Tag: Sdis

  • À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    Un régiment de militaires de la Sécurité civile détaché pour les travaux d’urgence d’espaces naturels, basé à Brignoles, a achevé jeudi un important chantier de rénovation de deux pistes forestières endommagées à Pierrevert et à Montfuron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, près de Manosque.

    Pendant près de trois semaines, les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile ont débroussaillé, sécurisé les deux pistes, et y ont créé des aires pour permettre aux camions de se croiser. Le bon état des pistes est particulièrement important dans cette zone, à haut risque d’incendies.

    « Les pistes s’abîment avec le temps, avec la pluie, le passage des motos, des chasseurs », explique le sergent Gauthier Sorton, chef du module pendant le détachement. Afin de réaliser le chantier, les militaires avaient à leur disposition deux bulldozers, une mini-pelle et un tracteur. Sept militaires du rang et un sous-officier sont intervenus pour ces travaux.

    L’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a entièrement financé le chantier, qui lui a coûté environ 20 000 euros, selon Cyril Marin, responsable du service espaces naturels. « Cela aurait coûté beaucoup plus cher en passant par une entreprise privée, à peu près entre 70 000 et 90 000 euros, puisqu’on aurait dû payer la main-d’œuvre », affirme-t-il.

    Malgré quelques interruptions dues aux intempéries, qui ont compliqué l’intervention des militaires, le chantier a pu se terminer à temps.

    Plusieurs communes de la communauté d’agglomération ont « cruellement souffert des incendies au début des années 2000, donc il y a eu une réelle volonté unanime des élus, lors de la création de la DLVA, de prendre cette compétence de DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) pour mutualiser les moyens », a relaté Gilles Mégis, vice-président de la DLVA, délégué à la prévention des risques.

    Les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile interviennent sur de nombreuses catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre ou des feux de forêt. Après des inondations, ils retirent les arbres tombés sur la route ou les voitures emportées par le courant, comme récemment dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Pendant les intempéries, des engins du chantier ont dû y être évacués.

    Il existe trois régiments de ce type en France, à Brignoles, à Libourne et à Nogent-le-Rotrou. Le régiment de Brignoles vient de signer une nouvelle convention avec la mairie de Manosque pour revenir intervenir tous les ans pendant quatre ans. En 2025, ce régiment était déjà intervenu à Manosque pour rénover une piste stratégique de défense du massif du Luberon.

  • À Istres, le quartier des Heures Claires en majeure partie rouvert

    À Istres, le quartier des Heures Claires en majeure partie rouvert

    Une petite foule s’amasse sur le parking de l’école Pierre-Armanet à 10h. Agents municipaux et policiers prennent les noms des habitants, puis les font monter cinq par cinq dans des navettes pour aller récupérer des affaires de première nécessité. Une seule consigne : faire au plus vite, pour limiter le risque.

    Mardi, quelque 300 habitations des Heures Claires ont dû être évacuées suite aux pluies torrentielles qui ont fragilisé le terrain. Jeudi matin, plus d’une centaine de familles ont pu regagner leur foyer du côté du port, mais le bas des Quatre-Vents est resté fermé suite aux premières analyses menées par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), mercredi. Dans la journée de jeudi, quatre experts devaient « discriminer les parcelles dangereuses » dans le quartier encore bouclé, expliquait le maire (LR), Robin Prétot, dans la matinée. En attendant, les résidants de cette zone ont pu rentrer temporairement chez eux, encadrés par les forces de l’ordre, pour récupérer quelques biens.

