Tag: climat

  • En Catalogne, des usines de dessalinisation pour faire face à la sècheresse

    En Catalogne, des usines de dessalinisation pour faire face à la sècheresse

    Deux cents millions de litres d’eau par jour. C’est la capacité de production de l’usine de dessalement du Llobergat, à Barcelone. Gérée par l’entreprise publique Ens d’Abastament d’Aigua Ter-Llobregat. L’usine permet de diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment en période de sécheresse. « Lors de la sécheresse de 2021-2025, l’utilisation de l’eau superficielle est passée de 44 à 19% tandis que celle de l’eau dessalée est passée 14 à 23% », détaille Manel Giraldo, directeur des relations institutionnelles à Agües de Barcelona, une filiale de Veolia.

    Mise en service en 2009, l’usine de dessalement du Llobergat distribue de l’eau potable à 154 municipalités catalanes, soit cinq millions d’habitants. « Nous captons l’eau à 2,2 km des côtes, soit à 32 mètres de profondeur. Deux tours de 4m de diamètre récupèrent l’eau qui est envoyée via des canalisations vers la station de dessalement, à plus de 3 km », fait valoir Carlos Miguel, directeur de la station. Le procédé se déroule en plusieurs étapes : un premier traitement par flottation afin d’éliminer les micro-organismes et les algues suivi de plusieurs filtrations dont une par osmose inverse, avant d’être reminéralisée afin d’être consommée. « Sur 100 litres d’eau salée, nous obtenons 45 litres d’eau douce », poursuit Carlos Miguel. Le reste étant rejeté dans la mer. La méthode est louée notamment pour sa complémentarité avec la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). « Lors de fortes pluies, beaucoup de matière est en suspension, la qualité de l’eau du fleuve n’est pas bonne, ce qui fait que les usines de Reut ne peuvent fonctionner. Il faut donc utiliser le dessalement », insiste Carlos Miguel. Si aucun impact sur la faune et la flore marines n’est à relever selon le directeur de l’usine, son coût est néanmoins plus élevé que la Reut. « Alors que l’eau issue de la Reut et d’une station de potabilisation a un coût de 32 centimes le mètre cube, celui d’une usine de dessalement est de 64 centimes », observe Miquel Paraira, directeur de la qualité de l’eau à Aigües de Barcelona. Deux projets d’usine sont déjà dans les cartons, portant à quatre le nombre d’usines de dessalement en Catalogne.

  • Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Pour l’heure, l’étude, dont les premiers résultats ont été présentés début février 2026, n’est pas encore rendue publique et reste dans les tiroirs des élus de la communauté de communes de Terre de Camargue. Lancée sous la présidence de Robert Crauste, elle doit désormais être analysée par les nouveaux élus de la communauté de communes.

    Car avec la défaite de Robert Crauste (DVC) battu par Charly Crespe (DVD) aux dernières élections municipales au Grau-du-Roi, l’intercommunalité, composée également d’Aigues-Mortes et de Saint-Laurent-d’Aigouze, a vu son conseil renouvelé. C’est le maire de cette dernière, Thierry Féline (DVD), jusqu’ici en charge du développement économique, qui a récupéré la présidence et devra prochainement se prononcer sur les investissements à réaliser pour une gestion durable de l’eau.

    Comme un peu partout en Occitanie, la ressource en eau se raréfie en Terre de Camargue sous l’effet du dérèglement climatique. Au-delà des questions agricoles et de la préservation des milieux naturels, ce sont les enjeux d’approvisionnement en eau liés à l’afflux touristique qui sont étudiés. En effet, la population du Grau-du-Roi est multipliée par 14 durant la période estivale, passant de 8 500 habitants l’hiver à 120 000 l’été. Pour répondre à ces besoins, la collectivité assure l’ensemble du cycle de l’eau : alimentation en eau potable, assainissement collectif et non collectif, collecte des eaux pluviales et protection des milieux aquatiques.

    C’est donc dans ce contexte que la communauté de communes a lancé une étude pilotée par le bureau d’études Ecofilae associé à BRL Ingénierie afin de mener un projet de réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Ce projet n’est d’ailleurs pas nouveau : les communes du territoire réfléchissent à la manière de réutiliser les eaux usées depuis 2007.

    Résultats encourageants

    Cette étude s’appuie donc sur la station d’épuration
    intercommunale du Grau-du-Roi, capable de traiter l’équivalent de 100 000 habitants. Aujourd’hui, elle rejette ses eaux traitées vers des lagunes avant leur arrivée en milieu naturel. Si l’étude dresse un bilan des usages actuels, domestiques et agricoles, elle identifie aussi des scénarios possibles de réutilisation des eaux usées traitées en sortie de station.

