture haut-alpine » et victime de la canicule, selon Christian Hubaud, conseiller départemental délégué à l’agriculture. Dans un contexte de fermeture prochaine d’une importante plateforme de précalibrage, la société Valpom Tri & Jus bénéficiera de cet apport financier pour mettre en service dès 2027 une unité de précalibrage « nouvelle génération », qui permettra notamment de trier les poires, « une première en France ». Une unité de pressage sera également créée pour transformer localement les fruits déclassés, qui sont aujourd’hui perdus ou envoyés hors du département. « Un million de bouteilles de jus pourront être produites, et cela créera de l’emploi », a assuré l’élu.
Agathe Di Lenardo

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