Tag: feux

  • Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Des feux « extrêmes » qui vont nous obliger à changer de doctrine dans les décennies à venir… Chercheurs à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Paca, Julien Ruffault, spécialiste des dynamiques de feux de forêt au sein de l’unité Écologie des forêts méditerranéennes, basé à Avignon, et Bernard Prevosto, spécialiste en écologie forestière méditerranéenne au sein de l’unité Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience, basé à Aix-en-Provence, font le point sur ce qui nous attend en matière d’incendie.

    Des phénomènes qui dépendent de trois facteurs, rappelle en préambule Julien Ruffault. La météo où les « températures élevées, l’humidité faible et le vent fort vont favoriser les incendies », la végétation, « toutes les forêts ne brûlent pas de la même manière » et enfin les activités humaines. L’homme étant « à l’origine à 95% des départs de feu en France ».

    Paradoxalement si le changement climatique a « fortement contribué à l’augmentation de ces conditions », poursuit-il, on note « une tendance à la diminution des surfaces brûlées », qui « s’explique par les investissements et progrès réalisés dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « On observe partout dans le monde l’apparition de feux de plus en plus extrêmes », alerte Julien Ruffault.

    En clair, des incendies de taille exceptionnelle ou qui ont « des impacts majeurs sur les populations, l’économie ou les écosystèmes », précise-t-il. Comme les feux de 2003 et 2022 où respectivement 73 000 ha et 59 000 ha de forêt et de terres boisées étaient partis en fumée.

    Vers une extension géographique du risque

    Ces feux étant incontrôlables, « il va falloir changer de paradigme », indique le scientifique. Ce que les pompiers ont déjà commencé à faire assure-t-il, en essayant de « protéger les populations, diriger le feu et l’attaquer quand on peut ».

    Si, pour l’été qui s’annonce, les prévisions restent difficiles à faire concède-t-il, au cours des prochaines décennies il faut s’attendre à une « extension géographique du risque vers le nord de la France et vers les zones de moyenne montagne », un rallongement de la saison principalement en zone méditerranéenne et dans le Sud Ouest et des feux plus fréquents. En conséquence, l’Inrae se pose en conseil pour anticiper. En proposant par exemple avec l’ONF et en partenariat avec Météo France et l’IGN, une carte nationale d’aléas incendies de forêt « qui servira de référence pour les politiques de gestion de risques », illustre Julien Ruffault.

    L’Inrae s’est aussi penché sur les capacités des plantes, en mode résistance ou résilience. Car « bonne nouvelle, nos végétations méditerranéennes ont développé des stratégies face à l’incendie », indique Bernard Prevosto. Avec son écorce mince, le pin d’Alep, qui occupe plus de 30 000 ha dans le Sud de la France, va par exemple mourir raconte-t-il. Mais les « cônes sérotineux » qu’il produit vont s’ouvrir sous l’effet de la chaleur, libérant des graines sur un sol brûlé, sans la concurrence d’autres espèces. Notre pin mettant « 20 à 30 ans pour reconstituer sa banque de graines », c’est la succession des incendies qui peut poser problème, conduisant même à « une dynamique régressive », nuance le chercheur.

    Néanmoins, après des tentatives de reboisement dans les années 70, 80, « beaucoup d’échecs », il s’agit de laisser aujourd’hui la nature « opérer » dans notre région et d’agir plutôt sur l’érosion post-incendie précise-t-il. « Les sols sont fragilisés, parce que la matière organique a été perdue, on peut faire des fascines pour aider à la reconstitution ou laisser des branches au sol qui vont constituer des abris pour les futures plantes », ajoute Bernard Prevosto.

    Côté prévention, un gros travail reste aussi à faire sur la « perte de la culture du feu dans notre région » estime Julien Ruffault, notamment sur la protection individuelle avec le respect des obligations légales de débroussaillement et les comportements, avant d’exporter ce savoir vers le Nord…

    « Nos végétations de Méditerranée ont développé des stratégies »

  • Près de 23 départs de feu dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance toujours de mise

    Près de 23 départs de feu dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance toujours de mise

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont été sollicités pour 23 départs de feux, ce jeudi 11 juin, indiquent les Pompiers 13.