    Un « mauvais rêve »

    Liliane est l’une d’entre eux. Elle attend son tour pour aller chercher ses médicaments : « C’est la priorité. » Deux jours après l’orage, elle reste encore choquée, en témoignent ses mains et sa voix qui tremblent. « Ça fait 65 ans que je vis là, je n’ai jamais vu ça », glisse-t-elle. Mardi, à 5h, un arbre s’est effondré à l’arrière de son jardin dans un vacarme assourdissant. Par chance, il n’a provoqué aucun dégât. Rien de visible, en tout cas. La retraitée comprend les mesures de précautions prises par la Ville. « C’est jamais trop. Je ne suis pas à la rue, il y a ma sœur qui m’héberge, mais c’est la cata quoi… La zone est à risque, il y a des coulées de boue, des glissements de terrain chez ma voisine. À côté de chez moi. » Depuis l’arrivée des forces de l’ordre qui lui ont demandé de quitter les lieux au plus vite, mardi, Liliane a l’impression d’être « dans un autre monde ». « Je marche comme un robot, je me dis que c’est pas possible. J’ai toute ma vie dans cette maison. »

    À côté d’elle, une riveraine n’arrive pas à retenir ses larmes. « On se dit qu’on est dans un mauvais rêve », confie-t-elle. En quittant sa maison à la hâte il y a deux jours, cette quadragénaire, qui souhaite garder l’anonymat, a pu prendre ses chiens. En revanche, son chat est toujours sur place. Autre source d’inquiétude : l’état de son toit. « Mon plafond s’est effondré, mais si je ne peux pas retourner chez moi et faire venir des ouvriers, il va rester un trou, la pluie va de nouveau s’infiltrer, et ce n’est pas sécurisé », s’alarme-t-elle. Sur le parking de l’école, au départ du barrage filtrant mis en place ce jeudi matin, les services de la Ville tentent tant bien que mal de trouver des solutions sur-mesure.

    En fin de journée, la bonne nouvelle tombe : suite à l’expertise du BRGM, le secteur est rendu aux administrés. Le seul accès reste par le chemin du Mas des 4 Vents, qui est rétabli. Les résidants des quelques parcelles restant interdites vont être informés directement par la mairie. « Si nécessaire, des solutions de relogement temporaire seront examinées », précise la Ville dans un communiqué.

    Désormais, la municipalité se concentre sur « l’après crise ». Les opérations de pompage de l’eau menées par la Base aérienne 125 ont débuté, ce jeudi matin, dans les secteurs du Capeau et de Guynemer. De son côté, le Sdis 13 a traité une quinzaine de maisons. Le Comité communal feux de forêts s’est également chargé de désengorger cinq points.

    Des équipes d’agents et d’élus sont allées constater les dégâts au niveau des équipements publics. « On va faire un audit assez détaillé de la situation », affirme Robin Prétot. Pour le moment, seules la médiathèque, récemment inaugurée, et l’école Camille-Pierron ont été identifiées. La Ville lance également l’opération « Un coup de main un coup de cœur », en partenariat avec la Croix rouge, pour « mobiliser un maximum d’effectifs, y compris des habitants bénévoles, pour gérer l’après chez les sinistrés », détaille le maire.

  • Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Le bilan s’alourdit. Les forts orages de lundi et mardi ont fait deux nouvelles victimes, à Lançon-Provence. Une femme de 86 ans et sa petite-fille de 26 ans, originaire d’Ariège, ont été retrouvées sans vie, mercredi soir, dans la cave inondée d’une maison située au bord de la RD19.

    La maire (DVD) Julie Arias se dit profondément touchée, et regrette la fuite de ces informations par les services de la préfecture avant même que les proches ne soient avertis. « Quelque chose de dramatique s’est joué hier, la vie entière de toute une famille a basculé pour toujours. […] Au nom de la commune et des Lançonnais, je leur adresse toutes mes condoléances. »

