Tag: incendie

  • Dans le Vaucluse, une usine d’huiles essentielles mise en demeure de dépolluer

    Dans le Vaucluse, une usine d’huiles essentielles mise en demeure de dépolluer

    Une sorte de double peine. Dans la nuit du 2 au 3 août, un violent incendie a détruit 1 300 m2 de l’entreprise Rosier-Davenne, laboratoire de production d’huiles essentielles à Châteauneuf-de-Gadagne. Depuis, le site est fermé, au moins jusqu’à la fin du mois. « Nous prenons le temps nécessaire pour remettre les choses en place dans les meilleures conditions et assurer une réouverture efficace », note dans un courriel automatique Rosier-Davenne*.

    Au-delà du sinistre, l’impact sur le milieu environnant est placé sous haute surveillance et fait l’objet d’un suivi par la Ville et différents services sanitaires et environnementaux de l’État. Dans un communiqué le 7 août, la municipalité indiquait que « selon l’ARS, les polluants détectés ne présentent pas de toxicité majeure et leurs concentrations dans l’eau de la nappe restent faibles ». Mais, la situation « nécessite une surveillance attentive », estime la Ville dans une nouvelle communication, jeudi dernier. Insistant sur le fait que « les très fortes odeurs » pouvant être perçues ne « présentent pas de toxicité », la Ville invite à ne « pas consommer l’eau provenant des forages privés dans le secteur potentiellement concerné par la pollution de la nappe ». Pollution dont les « conclusions sur son étendue » sont à ce stade encore « prématurées ».

    C’est dans cette même optique que la préfecture a pris, le 10 août, un arrêté mettant en demeure Rosier Davenne « de faire cesser toutes pollutions au milieu naturel et mettre en œuvre les mesures prescrites ». L’État s’inquiète notamment de « l’incertitude sur l’étanchéité » du bassin de rétention enterré du site, qui a récupéré une partie des eaux de l’extinction de l’incendie. Idem, ces mêmes eaux souillées se sont « déversées dans le réseau d’eaux pluviales qui se rejette dans le cours d’eau le canal du Moulin ». L’arrêté somme le labo de réaliser plusieurs mesures à court terme (une ou deux semaines) ou plus long terme (un à deux mois). L’entreprise doit, par exemple, « vider, sous une semaine, tous les effluents contenus dans le bassin de rétention » ou « réaliser le pompage des eaux polluées stagnantes dans le fossé, puis son curage » mais aussi « effectuer une étude sur l’état du bassin de rétention » et « procéder, sous deux mois, au nettoyage du site ».

    * Qui n’a pu être jointe.

  • Prison ferme pour avoir agressé trois pompiers

    Prison ferme pour avoir agressé trois pompiers

    Les sapeurs-pompiers et le Service département d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône s’étaient constitués parties civiles. Vendredi 21 août, le tribunal judiciaire de Tarascon a condamné Franck G. à 18 mois de prison ferme et 1 000 euros de dédommagement des victimes.

    Le 29 juin dernier, cet habitant de Raphèle-lès-Arles avait agressé trois soldats du feu du centre d’Arles venus éteindre un départ d’incendie d’espaces naturels qu’il avait provoqué sur son terrain. Ces violences ont entraîné des « interruptions totales de travail de 1 à 8 jours, 7 à 30 jours d’arrêt de travail ainsi que des traumatismes psychologiques », rapporte le Sdis 13. L’individu a été placé en garde à vue puis en détention provisoire jusqu’à la date de l’audience. À la barre, il aurait expliqué avoir allumé ce feu pour « éviter de faire un débroussaillage », rapporte La Provence, présente ce jour-là. En 2025, Franck G. avait déjà été condamné pour des faits similaires.

    Dans un communiqué de presse, le Sdis 13 dit « rester intransigeant face à de tels actes ». « Le président Richard Mallié, le conseil d’administration, le directeur départemental, le colonel Jean-Luc Beccari et la chaîne de commandement ne peuvent tolérer que leurs agents soient ainsi violentés et mettent tout en œuvre pour prévenir ce type de comportement et y répondre avec fermeté. » Le service départemental recense une centaine d’événements par an pour lesquelles les sapeurs-pompiers déposent plainte. « Ce chiffre est constant et ne prend pas en compte les agressions verbales régulières dont font l’objet les sapeurs-pompiers au quotidien », souligne-t-il.

  • Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    « On relève de la mise en danger ! Si des produits chimiques se déversent dans le Rhône, ça va être une catastrophe environnementale. » Les mots de Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise Fibre Excellence sont forts mais l’inquiétude est bien réelle. Si le site a été liquidé judiciairement à la fin juillet, les installations classées Seveso trônent toujours au-dessus du Rhône et ce sont les salariés qui assurent surveillance et sécurité de leur ex-outil de travail. Mais plus pour longtemps : « Une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels doit arriver sur le site ce mercredi et les salariés doivent définitivement le quitter, vendredi ». Sur le papier, la nouvelle pourrait paraître rassurante, mais c’est tout le contraire pour ceux qui officiaient sur le site. « En trois jours, comment va-t-elle faire pour maintenir l’état des installations, garantir la sécurité du site et éviter des fuites de produits chimiques ? », questionne le délégué syndical. Il prend un exemple concret de danger potentiel : « On a une station de puisage d’eau dans le Rhône, notre station d’épuration en recrache dans le Rhône après traitement… S’il n’y a pas une surveillance de tous les instants, il y a un risque que des produits chimiques passent ». Avec des effets qui pourraient être dévastateurs sur la faune et la flore environnante.

    6 000 m3 de produits chimiques sur l’usine

    L’alerte est telle qu’elle est reprise par la CGT à un niveau confédéral. La centrale syndicale de Montreuil tire aussi « la sonnette d’alarme » dans une communication pour le moins inquiétante : « Gérer des déchets ne signifie pas savoir conduire et sécuriser une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares ». Avant de développer : « Protection incendie, installations électriques, équipements contenant de l’amiante, milliers de mètres cubes de produits chimiques : la sécurité industrielle ne s’improvise pas et ne peut pas être transférée en quarante-huit heures ! ».

    Sur le terrain, Jean-Michel Bulinge confirme : « Il y a des postes de conduite qui nécessitent un an d’expérience pour savoir exercer correctement. Mais là, à moins d’une semaine du départ du site, rien n’est calé ni calculé ! ». Le syndicaliste s’appuie aussi sur la manière dont la transition post-liquidation s’est réalisée comme source d’inquiétude pour l’avenir : « Lors de la liquidation, on nous assurait que les salariés quitteraient le site le jour même, mais finalement ils nous ont demandé de prendre les postes de travail pour assurer la sécurité des installations ! ». Concrètement, il n’y aurait aucun contact entre le syndicat, pourtant cheville ouvrière de la sécurité sur le site, et ladite société de gestion de déchets. « Il n’y en a pas non plus avec la direction », assure Jean-Michel Bulinge.

    Une situation lunaire lorsqu’on sait que 6 000m3 de produits chimiques divers et variés sont toujours sur l’usine, de même que la bagatelle de 17 000 tonnes de bois. « Si demain les salariés n’assurent pas le pompage de l’eau, il n’y aura tout simplement plus d’eau sur site. Avec tout ce que ça implique pour une intervention des pompiers par exemple », prend pour autre exemple le syndicaliste. D’où l’appel de la CGT à une réaction des pouvoirs publics : « Le mandataire judiciaire et la Préfecture doivent prendre conscience de la situation ».

    Et surtout à ce qu’un chemin pour donner un avenir industriel à l’usine soit trouvé alors que les offres de reprise pour son usine sœur de Saint-Gaudens, rescapée de la liquidation, doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Toulouse, ce lundi.

  • Face au feu, les agents de l’ONF aux aguets dans les Hautes-Alpes

    Face au feu, les agents de l’ONF aux aguets dans les Hautes-Alpes

    Il est 11h30 à la base de Baratier, David Raimbault et Hervé Tabouret préparent leur patrouille quotidienne qui s’achève à 19h30. À bord de leur Pick-up jaune, ils embarquent une radio reliée aux pompiers, une tablette numérique pour transmettre les données collectées au centre de commandement de l’ONF, mais aussi une cuve de 700 litres et une motopompe pour intervenir sur un feu naissant. « L’avantage pour les pompiers, c’est qu’on est leurs yeux sur place, explique Hervé Tabouret. On va pouvoir leur dire si les accès sont possibles, si les pistes sont débroussaillées, s’il y a beaucoup de vent, des habitations… En arrivant en premier sur le site du sinistre, on va leur expliquer les conditions en temps réel, ce qui leur donne de l’avance. »

    Le binôme fait partie des deux patrouilles PSI (Prévention, surveillance, intervention), qui opèrent chaque jour durant l’été sur trois secteurs : l’Embrunais, la Haute-Durance et le Queyras. Depuis le 24 juillet, le département est en vigilance rouge, ce qui signifie que tout feu extérieur du type feu d’artifice, barbecue, feu de camp, brûlage de végétaux, cigarettes, ou travaux émettant des étincelles, est interdit à moins de 200m des forêts et espaces naturels. Après une visite au Centre d’incendie et de secours (CIS) d’Embrun, pour se concerter avec les sapeurs-pompiers, ils partent sur le terrain.