    Parmi les plus importants, celui d’Allauch dans la nuit de mercredi à jeudi, à 1h du matin, qui a parcouru 1,5 ha, celui de Luynes à 7h30 qui a parcouru 1 ha, celui de Saint-Étienne-du-Grès qui a brûlé 9 ha et enfin à Saint-Cannat, 3 ha partis en fumée. Feu pour lequel 69 pompiers ont été engagés avec 3 canadair, route des 4 thermes sur la D67 en fin de journée.

    Des incendies favorisés par une végétation sèche et le vent, analysent les Pompiers 13. Si le Mistral est un peu tombé dans l’Est du département, il souffle toujours dans l’Ouest et les températures repartent à la hausse. Autant de raisons pour rappeler que la prévention reste essentielle insistent les pompiers.

    Et de marteler « pas de jet de mégots dans la nature, attention à l’emploi du feu et à l’accès aux massifs. Chaque geste compte ! »

  • [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    « On dit souvent qu’il est possible de tirer du positif de toutes les catastrophes. Je crois que l’École du feu en est un exemple concret » : Nicolas de Monsabert est un habitant de la Pelouque dans le 16e arrondissement de Marseille. Son quartier de l’Estaque a été parmi les plus touchés par l’incendie qui a ravagé une partie des quartiers Nord de la ville à l’été 2025. Le 8 juillet, le feu se déclare aux Pennes-Mirabeau, à proximité de l’autoroute A55. Il parcourt finalement 750 hectares et détruit ou dégrade quelque 90 habitations. Dont celle de Nicolas.

    De cette catastrophe naît une volonté : lutter contre l’oubli, qui souvent fait suite aux événements traumatiques, en tentant d’apprendre à mieux appréhender le feu, inhérent à l’écosystème méditerranéen. Une ambition qui devient réalité lorsque le collectif de l’incendie du 8 juillet, créé au lendemain de la catastrophe, décide, en août, de fonder un sous-groupe de travail : l’École du feu, portée par les habitants, le Bureau des guides et plusieurs experts du feu. L’initiative reçoit, en décembre un financement de la part de la Fondation de France. De quoi monter, sur deux ans, un plan de « recherche-action ».

    Apprendre, transmettre, agir

    « Évidemment, la première étape est celle de la montée en compétences », souligne Julie De Muer. Pour accompagner cet apprentissage, notamment : Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et, depuis 12 ans, spécialiste de l’apport du paysage sur les risques incendies. Son rôle : « Sensibiliser à la fois les habitants et les pouvoirs publics aux manières dont on peut adapter nos constructions dans les zones à fort risque incendie ».

    D’autres experts, comme Élise Boutié, anthropologue, proposent une approche moins technique et reviennent sur le rapport qu’entretiennent les sociétés avec le feu. Pour retenir toutes ces informations, des artistes, telle que Garance Maurer, qui produit depuis trois ans des travaux autour du feu, réfléchissent, toujours en collaboration avec les habitants, à des méthodes pour   accompagner la digestion collective des apprentissages ».

    Mais l’École du feu ne se veut pas que théorique, au contraire. Plusieurs « travaux pratiques » ont déjà été mis en place, comme la création d’une pépinière dans l’un des secteurs touchés par le feu. Parmi ses futures ambitions : mettre en place un « troupeau du feu », qui pourrait assurer un rôle de débroussaillage, essentiel pour limiter l’expansion d’un incendie. « C’est un vrai projet politique de vivre ensemble », apprécie Nicolas de Monsabert, très impliqué dans le groupe de travail.

    Une exposition retraçant la première année de travaux de l’École du feu se tiendra début juillet à l’Estaque.

    Margot Milhaud La Marseillaise

  • [EQDD] Incendies en Corse : Science, technologie et citoyens au service de la prévention

    [EQDD] Incendies en Corse : Science, technologie et citoyens au service de la prévention

    Les chiffres de la préfecture dressent un tableau contrasté. En Haute-Corse, entre juillet et septembre 2025, 118 départs de feux de végétation ont été recensés pour 300 hectares brûlés – contre 103 départs et 129 hectares en 2024. En Corse-du-Sud, 83 départs pour seulement 33 hectares cette année. Des chiffres qui peuvent paraître rassurants, mais qui masquent une réalité plus inquiétante. « On a moins de feux, mais nous sommes confrontés à des feux qui sont plus puissants », résume le lieutenant-colonel Octavien Meschini, chef du groupement Feu, espace naturel et résilience au Service d’incendie et de secours (SIS) de Haute-Corse. En 2023, plus de 20 000 hectares avaient brûlé en un seul été dans le département.