    Les résultats, jugés comme un « potentiel intéressant », dessinent un scénario où il serait possible de réutiliser 200 000 m³ d’eau par an pour l’irrigation agricole. Jusqu’à un million de m³ est même envisagé pour des usages plus larges, dont potentiellement des usages liés à l’eau potable. Cela représente ainsi près de 30% de la consommation en eau du territoire. « Ce serait alors une première en France si ce scénario était poursuivi », souligne l’étude. La station graulenne pourrait ainsi réutiliser jusqu’à 40% de l’eau qu’elle traite (2,5 millions de m³). Une prouesse d’autant plus prometteuse que l’un des facteurs locaux à prendre en compte reste la salinité de l’eau, qui demande un traitement différent.

    Si les coûts d’un tel projet n’ont pas encore été dévoilés – ce qui devrait être déterminant dans la décision pour engager des investissements -l’intercommunalité confirme que cette étude « permet de juger des opportunités, des contraintes techniques, des coûts et des bénéfices d’une telle stratégie » afin « d’anticiper et de préparer des solutions robustes face à des tensions sur la ressource, tout en respectant les équilibres environnementaux et les usages locaux ».

  • Eaux usées, l’eldorado pour sauver l’or bleu ?

    Eaux usées, l’eldorado pour sauver l’or bleu ?

    Ls joueurs de golf qui évoluent sur le green de La Grande-Motte, dans l’Hérault, savent-ils que leur chère pelouse est arrosée par des eaux usées traitées ? C’est l’une des premières mise en œuvre, en France, d’une technique : la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Et pour cause : alors que la crise de la ressource en eau s’aggrave, gaspiller de l’eau potable sur les parcours du Golf international de la Grande Motte devenait insoutenable. Pour autant, cette réutilisation ne va pas de soi et la France est à la traîne.

    L’Observatoire national des services d’eau et assainissement explique que dans notre pays « la réutilisation des eaux usées traitées demeure très marginale, représentant moins de 1% du volume total des eaux traitées, selon une estimation du Cerema [organisme qui accompagne l’État et les collectivités en matière de défi climatique] dans son document “Réutilisation des Eaux Usées Traitées – Le panorama français” publié en 2020 ». À titre de comparaison, souligne l’observatoire, « certains pays ont développé cette pratique de manière bien plus significative : Israël atteint un taux de réutilisation de 86%, l’Espagne 14% et l’Italie environ 8%. » L’Espagne justement et la Catalogne en particulier ont investi face à une sécheresse endémique (lire notre reportage page 6) grâce au savoir-faire du numéro un mondial de la gestion de l’eau, le groupe privé Veolia.

    Pour revenir sur le green du golf de La Grande-Motte, l’observatoire national des services de l’eau et assainissement juge que « cet exemple illustre bien les défis que soulève la réutilisation des eaux usées, tant sur le plan technique qu’économique ». En effet, la mise en place de la réutilisation des eaux usées traitées doit « garantir une qualité d’eau conforme aux usages publics » et nécessite souvent « des traitements complémentaires, afin d’atteindre des concentrations très faibles en bactéries et en polluants ». Cela peut impliquer « l’installation d’unités de désinfection supplémentaires et exige un suivi sanitaire permanent ». De gros investissements sont donc nécessaires. À Montpellier, la régie publique de la Métropole expérimente un camion itinérant dans cinq communes, équipé d’un système de traitement des eaux usées. Un projet financé par des fonds européens (lire page 7).

    Dépasser le facteur « beurk »

    Pour l’observatoire, « les contraintes, à la fois techniques et économiques, expliquent en partie pourquoi la réutilisation des eaux usées traitées reste encore peu développée en France ».

    Le CNRS planche sur le sujet pour sauter ces obstacles : « Plusieurs équipes de scientifiques du CNRS travaillent sur des technologies innovantes pour s’assurer que cette eau soit propre et sans danger. En Vendée, un projet teste la réutilisation des eaux usées pour produire de l’eau potable. Dans le Gard, un autre programme explore la recharge des nappes phréatiques », précise le centre de recherche. Et de rappeler que d’« ici à 2030, l’ambition du gouvernement est d’atteindre 10% de réutilisation ». Mais prévient le CNRS, « il reste un gros défi : dépasser le “facteur beurk”, une réaction de dégoût à l’idée de réutiliser une eau considérée comme insalubre. L’acceptabilité sociétale de la réutilisation des eaux usées est en effet cruciale pour son succès. »

    Il y a aussi la réglementation. Selon Veolia, « la Commission européenne estime que l’eau traitée pourrait être réutilisée 6 fois plus qu’elle ne l’est actuellement. Le premier règlement a été publié en 2020, et les spécifications techniques en 2024, pour harmoniser les règles et encourager la Reut en Europe. » En attendant, des essais sont mis en œuvre : À Toulouse, le projet Val REU a été lancé en 2023 avec pour ambition de retraiter des eaux usées pour les recycler vers de nouvelles utilisations, comme le nettoyage des voiries, l’alimentation de sanitaires ou l’arrosage des terrains de sports. Un nouveau type de membrane filtrante et durable, Neophil, est mis en service lors de cette opération. Une expérience est également menée avec le Stade Toulousain, pour l’arrosage de ses terrains de rugby.