    Un public plus averti qu’auparavant

    En cette fin de matinée, ils arpentent la plage de Chanterenne à Crots, où ils s’attendent à trouver des restes de places à feux improvisées. Et ça ne loupe pas, à peine quelques minutes de marche, ils en trouvent deux, à 100m l’une de l’autre. « Une contravention pour un feu sauvage en période rouge, c’est 135 euros d’amende, rappelle Hervé Tabouret. On en constate une dizaine par jour, surtout sur les bords de plages très fréquentés en été et dans les fonds de vallée, en altitude, là où les gens se sentent un peu cachés. » Les deux agents enlèvent les pierres et mélangent les cendres à la terre. Autour du lac, la végétation est dense, et particulièrement sèche en cet été de canicule sévère. « Une place à feu reste dangereuse, même éteinte. Il y a des braises qui restent incandescentes. Le vent, la température, le taux d’humidité bas… Toutes les conditions sont réunies pour qu’une braise s’envole et déclenche un feu », explique Hervé Tabouret.

    Si, depuis le passage en période rouge, des affiches sont placardées sur les sites, tous les publics ne sont pas forcément au fait des interdictions, la PSI a un rôle primordial de prévention. « On voit que la patrouille a un impact dans la prévention, on trouve moins de place à feux sauvages que les années précédentes, constate Hervé. Le fait que cette année il y ait énormément d’incendies, que les médias en parlent beaucoup, fait que quand on échange avec les gens, on voit qu’ils sont beaucoup plus sensibilisés qu’avant. Il suffit qu’on nous voit démonter une place à feu pour qu’on vienne nous poser des questions. Et là, on joue notre rôle, c’est-à-dire expliquer, sensibiliser. »

  • Un incendie maîtrisé au col de Matacharre

    Un incendie maîtrisé au col de Matacharre

    Malgré la difficulté d’accès à un terrain accidenté, le feu a été rapidement maîtrisé. Ce dimanche après-midi, pendant un épisode orageux, des flammes sont apparues sous la barre rocheuse de Vente-Cul, sur les hauteurs qui dominent la commune de la Roche-Des-Arnauds. D’après le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), le feu s’est propagé sur deux hectares. Une cinquantaine de sapeurs-pompiers ont été déployés au sol ainsi qu’une quinzaine de véhicules. Face la complexité d’agir par voie terrestre, deux canadairs ont été déployés le jour même. Lundi matin, une douzaine de pompiers étaient toujours mobilisés et le feu était déclaré fixé, seul un foyer restait encore actif.

    Les suites de l’incendie

    du Bois Noir

    Une frayeur passagère qui a de quoi rassurer après les ravages causés par l’incendie des Ecrins, entièrement éteint depuis le 13 août, soit près d’un mois après son déclenchement, le 15 juillet dernier. Entretemps, les flammes apparues sur le secteur du Bois Noir se sont étendues sur 510 hectares. Face aux multiples feux de l’été, le Premier ministre Sébastien Lecornu a lancé le 12 août une mission parlementaire pour travailler à de nouvelles mesures pour les endiguer. La députée socialiste des Hautes-Alpes Valérie Rossi a de son côté saisi cette occasion pour proposer d’auditionner les élus et acteurs concernés par l’incendie du Bois Noir. « L’objectif n’est pas de désigner des responsables mais de comprendre, objectiver et tirer tous les enseignements de cet événement, afin que demain nos territoires de montagne soient mieux préparés », a-t-elle avancé.

  • Un deuxième incendie dans l’imprimerie Rockson à Rognac

    Un deuxième incendie dans l’imprimerie Rockson à Rognac

    Série noire, pour l’imprimerie Rockson. Dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours de 2h, les pompiers ont été appelés pour un incendie qui s’est déclaré dans l’entreprise située à proximité de la RD113. La route a été fermée la durée de l’intervention par la cinquantaine de soldats du feu, qui ont rapidement maîtrisé les flammes, avant d’être rouverte vers 8h30.

