Tag: climat

  • Permettre aux jeunes de faire des rêves

    Permettre aux jeunes de faire des rêves

    Singulier échange hier entre des lycéens marseillais et des lycéens tunisiens à l’occasion des Rencontres d’Averroès.

    En apparence si différents, ces jeunes sont si semblables dans leurs aspirations, leurs doutes, leur rapport à l’avenir.

    De part et d’autre de la Méditerranée, ces jeunes sont confrontés aux questions posées par notre drôle d’époque
    à la nouvelle génération.

    Cet échange a eu lieu alors que la France
    est secouée par un mouvement social d’une très grande ampleur, initié par des lycéens, mais aussi par le contrecoup de l’attentat raciste qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi.

    Cauchemar social et identitaire

    Quelles perspectives d’avenir notre monde offre-t-il à sa jeunesse ? Une vie socialement pire que celle vécue par les générations précédentes ? Un cauchemar identitaire ?

    Si l’on ajoute à cela, les guerres qui défigurent la planète et les conséquences du dérèglement climatique… Il y a de quoi plonger dans un infini marasme.

    Personne ne peut s’épanouir avec le poids du fatalisme et de la désespérance sur les épaules.

    C’est aussi la raison pour laquelle le mouvement de la jeunesse en cours dans notre pays et ailleurs dans le monde doit obtenir des réponses concrètes à ses revendications légitimes.

    Tout doit être fait pour lever les obstacles qui bouchent l’horizon et permettre aux jeunes de faire des rêves.

    Cela ne se fera pas sans eux, sans leur détermination individuelle et leur mobilisation collective pour remettre nos sociétés sur le chemin du progrès et de la paix.

  • Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Le parfois sinistre comique-troupier de l’extrême droite toulonnaise s’est une nouvelle fois mis en scène sur les « planches » du conseil municipal, alternant gravité feinte et blagues de sale gosse provocateur qu’il revendique. Convoquant ses talents d’acteur de studio, Amaury Navarranne a lancé sa première charge contre la gauche qui, selon lui, n’aurait pas suffisamment condamné les violences survenues en marge de la manifestation du 17 octobre. Des propos outranciers et mensongers qui méritent réponse, même si le camp progressiste n’est hélas plus représenté dans cette assemblée.

    Sans prévention

    Un camp, ajoute-t-il, « toujours à même de donner de grandes leçons et parfois même à se retirer aux élections pour faire barrage », en parlant de « grande abjection »… Il interpelle ensuite directement la maire de Toulon, Josée Massi : « Il est une honte de continuer à faire semblant que le soutien de ces formations politiques, qui a été bénéfique pour vous… ». Puis : « Je crois qu’aujourd’hui, il serait important de clarifier les positions, on ne peut pas se satisfaire du soutien de gens qui n’ont de mots suffisamment forts pour dénoncer l’inacceptable. »

    Dénoncer l’inacceptable ? Comme lorsque ce même élu, qui s’élève au rang de défenseur de l’ordre et la sécurité, paradait aux côtés d’Yvan Benedetti lors de l’hommage rendu, le 28 août dernier à Toulon, au général félon et séditieux Raoul Salan, ancien chef de l’OAS, l’organisation clandestine qui tenta d’assassiner le général de Gaulle ? Pour mémoire, l’infréquentable Benedetti se déclarait, en 2011, « antisioniste, antisémite, anti-juif ».

    Même si, comme lui a répondu la première magistrate, « le conseil municipal n’est pas une tribune politique », il est toujours bon de rappeler d’où on parle.

    À l’occasion d’une délibération portant sur la demande de soutien financier au Département, au titre du Fonds d’initiative cantonale, d’un montant de 560 000 euros pour deux opérations de désimperméabilisation et de végétalisation des cours des groupes scolaires Brusquet et Jean-Aicard, le conseiller municipal frontiste a redemandé la parole, pour ne rien dire. Si ce n’est affirmer que « le conseil départemental n’est pas un tiroir-caisse ». Mais aussi pour tenter de jeter quelque peu la suspicion en pointant que les établissements concernés, cette année, sont dans le canton de Josée Massi. L’occasion pour cette dernière d’énumérer les écoles ayant déjà bénéficié de ces investissements publics dans les autres cantons.