    De son côté, la commune d’Argelès-sur-Mer, utilise le procédé Reut pour l’agriculture de cette commune située dans les Pyrénées-Orientales, un département frappé par une sécheresse depuis plusieurs années.

    Coût élevé, acceptation sociale, entretien, contrôles sanitaires accrus. La réutilisation des eaux usées traitées rencontre des freins objectifs. Cette technique doit faire partie du panel de solutions pour protéger la ressource en eau mais sans accroître sa consommation. C’est l’alerte de Nassim Ait Mouheb, directeur de recherche à l’Inrae, au sein du laboratoire G-Eau à Montpellier (lire ci-contre son entretien). Pour lui « cette solution doit être pensée de manière systémique, avec la sobriété, les autres solutions d’adaptation et les besoins du territoire ».

  • Des innovations autour des enjeux de l’eau et du climat à Marseille

    Des innovations autour des enjeux de l’eau et du climat à Marseille

    Faire face aux enjeux du réchauffement climatique. C’est tout le défi des Rencontres écosystèmes innovation, lancées par la Société des Eaux de Marseille (SEM), le mercredi 3 juin. Le terme « écosystème » vient du constat « que nous sommes dans un temps où il faut plus que jamais faire alliance et travailler tous ensemble », explique Sandrine Motte, directrice générale de la SEM. L’objectif : rassembler et faire rencontrer les membres de la Société des eaux de Marseille et des acteurs de l’innovation pour créer différentes opérations. « On voit que l’eau est centrale sur plein de thématiques sociales et sociétales », ajoute la directrice générale. Lionel Ercolei, directeur de l’innovation et du digital, constate cette nécessité de développement : « C’est avant tout des initiatives qui répondent aux besoins des clients. » Une question principale se pose, selon Sandrine Motte : « Comment guider les comportements pour que chacun contribue à faire évoluer nos usages dans un contexte de changement climatique ? » Un cas typique : les piscines. L’enjeu est alors de comprendre ce que perçoit la population quand on parle de changement climatique, comme le rappelle le Grec-Sud, groupe partenaire, qui s’inscrit dans cette démarche. La Société des eaux de Marseille constate alors une évolution des usages. « Le réchauffement climatique est là, il y aura moins d’eau et de plus en plus d’inondations brutales. Cela se traduit par des comportements des usagers qui sont en train d’évoluer », souligne Lionel Ercolei.

    De la 3D et des drones

    Pour répondre à ces besoins, la société marseillaise In the air est spécialisée dans l’acquisition de données par drones. « Nous pouvons réaliser des scans 3D du canal de Marseille, mais aussi de tunnels souterrains, afin d’identifier des désordres. Cela permettra alors d’engager des travaux de maintien », présente Marion Sardou, la directrice commerciale de l’entreprise. Les drones réalisent des calculs de volume sur des grands bassins, permettant de gagner en temps et en précision. À quelques pas, Loris Deirmendjian, est chef de projet chez Pixstart, une start-up réalisant des prises de vues par satellites de milieux aquatiques. « L’objectif est de produire la donnée, de l’interpréter, d’anticiper et de préconiser », affirme le chef de projet. « Nous suggérons également des actions face à la cyanobactérie, qui se développe à cause du changement climatique », ajoute-t-il.

    Créée il y a plus de 80 ans, la Société des eaux de Marseille assure le service de l’eau et de l’assainissement pour 1,5 million de Provençaux.

    Carla Forges

  • La jeunesse marseillaise sur les bancs de l’écologie

    La jeunesse marseillaise sur les bancs de l’écologie

    Sur les tables, des poubelles verte, jaune, noire et marron côtoient les gourdes des enfants. Dans la classe, Estelle, de l’association Zero Waste Marseille, leur apprend à recycler leurs déchets : « On a ramené différentes bouteilles qu’ils ont dû mettre dans la bonne poubelle », explique-t-elle, « ça a l’air de plaire, ils posent des questions ». Pour la deuxième activité, les enfants doivent dessiner leur goûter parfait, sans déchets. L’objectif ? Leur montrer qu’ils peuvent consommer des choses appétissantes, sans pour autant qu’il y ait d’emballages. Un exercice bien compris par les élèves. « J’ai dessiné une pomme et une gourde », sourit l’une d’eux.

    Jusqu’au 6 juin, l’association proposera d’autres ateliers de ce genre dans différents établissements marseillais. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du Printemps du climat, événement national organisé par l’Association prévention MAIF pour encourager le public à agir en faveur de l’atténuation climatique. D’autres collectifs, comme Texticologie et Repair Café, participent également à cette semaine de mobilisation.