    Le robot télé-opéré Colossus, conçu pour les environnements à haut risque, a été utilisé pour éviter tout redémarrage et assurer le noyage des braises grâce à son canon orientable.

    Au total, 2 000 m2 sont partis en fumée mais l’action rapide des sapeurs-pompiers a permis de préserver 4 500 m2 de locaux adjacents et de protéger la végétation environnante.

    Un premier feu avait déjà sinistré l’imprimerie Rockson dans la nuit du 31 juillet au 1er août. Une enquête est en cours pour déterminer l’origine des deux incendies.

  • À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    Du petit immeuble à coursières construit en 1880 par le négociant en bois Pépin Bovis et classé à l’inventaire général du patrimoine culturel il ne reste plus grand-chose. Locataires depuis des lustres de ces logements à loyers sociaux, les familles sinistrées se sont relogées dans des mobil-homes sur un terrain en contrebas mis à disposition par la Ville.

    La solidarité a joué dans le quartier, puis les familles ont rapidement investi dans des mobil-homes et les ont aménagés, essuyant encore les inondations de septembre. En un an, la vie s’est réorganisée dans ce mini-village provisoire. Mais les traumatismes restent vifs et l’avenir incertain. « J’en rêve encore la nuit », explique Anne-Marie Lacroix, 64 ans. Pourtant, venue habiter Château Bovis « à l’âge de 10 ans », elle souhaite comme les autres locataires « retourner vivre là où on a fait notre vie ». Une ombre sérieuse se dresse encore devant l’espoir de ces familles. Anne-Marie déplie une assignation datée du 1er juin à comparaître devant le tribunal judiciaire de Marseille le 4 mai 2027. Une requête de la SCI en vue d’une expulsion du logement sinistré d’où elle a été évacuée. Chaque locataire a reçu la même notification.

    « Les locataires ont déjà un contentieux judiciaire avec ce propriétaire. Nous avons contesté des factures d’eau faramineuses » précise Jennifer, sa fille, également locataire. Propriétaire depuis 2018, via la SCI Terrasse Bourguignon, Bruno Junes évoque un passif hérité de l’ancienne gestion. Il se dit « touché par la situation des sinistrés ». Mais l’entrepreneur cannois déplore « 80 000 euros d’impayés de charges et loyers ».

    Restitution des clés

    Il n’a pas cherché à organiser leur relogement retranché derrière l’article 1722 du Code civil qui stipule « Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ». Et il réclame aujourd’hui à tous ses locataires « de restituer les clés ».

    Les familles craignent que le propriétaire tire du sinistre un effet d’aubaine pour « se débarrasser de nous », lâche un des sinistrés. La tension est montée entre « certaines familles » et Bruno Junes, qui a déposé une plainte « pour menaces verbales et physiques ». Quant à l’avenir du bâti sur ce terrain à la vue splendide, « je n’ai aucune visibilité », explique-t-il, déplorant « la lenteur abjecte des assureurs et de l’administration ». Dans l’attente d’une solution pérenne, la Ville doit prolonger la convention d’occupation. « Pas question de les laisser tomber » assure Jean-Marc Coppola, maire PCF du secteur.

  • Plusieurs départs de feu maîtrisés durant le week-end en region Sud Paca

    Plusieurs départs de feu maîtrisés durant le week-end en region Sud Paca

    Les sapeurs-pompiers ont dû intervenir par trois fois sur des incendies menaçants dans Bouches-du-Rhône. La première fois à Salon-de-Provence, samedi après-midi pour un feu qui a parcouru 4 000m2 de végétation mais qui a rapidement été contenu grâce à l’action de 47 pompiers et un hélicoptère bombardier d’eau. Deuxième coup de chaud, dimanche cette fois, avec un incendie plus inquiétant à Fontvieille, dans le massif des Alpilles qui s’est déclaré aux alentours des 16 heures. Si 90 sapeurs-pompiers sont d’abord déployés, leur nombre passe rapidement à 200, appuyés par un hélicoptère et 3 Canadair en renfort. Le feu était « fixé » en début de soirée, selon le Sdis 13, après avoir parcouru une dizaine d’hectares. Enfin à Fuveau, l’incendie d’une voiture s’est propagé dimanche à la végétation et a nécessité, là encore, l’intervention d’une soixante de pompiers appuyés par des moyens aériens. Incendie en bonne voie d’extinction dès le début de soirée.

