Tag: architecte

  • Le ministre de la Transition écologique en SAV dans la région

    Le ministre de la Transition écologique en SAV dans la région

    Comme un symbole, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, arrive au lycée aixois Paul-Cezanne devant des bacs à compost, un soleil de plomb et une température caniculaire.

    Ça tombe bien, il vient visiter la rénovation de l’internat de l’établissement, avec l’escorte protocolaire habituelle : Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix, Christophe Madrolle en tant que conseiller régional, Sylvaine Di Caro, adjointe à la mairie, Jean-Yves Bessol, directeur académique des services de l’Éducation nationale… « Il faut poursuivre notre adaptation au changement climatique, c’est le sens des moyens qu’on mobilise, comme le Fonds Vert qui a permis de débloquer 1 milliard d’euros pour des projets comme celui-ci : rénovation thermique, renaturation des écoles… », plante le ministre délégué, en désignant les espaces verts du lycée. Romain Jamot, architecte en charge de la rénovation de l’internat précise les détails de cette opération en deux phases : « On réalise une opération de rénovation énergétique et fonctionnelle. Ça passe par un travail sur l’enveloppe : on remplace la totalité des menuiseries extérieures, on réalise une rénovation thermique de l’extérieur et on fait le même travail sur la toiture. »

    Une installation photovoltaïque est aussi au programme, pour une rénovation définitive d’ici l’été. De quoi mettre au vert les 87 internes ? En tout cas, Mathieu Lefèvre entend que ce travail illustre la politique gouvernementale sur le sujet.

    « La canicule c’est une course de fond »

    « On parle de plus d’un million et demi d’euros du Fonds vert pour rénover l’internat, c’est un montant d’ampleur. Ce Fonds vert n’existait pas avant sa création par Élisabeth Borne et grâce au Premier ministre [Sébastien Lecornu, Ndlr], il est plus élevé que ce qu’il était au début de la loi de finances », développe-t-il. Difficile de lui donner tort puisque, pour le coup, le Fonds Vert couvre la moitié du coût de la rénovation de l’internat. « Sans doute que ça n’aurait pas pu se faire sans », glisse-t-il, entre deux visites de chambres. Mais au total, l’établissement bénéficiera d’une rénovation d’ampleur d’ici 2033 pour un montant d’une cinquantaine de millions.

    En bref, sa visite est placée sous le signe de l’adaptation au changement climatique. Il est même interpellé par des élèves qui participent à l’opération régionale « Nettoyons le Sud », journée de ramassage des déchets organisée par la Région. « Le gouvernement est mobilisé face à la canicule. Le Premier ministre a rappelé que c’est une course de fond : on doit continuer à se préparer à ce type d’épisode, remarquable par sa précocité dans l’année », martèle Mathieu Lefèvre.

    Mais son emploi du temps ne s’arrête pas là puisqu’il s’est rendu, dans la foulée à Marseille afin de vanter le fait que « la France est championne d’Europe de l’attractivité depuis 7 ans consécutifs ». Le tout dans le cadre d’une séquence pour une « revue de projets industriels stratégiques régionaux ». Et le samedi, c’est direction le site d’Airbus Helicopters à Marignane (lire ci-dessus). Tout un programme.

  • Marché du Soleil : le procès de l’insécurité

    Marché du Soleil : le procès de l’insécurité

    Souriant mais affaibli, Georges Dahan, 81 ans, le patron du Marché du Soleil comparaissait lundi pour refus de fermeture d’un établissement recevant du public (ERP) malgré les arrêtés et mises en demeure de la Ville en 2023 et 2025 pour non-conformité aux règles de sécurité et, concomitamment, pour mise en danger d’autrui.