    Lors du vote sur l’attribution de subventions à des associations intervenant dans le domaine, hautement stratégique, de la prévention de la délinquance, le RN s’est encore distingué en s’abstenant. Au prétexte dixit Amaury Navarranne que « [son] unité de mesure, c’est le nerf optique ».

    De bien curieux stratèges qui prônent la sécurité tout en refusant d’agir en amont, avant même que l’ordre public ne soit troublé. À moins que ce ne soit finalement le chaos qu’ils recherchent.

    ET AUSSI

    Un Ravi de la crèche multirécidiviste

    Le conseiller municipal d’opposition RN, Amaury Navarranne, est revenu comme chaque année, au mépris de la laïcité, demander l’installation d’une crèche dans le hall de la mairie. Il en a profité pour traiter l’ancien conseiller municipal communiste André De Ubeda, qui n’est plus dans l’assemblée pour lui répondre vertement lorsqu’il dérapait, d’« yatollah de la laïcardisation ». « Jésus l’aimait aussi, lui », ajoute-t-il pour faire rire l’auditoire.

    Et la maire de lui répondre : « Comme chaque année, je vais vous dire qu’on sera toujours pour le respect de la laïcité. »

    Logements sociaux

    Le conseil municipal a approuvé une participation financière de la Ville de Toulon pour un montant de 165 000 euros à la société d’HLM 1 001 vies, qui réalise pour une opération de production de 11 logements sociaux au 90 boulevard Tessé en mode acquisition-réhabilitation.

    « Dans l’attente de la signature du Contrat de Mixité Sociale 2026-2028, la Commune poursuit sa politique de soutien à la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins du territoire en accompagnant financièrement les bailleurs sociaux porteurs de projets », a expliqué l’adjoint Serge Lhôtellier. Et de poursuivre : « Tous ces financements nous rapprochent chaque fois un peu plus de la sortie de la carence. »

    Une leçon sur Napoléon

    Quand on ne joue pas les pompiers pyromanes, les pitres de services ou les climatosceptiques, aux côtés des conseillers municipaux RN, on essaie coûte que coûte d’occuper le terrain de la prise de parole. Robin Cloedt s’est donc cru obligé de donner à l’auditoire un peu gêné un long cours sur Napoléon Bonaparte à l’occasion d’une prochaine exposition au Musée d’art de Toulon dédiée aux dessins réalisés pendant la campagne d’Égypte. Et d’appeler « à l’exaltation du génie français ».

    Consternant, non ?

  • [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    La Marseillaise : La CGT dénonce la détérioration des chemins de fer. Par quoi cela se traduit-il concrètement ?

    Cédric Gimenez : Cela a des conséquences sur la qualité du service en engendrant des annulations ou des retards de train. Cela donne forcément une image dégradée de la SNCF qui ne nie pas les difficultés puisque nationalement une table ronde est organisée par SNCF réseau, au siège de la SNCF. Dans notre région où il y a de la concurrence qui a été imposée, cela ne règle aucun problème puisque tous les trains roulent sur la même infrastructure. Nous alertons sur les risques d’un réseau fragile : quand il y a des déformations de voie comme on l’a vécu cet été, il y a des possibilités de déraillement. Nous voulons protéger les cheminots et les usagers. Nous voulons rétablir un certain nombre de vérités sur les raisons qui nous ont conduits à cela. Mais surtout, pour nous l’enjeu c’est que l’on débouche sur des améliorations concrètes.

    Votre interpellation s’adresse-t-elle à la direction ou à l’État ?