    Le temps de l’espoir

    Dans la cour, l’association Les Petits Débrouillards fait découvrir la biodiversité aux élèves. « On explique la science à des publics non-spécialistes, pour que tout le monde puisse comprendre », résume Marilou, bénévole. Après une heure d’activité, la récréation sonne enfin. « On a parlé des différences entre les espèces vivantes et des régimes alimentaires », raconte-t-elle. « Ils sont hyper réceptifs, et ils savent déjà plein de choses, c’est bien. » Une belle preuve qu’à Marseille, la sensibilisation aux enjeux climatiques gagne du terrain.

    Ivanie Legrain

  • [EQDD] En Pays de Fayence, l’urbanisme sur pause pour préserver l’eau

    [EQDD] En Pays de Fayence, l’urbanisme sur pause pour préserver l’eau

    L’eau de Siagnole coule à flots. L’hiver pluvieux augure d’un été sans restriction. Rien à voir avec ce que les neuf villages du Pays de Fayence ont connu en 2022 et 2023. Depuis, la communauté de communes a pris une série de mesures inédites. En tête, le gel des permis de construire. Car dans ce territoire particulièrement attractif à la lisière du Var et des Alpes-Maritimes, la population ne fait que grandir et, avec elle, les besoins en eau.

    « Pendant longtemps, on a cru qu’il y aurait toujours de l’eau », reconnaît Jean Florimond, le président de l’association des usagers de l’eau du Pays de Fayence. Il y a quatre ans pourtant, les habitants réapprenaient brutalement l’évidence : l’eau est une ressource finie. Ils en font l’expérience dès février 2022 lorsque tombent les premières alertes « sécheresse ». Puis, en mai, la première limitation de l’usage de l’eau : 200 litres par jour et par personne. À l’été, le quota baisse encore à 150 litres. À 100 litres mi-octobre. L’approvisionnement est au bord de la rupture.

    Un saut dans le vide validé par la justice

    « Ce qu’on considérait comme une anomalie a pris le tour d’une crise sans précédent », résume François Cavallier, maire de Callian et nouveau président de l’intercommunalité. Un coup de semonce pour les édiles, comme pour les résidents. Tous le savent bien désormais : « La normalité apparente de ce printemps cache une fragilité structurelle ».

    C’est pour agir sur ce point que, début 2023, les neuf maires prennent une décision unanime : un moratoire sur les permis de construire, gelés pour cinq ans, afin de contenir les besoins en eau. « Nous sommes contents d’être attractifs, reprend le maire de Callian, mais il faut que nous puissions accueillir les gens. La stabilisation de l’urbanisme, c’est une pause pour mettre à niveau nos services ». D’ici à fin 2027, une conduite depuis le lac de Saint-Cassien doit ainsi venir soutenir l’alimentation en eau.

    « C’était un saut dans le vide, revendique François Cavallier, car nous n’avions pas qualité pour prendre cette décision ». Mais l’État suit. Et lorsque certains portent le refus de permis de construire qui leur est opposé devant la justice, le tribunal administratif, puis le Conseil d’État, donnent raison aux élus. « Une véritable satisfaction », se félicite le président du Pays de Fayence. Qui se réjouit aussi que, depuis, la mesure ait fait des émules : le Vaucluse, les Pyrénées orientales et l’Ain, des départements connaissant de fortes tensions sur l’approvisionnement en eau, ont pris des décisions similaires.

    Les limites du technosolutionnisme

    Le moratoire est bien accepté par la population, qui « a compris qu’il n’y avait pas d’autres choix », souligne encore l’élu. « On est rassuré par le sérieux avec lequel le problème est géré », confirme Jean Florimond. Pour autant, le dispositif n’est pas sans conséquence. « On observe clairement une hausse des prix de l’immobilier et une raréfaction des biens », admet François Cavallier.

    Ainsi, la question de l’accès au logement se pose-t-elle. Tout comme celle des carnets de commandes des professionnels du bâtiment, « mis en difficulté », regrette le maire de Callian. « La sobriété foncière a des avantages, mais on ne pourra pas la tenir indéfiniment ». Reste donc à savoir « ce que nous ferons en 2028 », une fois le moratoire arrivé à échéance.

    Parce que « même avec l’eau du lac, il faut changer de paradigme », prévient François Cavallier, avant d’asséner : « Le technosolutionnisme, tout comme la ressource, a des limites ». Jean Florimond ne dit pas le contraire. Au-delà des infrastructures, l’association des usagers de l’eau du Pays de Fayence prône une gestion plus sobre. Par l’amélioration des réseaux et de leurs rendements, mais aussi une tarification incitative, en cours d’élaboration, récompensant les foyers les plus économes.

