Tag: artistes

  • Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Toujours dans l’optique de favoriser l’éducation populaire, Coudes à coudes accueille à la Maison des associations*, Saadia Gacem, pour évoquer les mouvements féministes en Algérie. « Le but, c’est de discuter sur la base d’un savoir, d’une expertise, d’une problématique avec laquelle on peut ne pas être d’accord avec un apport qui vient souvent des sciences sociales, mais qui peut venir d’autres types d’experts » explique Michel Potoudis, un des membres fondateurs de l’association.

    Doctorante à l’université d’Aix-Marseille, Saadia Gacem, travaille sur le traitement judiciaire des affaires de violences conjugales dans les tribunaux à Alger nous précise cette féministe engagée. Elle présentera ce mardi son projet de création d’un fonds numérique de documents produits par les collectifs ou groupes féministes de la post-indépendance en Algérie, jusqu’à la fin des années 90.

    Des femmes toujours mobilisées

    Tracts, revues, « ce sont des documents assez rares, parce qu’ils sont devenus en quelque sorte privés gardés par les militantes car les associations ont disparu dans les années 90 », détaille-t-elle. Un pan méconnu de l’histoire algérienne, quand le Hirac a permis en quelque sorte aux féministes d’aujourd’hui de donner de nouveau de la voix.

    La quarantenaire est aussi à l’origine de la revue La Place, annuelle, bilingue arabe-français, aux Éditions Motifs, disponible dans une petite dizaine de librairies marseillaises**. « Il y a toujours des intellectuelles et des artistes femmes qui produisent, qui pensent, mais qui n’ont pas l’espace pour partager ça, parce qu’en Algérie, comme partout ailleurs dans le monde, la parole des femmes et l’espace pour les femmes est extrêmement restreint », ajoute-t-elle. Et quand on lui demande si on peut dresser un parallèle avec la situation actuelle en France, elle n’y va pas par quatre chemins : « On se dit peut-être que c’est le début d’un hirak français, on l’espère même si on voit qu’en France le pays des Lumières, on se retrouve avec une répression monstre. C’est ce qui s’est passé en Algérie. Quand un pouvoir se fragilise et se sent vraiment en danger, il y a un réflexe d’autoritarisme. On n’a jamais fini de lutter. »

    * À 18h30, au 93, La Canebière
    à Marseille (1
    er)
    ** Plus d’infos sur editionsmotifs.com

  • Frédéric Remy succède à Charles Berling à la tête de Châteauvallon-Liberté

    Frédéric Remy succède à Charles Berling à la tête de Châteauvallon-Liberté

    Depuis décembre dernier et l’annonce du départ de Charles Berling – devenu effectif au 31 août –, après 15 années de bons et loyaux services, le nom de son remplaçant à la direction de la scène nationale Châteauvallon-Liberté était attendu avec impatience. Alors que les spéculations allaient bon train ces dernières semaines, il est désormais connu. C’est Frédéric Rémy qui a été choisi pour remplir cette lourde tâche par la ministre de la Culture Catherine Pégard, en concertation avec un jury composé d’élus locaux (parmi lesquels les maires de Toulon et d’Ollioules, Josée Massi et Robert Beneventi, ou encore le président du département Jean-Louis Masson), et du comité directeur de l’institution.

    Directeur général et artistique d’Éclat, Centre national des arts de la rue et de l’espace public et festival d’Aurillac depuis 2019, l’heureux élu n’arrive pas en terre inconnue puisqu’il a déjà travaillé dans le département, en tant que directeur de production au Théâtre Europe et du festival Janvier dans les étoiles à La Seyne-sur-Mer, de 2002 à 2014. Il a également dirigé le festival Scènes de rue à Mulhouse de 2007 à 2019, et travaillé pour plusieurs institutions comme le Panorama des chantiers de la Fai-ar (2007 à 2009) et le Centre national de création des arts de la rue à Marseille (1994 à 1999), ainsi que l’Avant-scène, Scène conventionnée à Cognac (2002 à 2008).