    C.G. : Les deux. On entend tout un tas de sommes annoncées pour rénover le réseau. On nous parle de 2,5 milliards. Dans notre région, il y a notamment des investissements importants annoncés sur la ligne Marseille-Briançon pour accueillir les JO. Ce sont des travaux que l’on ne renie pas même si on estime qu’ils arrivent tard. Ce qu’on veut souligner c’est qu’à côté des investissements, il est nécessaire d’avoir des budgets de maintenance à la hauteur afin de pouvoir intervenir le plus vite possible quand il y a une problématique qui survient. Cela a été affaibli par toutes les réorganisations qui ont eu lieu dans l’entreprise avec comme unique but : faire des économies. Des années de sous-investissement et d’affaiblissement de la maintenance ont produit l’état du réseau d’aujourd’hui. Même du côté des infrastructures TGV, cela commence à se tendre. On l’a vu avec les intempéries qui ont montré une incapacité à agir vite.

    Les pluies et inondations qui ont touché les Bouches-du-Rhône causent la fermeture de la ligne Marseille-Miramas via Rognac pendant une semaine. Est-ce dû
    à la violence de l’épisode méditerranéen où aux faibles capacités d’intervention
     ?

    C.G. : Il y a la réalité du climat où on constate malheureusement de plus en plus d’intempéries de grande ampleur mais on s’aperçoit que l’entreprise a du mal à préparer cet avenir. Ce n’est pas en supprimant du monde qu’on y sera prêt. On ne peut pas être toujours dans la réparation d’urgence, il y a besoin d’un entretien régulier. Le but c’est de développer l’offre et pour y parvenir, il faut une infrastructure robuste. C’est une responsabilité qui incombe à l’État mais aussi à la direction SNCF que l’on ne peut pas exonérer des choix faits en interne depuis des années. En séparant les entités, en s’inscrivant dans une perspective de concurrence, elle s’est détournée de ce que nous estimons être les priorités pour l’avenir.

    Comment modifier la situation ?

    C.G. : Il faut faire grandir le rapport de force. Cela passe par l’interpellation de l’opinion publique et donc des usagers mais aussi, à l’approche des élections professionnelles, j’appelle l’ensemble des cheminots à voter CGT. Si on en est arrivé là c’est aussi lié à l’influence respective des organisations syndicales. Voter CGT du 19 au 26 novembre, c’est se donner les moyens de peser sur la situation et de défendre une vision d’avenir pour le ferroviaire.

  • [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    Françoise Verna : Vous organisez la Journée mondiale du refus de la misère à Montpellier, Pézenas et Béziers ce samedi 17 octobre. C’est une première cette coorganisation sur ses trois villes de l’Hérault ? En quoi ces liens sont importants ?

    Bernard Morin : Pézenas, cela fait plus de quinze ans qu’ils agissent ensemble en collectif. Béziers c’est la première année qu’ils le font sur les Allées Paul-Riquet et la Colonie Espagnole. Et à Montpellier cela fait 25 ans que cela existe. Pourquoi ce lien cette année entre les trois communes ? Parce qu’il y a vraiment le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix, de la société. On s’est dit qu’il serait judicieux de faire savoir à Béziers, à Pézenas et à Montpellier, aux trois coins de l’Hérault, que nous sommes reliés.

    Olivier Nottale : Justement nous sommes en ligne avec Serge Pesce depuis Béziers membre du pacte civique et du Pacte du Pouvoir de vivre biterrois. Comment construisez-vous cette journée ?

    Serge Pesce : C’est un collectif qui s’est constitué à Béziers dans le cadre du Pacte pour le pouvoir de vivre, une initiative lancée par de nombreuses associations et ONG au niveau national. Il y en a une quarantaine qui agissent dans le secteur social, citoyen, caritatif le plus divers. Sur Béziers, ce groupe a associé différentes structures : ATD-Quart Monde, la Ligue des Droits de l’Homme, la CFDT, le Pacte civique et un acteur très local, la Colonie espagnole qui est implantée en plein de Béziers dans un quartier touché par la problématique de la pauvreté.

    Françoise Verna : Où peut-on vous retrouver ?

    Serge Pesce : Nous serons présents sur les Allées Paul-Riquet de 14h à 17h pour échanger avec les Biterrois et rappeler la situation de la pauvreté sur la ville. La pièce de théâtre So so Sobriété sera jouée le soir à 18h à la Colonie espagnole.