    Mardi matin, un homme de 75 ans avait déjà perdu la vie, emporté par les eaux qui ont dévasté le quartier de Massane, à Saint-Mitre-les-Remparts. Le colonel Franck Briend, directeur adjoint du Sdis 13, réagit : « J’ai une pensée pour les familles des trois personnes décédées depuis le début de l’événement, c’est dramatique. Nous n’avons heureusement pas d’autre personne pour le moment, mais on ne peut pas exclure qu’il n’y ait pas d’autre victime en allant découvrir maison par maison si tout le monde va bien. J’en appelle à la prudence, le phénomène n’est pas terminé, l’électricité présente un risque et il y a encore des zones inondées. Chacun doit prendre ses précautions pour éviter de se mettre en danger. La priorité, c’est la vie humaine. »

    Plus de communication,

    ni d’électricité

    Depuis lundi soir, les pompiers ont réalisé près de 2 700 opérations de secours, principalement « axées sur le sauvetage et les mises en sécurité qui ont concerné plus de 1 000 personnes », souligne le colonel. À l’heure actuelle, 1 200 sapeurs-pompiers sont toujours déployés dans les Bouches-du-Rhône, épaulés par les moyens de la Sécurité civile et l’appui d’une dizaine de départements venus en renforts, pour « aider les populations » et permettre un « retour à la normale » après les inondations. « On a aussi un objectif d’accompagner la remise en œuvre des circulations principales pour désengorger les communes », poursuit Franck Briend. Les secteurs d’Arles et Saint-Martin-de-Crau préoccupent encore le Sdis 13.

    Dans cette commune de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, près de 400 habitants ont dû être secourus et évacués mardi, avant d’être accueillis dans un espace mis à disposition par la mairie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Saint-Rémy-de-Provence a ouvert les portes de sa salle communale aux 180 sinistrés restants. Si la situation s’améliore, Saint-Martin-de-Crau revient de loin. La ville a été « coupée du monde », raconte le premier adjoint au maire, Julien Besançon. « C’est devenu une île pendant 48h. » Les principales voies d’accès ont été inondées, le poste d’alimentation électrique des 6 500 foyers également, et les communications ont été coupées pendant 4 heures, mercredi, en raison de la panne d’Orange. Mercredi soir, 3 500 logements ont pu retrouver le courant. Jeudi midi, le reste des habitants attendaient encore l’arrivée de 20 groupes électrogènes d’Enedis, dont l’acheminement a été retardé par l’état des routes. La situation a été rétablie dans la soirée.

    Néanmoins, la maire Séverine Dellanegra (SE) détaille : « Il y a encore des quartiers qui ont jusqu’à 80 cm d’eau, notamment au Mas Boussard et au Cabrau, mais le nombre précis d’habitations est encore difficilement chiffrable ». Des méga-pompes ont commencé les opérations d’absorption. La zone industrielle a également été affectée. « Il y aura un impact économique, affirme l’édile. Nous mettrons des dispositifs en œuvre dès la semaine prochaine, en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre d’agriculture, pour pouvoir évaluer les dégâts et accompagner les entreprises et les commerces concernés. »

    LES ÉLUS EN PREMIÈRE LIGNE

    Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues

    « La préfecture m’a assuré que nous aurons la reconnaissance de catastrophe naturelle, qui passera en commission le 27 octobre. Des habitants m’ont dit que l’expert de leur assurance ne paissait que fin novembre. Mais des gens sont à la rue ! J’ai demandé à resserrer le calendrier de passage des experts et qu’on ouvre un guichet unique d’aide aux sinistrés, dès la semaine prochaine, à l’hôtel de ville. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Frédéric Bolano, adjoint (PCF) à la prévention et à la sécurité de Port-de-Bouc

    « La solidarité port-de-boucaine a encore une fois montré sa force : des agents sont revenus de vacances à leur initiative, la SNSM, la Réserve communale étaient présentes, le Secours populaire a séché et habillé les réfugiés de Gagarine, deux étudiantes se sont occupées des enfants, les commerçants ont offert des pizzas… Nous faisons le tour des sinistrés depuis deux jours pour les aider à déclarer leur sinistre. »

    An. M.

    Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin- de-Crau

    « On a largement dépassé le scénario catastrophe du schéma des crues de la Crau qui a été élaboré il y a dix ans. Avec cet épisode, on est plus du tout à jour. La pluviométrie record, la nappe phréatique exceptionnellement pleine et le phénomène très territorialisé ont empêché un drainage optimal. Il va falloir avoir une réflexion sur les causes détaillées qui nous ont menés à cette situation et en tirer les conséquences. »

    A.M.

    Vincent Goyet, maire de Saint-Mitre- les-Remparts

    « On a eu un événement exceptionnel, qu’on n’avait pas connu depuis 1938. Face à ça, on va recalibrer nos installations pour qu’on soit correctement organisé, même face à des orages de moindre ampleur. On ne peut pas se contenter de roubines agricoles avec une activité agricole en déprise totale. Il faut pouvoir restructurer le réseau pour mieux gérer ces risques avec l’aide de la Métropole au titre de la compétence inondation Gemapi. »

    A.M.

  • La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    « Nous sommes dans un contexte agricole exigeant, a rappelé Christel Gagliardo, la présidente de la FDSEA des Hautes-Alpes ce jeudi lors de la rentrée syndicale. Enjeux climatiques, réglementations toujours plus complexes, situation financière dégradée… Tout se cumule ! Plus que jamais, nous avons besoin d’échanger ». Le préfet Philippe Bailbé, la députée Marie-José Allemand (PS) et des représentants du conseil départemental ont participé à la réunion, aux côtés de la dizaine de membres du syndicat libéral et de membres du syndicat Jeunes Agriculteurs.

    Deux membres du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) étaient aussi présents pour discuter du premier point à l’ordre du jour : la prévention du risque incendie. « Avec le changement climatique, notre métier change, a introduit Grégory Favier, chef de centre. Lors des feux de moissons, qui démarrent très rapidement, les premiers intervenants, c’est vous, les agriculteurs ! » Les pompiers ont proposé de « former » les exploitants aux bonnes pratiques : « Car des petits gestes, comme ajuster la trajectoire en fonction du vent ou de la pente, peuvent limiter les dégâts ». Le Sdis aimerait former un partenariat avec les agriculteurs en cas d’incendie, comme il le fait déjà avec les fédérations de chasseurs. « L’idée est d’avoir trois interlocuteurs en cas de feux, pour ainsi être organisés et assurer la sécurité de tous », a expliqué Pierre-Emmanuel Feit. Il propose aussi aux agriculteurs de recenser leur matériel susceptible d’aider lors des incendies, comme les tonnes à lisier qui peuvent acheminer de l’eau. « On sait que vous avez d’autres choses à faire, admet le préfet. Mais en cas de crise majeure, comme on en a eu cet été, on a besoin de toutes les bonnes volontés. »

    Le sujet des réserves multi-usage d’eau (aussi appelées mégabassines), dont le développement est fortement souhaité par le syndicat, est ensuite venu sur la table. « Le problème, c’est que c’est très long à mettre en place, explique la présidente. Les dispositifs existant ne représentent pas la réalité du terrain. » Tous les participants sont d’accord sur un point : pour pouvoir en financer, et au passage en assurer l’acceptabilité sociale, il faut partager ces projets avec d’autres acteurs économiques. Comme les collectivités, ou les stations de ski, « qui ont davantage de moyens ». « Si l’on veut garantir une alimentation en eau tout au long de l’année, on n’a pas le choix, estime le Philippe Bailbé. Ces retenues d’eau sont indispensables. » Toujours sur l’eau, la question de la priorisation des usages en cas de sécheresse a été abordée : « Il faudrait que celui qui arrose sa pelouse arrête un peu avant que nous soyons contraints de cesser d’irriguer notre maïs ! », a lancé Christel Gagliardo.