    Ce chef d’entreprise est à la tête depuis 1987 d’un bazar populaire de 3 600 m² près de la Porte d’Aix. Une opération de police et des douanes menée sous l’égide de la loi Narcotrafic a entraîné la fermeture par la préfecture le 30 janvier des 168 boutiques de vêtements, de quincaillerie… et parfois d’articles de sport contrefaits. 14 personnes dont 3 sociétés doivent être jugées en juin pour négoce en bande organisée de marchandises contrefaisantes et blanchiment. Trois policiers municipaux et un agent de la préfecture répondront, eux, de corruption et de trafic d’influence.

    S’agissant du volet sécurité incendie jugé lundi, le Marché du Soleil était sous le coup d’un premier arrêté municipal de fermeture de juin 2008 suite à un incendie, arrêté resté totalement inappliqué sous Jean-Claude Gaudin qui a laissé faire sa réouverture en 2015. Les travaux réalisés depuis n’ont jamais trouvé grâce aux yeux de la commission communale de sécurité et les deux arrêtés de fermeture d’octobre 2023 et octobre 2025, sont restés lettres mortes.

    « On n’était pas dangereux. On a mis pour 450 000 euros de sprinklers sur 3 000 m² et il n’y a plus de faux plafond. Nous avons six sorties de secours balisées. Aujourd’hui les commerçants pleurent d’être à la rue », proteste le patriarche. « à aucun moment le marché n’a été en insécurité », témoigne son frère Théodore, architecte. « On a l’impression d’un capharnaüm mais les choses sont régulées. Il y a des détecteurs, des extincteurs, des sprinklers, des exutoires de fumées asservies, Je ne sais pas où ils ont vu un péril imminent. On a fait 700 000 euros de travaux mais ils nous ressortent toujours les mêmes choses ! »

    « Il y a un risque majeur évident en termes de sécurité incendie sur ce bâtiment », oppose le procureur Guillaume Bricier. « En cas de survenance d’un sinistre, ces manquements exposent à un risque immédiat de mort ou d’infirmité permanente. Oui, tout le monde pense au drame de Crans Montana en Suisse même si notre saisine date d’avant », précise-t-il démentant que ce dossier soit instrumentalisé par l’autre volet pénal. De requérir pour « la gravité des manquements et la persistance à maintenir le marché ouvert » une peine d’un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction de gérer contre l’octogénaire ; 75 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction contre sa société.

    « Dans ce bal des hypocrites ! »

    Plaidant la relaxe, Me Stéphane Ceccaldi, a rappelé que l’arrêté de fermeture de 2008 a été signé par l’adjoint au maire José Allegrini qui pourtant avait été l’avocat de George Dahan en 2005. « Entre 2008 et aujourd’hui, Il y a eu 25 procès-verbaux de la commission de sécurité, mais il faut attendre le 17 février 2026 pour que la Ville prenne un arrêté de mise en sécurité urgente sur un petit escalier branlant, après la fermeture préfectorale du 30 janvier 2026, ce qui veut dire qu’un arrêté “matraque” était possible. En réalité, chacun trouvait son compte dans ce bal des hypocrites ! » Se fondant sur un arrêt de la Cour de cassation, Me Ceccaldi rappelle que la violation d’une obligation de sécurité ne suffit pas, fut-elle particulièrement grave, pour caractériser une mise en danger délibérée, cynique de la vie d’autrui, « le risque devant être imminent, concret, immédiat et presque en voie de réalisation ce qui n’est pas le cas. Un travail de mise en sécurité progressive et de régularisation était mené face à une administration de plus en plus réticente à valider ».

    Délibéré le 6 juillet.