    Olivier Nottale : Le thème, cette année, de la Journée mondiale du refus de la misère est, je cite : « Défendons la paix, pour un monde habitable : justice sociale et environnementale ». C’est fondamental de lier justice sociale et environnementale ?

    Serge Pesce : Malheureusement, la situation de misère, de pauvreté, elle s’additionne, se cumule. Le premier degré de la misère, c’est la misère financière, bien sûr. Mais, ces personnes sont aussi les premières à être victimes d’une misère culturelle, d’une misère sociale, dans la qualité de la vie, le logement. Ce sont les personnes qui sont le plus nombreuses dans les passoires thermiques où l’on crève de chaud l’été et de froid l’hiver. Elles ont moins accès aux soins, aux médecins. Les personnes fragiles vivent cela dans tous les domaines de la vie.

    Olivier Nottale : L’objectif est d’être force de proposition ?

    Bernard Morin : Il faut savoir de quoi on parle en premier. Sur Montpellier, cela fait six ans que nous existons. On a commencé par bredouiller mais depuis maintenant deux ans on travaille, on agit sur le logement en lien avec la mairie, dans des commissions. Nous allons travailler avec tout le réseau de l’éducation populaire sur Montpellier en lien et avec le soutien technique de la Ville.

    Françoise Verna : Vous avez fait un travail de fond sur la pauvreté à Béziers, une des villes, si ce n’est la ville, la plus pauvre de France. Quelles en sont les grandes lignes ?

    Serge Pesce : Le seuil de pauvreté, c’est 50% du revenu median qui lui est d’environ 1 500 euros par mois. En France, 14% de la population est à ce niveau [750 euros/mois], soit 9 millions de personnes. Et bien à Béziers, nous sommes à 36%. Si l’on regarde de plus près, cela concerne une population de moins de 30 ans où il est de 48%. La situation de famille monoparentale conduit à la pauvreté presque inéluctablement. C’est une situation qui a beaucoup évolué en France : Il y avait 10% de familles monoparentales en 1968, nous avons dépassé 26% en France au début des années 2020. Et cette fois encore, spécificité à Béziers, il y a 40% de familles monoparentales.

    Olivier Nottale : Bernadette Chamouton vous êtes membre du collectif du pouvoir de vivre de Pézenas. Samedi, la Journée du refus de la misère se déroule au lycée agricole. Il y aura notamment un stand de Territoire Zéro Chômeurs. Pourquoi ce projet est en difficulté ?

    Bernadette Chamouton : Nous sommes en galère après pourtant six ans de travail sur ce projet. Tout était prêt mais le gouvernement a demandé au fonds d’investissement de bloquer l’argent et de stopper le projet qui devait démarrer début septembre. Nous avons fait signer une pétition sur le marché de Pézenas. Une lettre a été envoyée au ministre du travail et même au président, monsieur Macron. Le projet est prévu, budgété. C’est une volonté de ne pas le réaliser. Des salariés attendent un travail depuis des années.

    Nous sommes dans l’incertitude sur ce projet important mais on ne baisse pas les bras car la création du collectif a créé une ambiance citoyenne à Pézenas.

    Consultez le programme complet et écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Tous unis et solidaires à Brignolespour un monde plus juste et plus sain

    Tous unis et solidaires à Brignolespour un monde plus juste et plus sain

    À Brignoles, les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, la Confédération paysanne, ainsi que les fédérations de parents d’élèves FCPE et UPI ont réussi à construire un appel commun, là où les initiatives peinaient à se coordonner ailleurs dans le département.

    « La particularité d’aujourd’hui, c’est que tout part du mouvement lycéen », souligne Quentin Dauphiné, militant de la FSU et enseignant au lycée de Saint-Maximin. Pour lui, cette journée marque un tournant : « On parle souvent de convergence des luttes, mais là, on la réalise. » Au-delà des conditions d’études, il voit dans la mobilisation des jeunes l’expression d’un « ras-le-bol par rapport à la société telle qu’ils la voient évoluer ».