    « On l’a vu entre l’été 2022 et l’été 2023 : lorsque les tarifs augmentent avec la consommation, celle-ci baisse de 30% », remarque François Cavallier. Sans ça, renchérit le président des usagers, « les gens se désintéressent de la problématique ». Le risque de pénurie, lui, demeure.

    Par Virginie Rabisse Var Matin

  • [EQDD] Ils troquent leur bureau contre les champs, l’expérimentation toulousaine des Ateliers Icare

    [EQDD] Ils troquent leur bureau contre les champs, l’expérimentation toulousaine des Ateliers Icare

    Quitter un poste d’ingénieur chez Airbus pour aller travailler dans les champs. C’est le choix qu’a fait Frédéric Berthelot en 2021, cofondateur des Ateliers Icare, une association toulousaine née dans le sillage du Covid.

    « Je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer comme ça », raconte cet ancien salarié du groupe aéronautique. Déjà sensible aux enjeux environnementaux, il décide de reprendre des études en éco-ingénierie à Toulouse et de s’engager dans un projet mêlant travail, agriculture et écologie. L’idée des Ateliers Icare : permettre à des salariés de consacrer environ 20% de leur temps de travail à une activité agricole, principalement dans des fermes maraîchères situées près de chez eux. Une manière, selon l’association, de « réconcilier travail et écologie ».

    Créé sous forme de collectif en 2020 avant de devenir une association en 2022, le projet a réellement commencé à se structurer en 2024. Une cinquantaine de bénévoles ont participé à une première phase d’expérimentation. Depuis 2025, plusieurs entreprises testent le dispositif avec des salariés volontaires, sur de petits effectifs. « On voit beaucoup de personnes qui ressentent une perte de sens dans leur travail », explique le cofondateur. «Elles ont besoin de retrouver un équilibre entre activité intellectuelle et activité manuelle, de participer à quelque chose de concret. »

    Une journée par semaine aux champs

    Le maraîchage constitue aujourd’hui le principal terrain d’expérimentation. « C’est une activité accessible, qui demande beaucoup de main-d’œuvre et peu de formation initiale », précise Frédéric Berthelot. Les fermes volontaires ne manquent pas. L’enjeu consiste plutôt à trouver des salariés prêts à franchir le pas et des entreprises disposées à adapter leur organisation.

    Le fonctionnement reste flexible. Une journée par semaine, quelques jours par mois ou des périodes plus intensives selon les saisons : tout se construit entre le salarié, l’entreprise et l’exploitation agricole. Pour les Ateliers Icare, cette polyactivité choisie pourrait répondre à plusieurs défis contemporains : la souffrance au travail, la difficulté de recrutement dans les métiers agricoles ou encore le manque de relève dans certaines exploitations.

    Un projet appelé à se développer

    « Aujourd’hui, les activités essentielles comme l’agriculture, la santé ou l’éducation sont souvent les moins reconnues et les moins rémunérées », estime l’association. « À l’inverse, certains secteurs très attractifs contribuent parfois davantage aux déséquilibres écologiques. »

    Un rapport doit être publié après l’été afin d’évaluer les premiers résultats des expérimentations. Les Ateliers Icare espèrent ensuite élargir le dispositif à davantage d’entreprises et de territoires, notamment autour de Paris et Lyon. L’association échange également avec des institutions publiques pour intégrer cette approche dans des dispositifs de retour à l’emploi ou de reconversion professionnelle.

    Pour ses fondateurs, l’objectif dépasse la simple expérience agricole. « Il ne s’agit pas forcément de tout quitter pour changer de vie, explique l’ancien ingénieur. Peut-être qu’une journée par semaine suffit déjà à retrouver du sens et un autre équilibre ».

    Par Anaïs Jean-Baptiste La Dépêche du Midi

  • [EQDD] Drôme : pistaches et grenades à l’épreuve, au pays de l’abricot

    [EQDD] Drôme : pistaches et grenades à l’épreuve, au pays de l’abricot

    De petites boules vertes à l’extrémité d’une branche. « Vous les voyez ? Dans quelques mois, ce seront des pistaches. » Camille Micheli œuvre à la ferme expérimentale d’Étoile-sur-Rhône, au cœur de la Drôme, dans un laboratoire à ciel ouvert. Chargée d’expérimentation pour la Chambre d’agriculture, elle s’occupe d’un petit bout de champ où deux rangées de pistachiers, d’ordinaire férus de garrigue, de Turquie ou d’Iran, tentent de s’acclimater. À quelques encablures, son collègue Christophe Chamet s’occupe d’arbustes épineux, eux aussi nouveaux sur le territoire : des grenadiers. Si tout se goupille bien, la récolte se fera en septembre et octobre.

    L’opération commune lancée en 2023 s’appelle Pépigramette (acronyme de PÉcan, PIstache, GRenade, AMande et noisETTE). Elle est financée par la région Auvergne Rhône-Alpes et portée par plusieurs structures. Son but : diversifier les vergers en tenant compte du réchauffement climatique.