  • Le théâtre de l’Œuvre se prépare à un grand lifting

    Le théâtre de l’Œuvre se prépare à un grand lifting

    « Le théâtre de l’œuvre est un bâtiment emblématique de 100 ans. Un tiers lieu social citoyen, qui participe à la vie du quartier de Belsunce. » Sur ces paroles élogieuses, Dro Kilndjian, directeur du théâtre, ouvre la conférence de presse sur scène : « Depuis 4 ans, nous sommes fiers de porter plusieurs initiatives sociales et solidaires afin de participer aux aspects culturels qui dynamisent Marseille. Pendant ces quelques années, nous avons aussi travaillé sans relâche pour collecter les fonds nécessaires destinés à lancer nos rénovations. »

    Abîmé par l’âge

    Deux étages condamnés, des espaces sous exploités et une chaudière qui date de la Seconde Guerre mondiale. « Il fallait passer à la phase de travaux », insiste le directeur. Mais ces rénovations impliquent des coûts. « Nous avons déjà récolté 3,25 millions d’euros », annonce l’architecte, Guillaume Beccaria. Pas de quoi déstabiliser le représentant de Land, agence d’architecture à Marseille, qui reste impassible. Son projet millimétré compte bien respecter l’authenticité du théâtre. « Nous conserverons le bâtiment d’angle, ainsi que les sièges des spectateurs. C’est au-dessus que nous allons restructurer un étage de création et de répétitions pour les artistes, construire un ascenseur et agencer un toit-terrasse pour en faire un espace de performances extérieures et de rencontres », rapporte Guillaume Beccaria.

    Une réhabilitation qui a donc pour but d’améliorer le confort des troupes d’artistes. Accompagnée de quelques projets innovants pour élargir les capacités d’accueil du bâtiment. L’architecte poursuit : « Dans cette salle, nous allons installer un système qui permettra de rabattre les fauteuils pour recevoir un public debout et accueillir des spectacles de théâtre, comme des concerts. » Un plan qui participera ainsi à laisser place aux cultures urbaines avec l’accueil d’événements musicaux actuels. La fin des travaux est prévue pour janvier 2028.

    « Besoin de tout le monde »

    « Un projet culturel solide », félicite Gwénaël Richerolle, adjoint au maire délégué au patrimoine municipal, qui en profite pour saluer « la qualité du modèle de financement », en présence de Sophie Camard, maire de secteur.

    Le directeur a malgré tout indiqué « manquer de fonds » : « Nous avons récolté 1,4 million d’euros grâce au fonds européen de développement régional (Feder), 500 000 euros de la CNM, mais très peu de collectivités locales sont présentes autour de cette table (…), notamment à l’année. La Ville est la seule à contribuer avec 100 000 euros, aucune aide de la Métropole, du Département ou de la Région. » Dro Kilndjian s’inquiète : « Les fonds actuels sont faibles et ne suffiront pas à couvrir nos besoins d’équipement et de personnel. Nous avons besoin du soutien des collectivités, c’est une question de vie de quartier, de l’une des dynamiques principales de Belsunce. Nous avons besoin de tout le monde. »

    Avant le début du chantier en juin, le théâtre propose une série de spectacles jusqu’au 25 avril. Et DJ set le 9 mai. Calypso Sadousty

    Détails sur theatre-oeuvre.com

  • Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un immense bâtiment, formé par des colonnes en béton blanc borde le boulevard Schloesing sur 150 mètres dans le 9e arrondissement, à quelques minutes du stade Vélodrome, s’inscrit dans le paysage urbain. Il s’agit du site de maintenance et de remisage des tramways de la ligne T3, mis en service en septembre 2025.

    Véritable colonne vertébrale de la mobilité au sud de Marseille, cet édifice de 30 000 m² accueille l’entretien de trente rames et, au-dessus, un parking relais de 600 places. En face de la station de métro Sainte-Marguerite Dromel, des stations de bus et de tramways, ce parking de 20 000 m² doit permettre aux usagers de stationner leur véhicule et d’utiliser les réseaux de transport en commun pour se rendre en ville.

    L’ouvrage a été conçu pour « exploiter de manière optimale la première phase de la prolongation de la ligne de tramway T3 vers le Sud et le Nord, entre Gèze et la Gaye », explique Christophe Soullier, directeur du pôle infrastructure de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une structure réalisée compte tenu de l’incapacité du site de maintenance, situé à Saint-Pierre, d’accueillir une nouvelle génération de rames. À l’entrée du site, un ancien tramway de la ligne 68 trône en solitaire, la seule du réseau de la ville avant 2007.