    Sur le terrain, les témoignages donnent corps à cette colère. Aela, éducatrice spécialisée et représentante de parents d’élèves à la FCPE, dénonce un lycée Gianetti à Saint-Maximin prévu pour 1 200 élèves, mais qui en accueille 1 600, avec des classes à 38 élèves.

    Kelly, lycéenne, illustre concrètement ces difficultés : son professeur de français est absent depuis la rentrée et n’a toujours pas été remplacé.

    « Siamo tutti antifascisti ! »

    « C’est important d’être là parce que le gouvernement nous prépare encore un budget austéritaire et sans doute un des plus violents de ces dix dernières années de la Macronie », explique Corine Perrier (CGT)

    Et d’ajouter : « L’idée aussi, c’est de ne pas laisser l’extrême droite s’emparer de ce 17 octobre surtout dans notre territoire où elle est quand même ultra-puissante ».

    La représentante syndicale insistant sur l’urgence de démasquer partout cette « arnaque sociale ».

    Une préoccupation partagée bien sûr par Pascal Brun de l’association Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA), qui rappelle que « la lutte contre l’extrême droite doit se faire sur tous les terrains de la lutte sociale pour dénoncer l’imposture. » Et de poursuivre : « On voit d’ailleurs que les jeunes ne l’oublient pas dans les manifs. Quand on les entend scander Siamo tutti antifascisti ! ça fait plaisir à voir et on se dit que tout n’est pas forcément perdu ».

    Plus loin, Florence Venco (Solidaires), témoigne de la dégradation des conditions de travail dans l’éducation et d’une rémunération en tant qu’AESH qui la maintient sous le seuil de pauvreté depuis dix ans. « Je continue de faire ce métier parce que je l’aime et j’y trouve du sens », explique-t-elle, au nom d’un engagement qui touche à l’avenir de la jeunesse.

    La convergence se veut aussi politique. Pour Sylvie Vinceneux, secrétaire de la fédération varoise du PCF, « cette jeunesse se conscientise avec des mots d’ordre très politiques qui rejoignent ceux qu’à gauche on peut porter, particulièrement au Parti communiste français ». Et de poursuivre : « Ils disent qu’ils ne veulent pas plus d’une France à 40 degrés que d’une France avec le RN au pouvoir. »

    L’avenir de la planète s’invite également dans le cortège. Vincent Arcusa, de la Confédération paysanne, fait le lien entre les inquiétudes des jeunes et celles des agriculteurs face au dérèglement climatique. « On ne peut pas vivre si on ne change pas vraiment les choses », prévient-il. Refusant que les aides liées à la sécheresse soient financées au détriment des agences environnementales, il réclame une autre répartition des richesses : « On demande d’aller prendre le sou là où il y en a, chez les profiteurs de guerre, chez les profiteurs de crise ».

    Pour Maylis, lycéenne, cette journée réunit justement « différents combats » : ceux des élèves, des travailleurs, des agriculteurs et de tous ceux qui se mobilisent pour le climat. Élodie, Gilet jaune, résume le sentiment partagé : « On n’en veut pas de ce monde, de ces injustices. On ne veut pas que nos jeunes grandissent là-dedans ».

    En tout cas ici, comme dans beaucoup d’autres endroits, on a donné l’exemple, avec des manifestants déterminés à mener le combat social mais aussi à ne laisser gâcher l’élan populaire par personne.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    « Avec la sécheresse, on ne sait pas du tout où on va. On a eu un hiver pluvieux, avec des arbres en forme ; et là, on se retrouve avec des olives toutes petites, qui tournent et deviennent noires » : Paolo Chabot, agriculteur agroécologique au moulin familial de Bonaventure, sur le plateau de Valensole, a subi de plein fouet les aléas climatiques cet été. « Le climat change trop, on n’arrive plus à faire de bons rendements de bonne qualité », regrette-t-il. Face à cette situation instable, il essaye de se diversifier et de miser sur des cultures moins vulnérables et sensibles au changement climatique. « Depuis deux ans, on essaye les oléagineux, comme le tournesol ; ou encore la moutarde », avec son père et son frère qui les a rejoints récemment sur la petite exploitation de 30 hectares. « On est assez peu à avoir la double casquette agriculteur et moulinier : il y a 10 moulins dans le 04, et que trois agriculteurs mouliniers », précise le producteur, qui a environ 800 clients agriculteurs.

