Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

Tous les Haut-Alpins connaissent le barrage de Serre-Ponçon. Mais ont-ils déjà été attentifs aux paysages qui se déploient autour de cette gigantesque infrastructure ? L’exposition « Côte 780. Regards croisés autour du barrage de Serre-Ponçon et ses infrastructures », pensée par l’artiste Amandine Mohamed-Delaporte, invite les visiteurs à poser un autre regard sur l’ouvrage hydraulique et son environnement. Elle est à découvrir du 19 septembre au 19 mars.

« Tout commence en 2023, lorsque Amandine nous a sollicités pour entamer des recherches sur les aménagements du lac de Serre-Ponçon et sur les productions d’Henry Baranger », se souvient Pierre Fabry, le directeur des Archives départementales. Henry Baranger était photographe industriel, qui a notamment immortalisé les différentes étapes de la construction du barrage de 1955 à 1961. Certains de ses clichés servent de porte d’entrée à l’exposition. « Une partie d’entre eux étaient enfouis chez EDF, elles n’ont jamais été vues par le public, mais seulement par des ingénieurs ou décideurs », note Pierre Fabry. « Il s’agit de témoignages uniques de la transformation du paysage », explique Amandine Mohamed-Delaporte. Passionnée par la manière dont la modernité a bouleversé nos vies, l’artiste met en perspective ces clichés industriels avec ses propres photographies.

Mais sur les siennes, on ne distingue à aucun moment le barrage, seulement son environnement.

« Une histoire oubliée »

« Il y a dans ces images des histoires que les locaux pourront comprendre. L’ouvrage a conditionné l’histoire du département, du village englouti, et a eu des effets sur l’environnement et le climat. C’est tout ce que j’ai suggéré à travers l’enquête photo. »

D’autres formes d’art prennent place dans la salle d’exposition, comme des plaques de métal ou de béton. Certaines, baptisées « Elles » et « Eux », rendent hommage à toutes les personnes qui ont œuvré à la construction de l’infrastructure. « On parle principalement des ingénieurs, mais pas des milliers de personnes qui ont participé », souligne-t-elle. Des sons accompagnent le parcours. « C’est un jeu de tension : on y entend à la fois le calme du lac, mais aussi des bruits industriels, les bruits de l’infrastructure », indique l’artiste. Anthony Aubert, chargé de communication chez EDF, partenaire de l’exposition, souligne la qualité de l’exposition : « Ce travail permet de raconter les ouvrages autrement, de se souvenir de l’aspect patrimonial. »

Agathe Di Lenardo

Vernissage le 17 septembre à 18h.

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