    « Le bâtiment est technique »

    Le projet, dont le maître d’ouvrage est la Métropole, a coûté 70 millions d’euros. Il fait partie des seize projets de mobilités financés par le plan Marseille en Grand initié en 2021 par Emmanuel Macron. Pour ces seize projets, l’État subventionne à hauteur de 500 millions d’euros. « Certains ont déjà été livrés et d’autres non pas encore commencés », affirme Christophe Soullier.

    Les bruissements des outils des travailleurs dans les rames rythment la vie du bâtiment. Entre 50 et 70 personnes travaillent sur ces nouvelles rames.

    Lauréat d’un concours en 2017, l’agence Carta Reichen et Robert associés a réalisé la structure entre « architecture et ingénierie », indique Stephan Bernard, architecte et directeur général, au vu de la complexité de la tâche. « Le bâtiment est technique, mais nous l’avons conçu surtout comme un projet urbain, qui s’aligne dans le mouvement de la ville », poursuit-il. L’agence était déjà à l’œuvre pour la conception de la station du Capitaine-Gèze, terminus nord de la ligne 2 du métro. Les tramways sont entretenus : de l’équipement électrique sur le toit, jusqu’au système de frein. Ils passent par le nettoyage, avec le même système que les rouleaux pour les voitures dans les stations-service.

    En 2024, la Métropole avait annoncé l’étude de nouveaux projets, dont la possible prolongation de la ligne 2 du métro de Sainte-Marguerite Dromel jusqu’à la ZAC Vallon Regny.

  • Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Un ancien hôtel meublé misérable et en péril depuis des décennies vient d’être réhabilité par la Société française d’habitat économique (SFHE), une filiale du groupe Arcade. Les 10 chambres d’origine du 27, rue Coutellerie (1er) ont été transformées en 5 logements de type T2.

    « Il s’agit de logements locatifs intermédiaires (LLI), des logements à loyers réglementés à des tarifs inférieurs au prix du marché. À la Coutellerie, les loyers seront 15 à 20% en deçà du prix du marché, afin de permettre l’accès à un logement abordable au plus grand nombre, dans un secteur particulièrement tendu », détaille le bailleur social.

    L’immeuble de 5 étages avec une façade en 4 fenêtres, est la propriété de SFHE depuis 1995, année de sa mise en péril. En janvier 1994, c’était un hôtel meublé très dégradé, propriété du groupe Amhôtel, que la commission de sécurité avait déclaré non conforme aux règles de sécurité, alertant sur son instabilité structurelle, ses infiltrations d’eau. Un an plus tard, le 3 février 1995, les toilettes d’une chambre au 2e étage cédaient, laissant sa locataire « accrochée à son lavabo, les pieds dans le vide », écrit Le Provençal. « La sécurité des occupants est gravement menacée », diagnostique un architecte, justifiant l’arrêté du 24 février 1995 qui ordonne l’évacuation, donnant un délai d’un mois aux occupants pour partir, laissés sans proposition de relogement, ce qui témoigne de ce qu’était la gestion des risques avant même la prise de fonction de Jean-Claude Gaudin. Le Provençal se faisait l’écho du sort de la locataire sinistrée qui en avril se maintenait avec son ami dans la même chambre semi-effondrée tout en s’acquittant de 1 300 francs de loyer.

    Un foyer pour femmes isolées jusqu’en 2014

    L’immeuble est ensuite devenu un foyer pour femmes isolées. En janvier 2014, l’immeuble est frappé d’un péril non imminent. Le foyer ferme. Après une quasi-décennie d’abandon et devant « l’aggravation des désordres constructifs », la Ville a relancé en décembre 2023 le dossier, menaçant de travaux d’office. D’où la lourde opération de confortement structurel finalement engagée qui a permis en octobre 2025 de prononcer la mainlevée de tous les arrêtés de mise en sécurité.