    Sur les enjeux de transmission des fermes, de plus en plus urgentes car de nombreux exploitants vont partir à la retraite dans les prochaines années, la présidente a présenté un dispositif régional qu’elle espère voir émerger dans le département, Terre Adonis. La structure accompagne financièrement un porteur de projet, et lui vend ensuite la ferme au bout de quinze ans maximum. « Contrairement à l’association Terre de liens, qui ne permet pas aux agriculteurs de devenir propriétaires et ne se destine qu’à la filière bio, a-t-elle précisé. Nous, on veut que l’agriculteur soit libre ! »

    Agathe Di Lenardo

  • Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Des banderoles « pompiers en grève », toujours visibles sur les camions des pompiers vauclusiens, rappellent que l’incendie social chez les soldats du feu n’est pas circonscrit. Depuis le 8 septembre et jusqu’au 20 octobre, un préavis national court chez les pompiers professionnels. « Des revendications légitimes en raison d’une sollicitation opérationnelle croissante », pose Thierry Lagneau, président du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 84, au moment, ce jeudi, de présenter la nouvelle convention liant le Département de Vaucluse et le Sdis.

    Si sa signature ne figure pas encore à l’ordre du jour de la séance plénière de ce vendredi (lire ci-contre), le cadre est formalisé. « En cinq ans, le nombre d’interventions a progressé de 25% [50 000 interventions par an], derrière ces chiffres, il y a une nécessité de moyens humains et matériels non négligeable », estime Thierry Lagneau.

    Ainsi, de 38,9 millions d’euros en 2026, la part du Département prévoit de passer à 41,2 millions l’an prochain et 42,3 millions en 2028. « C’est un montant important mais totalement indispensable », juge Dominique Santoni. La présidente LR du conseil départemental souligne que la collectivité abonde pour 64% dans le budget de fonctionnement du Sdis, le reste provenant de l’État. Dans le détail annuel, 464 000 euros sont consacrés à la prime de feu, 300 000 euros à la location d’un hélicoptère bombardier d’eau ou 900 000 euros dédiés au renouvellement de la flotte. 400 000 euros sur deux ans serviront à financier l’embauche de pompiers professionnels. Actuellement au nombre de 500, ils sont épaulés par 1 900 pompiers volontaires. « Il y a nécessité de recruter pour évoluer vers les gardes de 12h et non plus de 24h », assure Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, allusion à cette forte revendication des grévistes.

    Pour le patron des pompiers, la convention « témoigne de moyens conséquents, une dépense obligataire mais surtout une ressource pour le département et assurer l’équité dans la distribution des secours ». Il rappelle que si cet été le Vaucluse a plutôt été épargné par les incendies, ce n’est pas que le fruit du hasard : « On a l’impression qu’il ne s’est rien passé mais on a enregistré plus de 500 départs de feu, si 99% ont été stoppés avant d’avoir parcouru 5 ha, c’est grâce à l’hélicoptère, à notre maillage sur le terrain ou au dispositif prévisionnel dans les massifs », insiste le colonel Paichoux

  • Pompiers : dans l’Hérault, le service public en bout de chaîne

    Pompiers : dans l’Hérault, le service public en bout de chaîne

    On est les derniers à récupérer tout ce que les autres administrations ne peuvent plus assurer. » Pour Gautier Néolas, le constat est celui d’un service public arrivé en bout de chaîne. Président du SA SPP-PATS 34 et sapeur-pompier professionnel à Béziers, il participe au mouvement national lancé le 8 septembre et appelé à durer jusqu’au 20 octobre.

    Après un été marqué par les mégafeux et la mort de quatre pompiers en France, la colère a gagné en visibilité. Mais les difficultés sont anciennes : budgets contraints, effectifs insuffisants et missions récupérées à mesure que d’autres services publics s’essoufflent. « Or nous non plus, on ne nous augmente pas les budgets. Automatiquement, on se retrouve à ne plus pouvoir assurer tout ce qu’on nous demande. » L’intersyndicale réclame un financement renforcé des Sdis par l’État, davantage de professionnels et une meilleure prise en compte de la santé des agents : fumées toxiques, fatigue, usure physique ou encore risques psychosociaux.