    Pour expliquer ce paradoxe, le lieutenant-colonel Meschini pointe le rôle du changement climatique sur la végétation : « Ce combustible est plus soumis aux effets du changement climatique, avec du dépérissement, du dessèchement. On a des contextes de plus en plus favorables aux feux, y compris tout au long de l’année ». Résultat ? Des incendies d’un nouveau type, que les pompiers appellent les « feux hors-norme ». « Face à des feux comme ça, la lutte est pratiquement dépassée », reconnaît-il. La Corse n’en a jamais connu, mais le Portugal en 2017 ou la Grèce en 2023 ont montré la puissance dévastatrice de ces brasiers.

    François-Joseph Chatelon, maître de conférences à l’Université de Corse et membre du Projet Feux depuis 2007, confirme : seulement 2% des incendies provoquent l’essentiel des destructions. L’exode rural aggrave le phénomène : « Vous avez de la végétation de plus en plus dense, de plus en plus haute, qui n’est pas nettoyée. La puissance du feu va gagner en intensité jusqu’à dépasser le seuil où tous les moyens de lutte, y compris aériens, ne peuvent plus le contrôler ».

    Plus redoutés encore, les incendies éruptifs : « Un feu qui va brusquement changer son comportement avec une accélération très forte, sans changement dans les conditions météo. Pour les pompiers, ils sont incapables de le prévoir ». La Corse en a payé le prix fort en 2000 à Palasca, où deux pompiers ont perdu la vie.

    Pour y faire face, le SIS 2B s’appuie sur le plan de protection des forêts et des espaces naturels contre les incendies (PPFENI), révisé en 2024 pour dix ans et décliné en 21 fiches d’actions. Chaque mercredi estival, une réunion interservices pilotée par le préfet anticipe les journées à risque et prépositionne les moyens. « L’idée, c’est de mobiliser fortement lorsqu’on a des conditions de risque les plus élevées », explique Octavien Meschini. Avec notamment l’appui des forestiers-sapeurs qui déploient 19 patrouilles minimum l’été.

    Terrain, technologie et mobilisation citoyenne

    Dans les villages d’Oletta et de Poggio-d’Oletta dans le Nebbio, touchés par de violents incendies l’été dernier, la réserve communale illustre ce maillage citoyen : 35 bénévoles dirigés par Jean Canu, ancien pompier fort de 41 ans de carrière passé par le Bataillon de marins-pompiers de Marseille. « Notre force, c’est le travail interservice, la prévention et l’anticipation », résume-t-il, lui qui observe le changement climatique au quotidien. Avant, il y avait quatre saisons. Aujourd’hui, la végétation est en permanence en stress hydrique et le vent n’est pas là pour arranger les choses ». La réserve sensibilise les habitants aux gestes essentiels : débroussailler, fermer les fenêtres et portes en cas de feu. « C’est une des premières préventions à la propagation des flammes », rappelle-t-il.

    À cette vigilance humaine, s’ajoute désormais un œil technologique. Joseph Capocchi, dirigeant de CGS Sécurité en Plaine orientale, a développé une solution de vidéosurveillance thermique pour la détection des feux de forêt : des caméras installées en points hauts, rotation à 360°, portée jusqu’à 16 km, opérationnelles de jour comme de nuit par tous les temps. « Entre 30 secondes et 1 minute 30, l’alerte est transmise aux pompiers avec un point GPS à 100 mètres près », précise-t-il. Testé à Ventiseri « avec des résultats jugés concluants par les sapeurs-pompiers », le dispositif vise désormais un déploiement à l’échelle des intercommunalités corses.

    « La meilleure des protections, c’est le débroussaillement autour de sa maison », martèle Octavien Meschini. Une conviction partagée par François-Joseph Chatelon, qui alerte sur un danger nouveau : « La saisonnalité des feux augmente. On peut avoir un feu en hiver qui devient un feu de forte puissance. C’est le nouveau danger ». Pour y répondre scientifiquement, le projet GOLIAT a déjà produit un simulateur de propagation et l’outil Dimzal, utilisé sur le terrain pour dimensionner les zones d’appui à la lutte. Le projet Présage doit désormais pérenniser ces acquis. La Corse brûlera encore, mais elle s’y prépare autrement.