    « Nous avons engagé une opération ambitieuse pour sécuriser durablement le bâtiment, préserver sa structure existante et recréer de nouveaux logements confortables et spacieux », explique-t-on chez SFHE. Le sauvetage de l’immeuble représente 1,9 million d’euros d’investissement. « C’était une opération lourde qui a nécessité une purge complète des planchers avant d’entreprendre une restructuration plus cohérente des 10 studios en 5 logements », décrit Sofian Sahraoui, chargé d’opération chez SFHE. « Cela a pris du temps et deux études structurelles car il fallait vraiment être minutieux et ne pas prendre de risque sur du bâti ancien. On a utilisé des matériaux qui n’alourdissent pas l’immeuble. D’où le choix de poutres Nailweb qui associent l’aluminium et le bois. C’est un beau projet qui s’achève. » L’aménagement intérieur est quasi fini. La façade a été totalement refaite, magnifiant le balcon et sa ferronnerie possiblement du XVIIIe. L’arrivée des locataires est prévue en mai.

    Le 27, rue Coutellerie n’a jamais cessé durant un siècle d’accueillir une population modeste. Ses « garnis » ont nourri la chronique locale. A défilé au 27, rue Coutellerie toute une population modeste et laborieuse, exerçant des petits métiers, serveur, marin de passage, tricoteuse, repasseuse, brodeuse, femme de ménage, etc. Madame Renée, « une vraie voyante venue de Paris » y faisait en 1906 commerce de ses prédictions. En 1916, la police y cueille un marin chinois, « contrebandier d’opium ». En 1934, l’hôtel meublé est tenu par la veuve Marie Mabile. Pour l’anecdote, Le Petit Provençal du 28 novembre 1897 y avait interviewé dans sa chambre un marin de la Pénitentiaire qui surveillait dans une chaloupe les abords de l’île du Salut où est alors détenu le capitaine Dreyfus.

    Une nouvelle page se tourne pour cet immeuble sauvé qui va retrouver une vie, et soulagé 5 locataires dans la difficile quête d’un logement à Marseille.

  • Vers l’inscription au titre des monuments historiques

    Vers l’inscription au titre des monuments historiques

    Assumant de forcer un peu les choses, la ministre de la Culture, Rachida Dati, avait exprimé lors de son premier déplacement à Marseille le 16 janvier 2025 sa volonté de protéger la Bonne Mère, prenant de court le diocèse plutôt réticent. Après tout, la Bonne Mère n’offre-t-elle pas déjà une protection ?

    La seule protection juridique dont jouit à ce jour la Colline de Notre-Dame de la Garde, c’est celle de « site classé » comme le Vieux-Port, la corniche Kennedy ou encore la Pointe Rouge. La Ville de Marseille l’avait demandé et obtenu en 1917 pour prévenir l’atteinte occasionnée par les carrières de la butte qui compromettaient la solidité de la Basilique, et qui produisaient « les résultats les plus désastreux contre l’esthétique d’un des plus jolis sites de Marseille ». Une protection qui ne vaut pas grand-chose, le béton sauvage coulant dans son dos.

    Après des mois d’échanges avec les services du cardinal-archevêque Jean-Marc Aveline qui a donné son accord, le dossier de protection au titre des monuments historiques a avancé. La commission régionale de l’architecture et du patrimoine s’est réunie jeudi et a donné un avis favorable avec vœu de classement. Le nouveau préfet de région officialisera le périmètre de l’inscription dans un arrêté qu’il pourrait signer dans quelques semaines.

    La protection de la basilique de la Bonne Mère se justifie par son histoire, sa charge symbolique et spirituelle. C’est un édifice emblématique du grand paysage marseillais et de son patrimoine. La Basilique a été érigée entre 1853 et 1870 sur un site où se trouvait un ouvrage fortifié sous François Ier destiné à protéger la ville après le siège de 1524 par les troupes de Charles Quint et une chapelle remplaçant un monument daté de 1214, propriété des moines de l’abbaye Saint-Victor. Cette combinaison entre le militaire et le religieux a ancré dans l’esprit des Marseillais cette double protection spirituelle et matérielle.