    Créer du lien entre le Liberté et Châteauvallon

    C’est son projet « Ce qui nous lie » qui a donc convaincu le jury : celui de faire de la scène nationale « une maison ouverte et un bien commun », capable de relier plus étroitement les deux lieux que sont Châteauvallon et le théâtre Liberté, d’Ollioules à Toulon, à travers les artistes, les publics et les œuvres, mais également de les rapprocher de leur territoire, à l’échelle des communes comme des quartiers. À ce titre, chacun des quatre cycles pluridisciplinaires qui rythmeront la saison culturelle sera inauguré par un temps fort fondateur dans l’espace public ou dans un lieu singulier. Ils seront articulés autour d’une programmation en salle et dans le mythique amphithéâtre de Châteauvallon pour l’accueil des grandes formes chorégraphiques, des rendez-vous conviviaux et inédits, afin de découvrir autrement le territoire et des résidences ouvertes.

    En termes de soutien à la création est prévu le lancement d’une plateforme pour la jeune création, en lien avec les écoles supérieures de la région, un pôle de production et de diffusion au service des compagnies du territoire et un laboratoire des écritures du paysage basé à Châteauvallon, qui intégrera les enjeux d’adaptation au changement climatique. Le projet sera soutenu par les metteuses en scène Julie Deliquet et Jeanne Desoubeaux, le chorégraphe Alessandro Sciarroni et la compagnie Munstrum Théâtre.

    Enfin, Frédéric Rémy souhaite aussi renforcer les liens avec la jeunesse, à travers la mise en place de « Classes ouvertes » conçues avec l’Éducation nationale, tout comme la présence régulière dans les quartiers prioritaires de Toulon et d’Ollioules.

  • L’art contemporain, l’hôte du week-end à Avignon

    L’art contemporain, l’hôte du week-end à Avignon

    Deuxième festival culturel après Le Festival d’Avignon, celui qu’on surnomme « l’énorme petit festival » arrive au terme de sa programmation ce week-end. Présent dans différents lieux emblématiques de la ville, le Parcours de l’Art, imagine de nouvelles façons d’habiter le monde et composer des sociétés basées sur des valeurs de partage, d’ouverture et de sensibilité. À travers leurs œuvres, leurs performances ou leur parole, les artistes veulent créer un espace de partage et de réflexion sur des enjeux contemporains. Entièrement gratuit, cet événement automnal se veut inclusif et engagé, où chacun pourra venir y confronter sa pensée.

    Samedi de 11h30 à 17h

    Dimanche de 10h30 à 17h30

    Détails du programme : www.parcoursdelart.com

  • Un festival à mission

    Un festival à mission

    Le Festival de Pâques, créé en 2013, a été voulu par ses concepteurs, le violoniste Renaud Capuçon et Dominique Bluzet, directeur du Grand Théâtre de Provence comme le Salzbourg français. Un festival d’opéra l’été, doublé d’une manifestation musicale au printemps. Non seulement ça tenait sur le papier mais 14 ans plus tard, la réalité a dépassé les espérances. Le CIC, partenaire de la première heure assure l’intendance.

    Cette 14e édition célébrera deux anniversaires. En premier lieu, année Beethoven oblige, 2027 rattrapera ce que 2020 avait laissé passer pour cause de Covid. Les programmateurs ont aussi tenu à célébrer les 90 ans du compositeur américain Philip Glass. 200 ans après sa mort en 1827, Beethoven reste avec Mozart le compositeur classique le plus populaire. Parmi les événements à retenir, la Neuvième symphonie dirigée par Raphaël Pichon à la tête de son ensemble Pygmalion. En deux concerts donnés le même jour, dix jeunes artistes, dans le cadre de génération@aix, donneront l’intégrale des sonates pour violon et piano. Beethoven toujours avec le retour à Aix de la pianiste Hélène Grimaux qui avait fait l’ouverture du premier festival en 2013. Autre temps fort beethovénien, le Triple concerto avec Renaud et Gautier Capuçon et, fidèle à Aix, l’immense Martha Argerich, Klaus Mäkelä à la baguette. Le piano est toujours gâté à Pâques, András Schiff donnera les Variations Goldberg de Bach. Edgar Moreau et David Kadouch joueront une sonate pour violoncelle et piano de Beethoven. Le public pourra aussi apprécier le talent du jeune Eric Lu.

