Tag: incendie

  • À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    Un régiment de militaires de la Sécurité civile détaché pour les travaux d’urgence d’espaces naturels, basé à Brignoles, a achevé jeudi un important chantier de rénovation de deux pistes forestières endommagées à Pierrevert et à Montfuron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, près de Manosque.

    Pendant près de trois semaines, les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile ont débroussaillé, sécurisé les deux pistes, et y ont créé des aires pour permettre aux camions de se croiser. Le bon état des pistes est particulièrement important dans cette zone, à haut risque d’incendies.

    « Les pistes s’abîment avec le temps, avec la pluie, le passage des motos, des chasseurs », explique le sergent Gauthier Sorton, chef du module pendant le détachement. Afin de réaliser le chantier, les militaires avaient à leur disposition deux bulldozers, une mini-pelle et un tracteur. Sept militaires du rang et un sous-officier sont intervenus pour ces travaux.

    L’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a entièrement financé le chantier, qui lui a coûté environ 20 000 euros, selon Cyril Marin, responsable du service espaces naturels. « Cela aurait coûté beaucoup plus cher en passant par une entreprise privée, à peu près entre 70 000 et 90 000 euros, puisqu’on aurait dû payer la main-d’œuvre », affirme-t-il.

    Malgré quelques interruptions dues aux intempéries, qui ont compliqué l’intervention des militaires, le chantier a pu se terminer à temps.

    Plusieurs communes de la communauté d’agglomération ont « cruellement souffert des incendies au début des années 2000, donc il y a eu une réelle volonté unanime des élus, lors de la création de la DLVA, de prendre cette compétence de DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) pour mutualiser les moyens », a relaté Gilles Mégis, vice-président de la DLVA, délégué à la prévention des risques.

    Les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile interviennent sur de nombreuses catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre ou des feux de forêt. Après des inondations, ils retirent les arbres tombés sur la route ou les voitures emportées par le courant, comme récemment dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Pendant les intempéries, des engins du chantier ont dû y être évacués.

    Il existe trois régiments de ce type en France, à Brignoles, à Libourne et à Nogent-le-Rotrou. Le régiment de Brignoles vient de signer une nouvelle convention avec la mairie de Manosque pour revenir intervenir tous les ans pendant quatre ans. En 2025, ce régiment était déjà intervenu à Manosque pour rénover une piste stratégique de défense du massif du Luberon.

  • Les marins-pompiers de Toulon commémorent l’incendie des Nouvelles Galeries de Marseille de 1938

    Les marins-pompiers de Toulon commémorent l’incendie des Nouvelles Galeries de Marseille de 1938

    C’est un drame que le contre-amiral Mackara Ouk, adjoint au commandant de la zone maritime Méditerranée, décrit comme « l’une des plus grandes tragédies qu’ait connu Marseille au XXe siècle », avec 73 morts et plus de 200 blessés. Le 28 octobre 1938, un violent incendie éclate aux Nouvelles Galeries, magasin de 3 500m², situé sur la Canebière. Ce jour-là, au parc Chanot, se tient le 35e congrès du Parti républicain radical et radical-socialiste. Des milliers de personnes encombrent alors les rues alentour, entravant l’action des sapeurs-pompiers marseillais.

    Les flammes progressent et face à l’urgence, un détachement de 31 marins-pompiers de Toulon est dépêché en renfort. « Leur engagement fut décisif et permit de maîtriser l’incendie », salue, 88 ans plus tard, le contre-amiral Mackara Ouk, qui présidait, mercredi, la commémoration annuelle de l’événement, à la base navale de Toulon.

    L’acte fondateur

    du Bataillon de Marseille

    « Cette cérémonie est l’occasion de rendre hommage aux marins-pompiers de la compagnie de Toulon intervenus sur ce feu et de garder le souvenir de nos anciens. On en profite aussi pour rendre hommage à nos morts », décrit le capitaine de corvette Laurent Nègre, commandant la compagnie de marins-pompiers de la base navale de Toulon.