    Paolo Chabot « essaye de tout faire en agroécologie », ce que l’ingénieure agronome Brune de La Selle définit comme « produire avec plutôt que contre le vivant ». « Plutôt qu’éliminer les espèces qui nous dérangent, on essaye de comprendre comment elles peuvent nous être utiles », explique-t-elle. Cette approche se veut une alternative au système agro-industriel.

    « Montrer que le bio peut être rémunérateur »

    Pour s’assurer d’avoir un revenu stable, l’agriculteur vend une partie de son huile d’olive à la start-up française Revoliva, qui propose à ses acheteurs un système de parrainage d’arbres et d’abonnement annuel. « On veut montrer que le bio peut être attractif, valorisant et rémunérateur », avance Daniel Bodenheimer Morales, qui a cofondé la marque Revoliva avec son ami d’enfance Fémi Faure. « On accompagne des fermes bio en France, en Espagne et en Italie. On peut doubler la rémunération en faisant du parrainage d’oliviers. La vente directe permet de mieux rémunérer les producteurs », affirme-t-il. La start-up, dont les bureaux sont à Paris, travaille aussi bien avec des particuliers qu’avec des chefs. Une quarantaine de restaurateurs parisiens se fournissent en huile d’olive chez eux. « Tout part d’un partenariat fort avec Paolo, qui est très engagé. On s’est compris en termes de valeurs », relate Daniel. « Chaque région a un pionnier », et Paolo est celui des Alpes-de-Haute-Provence.

    Revoliva permet aux producteurs d’accéder au marché, ce qui est « extrêmement difficile » pour eux sans être accompagnés, avance le cofondateur. « Aujourd’hui, le producteur vend ses olives en vrac à bas prix, il est à la limite de la rentabilité. Les négociants qui achètent ont pour but d’augmenter leur marge, parce qu’après, ils revendent à un intermédiaire qui revend à un magasin. L’agriculteur, lui tout seul, ne peut pas organiser sa vente. Donc nous, l’utilité qu’on a pour l’agriculteur, c’est la commercialisation, la sécurisation de la vente », précise Daniel.

    La France ne produit que 3 à 5% de l’huile d’olive qu’elle consomme, alors que l’Espagne produit près de la moitié de l’huile d’olive dans le monde. L’huile d’olive Revoliva est revendue uniquement sur le marché français.

  • Climat : les citoyens veulent des engagements

    Climat : les citoyens veulent des engagements

    Le 26 septembre, plus de 150 personnes participaient à Hyères à une marche pour le climat, avant de se retrouver en assemblée citoyenne pour réfléchir aux suites à donner à cette mobilisation. De cette rencontre est née une série de propositions qui viennent d’être adressées à la première magistrate de la Cité des Palmiers Véronique Bernardini.

    Les signataires réclament des décisions sur plusieurs dossiers qu’ils jugent prioritaires : adaptation aux fortes chaleurs, alimentation, préservation du littoral, accès au logement, écoles et transports. Et annoncent une nouvelle mobilisation prévue les 14 et 15 novembre*.

    Parmi les premières préoccupations figure l’adaptation de Hyères aux épisodes de canicule. En cause entre autres l’imperméabilisation des sols bitumés accumulant la chaleur et sources d’inondation. Le collectif invite ainsi à accélérer la végétalisation des cours d’école menée dans le cadre de projets participatifs associant enseignants, enfants et services municipaux, un peu comme cela se fait à Toulon. Et demande l’adoption, avant l’été prochain, d’un plan d’adaptation fondé sur le bilan de l’été 2026.