    Pour les historiens de l’art, Notre-Dame de la Garde constitue en outre un jalon important dans le développement du style romano-byzantin en France au XIXe siècle, issu des recherches néo-romanes commencées à Saint-Paul de Nîmes, aux côtés de la cathédrale de la Major à Marseille. La conception et les qualités imaginées et réalisées par le premier architecte, Henry-Jacques Espérandieu (1829-1874), se combinent avec la variété et l’esthétique des décors de mosaïque et de marbre, dus à son successeur Henry Révoil (1822-1900), dans une œuvre d’art total.

  • Hommages aux Poilus à Marseille

    Hommages aux Poilus à Marseille

    « Garantir la sécurité, la liberté et la dignité de chacun, ce projet porte un nom : la République » a réaffirmé ce mardi 11 novembre Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants par la voix d’Isabelle Epaillard, préfète des Bouches-du-Rhône par intérim, qui a lu son message lors de la cérémonie d’hommage aux combattants de la Première guerre mondiale. Députés, sénateurs, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), la présidente de la Métropole, Martine Vassale (DVD) et les autorités militaires se sont réunis devant la porte d’Aix en fin de matinée. Cadets de Marseille et élèves de 3e du collège Mallarmé étaient également présents, assurant la lecture des poèmes « Mon enfant »,, « 1914 », « Les tranchées » de Fabienne Berthomier ou de « La dernière lettre écrite à ses élèves par l’Adjudant Henri Boulle. »

    Dans l’après-midi, c’est au carré militaire du cimetière Saint-Pierre que se sont retrouvés des élus de la majorité départementale, sous l’égide de la présidente Martine Vassal qu’une cérémonie a eu lieu avec un hommage à Gaston Castel, architecte de la Ville de Marseille et des Bouches-du-Rhône, qui a réalisé plus de 270 bâtiments dont la crypte du cimetière, l’opéra de Marseille ou encore les Baumettes… Mais dont on sait moins qu’il fut mobilisé dès septembre 1914, combattit à quelques encablures de Verdun avant d’y laisser un oeil. Une gueule cassée qui plus tard n’hésitera pas à s’engager dans la Résistance…

    La crypte est d’ailleurs ouverte au public gratuitement tous les jours jusqu’au dimanche 16 novembre, avec une exposition, organisée par les Amis du Vieux Saint-Marcel, le comité de Marseille du Souvenir français et l’association républicaine des anciens combattants de Saint-Marcel.

  • [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    Le saccage a commencé à Saint-Charles en 2023, il s’est poursuivi à la Joliette en 2024, puis à Noailles et Estrangin-Préfecture cette année. Sous couvert de « modernisation », le coûteux programme « Rénov’ Stations » de la RTM et de la métropole Aix-Marseille-Provence efface peu à peu les œuvres qui ornaient depuis près d’un demi-siècle les stations du métro : mosaïques, tôles émaillées et décors originaux cèdent la place à des revêtements uniformes, salissants et sans âme.

    Réalisées entre 1977 et 1986 par des tandems artistes-architectes, les stations du métro de Marseille possédaient une identité forte et colorée, avec des œuvres liées à l’identité et à l’histoire des quartiers desservis. Le plan « Rénov’ Stations », censé « améliorer le confort et la sécurité » des usagers, transforme aujourd’hui ces espaces en lieux aseptisés, interchangeables, où tout se ressemble. Les nouveaux aménagements, mal conçus et fragiles, produisent des espaces illisibles aux ambiances d’hôpital et brouillent les repères des voyageurs.