    À cette occasion, le Bataillon des marins-pompiers de Marseille était également invité, « avec qui on entretient un lien étroit ». D’autant plus que « les officiers qui commandent les quatre compagnies de marins-pompiers (Cherbourg, l’Île Longue, Brest et Toulon) sont issus de Marseille et formés à l’école des marins pompiers de la Marine avant leur affectation », précise le commandant.

    L’histoire de ce bataillon est d’ailleurs étroitement liée à ce tragique événement. « Les sapeurs-pompiers communaux ont été débordés par les événements, donc ils ont décidé de faire appel aux marins-pompiers de la Marine nationale et ses moyens pour les aider dans cette intervention très difficile. Cela a participé à la création du Bataillon des marins-pompiers de Marseille, le 23 juillet 1939 », retrace Laurent Nègre. Un Vataillon qui constitue aujourd’hui la plus grande unité de la Marine nationale, avec plus de 2 500 militaires et civils.

  • Crash aérien de Barcelonnette : le pilote condamné à de la prison

    Crash aérien de Barcelonnette : le pilote condamné à de la prison

    Les réquisitions du procureur ont été suivies : le pilote de l’avion qui s’était écrasé et embrasé à son atterrissage à Barcelonnette en décembre 2022 a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, jeudi matin, pour homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité permanente. Il a été déclaré « entièrement responsable » du préjudice subi par les parties civiles, un couple grièvement blessé et brûlé et sa compagne, décédée. L’homme a ainsi également été condamné à régler 4 900 euros à chacun des survivants, Xavier et Barbara, et 4 000 euros à la famille de la femme décédée. Une audience sur les intérêts civils aura lieu en juin.

    Le couple « très soulagé

    de cette condamnation »

    « Justice a été faite, ce monsieur était coupable à 100% », a réagi par téléphone Me Mérouane Brahimi, qui représentait sa sœur décédée dans l’accident. Ni le prévenu, ni les parties civiles, ni leurs avocats, niçois, n’étaient présents pour le délibéré. « Il est probable que le pilote fasse appel, c’est ce qu’il avait annoncé s’il était condamné, il a dix jours pour le faire », a de son côté avancé Me Nicolas Gemsa, l’avocat du couple, qui subit encore aujourd’hui les conséquences « désastreuses » et « catastrophiques » de l’accident. En arrêt de travail depuis le crash aérien il y a quatre ans, « ils ont encore toute la rééducation à finir », a indiqué leur avocat. Xavier et Barbara sont « très soulagés de cette condamnation », a-t-il rapporté.

    Pendant le procès, fin septembre, le couple avait accusé le pilote de les avoir abandonnés dans l’avion en feu. Après l’accident, ils avaient passé plus d’un mois dans le coma et cinq mois en réanimation. Contacté, l’avocat du prévenu n’a pu être joint.

  • Crash aérien de Barcelonnette : la décision du tribunal attendue ce jeudi

    Crash aérien de Barcelonnette : la décision du tribunal attendue ce jeudi

    Xavier et Barbara attendent ce jour depuis longtemps : en décembre 2022, leur vol touristique avait viré au cauchemar, leur avion s’écrasant et s’embrasant au moment de son atterrissage à Barcelonnette. Le couple niçois avait été gravement blessé et brûlé dans l’accident, avait passé plus d’un mois dans le coma et cinq mois en réanimation, alors que la compagne du pilote, également à bord, était décédée sur le coup. Ils accusent aujourd’hui le pilote de les avoir abandonnés dans l’avion en feu.

    « Le pilote a commis

    des fautes énormes »

    Jugé fin septembre, le pilote est poursuivi pour homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité permanente. Le procureur avait requis cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, à son encontre.