    Par Pierre Gianelli Corse Matin

  • [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Ces premières chaleurs sont-elles synonymes de début de la saison des risques incendies ?

    Eric Florès : C’est synonyme du fait que la végétation va se dessécher rapidement. Avec des températures autour de 35 degrés, si ça continue comme ça, tout l’apport de la pluie de cet hiver va vite disparaître. On n’a pas encore de départs de feux mais avec une telle semaine, la première strate herbacée au bord des routes va bien jaunir. Jusqu’il y a 4 ou 5 jours on était assez tranquilles, là on est attentifs. Dès le mois de mai, on commence à suivre les indicateurs du dessèchement de la forêt.

    Quel était le bilan de feux dans l’Hérault en 2025 ? Avez-vous tiré des leçons du méga feu de l’Aude ?

    E.F. : On est assez stable. On a pris 3 ou 4% de hausse des feux de forêt, soit autour de 1 350 départs de feux sur l’année 2025 dans l’Hérault. C’est assez conséquent. On a eu deux périodes importantes. La première après le pic de chaleur de fin juin avec des périodes à 40 degrés. Autour des 6, 7 et 8 juillet, on a eu beaucoup d’incendies, notamment les feux de Castelnau-de-Guers et de Fabrègues. Lors de la seconde sécheresse d’août, on a eu pas mal d’incendies virulents en même temps que le méga feu de l’Aude. On a eu des retours d’expériences de ces feux. Le constat, c’est qu’une fois qu’ils sont devenus « mégas », ils sont inarrêtables. La stratégie qui fonctionne, c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables.

    Estimez-vous bénéficier d’assez de moyens au Sdis 34 ?

    E.F. : On ne sait jamais si on a assez de moyens. Ces dernières années, on a réussi à répondre de manière cohérente avec nos moyens. On dispose de 200 véhicules de lutte contre les feux de forêt – c’est très conséquent – dont 140 camions-citernes avec 4 000 litres d’eau, une vingtaine avec 10 000 litres d’eau pour des attaques avec le canon et d’autres plus petits pour les zones périurbaines. On loue 3 avions, on a un hélicoptère de reconnaissance. On a 6 Dash et une douzaine de Canadairs sur la flotte nationale. Le centre de Gignac est un outil de formation supplémentaire. Malgré la crise financière, le conseil départemental continue de nous financer au même niveau. On est dans un département où tous les étés il fait chaud, donc tous les étés sont à risque. On se doit d’être prêt. La lutte contre les feux de forêt est un vrai combat.

    La plupart des incendies, volontaires ou accidentels, sont d’origine humaine. Pouvez-vous nous rappeler les consignes à respecter ?

    E.F. : Les seuls feux naturels sont les feux de foudre lors des orages. Le reste c’est de l’activité humaine. On travaille avec l’État et la Chambre d’agriculture pour expliquer aux agriculteurs que l’été il faut éviter de travailler à 15h là où le moindre frottement peut créer un incendie. On répète aux fumeurs et automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette même éteints. Le feu du massif de la Gardiole l’an passé est parti d’un mégot jeté au bord de l’autoroute. Tout apport du feu est totalement interdit depuis le 15 mai dans toute la forêt méditerranéenne. On sera d’ailleurs amené à fermer certains massifs pour enlever l’Homme. On a l’impression que tout est vert mais au pied des arbres l’herbe est sèche. Le seul fait de rouler avec un pot catalytique est dangereux.

    Vous quittez l’Hérault en septembre. En 10 ans, êtes-vous satisfait du travail accompli ?

    E.F. : Ce n’est pas moi qui accomplis le travail. On a 85 000 interventions. C’est un travail permanent et d’équipe. C’est à la population de savoir si elle est satisfaite, je crois qu’elle a de quoi l’être. Les 900 sapeurs-pompiers professionnels et les 4 300 pompiers volontaires de l’Hérault se donnent à fond pour réaliser leurs missions.