    Parmi les propositions figurent la remise à l’air libre de cours d’eau enfouis sous certaines chaussées et le recensement des lieux frais gratuits accessibles aux personnes vulnérables.

    Agriculture et cantines

    Les citoyens plaident aussi pour le développement des composteurs collectifs en copropriété. Autre sujet central : l’agriculture et l’alimentation. L’occasion d’appeler à redonner à Hyères ses capacités maraîchères, en facilitant notamment l’installation de jeunes agriculteurs et de producteurs biologiques. Ce qui implique de recenser les terres agricoles en friche et d’étudier leur mise à disposition.

    Ils demandent la publication des chiffres permettant d’évaluer le respect des objectifs de la loi Egalim dans les cantines scolaires, ainsi que la préparation, avec les parents et les producteurs, d’une organisation privilégiant les circuits courts et l’agriculture biologique après l’échéance du contrat actuel avec Elior, prévue en 2028.

    Concernant la loi Littoral les signataires réclament un plus grand engagement de la municipalité à sa défense, notamment au sein de l’Association nationale des élus des littoraux (Anel). Et souhaitent également relancer le comité consultatif de la presqu’île de Giens afin que les habitants puissent prendre part aux réflexions.

    La difficulté à se loger dans la commune est un autre sujet soulevé par l’assemblée. Parmi les pistes, se trouve un encadrement plus strict des résidences secondaires et des logements vacants.

    Sur tous ces points, les signataires demandent à la municipalité de s’engager avant la fin de l’année. « Nous n’attendons pas seulement des intentions, mais des décisions », précise Caroline Moulin. En tout cas tout le monde se dit prêt à travailler de concert avec la Ville pour l’intérêt général.

    * Le mouvement appelle les habitants à signer son appel sur le site 26septembre.org et à le contacter à l’adresse : mpchyeres@gmail.com

  • Aix Avenir lance son plan pour une ville plus fraîche

    Aix Avenir lance son plan pour une ville plus fraîche

    « Nous avions déjà dans notre programme cette ambition. Nous n’avons pas gagné les élections, mais on ne peut pas rester les bras ballants. » Ainsi résume Marc Pena, à la tête du groupe d’opposition de gauche Aix Avenir, l’initiative présentée dans son local du Puits-Neuf. Dès ce jeudi soir et pour les prochains mois, le groupe propose des réunions publiques de travail autour de la construction d’un « plan fraîcheur ». Un condensé de propositions « réalisables » pour faire face aux canicules dès l’été prochain, qui seront ensuite soumises à la majorité municipale.

    Le contexte est présenté dès l’ouverture de cette première rencontre : un été marqué par trois épisodes caniculaires, d’autant plus difficiles à vivre à Aix-en-Provence, dont « les projections sont particulièrement inquiétantes », estime Marc Pena. Celui-ci rappelle que « d’ici à 2100, Aix pourrait devenir la ville la plus chaude de France, avec une hausse des températures pouvant atteindre 4,8 degrés de plus ».

    L’élu poursuit : « Alors que le gouvernement prévoit de diviser, dans ce budget, par trois les crédits du Fonds vert (…), nous ne pouvons plus compter sur l’état pour porter nos politiques à la hauteur de l’urgence. » Avant de prévenir la dizaine de participants présents : « L’opposition ne peut pas simplement s’opposer, elle doit être proactive. Mais attention, à tous ceux qui ne sont pas des élus ou engagés autour de nous, on ne veut rien instrumentaliser. » Le plan, se veut « sérieux, une politique publique qui concerne tout le monde, sans oublier une catégorie de la population. Il faut qu’elle concerne tous le territoire et tous les aspects de politique publique de cette ville. On n’a eu que des réponses fragmentées, jusque-là, de la majorité », précise Cyril Di Méo, élu d’Aix Avenir.

    « être force de proposition »

    Avant de se mettre au travail, un premier tour de table a été organisé autour du ressenti de chacun après les fortes chaleurs de cet été. Deux groupes ont ensuite été constitués : l’un chargé de réfléchir aux mesures « à court terme », l’autre aux mesures « à moyen ou long terme ».