    Me Mérouane Brahimi, qui représente sa sœur décédée dans l’accident, espère une condamnation du prévenu. « Ce qu’on souhaite, c’est que le pilote, qui a commis des fautes énormes, manifestes, soit condamné, parce qu’au-delà de ma sœur, qui est morte dans des conditions épouvantables, il y a aussi ces deux jeunes personnes qui sont mutilées à vie. Leur vie est gâchée », déplore-t-il. Selon lui, « le pilote n’a pris aucune précaution », « a pris une pente extrême », et est arrivé « à une vitesse 70 ou 80 km/h au-dessus de la vitesse normale ». « L’avion rebondit cinq fois, mais, au lieu de freiner, il remet les gaz pour ne pas endommager l’avion », affirme l’avocat, qui regrette que le prévenu n’ait pas reconnu ses fautes et sa responsabilité lors du procès fin septembre.

  • [Entretien] Claude Rémy : « Au Bois Noir, il ne faut pas replanter n’importe quoi »

    [Entretien] Claude Rémy : « Au Bois Noir, il ne faut pas replanter n’importe quoi »

    La Marseillaise : En quoi l’incendie du Bois de France de 2003 et l’incendie du Bois Noir de cet été sont comparables ?

    Claude Rémy : Dans les deux cas, il s’agit bien sûr d’incendies de montagne. Avec une végétation globale au niveau de la forêt : on a dans les deux cas beaucoup de résineux avec du pin sylvestre. Les altitudes sont semblables, mais l’orientation est un peu différente. Au niveau du Bois Noir, on a des terrains plus escarpés, donc avec plus de risques de chute de blocs et d’érosion. C’est peut-être ce qui peut limiter un peu la régénération, si on a des très fortes pluies qui peuvent raviner le sol.

    Quelques semaines après l’incendie, la végétation a-t-elle déjà commencé à revenir au Bois Noir ?

    C.R. : Pas énormément, mais il y a quelques plantes qui commencent à repousser. Et ça correspond à ce qu’on avait vu au Bois de France : des plantes bisannuelles, c’est-à-dire qui mettent deux ans pour fleurir ont démarré à pousser à l’automne. Il y a quelques lézards qui reviennent également… Mais tout va dépendre de l’impact de l’incendie au sol. Vous avez des zones qui sont où le sol est davantage brûlé. Là, ça aura plus de mal à partir.

    Combien de temps cela va-t-il prendre ?

    C.R. : Longtemps ! Au Bois de France, la biodiversité est revenue progressivement, très lentement, avec d’abord les plantes, qui ont attiré les insectes, qui à leur tour ont favorisé la pollinisation.

    Faut-il laisser la forêt se régénérer naturellement ou faut-il replanter ?

    C.R. : Certains îlots n’ont pas brûlé, et ils vont jouer un rôle important dans la régénération de la forêt. Il faut les préserver. De même pour les arbres complètement calcinés : ils peuvent servir de perchoir pour des oiseaux, qui eux transportent les graines. Mais la question fait débat. Le mieux serait une régénération naturelle, car on a déjà les espèces adaptées au climat et au sol, ce qui permet d’avoir des arbres plus résistants et ensuite un retour d’une forêt en bon équilibre avec le milieu. Mais l’inconvénient, c’est que cela prend beaucoup de temps, des dizaines d’années. Et dans le cas du Bois Noir, où il y a des risques naturels importants de chutes de blocs et glissements de terrain, il vaut peut-être mieux replanter pour aller plus vite. Mais il ne faut pas faire n’importe quoi. Il faut des essences adaptées au sol et au climat, et ne pas faire des reboisements monospécifiques. Car dans la forêt, on parle souvent de l’arbre, mais c’est en réalité un espace complexe où les êtres vivants dépendent les uns des autres. L’idéal, ce serait que différentes instances aux spécialités diverses discutent ensemble pour établir la meilleure stratégie.

    Entretien réalisé par Agathe Di Lenardo

  • L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    À peine les établissements rouverts après l’épisode méditerranéen de la veille, les lycées montpelliérains se retrouvaient jeudi 1er octobre devant des barrages. Un télescopage qui résume la rentrée de Chantal Mauchet : dans l’Hérault, les crises s’enchaînent.