    Pourtant, ces décors relèvent du patrimoine architectural et artistique du XXᵉ siècle, protégés par le droit français (Code du patrimoine et Code de la propriété intellectuelle), ainsi que par la Convention de Faro, qui reconnaît le droit des citoyens à participer à la valorisation de leur patrimoine. Leur destruction sans concertation bafoue ce double statut et efface une mémoire collective. Certaines œuvres ont purement disparu, comme Les Ports d’Albert Jaubert à la Joliette, évoquant le passé ouvrier et portuaire, remplacée par une photographie du quartier Euroméditerranée, représentant une image lisse et marchandable de la ville.

    Ce chantier illustre la fragilité du regard porté sur le patrimoine marseillais. Dans la plus vieille ville de France, il est dommage que le patrimoine soit si peu considéré et perpétuellement détruit. Alors que les stations Castellane et Désirée-Clary s’apprêtent à subir le même sort, il est urgent d’ouvrir un débat public sur notre métro. Dénonçons collectivement cette modernité rétrograde, et retrouvons l’enthousiasme et l’avant-garde qui faisaient l’essence du métro de Marseille à son inauguration. Le temps est venu de nous rassembler pour construire la suite de l’histoire de notre métro !

    Par Liam McCORLEY et Sandro PISCOPO de l’Université HLM (hors les murs) de marseillologie

    Cosignataires : François AVEROUS (architecte), Alain BARLATIER (documentariste), Pascale BARTOLI (architecte), Joël BARTOLOMEO (artiste), Arthur BATTESTI (architecte), Mariam BENBAKKAR (artiste), Claire BENIT-GBAFFOU (urbaniste), Jean-Daniel BERCLAZ (artiste), Aurore BIZE (artiste), Julien BLAINE (poète), René BORRUEY (historien), Jean-Noël BRET (historien de l’art), Christine BRETON (conservatrice du patrimoine), Guillaume CALAS (architecte), Roland CARTA (architecte), Clément CHAFFAIE (architecte), Jean-Marc CHANCEL (architecte), Julie DE MUER (guide urbaine), Sylvie DENOIX (historienne), Anke DOBERAUER (artiste), Paul DOMELA (curateur), Elisabeth DORIER (géographe), Thierry DUROUSSEAU (architecte), Mary FITZGERALD (journaliste), Anne-Valérie GASC (artiste), Teodoro GILABERT (écrivain), Milan GIRAUD (artiste), Benoît GUILLAUME (illustrateur), Stéphane HERPIN (architecte), Pierre-Alain HUBERT (artiste), Albert JAUBERT (artiste), André JOLLIVET (architecte), Baptiste LANASPEZE (éditeur), Carole LENOBLE (architecte), Sylvain MAESTRAGGI (auteur), Éric MAILLET (artiste), Nicolas MAISETTI (sociologue), Nicolas MÉMAIN (urbaniste), André MÉRIAN (photographe), Gilbert ORSONI (juriste), Matthieu POITEVIN (architecte), Garance POUPON JOYEUX (artiste), Justine PRUVOT (cheffe), Tilman REICHERT (architecte), Rudy RICCIOTTI (architecte), Suzel ROCHE (réalisatrice), Jean RODET (architecte), Sandrine ROLENGO (Déléguée Sites & Monuments Paca), Ana RUBIO (architecte), Jacques SBRIGLIO (architecte), Oliver SALWAY (artiste), Loévan SICARD (architecte), Alexis STEINMAN (journaliste), André STERN (architecte), Bernard TARAZZI (architecte), Paul-Elias TOURNÉ (architecte), Stephan ZAUBITZER (photographe)

    Pour signer la pétition « Stop à la rénovation moche des stations du métro de Marseille ! », c’est ici.