    Concert gratuit pour

    les Aixois à Saint-Sauveur

    C’est avec l’intégrale des 20 études pour piano que Célia Oneto Bensaïd et Vanessa Wagner célébreront le nonagénaire et génial Philip Glass. La Passion de Bach 2027 sera celle de Saint-Mathieu. C’est Teodor Currentzis, chef tout à fois adulé et contesté, qui sera à la tête de son ensemble Utopia. Pour la deuxième année consécutive l’Orchestre Philharmonique de Munich, l’une des meilleures phalanges au monde, et le chef Lahav Shani, poursuivent leur résidence aixoise avec, entre autres, les quatrièmes symphonies de Mahler et de Bruckner et le concerto pour violon de Glass avec Renaud Capuçon en soliste, le programme est riche et varié. Julie Fuchs chantera le répertoire français, le trio Wanderer jouera Beethoven, bien sûr. L’Orchestre de Chambre de Lausanne, dirigé par Renaud Capuçon, ouvrira les festivités le samedi 20 mars au GTP pour un programme Mozart et Mendelssohn.

    Le Festival de Pâques c’est aussi, le concert gratuit pour les Aixois à Saint-Sauveur, confié au Café Zimmermann pour un programme Bach et Telemann et la Petite académie destinée au jeune public. Ce festival voulu par ses concepteurs à une mission : atteindre les publics empêchés. À La Maison de Gardanne ou dans les Ehpad et un plus vaste territoire possible sous forme de master classes, de rencontres avec les artistes et de promenades musicales.

    Ouverture de la billetterie
    du mardi au samedi de 11h à 18h. Par internet : www.festivalpaques.com.
    Par téléphone au 09.72.13.13.20. Sur place au Grand Théâtre
    de Provence, 380 avenue Max Juvénal à Aix-en-Provence.
    Au théâtre du Gymnase, 4 rue du Théâtre Français à Marseille
    du mardi au samedi de 13h à 18h.

  • Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

    Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

    Et si un plan de métro devenait une œuvre d’art ? C’est le pari de « Dans ses artères coule la vie », la nouvelle exposition proposée par le musée d’art urbain Parcelle 473, à Montpellier. Plus d’une centaine d’artistes y livrent leur interprétation d’un même support : une toile imprimée représentant un plan du métro parisien, au format identique pour chacun.

    « La seule contrainte, c’était le support : le plan de métro. Ensuite, chacun l’interprète à sa façon, avec son style », explique Laurent Rigail, fondateur de Parcelle 473 et galeriste à Paris. Lancée il y a quatre ou cinq ans par le collectionneur Jérôme Dauchez, cette « belle aventure » réunit aujourd’hui 120 créations. Pensée comme une exposition itinérante, la série a notamment été présentée près du Mans puis à Paris, sur la péniche Fluctu’art. Après Andrea Ravo Mattoni l’an dernier, Parcelle 473 accueille donc une nouvelle sélection issue de la collection de Jérôme Dauchez. « Ce qui m’intéresse dans la démarche de Jérôme, c’est qu’il ne collectionne pas simplement des œuvres : il collectionne des histoires, des rencontres, des artistes, des sensibilités. Sa collection s’est construite dans le temps avec la volonté de faire dialoguer des univers très différents », déclare Laurent Rigail.

    De Speedy Graphito à Bordalo II, Nasty, M. Chat, MonkeyBird, Popay ou Levalet, jusqu’aux Montpelliérains Fragments et Quentin DMR, les signatures et les générations se croisent. Peinture, collage, bombe aérosol, pochoir ou crayon : la diversité des techniques répond à celle des univers. « On a différents axes qui se dessinent : les portraits, le bestiaire, l’abstraction, le surréalisme, le très figuratif… », détaille Laurent Rigail.