    Trouver la variété la mieux adaptée

    Cap sur 2050. « Deux degrés de plus en moyenne, la même quantité de pluie mais moins bien répartie », résume Christophe Chamet, et moins d’eau disponible pour les cultures. Alors même que la production traditionnelle d’abricots, de pêches et de cerises souffre déjà dans la Drôme. S’adapter semble inévitable. Exemple avec les grenadiers du chargé d’expérimentation : « Ils demandent 1 000 à 1 500 m3 d’eau par an, contre 2 500 à 3 000 m3 pour les abricotiers. En plus d’offrir une meilleure tolérance à la sécheresse. »

    L’objectif est aussi de déceler les problématiques auxquelles pourraient faire face les arboriculteurs de demain. « Le grenadier n’aime pas le sol calcaire », d’après les petites mains de Pépigramette. Un problème quand on cultive au pied du Vercors, essentiellement constitué de cette roche blanche. « Il n’aime pas la pluie non plus, qui peut perturber sa floraison ou causer un craquement de la peau des fruits pouvant être à l’origine d’un problème de qualité. »

    Charge à Christophe Chamet de trouver la variété la mieux adaptée pour supporter ces conditions. Quinze sont actuellement testées. « Certaines sont trop acides, avec une couleur plus ou moins belle, ou avec des pépins trop durs qui rendent difficile sa consommation. Auquel cas on peut faire du jus… Mais il faut avoir pensé la transformation et anticipé la commercialisation. » Et ce, bien avant de planter les grenadiers, capables de donner des fruits après trois ans en terre.

    Patience est de mise pour la pistache. « La première récolte n’arrive que six ans après la plantation, et ce n’est pas la meilleure », prévient Camille Micheli, dont les plans les plus anciens commencent tout juste à donner leurs fruits. Seize variétés sont testées. « Certains ont été greffés en pépinière pour tenter de leur donner de la vigueur. Le pistachier n’aime pas l’humidité. Il faut un sol drainant, comme ici, à Étoile-sur-Rhône. » Malgré une bonne tolérance à la sécheresse, « planter sans irrigation n’est pas conseillé », poursuit la spécialiste. « Un été sans eau ne mettrait pas l’arbre à mal mais signifierait une baisse de rendement. » Rendement assuré par un plant mâle pour huit plants femelles. « Pas de pollinisateur pour les pistachiers, qui ont besoin du vent. » Et ce n’est pas ce qui manque en vallée du Rhône… La première récolte est prévue pour septembre.

    « Il y a de la demande pour les agrumes »

    Se lancer dans les pistaches n’est pas anodin. D’après Claire Goral, conseillère en arboriculture pour la Chambre d’agriculture, « les plants coûtent généralement entre 16 et 20 euros en racines nus. S’ils sont en pots, la facture peut vite monter. » Si plusieurs hectares sont envisagés, cela mérite réflexion… Tout comme pour la grenade : « Il faut d’abord se poser les bonnes questions. A-t-on un marché ? Est-ce viable ? Quelle distribution ? » Autant d’enjeux que l’équipe étoilienne porte à la connaissance des agriculteurs intéressés par la diversification de leur activité.

    Mais alors, ces fruits ont-ils un avenir dans la Drôme ? « La grenade ne remplacera jamais l’abricot et la pêche en termes de surface et restera certainement une culture de niche », estime Christophe Chamet, qui se pose la question de sa consommation en France. « Mais qui sait, en 2050 cela sera peut-être différent ? »

    Pour la pistache, Camille Micheli se veut prudente. « C’est encore tôt pour se prononcer. Cela pourrait dépendre de notre capacité à atteindre un stade mûr, lorsque la coquille s’ouvre. C’est cette pistache qui est consommée en snacking et qui se récolte facilement. Mais si elle reste fermée, le travail se complexifie avec de la machinerie. Cela sert ensuite pour les pâtisseries, les glaces… Ce qui n’est pas du tout le même marché, or mieux vaut être sûr de ses débouchés pour se lancer. »

    Cette phase, la seconde du programme Pépigramette, prendra fin en 2028. Un bilan sera rendu et prendra en compte d’autres expériences effectuées non loin de là, en Isère, sur des amandes, de la noix de pécan et des noisettes. « On aimerait poursuivre ! », assurent d’emblée les membres de la ferme expérimentale. « Il y a de la demande pour les agrumes : pomelos, mandarines, citrons… Des productions ont déjà été lancées dans la Drôme et on espère les accompagner. »

    Par Jérémy Perraud Le Dauphiné Libéré

  • [EQDD] À Trèbes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain

    [EQDD] À Trèbes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain

    À Trèbes, le grondement des pelleteuses a remplacé celui des eaux en colère. Sur la rive droite de l’Aude, les engins redessinent le paysage, décaissant un important volume de terre sur plus de 13 hectares. Huit ans après avoir connu une crue meurtrière, la ville panse ses plaies en réinventant son rapport au fleuve.