    Parmi les participants, les canicules subies ces derniers mois ont souvent constitué la principale motivation pour assister à cette première réunion. « Terrible. Je me suis dit “il faut faire quelque chose” », déroule Laurence. Si elle ne sait « pas trop » quoi attendre des réunions, elle assure « écouter ».

    « Un mois d’octobre à 25 degrés, ce n’est pas normal. J’espère être force de proposition. Mais on a tous des idées, notamment en prenant exemple sur des villes et villages qui ont déjà beaucoup plus avancé sur l’adaptation [climatique, Ndlr] », espère de son côté Evelyne, militant Les écologistes.

  • La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    « Nous sommes dans un contexte agricole exigeant, a rappelé Christel Gagliardo, la présidente de la FDSEA des Hautes-Alpes ce jeudi lors de la rentrée syndicale. Enjeux climatiques, réglementations toujours plus complexes, situation financière dégradée… Tout se cumule ! Plus que jamais, nous avons besoin d’échanger ». Le préfet Philippe Bailbé, la députée Marie-José Allemand (PS) et des représentants du conseil départemental ont participé à la réunion, aux côtés de la dizaine de membres du syndicat libéral et de membres du syndicat Jeunes Agriculteurs.

    Deux membres du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) étaient aussi présents pour discuter du premier point à l’ordre du jour : la prévention du risque incendie. « Avec le changement climatique, notre métier change, a introduit Grégory Favier, chef de centre. Lors des feux de moissons, qui démarrent très rapidement, les premiers intervenants, c’est vous, les agriculteurs ! » Les pompiers ont proposé de « former » les exploitants aux bonnes pratiques : « Car des petits gestes, comme ajuster la trajectoire en fonction du vent ou de la pente, peuvent limiter les dégâts ». Le Sdis aimerait former un partenariat avec les agriculteurs en cas d’incendie, comme il le fait déjà avec les fédérations de chasseurs. « L’idée est d’avoir trois interlocuteurs en cas de feux, pour ainsi être organisés et assurer la sécurité de tous », a expliqué Pierre-Emmanuel Feit. Il propose aussi aux agriculteurs de recenser leur matériel susceptible d’aider lors des incendies, comme les tonnes à lisier qui peuvent acheminer de l’eau. « On sait que vous avez d’autres choses à faire, admet le préfet. Mais en cas de crise majeure, comme on en a eu cet été, on a besoin de toutes les bonnes volontés. »

    Le sujet des réserves multi-usage d’eau (aussi appelées mégabassines), dont le développement est fortement souhaité par le syndicat, est ensuite venu sur la table. « Le problème, c’est que c’est très long à mettre en place, explique la présidente. Les dispositifs existant ne représentent pas la réalité du terrain. » Tous les participants sont d’accord sur un point : pour pouvoir en financer, et au passage en assurer l’acceptabilité sociale, il faut partager ces projets avec d’autres acteurs économiques. Comme les collectivités, ou les stations de ski, « qui ont davantage de moyens ». « Si l’on veut garantir une alimentation en eau tout au long de l’année, on n’a pas le choix, estime le Philippe Bailbé. Ces retenues d’eau sont indispensables. » Toujours sur l’eau, la question de la priorisation des usages en cas de sécheresse a été abordée : « Il faudrait que celui qui arrose sa pelouse arrête un peu avant que nous soyons contraints de cesser d’irriguer notre maïs ! », a lancé Christel Gagliardo.

    Sur les enjeux de transmission des fermes, de plus en plus urgentes car de nombreux exploitants vont partir à la retraite dans les prochaines années, la présidente a présenté un dispositif régional qu’elle espère voir émerger dans le département, Terre Adonis. La structure accompagne financièrement un porteur de projet, et lui vend ensuite la ferme au bout de quinze ans maximum. « Contrairement à l’association Terre de liens, qui ne permet pas aux agriculteurs de devenir propriétaires et ne se destine qu’à la filière bio, a-t-elle précisé. Nous, on veut que l’agriculteur soit libre ! »

    Agathe Di Lenardo