    Toujours plus de missions

    Dans l’Hérault, les chiffres donnent corps à l’alerte. 87 165 interventions ont été réalisées en 2025, soit environ 240 par jour et 15% de plus qu’en 2024, dont près de 80% consacrées au secours d’urgence aux personnes. Une activité déjà bien supérieure aux hypothèses de planification, établies autour de moins de 75 000 interventions annuelles.

    Les 16 centres mixtes concentrent à eux seuls 84,5% de l’activité départementale. Pour le syndicat, cette charge impose de renforcer les effectifs sans opposer professionnels et volontaires, ces derniers servant trop souvent de « variable d’ajustement lorsque les recrutements de professionnels ne suivent pas ». Son rapport recensait, en 2025, 643 sapeurs-pompiers dans les centres pour une cible de 668 : un déficit de 25 agents.

    Cela reste une grève particulière, puisque les secours continuent. Banderoles, inscriptions sur les véhicules, tractages et rencontres avec la population constituent l’essentiel des moyens d’action. Le 29 septembre, les pompiers rejoindront la mobilisation de la fonction publique : « On est en bout de chaîne. Après nous, les missions qu’on ne pourra plus faire, personne d’autre ne les fera. Si la sécurité civile est en danger, la population l’est aussi. » Au-delà du 20 octobre, la colère pourrait se déplacer vers les échelons locaux si aucune réponse nationale n’est apportée.

  • Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Après un été hors-norme, lors duquel près de 100 000 ha d’espaces naturels et de forêts sont partis en fumée, le gouvernement veut mettre l’accent sur la prévention face aux incendies. Ce vendredi 18 septembre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a arpenté le plateau pédagogique dédié à la sensibilisation des publics aux Obligations légales de débroussaillement (OLD), dont le sentier ponctué de panneaux explicatifs et d’ateliers slalome dans la forêt de pins située au-dessus du centre de formation départemental des pompiers 13.

    « Neuf habitations sur dix qui ont été détruites cet été l’ont été parce qu’elles n’étaient pas ou peu débroussaillées », affirme-t-il. Ces manquements sont surtout « l’une des causes de propagation des feux ». Le responsable du service DFCI des Bouches-du-Rhône de l’Office national des forêts (ONF), Laurent Vélasco, est sans appel : « L’effort à faire sur les OLD est devant nous. Le respect de cette mesure de prévention est déjà insuffisant pour le risque actuel, donc d’autant plus pour les risques à venir. »

    De la cohérence

    et du cas par cas

    Les OLD, dont les conditions précises sont fixées par arrêté préfectoral, visent à limiter la masse combustible des incendies en créant une ceinture de sécurité aux abords des constructions, chantiers et installations de toute nature. Elles sont à réaliser par les propriétaires de terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts sur une profondeur minimale de 50 mètres à partir de l’habitation, et peuvent donc s’étendre à une parcelle voisine.

    Mathieu Lefèvre reconnaît la technicité des obligations, avec des « arrêtés parfois difficiles à lire » et des « freins » qui peuvent être d’ordre financier ou « psychologique ». « C’est à tous ces enjeux que la mission parlementaire doit être capable de répondre », poursuit-il. Lancée le 12 août par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ses conclusions doivent être rendues le 21 septembre. Les sept parlementaires « commencent à formuler des propositions, le contrôleur général a été reçu », précise le ministre. « On est là sur une politique publique qu’on doit regarder dans le détail, qui ne doit pas se faire de façon planifiée verticale depuis Paris, mais massif par massif, forêt par forêt. »