    Au-delà du clin d’œil à la capitale, le plan devient ainsi un révélateur de la richesse de l’art urbain. « C’est aussi l’occasion de montrer la multiplicité des techniques et des rendus qu’on peut avoir dans l’univers du street art », souligne le galeriste. « À travers un même objet, à savoir un plan de métro, se confrontent générations, techniques et regards. Certains artistes interrogent la ville et ses règles ; d’autres ses marges, ses habitants ou ses fractures. D’autres encore font disparaître la carte presque entièrement derrière leur univers plastique. » Avec « Dans ses artères coule la vie », Parcelle 473 fait donc du musée un espace où la contrainte devient liberté : 120 plans identiques, mais autant de manières de tracer sa route.

    A.G.

    * 425 avenue des Frères Buhler. Un livre consacré à l’exposition sera disponible à l’achat.

  • [#DisMoiPourquoi] j’ai des idées bizarres juste avant de m’endormir ?

    [#DisMoiPourquoi] j’ai des idées bizarres juste avant de m’endormir ?

    Imrane 10 ans, en CM1 à l’école Gabriel-Péri de Bollène (84)

    La question que tu poses, c’est peut-être « d’où viennent les idées ? ». Tes idées, elles proviennent de tout ce que ton corps et ton esprit reçoivent et ont stocké comme informations autour de toi. Parce que tu vas t’endormir, ces données sont stockées ; la frontière entre le rêve et la réalité devient floue et alors c’est là que naissent des idées « bizarres ». Mais bizarre, qu’est-ce que ça signifie pour toi ? Originale, improbable ? Peut-être que c’est ça la créativité, quand justement tu ne laisses plus ta raison, qui cadre les choses, empêcher tes pensées de divaguer et donc d’avoir des idées… inattendues, peut-être. Il y a des artistes, les surréalistes par exemple, qui ont cherché à recréer cet état d’ouverture à la nouveauté, juste avant de basculer dans le sommeil. Regarde des tableaux de Salvador Dali. N’avait-il pas des idées bizarres ? »

    Caroline Antherieu-Yagbasan. chercheure en philosophie AMU au Centre Gilles-Gaston-Grange.

  • « Atom », 97 logements pour jeunes actifs en construction

    « Atom », 97 logements pour jeunes actifs en construction

    Première pierre officielle pour la résidence « Atom » ce vendredi 2 octobre même si sous la grue, le bâtiment a déjà bien avancé. Une satisfaction pour les co-promoteurs Oceanis et Immostone, le propriétaire, le bailleur social 3F, le gestionnaire Vivacité et la Ville de Marseille.

    Un programme de 97 logements, à 5 minutes à pied du Parc du 26e centenaire (10e) et vue sur le Prado Carénage, dont la livraison est prévue pour le quatrième trimestre 2027, à destination d’un public jeune, étudiants ou actifs. L’affaire n’a pas été sans obstacles « administratifs ou techniques » dans un contexte où le foncier se fait rare, a rappelé en préambule Marie-Françoise Prat de Garam, gérante et fondatrice d’Immostone.

    « Une offre de logements sociaux accessible à des personnes qui commencent un parcours professionnel et qui ont besoin de se loger à Marseille », se félicite Florelle Guisante-Klein, présidente d’Oceanis. Et de revenir sur le défi relevé : « Construire du logement, transformer un site existant, et permettre à des services déjà présents dans le quartier de continuer à trouver leur place. » Sont proposés des studios d’une vingtaine de mètres carrés répartis sur 5 étages. Au rez-de-chaussée, entre laverie et espace de co-working, l’atelier Saint-Eloi, 250m2 dédiés aux artistes, sera relocalisé. « L’ambition n’était pas de construire un bâtiment supplémentaire, mais de définir un projet qui réponde aux besoins du territoire », martèle-t-elle.

    Des résidents « acteurs » de la cité

    De quoi permettre aussi aux résidents « d’être connectés avec la ville et de pouvoir jouer un rôle dans la cité », estime Elisabeth Novelli, directrice de 3F Résidences. Audrey Garino (PCF), adjointe au logement, opine du chef. « Pour notre ville, c’est un enjeu fort que d’apporter une réponse aux jeunes qui se trouvent en difficulté pour se loger dans un moment charnière de leur vie », enchaîne-t-elle, avant de rappeler que plus de 600 logements en résidence sociale jeunes et plus de 1 700 places en résidence étudiante ont été ouverts ces dernières années. Et d’espérer que l’État autorise l’encadrement des loyers du parc privé à Marseille pour « réguler [leur] flambée qui touche particulièrement les petites surfaces, donc les publics les plus jeunes ».