  • L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    Coincé sur l’Hexagone depuis le week-end de Pentecôte, le « dôme de chaleur », qui agit comme un couvercle en piégeant l’air chaud venant du Maroc, n’épargne pas l’Occitanie. Jeudi 28 mai, dix départements de la région étaient en vigilance jaune canicule. Avec des pics à 37 ou 38 degrés attendus dans les prochains jours, certains pourraient basculer en vigilance orange. Des chaleurs précoces qui surprennent d’autant plus que les températures étaient en dessous des normales saisonnières jusqu’à la mi-mai. Pour l’ingénieur agronome expert en climatologie, Serge Zaka, il s’agit d’une « anomalie statistique qu’on redoutait ».

    La vague de chaleur particulièrement forte à l’ouest du pays a entraîné la vigilance canicule la plus précoce depuis la création du dispositif en 2004, suite à la canicule d’août 2003 qui avait provoqué de nombreux décès chez les personnes vulnérables et éveillé les consciences aux dangers du réchauffement climatique. Tandis que l’été 2026 n’a pas officiellement débuté en France, au moins sept personnes sont décédées de ce premier pic de chaleur. Si bien qu’une réunion de crise se tenait jeudi 28 mai à l’Élysée. Objectif : élaborer un « plan d’endurance dans la durée jusqu’en septembre ».

    Dans le Gard et l’Hérault, les autorités et collectivités (la Ville de Nîmes notamment) ont pris les devants ces derniers jours, multipliant les conseils de prévention. C’est notamment le cas dans l’éducation. Il faut dire qu’on se souvient que certaines écoles (à Nîmes, Sète, Montpellier…) avaient particulièrement souffert de la canicule en juin 2025. Sans aller jusqu’à reporter certaines épreuves du Bac pro prévues ce vendredi 29 mai*, le ministère de l’Éducation nationale s’est fendu d’un courriel. À tous les chefs d’établissement, il est conseillé de « privilégier les salles à l’ombre pour la tenue des épreuves », de « fermer les stores et rideaux des façades exposées au soleil la journée », de « s’assurer que les élèves disposent d’eau potable » et d’apporter une « vigilance particulière aux candidats présentant des pathologies ou en situation de handicap ». Aux enseignants, il est rappelé que « les activités physiques et les sorties doivent être réduites ou supprimées aux heures les plus chaudes ». Enfin, les parents sont invités à « adapter l’habillement des plus jeunes élèves, de prévoir casquettes et lunettes de soleil, et, si nécessaire, d’appliquer de la crème solaire avant l’école ».

    Les droits des salariés

    Pour les travailleurs, la canicule est aussi synonyme de difficultés voire de dangers pour la santé. Rappelons que le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. S’il n’y a pas de température maximale tolérée, l’employeur a l’obligation de fournir de l’eau potable fraîche, d’assurer une ventilation/aération correcte ou salle climatisée, limiter l’exposition à la chaleur, prévoir des pauses ou espaces de repos. De son côté, le salarié peut faire des propositions (au cas par cas) : aménager les horaires pour finir plus tôt, réorganiser la charge de travail, réduire des tâches physiques, rallonger les pauses, demander du télétravail exceptionnel… En cas de « danger grave et imminent », il est même possible d’exercer son droit de retrait en ayant d’abord prévenu son employeur, le CSE ou la médecine du travail.

    De son côté, l’association Peta vient de rappeler quelques consignes qui concernent les animaux. Ne jamais les laisser enfermés dans une voiture, même quelques minutes. En extérieur, leur « laisser de l’eau et des zones ombragées ». Prendre garde aux sols brûlants, le bitume pouvant provoquer des « brûlures sur les coussinets des chiens » par exemple avec lesquels il est « déconseillé d’aller faire son jogging ».

    Enfin qui dit canicule dit risque incendie. Si aucun départ de feu n’est encore à déplorer, le patron des pompiers de l’Hérault se tient à l’affût. « La stratégie qui fonctionne c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables », insiste Eric Florès en référence au méga feu de l’Aude en 2025. Il en profite pour rappeler que « tout apport du feu en forêt méditerranéenne est proscrit depuis le 15 mai ». Les travaux agricoles en plein soleil sont déconseillés et le jet de mégots est passible de sanctions pénales.

    * Celles du CAP auront lieu les 8-9 juin, du 11 au 18 juin pour le Bac général et technologique et enfin les 26, 29 et 30 juin pour le brevet des collèges.