    Le directeur du Sdis 13, Jean-Luc Beccari, prévient : « On pense qu’on a un dispositif assez complet et cohérent, mais il faut continuer à l’animer, à le financer. Il y a des enjeux forts en matière d’OLD, de DFCI, d’aménagement du territoire ». Et d’appeler à plus de cohérence entre les enjeux environnementaux, de biodiversité et de prévention incendie. « On sent qu’il y a un travail interministériel un peu plus poussé à mener. »

  • Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    C’est une cérémonie qui arrive sur le tard, mais qui est hautement symbolique. Ce mercredi 16 septembre, les pompiers d’Istres ont enfin pu inaugurer officiellement leur nouvelle caserne, située dans la zone du Tubé. En réalité, ils avaient quitté leurs anciens locaux du centre-ville dès le 1er avril 2025.

    Le directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), Jean-Luc Beccari, explique : « La tour était isolée, on ne pouvait plus l’utiliser pour des raisons de sécurité, l’emplacement compliquait parfois la circulation des véhicules, il était difficile de sortir rapidement… » Désormais, 3 240 m² de bâtis modernes et fonctionnels construits à proximité de la N569 accordent « de meilleures conditions de travail aux pompiers en leur offrant un lieu de vie, de préparation mais aussi de cohésion », salue le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot.

    Le président du Sdis 13 Richard Mallié souligne : « Derrière la construction d’un centre de secours, il y a une politique de protection de nos populations au prix de nos investissements. » En l’occurrence, 8,9 millions d’euros ont été financés par le Département, et 400 000 euros par le Sdis 13 en matière d’équipement.

    Des recettes adéquates

    Cet effort s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2021, avec la construction de six casernes pour un montant de 40 millions d’euros. À la tête du conseil départemental, premier financeur du Sdis, Martine Vassal (DVD) passe un message : « Ce sont des sommes très importantes, en fonctionnement et en investissement. Les collectivités territoriales sont mises à mal, on nous pressure (…) et on arrive à un moment où le matériel coûte très cher. » Alors qu’au niveau national, la grève des pompiers se poursuit, la présidente dit travailler à une forme « d’uniformisation du traitement sur l’ensemble du territoire » avec l’association des Départements de France et appelle de ses vœux « une prise en compte des risques au niveau national pour que les territoires en retard puissent se mettre à la page ». Martine Vassal attend une « considération différente » de la part de l’État, demande plus d’adéquation entre les dépenses des Départements et leurs recettes et l’application du Beauvau de la sécurité civile.

    Ces revendications arrivent après une saison estivale particulièrement difficile. Les pompiers du 13 sont intervenus sur près de 500 feux d’espaces naturels, dont plus de 200 feux de forêt, un chiffre en « progression importante », note Martine Vassal. Malgré cette tension et la multiplication des journées à risque, dans plus de 9 cas sur 10, les départs ont pu être maîtrisés avant d’atteindre un hectare de végétation. « Ce résultat est le fruit d’une règle : détecter tôt, intervenir très vite et frapper très fort dès le départ. » La mobilisation a permis de limiter la surface totale brûlée à 366 ha dans le département, contre 966 ha en 2025. « On a le savoir-faire, il faut écouter les élus locaux, affirme Martine Vassal. La séparation entre le national et le local est de plus en plus importante et peut porter préjudice. »

  • Vaucluse : les gardes des pompiers en débat

    Vaucluse : les gardes des pompiers en débat

    Une poubelle en feu mais pas de panique, ce sont les pompiers eux-mêmes qui l’ont allumée ce jeudi 10 septembre devant le Sdis d’Avignon pour illustrer leur colère. Rentrée sociale oblige avec une réunion des syndicats avec la direction du Sdis 84 dans un contexte tendu.

    Une centaine de soldats du feu se sont ainsi réunis devant le centre. Le passage des gardes de 24  heures à 12 heures est notamment demandé. « En 24 heures, seules 18 sont payées. Et des études prouvent que c’est mauvais pour la santé et on le ressent », pousse Christophe Vacher du syndicat SPP-Pats de Vaucluse.