    « Ici, on a compris qu’on ne pouvait plus lutter contre la nature », confie le maire, Eric Menassi. Cette nuit du 15 octobre 2018, l’eau est montée en quelques heures, emportant tout sur son passage. Six habitants ont perdu la vie, des dizaines de maisons ont été détruites. « Si on reconstruisait à l’identique, on savait qu’on risquait de revivre la même chose, c’était inconcevable », poursuit le premier édile.

    Alors la commune a fait un choix difficile : reculer pour mieux protéger. Une cinquantaine de maisons ont été rasées, laissant place à une vaste zone d’expansion des crues. « Il a fallu convaincre la population du bien-fondé de ce projet, car on ne peut pas imaginer ce que ça représente de quitter une maison familiale, poursuit l’élu. Mais notre responsabilité, c’était de dire la vérité : nous ne pouvions plus garantir leur sécurité ».

    Sur une étendue aujourd’hui herbeuse, une habitante désigne un point invisible. « Ma maison était là », dit-elle simplement. Évacuée avec ses enfants en pleine nuit, elle n’y est jamais retournée. « C’est dur, mais je préfère ça que revivre cette peur. » Plus loin, un commerçant installé en bord de quai observe le fleuve avec attention : « Cet hiver, l’eau est montée… mais elle est restée à sa place. Avant, on aurait eu les pieds dans l’eau ».

    Faire accepter les changements à la population

    Car l’idée est là : redonner de l’espace au fleuve pour réduire sa violence. En doublant par endroits la largeur du lit, la ville diminue la vitesse du courant et la hauteur des crues. « Ce sont les vitesses qui détruisent tout, insiste Eric Menassi. En élargissant, on absorbe les flux d’eau supplémentaires en cas de forte pluie ».

    Ce choix s’inscrit dans une logique plus large d’adaptation à la nature, portée par le Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Et si l’exemple de Trèbes n’est pas reproductible partout, chaque cas de figure étant unique, la philosophie qui a porté ce projet devient un exemple à suivre pour le SMMAR, qui insiste sur la nécessité de faire accepter ces changements à la population. « Il s’agit en réalité de réapprendre à vivre avec la rivière, de se réapproprier cet espace que l’on voyait uniquement comme un danger auparavant, souligne Jean-Marie Aversenq, directeur général du syndicat. Au-delà de l’élargissement, on a donc imaginé avec le maire de nouveaux usages permettant aux habitants de profiter du fleuve comme un verger citoyen, conçu grâce aux 17 000 mètres cubes de terre décaissée du fleuve, mais aussi un sentier pour les pêcheurs, des passerelles, des plages et une forêt alluviale ».

    Une école sur pilotis

    Mais si cette partie aménagement pour les nouveaux usages est en cours de finition, les travaux déjà réalisés depuis juillet 2025 ont fait leurs preuves cet hiver. Lors des crues récentes, aucun dégât majeur n’a été constaté. « Ce n’est pas non plus le risque zéro, tempère le maire de la commune, mais grâce aux travaux réalisés, on réduit fortement notre vulnérabilité face aux crues ».

    Au-delà du fleuve, c’est toute une ville qui s’est adaptée : l’école a été reconstruite sur pilotis, la maison de retraite déplacée sur les hauteurs. Certains équipements, comme la piscine, n’ont pas été rebâtis. « On a fait des choix pour préparer l’avenir, assume Eric Menassi. Aujourd’hui, notre priorité n’est plus de grandir, mais d’être résilients ». Ces choix forts ont vraisemblablement convaincu la population communale qui a choisi de redonner sa confiance au maire lors des dernières municipales, malgré le scepticisme suscité par le projet de réaménagement au départ.

    Désormais, à Trèbes, l’Aude n’est plus seulement une menace. Il devient un allié, imprévisible mais apprivoisé. Et dans cette ville marquée par le drame, une conviction s’impose peu à peu : face au changement climatique, l’adaptation n’est plus une option, mais un chemin.

    Par Joffrey Marcelin Midi Libre

    EN CHIFFRES

    2,5 millions d’euros : le coût du réaménagement, assumé à 50% par l’État, 20 % par la région, 10% par le département et 20% par le Smmar.

    17 000 mètres cubes : le volume de terre décaissée pour réaménager le fleuve.

    1,3 km : la distance sur laquelle le fleuve fut réaménagé.

    13 hectares : l’espace total réaménagé.

    8 ans : le temps qu’il a fallu entre la crue de 2018 et le réaménagement du fleuve.