  • Châteauvallon-Liberté s’exporte dans le quartier de la Beaucaire

    Châteauvallon-Liberté s’exporte dans le quartier de la Beaucaire

    Dans un monde idéal, l’art n’a pas de frontières. Dans le monde réel, il ne parvient pas toujours jusqu’à une part de la population. Le décloisonner est donc l’une des principales missions de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, la culture se voulant être, par essence, un prérequis à la démocratie.

    Dans cette optique, et car Châteauvallon, comme le théâtre Liberté, ne sont pas des lieux faciles d’accès, tant géographiquement que symboliquement, c’est la scène nationale qui doit parfois venir à la rencontre des habitants de son territoire. Depuis trois ans, elle organise l’opération « Quartiers en liberté ». Après une première édition à Sainte-Musse, puis une deuxième au Pont-du-Las, c’est à la Beaucaire qu’elle a lieu, cette année. Depuis mardi, la compagnie arlésienne de cirque aérien Gratte ciel, qui a notamment participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, y a posé ses valises pour une résidence artistique d’une semaine.

    Déambulation artistique et spectacle dimanche

    Un rendez-vous préparé en amont. « Avant d’arriver, les artistes ont assisté aux réunions de quartier, rencontré les associations, se sont rendus dans les écoles, explique Tiphaine Samson, directrice des programmations de Châteauvallon-Liberté. Ensuite, pendant une semaine, ils organisent ateliers et rencontres pour aboutir à un grand rendez-vous, un spectacle préparé avec une vingtaine d’habitants, dimanche, auquel tout le monde est convié. »

    Depuis mardi, des mats culminant à plusieurs mètres de haut, des cerceaux et des draps suspendus côtoient des ateliers peinture et chants dans les jardins désaffectés de l’ancienne CAF, avec en toile de fond les immeubles qui se fondent parfaitement dans ce cadre vertical. Tout en préparant la déambulation artistique qui aura lieu en amont du spectacle dominical, petits et grands se rompent aux joutes de disciplines spectaculaires. « Ce sont des publics a priori non conviés, dans des espaces non dédiés, avec des dimensions non conventionnelles. La grande hauteur n’existe pas dans les espaces intérieurs comme les théâtres. Donc l’espace public, c’est une autre relation au public », décrit Camille Beaumier, codirectrice de la compagnie Gratte ciel. Une façon, aussi, de sortir de sa zone de confort pour Stéphane Girard, l’autre codirecteur, qui y voit une métaphore puissante : « Le cirque veut aussi dire prendre des risques et avoir peur. Et cela est éminemment politique, c’est un business pour ceux qui voudraient faire croire que, parce que nous avons peur de l’autre, il faut fermer les frontières. Or, ici, on ouvre les portes parce que la peur fait partie de l’apprentissage citoyen. »

    Naoufel, animateur dans un centre aéré de la ville, qui observe les enfants prendre de la hauteur tels des circassiens de la première heure, acquiesce : « D’habitude, on leur propose plutôt des activités sportives. Là, ils découvrent des activités auxquelles ils ne sont pas habitués, et se rencontrent, créent du lien par la même occasion car ils ne se connaissent pas forcément. » Il a déjà eu l’occasion de participer à des ateliers de Châteauvallon hors les murs étant plus jeune. « J’habitais à Sainte-Musse. Chaque année, il y avait un événement, et on l’attendait avec impatience, se rappelle-t-il. Mais le plus souvent, c’était nous qui allions à Châteauvallon. C’est un grand du quartier qui organisait cela. Ce sont de bons souvenirs, et aujourd’hui, c’est moi qui fais découvrir ça à mes enfants. »

    Gageons que la transmission continuera de se faire, et que cette bulle artistique de quelques jours suscitera l’envie de monter quelques centaines de mètres plus haut, encore, pour prendre place dans le mythique amphithéâtre de pierre de Châteauvallon.