    Dans le Var, Si l’incendie d’ampleur de Gros Bessillon, a été déclaré fixé vendredi, de nombreux pompiers restaient sur le pont. Même principe pour l’incendie à Bayons, annoncé comme « contenu » vendredi, dans les Alpes-de-Haute-Provence où s’est rendue la préfète, Isabelle Tomatis, ce samedi. À Rousset-Serre-Ponçon, non loin du barrage dans les Hautes-Alpes, un feu d’espace naturel s’est déclaré samedi dans l’après-midi. S’il a été « rapidement fixé » il a tout de même parcouru 2 000m2. Schéma similaire à Peyruis, dans les Alpes-de-Haute-Provence où les pompiers sont intervenus, samedi pour un feu de broussailles. Finalement, 4 300m2 sont partis en fumée mais les habitations adjacentes ont été protégées.

  • Le feu de Bayons contenu, le risque incendie reste très élevé

    Le feu de Bayons contenu, le risque incendie reste très élevé

    « Après 18 jours, le feu du Gros Bessillon est déclaré officiellement fixé », a indiqué vendredi soir la préfecture du Var. « Pour autant, le travail des sapeurs-pompiers se poursuit et une extrême vigilance reste de mise car ce feu inédit par sa durée et ses trois départs consécutifs (les 21, 24 et 31 juillet) qui interrogent les spécialistes comme les enquêteurs, couve encore », écrit-elle dans un communiqué. « Il faudra encore plusieurs jours avant de le maîtriser et l’éteindre définitivement ; il faudra de nombreux mois pour reconstruire (70 maisons ont été impactées et 41 détruites) et oublier le traumatisme des flammes pour les 6 000 personnes évacuées », rappelle-t-elle. Le feu a parcouru 6 300 hectares. 450 pompiers restent mobilisés. L.M.

    Le feu de Bayons n’évolue plus, mais il est loin d’être terminé. Une semaine après son départ et 95 hectares parcourus, les pompiers restent mobilisés. « On ne peut pas dire qu’il est fixé, même s’il évolue peu. Il est contenu dans une enveloppe d’une centaine d’hectares », précise, ce vendredi matin, Sylvain Besson, directeur départemental des services d’incendie et de secours (Sdis 04).

    Malgré d’importants renforts, quatre Canadair et un avion Dash, les pompiers estiment devoir maintenir une présence « au minimum pendant une semaine » avant de pouvoir annoncer un feu éteint. 60 sapeurs-pompiers restent sur le terrain aux côtés de l’Office national des forêts (ONF).

    Si « la situation n’est plus évolutive », la chaleur, la faible humidité et le vent maintiennent un risque incendie élevé. Les opérations sont compliquées par le relief. « On est en moyenne montagne donc ce n’est pas accessible facilement et c’est dangereux », rappelle Sylvain Besson, évoquant de nombreuses chutes de blocs.

    Aucun blessé ni aucune habitation touchée ne sont à déplorer. L’incendie laisse néanmoins des traces sur le milieu naturel. L’ONF évoque un secteur présentant « une vraie richesse en biodiversité », avec notamment des espèces protégées. Une étude environnementale sera engagée pour mesurer les conséquences de l’incendie.

    Risque incendie très sévère dans le département

    Les pompiers insistent aussi sur le coût considérable d’un feu qui serait d’origine humaine. « Ça aura été minimum deux semaines de travail. Tout ça à cause, semble-t-il, d’une négligence », pointe Sylvain Besson. Un chauffeur-livreur dignois, suspecté d’avoir provoqué l’incendie, a été placé en garde à vue le 1er août, tandis que le parquet des Alpes-de-Haute-Provence a ouvert une enquête.

    Dans le reste du département, le feu de Thorame-Basse est éteint après trois jours d’intervention et 21 hectares parcourus. Dans ce contexte, la préfète a placé, l’ensemble des massifs du département en risque modéré à l’exception du massif du Luberon et du plateau de Valensole classé en risque incendie « élevé ».