  • L’ombrière quai Ganteaume commence à prendre forme à La Ciotat

    L’ombrière quai Ganteaume commence à prendre forme à La Ciotat

    « C’est vraiment en harmonie avec ce qu’il y a autour. Les mâts rappellent les vieux gréements d’antan, et les éléments de l’auvent en métal, la couleur du platelage », observe hier matin Alexandre Mendez, charpentier et serrurier. Son entreprise, Cerni, compte parmi les entreprises, toutes ciotadennes, à avoir remporté le marché de l’ombrière. « Ce matin, on a posé les 3 mâts, et on commence à fixer les éléments de l’auvent », détaille-t-il. Adjoint au maire délégué aux travaux, Noël Collura rappelle : « Pour cette ombrière, l’architecte des bâtiments de France (ABF) nous avait demandé de rappeler notre histoire, et les chantiers navals. Comme les premiers bateaux ont été construits en bois, puis en métal, nous avons donc répondu à ses exigences. » L’inspiration pour le projet ? Le jeune architecte, Sébastien Labastie, embrasse le Port Vieux du regard. « On n’a rien inventé. Tout est là », lance-t-il. Composée de 12 éléments en acier galvanisé thermolaqué, aux lames couleur beige-brun et au cadre gris, l’ombrière de 5 mètres de large et 25 de long formera comme un parallélépipède fixé à 3 mètres de haut par rapport au sol.

    Des mâts à demeure

    «Elle est attachée aux mâts, à demeure, qui dépassent de 11 mètres du sol et sont habillés de bois exotique, l’iroko », développe l’architecte. « Mais s’il n’y avait que ça, elle s’affaisserait, et donc des câbles la soutiennent. Car ici, on est à la fois sous l’influence du mistral au nord-ouest, et en même temps du vent d’est qui génère les tempêtes qu’on connaît. » Des mâts, des câbles, et sans doute bientôt la même stridence du vent au travers des filins d’acier. L’ombrière ressemble bien à un navire, mais immobile, accroché à son quai. Mais pas tout à fait immobile quand même. L’architecte des bâtiments de France a en effet demandé à ce que l’auvent soit démonté, « parce qu’il y a des monuments autour », indique Noël Collura. L’auvent demeurera accroché à ses mâts «du printemps à l’automne », après quoi il faudra le démonter à la fin de chaque saison. Comme il est installé tard cette année, la Ville, qui porte le chantier de l’ombrière de près de 400 000 euros, négocie cependant pour qu’elle reste jusqu’à la saison prochaine. Quant à l’historique du projet, Noël Collura explique : «en 2020, nous avons refait le Port Vieux. On voulait le refaire comme à l’époque, avec des arbres le long du quai, et on se garait en épi. Mais les Ciotadens nous ont dit qu’il manquait d’ombre. C’est pourquoi nous avons planté 18 arbres depuis l’Escalet, auxquels vont s’ajouter dix autres, et l’ombrière sous laquelle on pourra s’asseoir, et admirer les bateaux».

  • Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    La gestion de l’eau à travers le passé, le présent et le futur sera au cœur de cette 3e édition des Rencontres interacadémiques méditerranéennes, de mercredi à vendredi, entre les murs de la bibliothèque marseillaise de l’Alcazar. Organisé par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, le colloque réunira 35 conférenciers venus de France, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie.

    « Le but est d’avoir une approche pluridisciplinaire, explique Marc Sentis, secrétaire perpétuel de la classe des Sciences de l’Académie. Il y aura des écologues, paléoclimatologues, historiens, urbanistes, architectes, ainsi que des représentants d’institutions issus de divers pays du pourtour méditerranéen. »

    Durant trois jours, les participants tenteront de proposer une vision transversale des enjeux liés à la ressource en eau : de sa symbolique dans les différentes religions aux solutions face au réchauffement climatique, en passant par les questions de solidarité dans sa gestion.

    Un colloque pensé pour être accessible au plus grand nombre. Des classes de seconde avec leurs professeurs, assisteront à plusieurs conférences. « L’objectif de ce colloque est que tout le monde puisse venir, explique Marc Sentis. C’est sans inscription et gratuit pour que les visiteurs de l’Alcazar, venus pour autre chose, puissent suivre les conférences. »

    Les conférences et ateliers seront interactifs, avec un temps d’échange prévu entre les experts et le public.

    Programme complet sur le site academie-sla-marseille.fr