    Rendez-vous devant les anciens Jardins de la CAF – la Beaucaire, à Toulon, dimanche à 15h30, pour la déambulation artistique, suivie du spectacle intitulé « Tawa en Liberté »

  • Solid’Art : l’art au service de la solidarité

    Solid’Art : l’art au service de la solidarité

    Trois jours pour flâner, découvrir, échanger… et pourquoi pas repartir avec une œuvre. Peintres, sculpteurs, photographes, graveurs, artistes de street art : du 25 au 27 septembre, Solid’art, le salon d’art contemporain du Secours populaire, réunira au Zénith Sud 90 créateurs, artistes confirmés comme talents émergents, sur plus de 2 000m². Parmi eux, Nasty, figure du street art français et l’artiste peintre et sculptrice Leloluce, marraine de cette 9e édition de Solid’Art Montpellier.

    Le principe est simple : les artistes proposent leurs créations à la vente et les acheteurs sont invités à effectuer un don du même montant au Secours populaire.

    Pour Lucie Heintz, directrice du Secours populaire de l’Hérault, Solid’Art défend « l’accès à l’art et à la culture pour tous ». La gratuité du salon permet en effet au public de « venir découvrir des œuvres, échanger avec des artistes sur place ». L’association souhaite aussi faire de l’événement un lieu de découverte pour les publics qu’elle accompagne tout au long de l’année. Deux classes de CM2 de l’école Diderot, dans le quartier Saint-Martin, participeront ainsi à une visite ponctuée d’un jeu de « cherche et trouve » et d’un atelier de sérigraphie.

    100 000 euros récoltés l’an dernier

    Mais surtout, derrière chaque œuvre achetée, il y a des aides concrètes. Dans le cadre de l’opération « Un sourire pour un enfant », les dons réalisés par les acheteurs permettent de financer des départs en vacances, des activités sportives, culturelles et de loisirs. « L’an dernier, on a récolté 100 000 euros », rappelle Lucie Heintz. Cette somme a notamment permis d’organiser « 30 journées bonheur » dans l’Hérault, auxquelles plus de 1 250 enfants ont participé, et d’aider plus de 600 enfants à accéder à une pratique sportive ou culturelle.

    Au fil des éditions, Solid’Art est ainsi devenu « un événement important dans le cadre de notre campagne pauvreté-précarité ». Un rendez-vous qui sensibilise aussi le public « à la précarité, à l’engagement citoyen », et crée des liens durables avec certains artistes, comme Bella Bah, qui a ensuite animé des ateliers pour l’association.

    Et alors que « la précarité gagne du terrain », le Secours populaire rappelle également que cette mobilisation repose sur l’engagement citoyen. « On a besoin de bénévoles pour faire face, pour tisser du lien, monter des actions », souligne Lucie Heintz.

    * Du 25 au 27 septembre au Zénith Sud. Entrée gratuite.

  • Le festival Allez Savoir met l’argent au centre des débats

    Le festival Allez Savoir met l’argent au centre des débats

    L’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) poursuit sa collaboration avec la Ville de Marseille en organisant, pour la septième année consécutive, le festival Allez Savoir. Cette année, le sujet qui orientera les événements programmés est : « L’argent : c’est-à-dire ? » Universitaires, artistes et écrivains animerons le festival de jeudi à dimanche.

    Le festival a pour objectif de « questionner les grands défis du monde contemporain » autour d’un « thème convoquant des questions de société », rappellent les organisateurs du festival.

    Tables-rondes et débats

    Au total, plus de soixante tables-rondes, débats ou projections, animées par une centaine d’invités, sont prévues dans différents lieux comme le Musée d’Histoire, le centre de la Vieille Charité et bien d’autres. Le programme débute ce jeudi à 14h30, à la bibliothèque Alcazar, avec une table-ronde où sera questionné l’impact de l’argent sur le milieu de la littérature.

    Programme complet : allez-savoir.fr