    Sur les blocages lycéens, « le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur », a-t-elle reconnu. Elle insiste sur des jeunes « assez déterminés », parfois cagoulés, des jets de pierre et la nécessité de débloquer les établissements « fermement », mais « avec tact, méthode et proportionnalité ». Une prudence dans les mots qui résiste mal aux images et aux chiffres de la répression en cours.

    La « rationalisation »

    qui interroge

    Le climat, lui, ne laisse guère de répit. La veille encore, certains cours d’eau avaient pris deux mètres en une heure, sans faire de blessé. Après des mois de sécheresse et de chaleur, l’été a laissé 1 700 hectares brûlés. Le 4 juillet, trente départs de feu avaient été recensés dans la même journée. « Ce type de canicule va être la norme, nous en prenons acte », résume-t-elle. L’État promet un retour d’expérience sur les incendies, et, pour les écoles, pas seulement de la climatisation, mais « un vrai plan d’adaptation ».

    Sur le front social, le ton change. Le jour même où fermait le centre de nuit Coallia de Montpellier, la préfète a mis en avant 2 600 places d’hébergement d’urgence, dont 900 à l’hôtel. « C’est certainement insuffisant », a-t-elle concédé. Mais la réponse tient en un mot : « Rationalisation. » L’hébergement « ne peut pas être inconditionnel », il faut éviter les « sorties sèches ». Dans le même temps, quelque 180 places vont fermer à l’approche de l’hiver.

    Sur le reste, la représentante de l’État veut se poser en facilitatrice. « L’action ne doit pas se conduire seulement depuis Montpellier », insiste-t-elle, promettant de travailler avec les élus locaux.

  • La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    « Nous sommes dans un contexte agricole exigeant, a rappelé Christel Gagliardo, la présidente de la FDSEA des Hautes-Alpes ce jeudi lors de la rentrée syndicale. Enjeux climatiques, réglementations toujours plus complexes, situation financière dégradée… Tout se cumule ! Plus que jamais, nous avons besoin d’échanger ». Le préfet Philippe Bailbé, la députée Marie-José Allemand (PS) et des représentants du conseil départemental ont participé à la réunion, aux côtés de la dizaine de membres du syndicat libéral et de membres du syndicat Jeunes Agriculteurs.

    Deux membres du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) étaient aussi présents pour discuter du premier point à l’ordre du jour : la prévention du risque incendie. « Avec le changement climatique, notre métier change, a introduit Grégory Favier, chef de centre. Lors des feux de moissons, qui démarrent très rapidement, les premiers intervenants, c’est vous, les agriculteurs ! » Les pompiers ont proposé de « former » les exploitants aux bonnes pratiques : « Car des petits gestes, comme ajuster la trajectoire en fonction du vent ou de la pente, peuvent limiter les dégâts ». Le Sdis aimerait former un partenariat avec les agriculteurs en cas d’incendie, comme il le fait déjà avec les fédérations de chasseurs. « L’idée est d’avoir trois interlocuteurs en cas de feux, pour ainsi être organisés et assurer la sécurité de tous », a expliqué Pierre-Emmanuel Feit. Il propose aussi aux agriculteurs de recenser leur matériel susceptible d’aider lors des incendies, comme les tonnes à lisier qui peuvent acheminer de l’eau. « On sait que vous avez d’autres choses à faire, admet le préfet. Mais en cas de crise majeure, comme on en a eu cet été, on a besoin de toutes les bonnes volontés. »

    Le sujet des réserves multi-usage d’eau (aussi appelées mégabassines), dont le développement est fortement souhaité par le syndicat, est ensuite venu sur la table. « Le problème, c’est que c’est très long à mettre en place, explique la présidente. Les dispositifs existant ne représentent pas la réalité du terrain. » Tous les participants sont d’accord sur un point : pour pouvoir en financer, et au passage en assurer l’acceptabilité sociale, il faut partager ces projets avec d’autres acteurs économiques. Comme les collectivités, ou les stations de ski, « qui ont davantage de moyens ». « Si l’on veut garantir une alimentation en eau tout au long de l’année, on n’a pas le choix, estime le Philippe Bailbé. Ces retenues d’eau sont indispensables. » Toujours sur l’eau, la question de la priorisation des usages en cas de sécheresse a été abordée : « Il faudrait que celui qui arrose sa pelouse arrête un peu avant que nous soyons contraints de cesser d’irriguer notre maïs ! », a lancé Christel Gagliardo.