  • [EQDD] La montée des risques climatiques pèse lourd sur les collectivités

    [EQDD] La montée des risques climatiques pèse lourd sur les collectivités

    Inondations, sécheresses, retrait-gonflement des argiles… Le Nord et le Pas-de-Calais sont fortement exposés aux événements naturels. Et le changement climatique induit un risque supplémentaire par son amplification des phénomènes. À l’image des inondations dans le Pas-de-Calais à l’hiver 2023-2024, plus d’une fois et demie centennale. « Les dégâts causés par les catastrophes naturelles augmentent énormément comme les risques qui ne sont pas équitablement répartis entre tous les territoires, quand les Hauts-de-France sont très impactés », souligne Robin Ehl de l’ONG Oxfam France qui fait partie comme 36 autres organisations du Réseau Action Climat.

    Des déconvenues

    En 2025, le coût des événements naturels a atteint 5,2 milliards d’euros, soit la neuvième année la plus coûteuse pour les assureurs, selon les données de France Assureurs. Et selon son étude « Impact du changement climatique sur l’assurance à l’horizon 2050 », le coût des catastrophes naturelles pourrait doubler passant de 73,4 milliards d’euros sur la période 1989-2019 à 143 milliards entre 2020 et 2050.

    Assurer le risque va devenir un gouffre, avec un impact non négligeable sur les finances des collectivités territoriales, qui en paient déjà le prix. À Blendecques (Pas-de-Calais), commune la plus touchée par les inondations de 2023-2024, avec des dégâts sur les équipements publics estimés à quatre millions d’euros, le coût de l’assurance a été multiplié par trois, passant de 47 000 à 142 000 euros par an, et la franchise multipliée par cinq. Autre déconvenue, un courrier de résiliation lui avait été envoyé par son assureur un an après les crues. Si les choses ont fini par s’arranger à Blendecques, la résiliation demeure une menace pour les collectivités. Selon une mission d’information du Sénat, 20% des 713 communes répondantes à la consultation de la chambre des territoires, ont vu leur contrat résilié à la demande de leur assurance, « avec un préavis d’un à deux mois dans 11% des cas ».

    « Pas intéressant »

    « On a le sentiment, nous les maires, qu’on représente un petit marché qui n’est pas intéressant pour les assureurs, dénonce Frédéric Leturque, maire d’Arras et président de l’Association des maires de France du Pas-de-Calais (AMF 62). Avec le dérèglement climatique et l’aggravation des risques, on subit une hausse des primes, jusqu’à 200% pour certaines communes, et une non-réponse à nos appels d’offres ». L’AMF 62 recense une vingtaine de communes ayant des soucis d’assurabilité dans le département. France Assureurs, qui dit suivre le sujet depuis plusieurs années, reconnaît « un marché en difficulté en raison de la montée des risques, mais qui reste stable, nous n’observons pas de résiliations massives des contrats en 2024 ».

    À Arques dans l’Audomarois, la ville avait signé juste avant les inondations, son contrat pour quatre ans, « mais à l’issue d’une longue procédure et avec un seul assureur qui avait répondu à notre appel d’offres, signale le maire Benoît Roussel. Quand nous avons été inondés, notre assureur nous a fait un avenant avec une hausse de 30% de la prime sur les bâtiments, passant ainsi de 100 000 à 130 000 euros par an », dans une ville qui présentait une facture de 850 000 euros de dégâts sur ses bâtiments publics.

    Des solutions

    Si les collectivités parviennent encore à s’en sortir, « la situation n’est pas durable, appuie Frédéric Leturque. Il faut un changement de braquet ». Il esquisse des solutions : « Il faut encourager le regroupement des communes pour faire des appels d’offres ; il faut que l’État soit pressant afin que les assureurs répondent aux appels d’offres ; et qu’il garantisse certaines assurances car tout ne peut pas être tenu par le marché privé, dit-il. On s’interroge aussi sur la création d’une co-assurabilité, les collectivités mettent au pot commun, à l’échelle communautaire par exemple, pour avoir une enveloppe de soutien ».

    Par Aïcha Noui La Voix du Nord

    CollectivAssur, un soutien pour les collectivités en difficulté

    Le sujet de l’assurabilité des collectivités territoriales a émergé en 2023 après les émeutes qui ont causé 189 M d’euros de dégâts aux collectivités. Depuis, les alertes, notamment de l’Association des maires, se sont multipliées sur les risques d’inassurabilité, notamment en raison des événements climatiques. Commission interministérielle, Roquelaure des collectivités locales sur l’assurabilité pour trouver des solutions, création d’un guide des marchés publics d’assurance, et, parmi les dispositifs aboutis, la cellule CollectivAssur, lancée en juillet 2025 par France Assureurs : elle permet d’accompagner et d’aider les collectivités en difficulté à trouver une assurance. En France, 132 collectivités territoriales, – dont 52% de communes et 35 collectivités réellement sans assurance -, auraient à ce jour saisi la cellule.