    Plan pluriannuel

    Le syndicat concède que pour cela, il faut des recrues et donc des moyens supplémentaires. Le Colonel Hors Classe Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, confirme de son côté qu’un « plan pluriannuel » est engagé par le gouvernement afin de passer le système en 12 heures.

  • Premier bilan après l’incendie du Bois Noir

    Premier bilan après l’incendie du Bois Noir

    « La montagne n’est plus épargnée du risque incendie », a déclaré le Colonel Alain Juge, directeur du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) des Hautes-Alpes. Lundi 7 septembre, il organisait, conjointement avec Philippe Bailbé, préfet du département, et Marcel Cannat, président du conseil d’administration du Sdis, une conférence de presse pour évoquer les premiers enseignements tirés de la lutte contre l’incendie du Bois Noir, qui a touché 482 hectares dans le territoire des communes du Pays des écrins cet été.

    Quelques heures avant, l’ensemble des acteurs de la lutte de cet incendie, dont les maires des trois communes concernées, se sont rassemblés pour comprendre les faits et écouter les « colères légitimes » et les interrogations des élus locaux sur la gestion de cet « évènement extrêmement complexe ». Pour contextualiser le déroulé des évènements, Nicolas Roux de Météo France a rappelé les conditions météorologiques exceptionnelles rencontrées par le département. « L’été 2026 est le plus chaud jamais enregistré dans les Hautes-Alpes, a-t-il expliqué, avec 30 à 50% de déficit des précipitations ». Résultat : « Un niveau d’humidité des sols très bas et une végétation particulièrement sensible ». « Avec les brises de vallées en plus, on est dans un contexte qui laisse le feu se développer rapidement », a ajouté Alain Juge.

    « Impossible de chercher le feu »

    La lutte contre l’incendie a été inédite, marquée par un départ de feu « sournois et invisible », provoqué par un impact de foudre le 11 juillet. Les premières fumées ont été détectées le 15. « Il n’y avait aucun signe de feu, mais pourtant il progressait dans les racines », a précisé le directeur du Sdis. Les pompiers ont reçu les premiers appels et ont effectué une reconnaissance. « Mais il était impossible de chercher le feu, assure-t-il. C’est plus qu’un feu de montagne, c’est un feu dans une bande rocheuse de la taille de la Tour Eiffel, 330 mètres. C’est un contexte opérationnel extrêmement difficile ». L’incendie était inaccessible au sol, à cause du terrain très escarpé et des risques de chute de pierres. Après une phase de surveillance jusqu’au 18 juillet, le feu s’est développé et la lutte intensifiée. Jusqu’à 250 pompiers étaient mobilisés par jour. Les premiers moyens aériens ont mis plusieurs jours à arriver, faute de disponibilité. Des habitations et un camping sont évacués au vu des risques de chute de pierres. Le feu a finalement été déclaré éteint le 13 août, soit 33 jours avant son départ. Au total, sept pompiers ont été blessés dans la lutte contre cet incendie, principalement suite à des coups de chaleur. Aucun blessé chez la population et aucune habitation touchée n’a été déploré, et une étude de restauration post-incendie suivie d’un plan d’action va être réalisée, a expliqué Marie-pierre Michaud, cheffe du service Restauration des terrains en montagne de l’Office national des forêts.

    Malgré une « grosse mobilisation et une stratégie de lutte respectée », Alain Juge a évoqué les pistes d’améliorations. « Il faut réfléchir au niveau national : compte tenu du changement climatique, comment fait-on pour travailler avec des feux de plus en plus hauts en altitude et inaccessibles ? Comment projeter du monde sur place et assurer la continuité en eau ? ».

    Comme première réponse, le président du conseil d’administration du Sdis a déclaré réfléchir à du matériel à acheter, notamment pour limiter les risques pour les pompiers.

    Un second retour d’expérience, plus complet, sera établi à la fin de la saison des feux.