    Sur les enjeux de transmission des fermes, de plus en plus urgentes car de nombreux exploitants vont partir à la retraite dans les prochaines années, la présidente a présenté un dispositif régional qu’elle espère voir émerger dans le département, Terre Adonis. La structure accompagne financièrement un porteur de projet, et lui vend ensuite la ferme au bout de quinze ans maximum. « Contrairement à l’association Terre de liens, qui ne permet pas aux agriculteurs de devenir propriétaires et ne se destine qu’à la filière bio, a-t-elle précisé. Nous, on veut que l’agriculteur soit libre ! »

    Agathe Di Lenardo

  • Marseille : à la Capelette, des familles en squat exaspèrent les riverains

    Marseille : à la Capelette, des familles en squat exaspèrent les riverains

    Devant la grille ouverte de la friche industrielle de l’avenue des Platanes, une dizaine de riverains laissent éclater leur colère. « Ils sont entrés par effraction le 24 août. On a alerté la police, la Métropole, la mairie de secteur, on a tout fait dans les 24h… Il n’y a eu aucune intervention des pouvoirs publics », déplorent Annie Thomas et Evelyne Beylot, respectivement présidente et secrétaire du CIQ (Comité d’intérêt de quartier) Capelette.

    Extrêmement remontés, ces habitants décrivent « vivre un enfer au quotidien » depuis un peu plus d’un mois. « On ne dort plus ! Entre les bruits d’activité de ferraille, les hurlements des bagarres nocturnes, les dégradations, les branchements électriques, les tentatives d’intrusion, les vols », listent-ils, en assurant « multiplier les plaintes ». « Ils fouillent dans nos poubelles », s’exclame une autre retraitée. Le 23 septembre, un incendie a attisé « la peur de voir nos maisons brûler ».

    Intriguées par l’agitation, six femmes, avec des enfants, arrivent à l’entrée du site. « C’est de ça qu’on vit, ferraille et poubelles », plaide une des trois femmes enceintes. Mère de trois enfants, Argentina promet « un effort ». à la caserne de la Belle de Mai, où elles vivaient depuis deux ans, les efforts n’ont pas tenu et l’expulsion a eu lieu, le 24 août. « Les enfants ne vont plus à l’école », regrette Argentina. « Il faut évidemment une solution plus stable », convient Gilles Prou-Gaillard, président du CIQ de Pont-de-Vivaux. Propriétaire du site, la Métropole confirme avoir « déposé une plainte avec un constat d’huissier le 25 août ». Elle ajoute : « La situation est dans les mains de la justice. C’est à l’état de trouver une solution. » Mais les nuits d’hôtel proposées aux plus vulnérables ne peuvent constituer une réponse.

    Une politique de l’échec

    Les habitants attendent « une réponse immédiate ». La situation réveille le souvenir du bidonville des Aciéries, à quelques encablures. Une soixantaine de personnes s’étaient installées, en 2016, sur le site de l’armée. En 2018, des associations y ont porté un projet expérimental : plutôt que d’expulser, la préfecture leur laissait le temps de travailler à l’insertion des familles. Le site occupé par 150 personnes a été évacué le 28 août 2025, avec 27 000m3 de déchets. Jean Régis Rooijackers, régisseur social de Just, explique : « On n’a jamais réussi à obtenir de bail d’occupation pour travailler sérieusement. Un “chef” a profité de la situation et a transformé l’expérience en produit financier. La police ne s’était pas saisie du dossier. »

    Le projet de village d’insertion initié par le préfet à l’Égalité des chances, Laurent Carrié, et l’adjointe (PCF) au maire, Audrey Garino, n’a pas non plus abouti. Le régiseur social est amer : « Aujourd’hui on n’a plus d’interlocuteur à l’état. » à l’échec des politiques d’expulsions, il faut ajouter la valse des préfets.

  • Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Avec 44 à 47 000 logements indignes recensés à Marseille, 3 700 signalements l’an dernier et « 2 700 à date », la charte signée ce lundi 5 octobre entend faire bon usage des saisies judiciaires dans le cadre de la lutte contre les marchands de sommeil, a expliqué le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski.

    Depuis la loi Elan du 23 novembre 2018, la confiscation des biens immobiliers « ayant servi à commettre l’infraction de soumission à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine » est devenue obligatoire. Problème, entre la décision judiciaire et le moment où l’Agrasc (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués), soit l’État, devient propriétaire, il peut se passer « plusieurs années » reconnaît Charlotte Hemmerdinger, directrice de l’agence. Histoire d’en gagner quelques-unes, cet accord passé avec le tribunal judiciaire, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Ville de Marseille, la Spla-In (société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix Marseille), Euroméditerranée et l’EPF (Établissement public foncier) proposera prioritairement les logements aux collectivités locales pour améliorer l’offre de logements sociaux.

    Plus de fluidité

    De quoi éviter aussi que le bien devienne « inexploitable » car trop dégradé et gagner en « fluidité », précise le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. L’Agrasc n’ayant de toute façon pas le budget pour réhabiliter et reloger précise sa directrice.

    Une liste sera soumise aux partenaires, à chacun de s’en emparer. « Cela peut paraître technique, mais ces procédures sont utiles. La lutte contre les marchands de sommeil est un axe majeur de la politique de la ville », estime Audrey Garino (PCF), adjointe au logement et déléguée à la Lutte contre l’habitat indigne à la Métropole.

    Sur les 21 biens immobiliers saisis par l’Agrasc, 7 relèvent de l’habitat indigne. Parmi eux, le 179 avenue Roger-Salengro (15e), détenu par Gérard Gallas, ancien flic de la police aux frontières, « un des marchands de sommeil les plus flamboyants de Marseille », selon Nicolas Bessone, qui purge une peine de 4 ans ferme. L’Agrasc en est propriétaire depuis 2023 et la charte pourrait permettre d’accélérer le mouvement et trouver un bailleur, espère Valérie Robert, directrice de l’Aménagement à la Spla-In.

    Restent des habitants pris au piège. En décembre dernier, dans une autre propriété de Gérard Gallas, au 85 boulevard Viala (15e), un incendie s’était déclaré malgré l’alerte sur l’état d’insalubrité donné depuis deux ans par le collectif Réseau Hospitalité. Selon la préfecture, 21 personnes ont été relogées. Là encore, la charte pourrait permettre d’intervenir plus rapidement, avec une prise en charge des occupants dans les six mois, assure Audrey Garino.

  • Un incendie dans un entrepôt de la caserne Busserade à la Belle de Mai

    Un incendie dans un entrepôt de la caserne Busserade à la Belle de Mai

    Les marins pompiers de Marseille sont intervenus à 18h30, samedi au 55 rue Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de Marseille pour un feu déclaré dans « un entrepôt désaffecté de 1500 m2 ». A 19h la rue était bloquée par une dizaine de véhicules en intervention et la grande échelle était sortie.

    La toiture d’un des bâtiments s’est entièrement effondrée selon des riverains. « L’Intervention rapide des marins-pompiers a permis de limiter l’étendue du sinistre », explique de son côté la communication du BMPM qui ne déplorait aucune victime et poursuivait reconnaissance du bâtiment nord à 19h30.

    L’entrepôt en question est la caserne Busserade, un bâtiment propriété de la ville de Marseille d’où des familles de roms avaient été évacuées le 24 août dernier. Plus d’une centaine de personnes y vivaient depuis deux ans et demi avant leur expulsion en raison de la dangerosité d’un des bâtiments et suite à des plaintes pour nuisances. Le bâtiment devait être muré.