  • Après la terreur, Cotignac tente de reprendre vie

    Après la terreur, Cotignac tente de reprendre vie

    Labellisé « Plus beaux villages de France » depuis 2022, ce n’est malheureusement pas pour la beauté de ses ruelles et de son rocher que Cotignac a fait parler de lui ces dernières semaines, mais pour l’incendie du Gros Bessillon, qui l’a menacé plusieurs jours durant. « J’ai eu peur, surtout le 23 juillet, avec le feu qui arrivait dans la ville », avoue Jean-Pierre Véran, maire de la commune depuis 36 ans, qui n’avait « jamais connu rien de tel. En 1999, l’incendie était sur le flan est de la commune, et cela ne nous avait pas menacé. Là, les flammes montaient à 10-15 mètres. Le préfet était prêt à évacuer entièrement ». Trop compliqué au vu des difficultés d’accès de certains secteurs, et de la panique que cela aurait produit. Décision fut prise de confiner, et elle a porté ses fruits.

    Aujourd’hui, l’heure est à la renaissance, même si la prudence est de mise « jusqu’à ce que le feu soit complètement circonscrit. Mais les festivités à venir sont maintenues, il faut profiter, vivre. Les gens reviennent au village, les commerces retrouvent des clients, c’est important », clame Jean-Pierre Véran.

    Certains revivent,

    d’autres ont tout perdu

    Jeudi, au restaurant « Le Temps de pose », sur la place de la mairie, Sophie, qui commence son service du midi, a en effet pu le constater : « Il y a eu une forte baisse de fréquentation dans le village. Beaucoup de personnes sont parties, des locations annulées. L’ambiance était angoissante et l’air irrespirable. Là, c’est revenu et ça nous fait extrêmement plaisir », souffle-t-elle. Car l’activité touristique est un moteur à Cotignac. D’autant qu’avec « la canicule, on a eu beaucoup moins de monde. On était très inquiet pour la saison après les feux ».

    À table, on retrouve Ben, Sybelle et leur bébé. Ces touristes venus du sud de Londres n’ont pas renoncé à leur séjour malgré la situation : « Nous venons souvent, l’endroit est très beau et les gens vraiment gentils. Cela n’a pas affecté nos vacances, il est juste plus dur de trouver du pain et des légumes car les agriculteurs ont malheureusement perdu leurs récoltes. On espère que cette triste situation va vite se résoudre ».

    Parmi eux, il y a Eva. Elle vend ce qu’il reste de ses plantes aromatiques et médicinales dans une boutique collaborative de la Grand Rue. Le 21 juillet, le feu a embrasé son terrain. Les sapeurs-pompiers ont pu sauver sa maison, mais pas ses 3 000 m2 de plantations. « Ça représente un an de récolte et de travail perdu, et des années perdues pour replanter, récolter à nouveau… Mon atelier a aussi brûlé, donc je n’ai plus rien pour transformer ce qu’il reste », se désole-t-elle, la gorge serrée. Cette perte n’est pas uniquement économique, car ces terres sont un héritage familial, sur lesquelles « chacun avait planté ses graines depuis des années ». Et au-delà de son cas personnel, la situation demeure difficile à accepter : « Les pompiers ont trop peu de moyens, tout ce que nos anciens ont fait, on l’a balayé pour des choses qui n’ont pas de sens, comme la loi Duplomb et les orientations politiques qui vont contre nos intérêts. On a besoin de sécurité, de ressources de biens communs préservés qui ne servent pas le profit », s’insurge-t-elle. Abasourdie, elle ne sait pas encore de quoi les prochains mois seront faits. Une amie a ouvert une cagnotte pour l’aider, tandis que des structures comme la Fédération familles rurales du Var et l’association Partageance, octroient des aides aux sinistrés, pour compléter l’action, bien minime, des assurances.

    Le feu n’a pas progressé jeudi

    Dans une journée annoncée risquée, avec un vent chaud et sec qui s’est levé en fin de matinée, et des rafales dépassant les 55 km/h, les 850 sapeurs-pompiers mobilisés et appuyés par des hélicoptères bombardiers d’eau jeudi dans le Gros Bessillon sont parvenus à contenir l’incendie. Ils ont poursuivi leur travail sur les lisières, alors que des moyens de lutte avaient été positionnés sur des points sensibles pour contrer les reprises de feu. Plus d’une dizaine se sont produites, et ont été rapidement maîtrisées. Vendredi, une journée similaire s’annonce, avec un vent et une chaleur soutenus. Les moyens pourront monter en puissance si besoin, avec notamment deux canadairs posés à Hyères, et l’avion Dash, en plus des hélicoptères bombardiers d’eau.