« J’ai toujours voulu être utile aux autres », témoigne Sophie Houles. L’assistante de direction au sein de la mairie de Saint-Martin-de-Crau raconte s’être portée volontaire dès le début des feux en Gironde, il y a maintenant neuf jours. Sapeur-pompier volontaire depuis quatre ans, la quarantenaire jongle entre son métier à la mairie et ses « missions sur des urgences vitales ».
Sophie Houles est partie ce jeudi matin à cinq heures pour « prendre la relève », « cela fait des jours que ça dure et tout le monde est épuisé ». La sapeur-pompier explique : « Je peux partir grâce à la convention de la mairie avec le Sdis. » Cet accord permet aux sapeurs-pompiers volontaires de bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour partir soutenir leurs collègues sur les feux.
« En élevant seule des enfants, je ne pouvais pas me permettre d’être sapeur-pompier », confie Sophie Houles. Aide à domicile pour personnes âgées, puis dans une maison de retraite, et aujourd’hui assistante de direction à la mairie, elle raconte, depuis son enfance, « avoir toujours eu cette envie d’apporter mon petit truc, même si c’est minime ». C’est ce qui l’a poussée à se porter volontaire chez les sapeurs-pompiers.
« J’aime beaucoup la nature et les animaux, c’est aussi ça qui m’a poussée à me porter volontaire », confie-t-elle. « Forcément, ça me touche de voir tous ces hectares de forêts partir en fumée », ajoute Sophie Houles. Cela représente également un « défi professionnel » pour cette originaire du Sud qui a peu fait face à des feux dans sa carrière.
Bien qu’elle n’ait jamais parlé à ses enfants de cette envie de faire partie des soldats du feu, sa fille s’est engagée à 14 ans comme sapeur-pompier professionnel. Elle était dans le Var pour combattre les feux jusqu’à ce début de semaine.
« L’anxiété et la peur, on les met de côté lorsqu’on part sur ce type de mission », assure-t-elle la voix ferme. Ce qui prime pour elle, c’est « ce que je vais pouvoir apporter sur le terrain ».
Gabrielle Cartellier

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