  • Le Var, département où les pompiers sont les plus sollicités

    Le Var, département où les pompiers sont les plus sollicités

    En 2023, les sapeurs-pompiers du Var ont réalisé 107 interventions pour 1 000 habitants, contre 69 en moyenne au national, soit le taux le plus élevé de France, selon une étude de la plateforme CRIBL. Cette pression record s’inscrit dans une tendance de fond : à l’échelle nationale, les pompiers ont effectué 4,7 millions d’interventions (une toutes les 6,6 secondes). Depuis 2008, l’activité globale des services d’incendie et de secours a progressé de 19%. Mais la transformation la plus marquante concerne la nature des missions. Les incendies ont diminué de 10% en quinze ans et ne représentent plus qu’une intervention sur 17. À l’inverse, 79% des sorties concernent désormais le secours à la personne, en hausse de 40%.

    Le facteur vieillissement

    Cette transformation s’inscrit dans un contexte de vieillissement démographique et de tension sur l’offre de soins et les services hospitaliers, faisant des pompiers un maillon essentiel de la chaîne sanitaire et sociale. Dans le Var, département à forte attractivité résidentielle et touristique, cette évolution est amplifiée par la saisonnalité, la croissance démographique et un vieillissement supérieur à la moyenne (l’âge médian y est de 44 ans, 2 ans de plus que celui de la région et 4 ans que celui du pays ; les retraités représentent 26,9% de l’ensemble des Varois). À cet égard, les opérations de relevage de personnes ont bondi de 180% en 15 ans. Les ouvertures de porte, souvent liées à des malaises ou à l’isolement, ont bondi de 462%.

    Ainsi, au total, les pompiers français ont réalisé 19% d’interventions supplémentaires en quinze ans, mais leur cœur de métier s’est déplacé. Moins de feux, davantage d’urgences humaines. Cette mutation redéfinit les besoins en formation, en organisation des secours et en articulation avec le système de santé.

  • Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Un instant « solennel » pour « honorer le souvenir » des disparus mais aussi un « moment de reconnaissance en cette année intense, sans aucun répit ni sur le front du secours ni sur celui des feux », a introduit ce samedi 6 décembre, Richard Maillé, président du Sdis (Service départemental d’Incendie et de Secours) 13 à l’occasion de la cérémonie de la Sainte-Barbe, protectrice de ceux qui affrontent le feu et le danger.

    Dans le hall cathédrale de l’Hôtel du Département, des hommes et femmes casqués plutôt habitués au terrain, à raison d’une intervention toutes les 3 minutes. Le Sdis 13 étant l’un des plus importants de France avec 1 250 sapeurs-pompiers professionnels et 4 700 volontaires. La collectivité poursuivant une « politique volontariste du recrutement malgré la pression financière », s’est félicité Richard Maillé, ils seront 75 à venir compléter les rangs annonce-t-il. Soit une augmentation de plus de 23% en dix ans, ajoute-t-il.

    « Depuis 2015, nous mettons en avant la protection des biens et des personnes », a martelé Martine Vassal, présidente DVD du Département qui en a profité pour adresser un message au préfet Jacques Witkowski.

    Un « modèle atypique »

    « J’espère que vous resterez un long moment dans nos murs, je suis persuadée que vous allez être l’homme de la situation », a-t-elle lancée, rappelant que « nous sommes dans un département particulier où vous avez tous les risques sauf celui des avalanches ». Pour les pompiers, « pas d’économie, que des dépenses pour du matériel et des casernes du XXIe siècle », poursuit l’élue qui prévient : « Les recettes ne sont pas extensibles. » Pour elle, « les départements sont en danger », estimant que « sans eux c’est une régression de la démocratie ». Elle insiste : « Il va falloir qu’au plus haut niveau de l’État, on travaille sur l’équation des recettes et des dépenses, Monsieur le préfet. »

    Le représentant de l’État se bornera à la lecture du message de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, défendant un « modèle atypique fondé sur le volontariat qui nous oblige ». Les sapeurs pompiers vont également pourvoir bénéficier de trimestres supplémentaires pour la retraite « dans un décret pris dans les prochains jours », a promis le ministre.

    Cette cérémonie a également été l’occasion de remise de médailles de la sécurité intérieure, échelon bronze argent ou or, et de casques pour la 55e promotion de professionnels, baptisée du nom d’Emma Bouquet, tragiquement décédée à 21 ans en février et, volontaire au centre d’incendie et de secours d’Eyguières depuis 2 ans.

  • Incendie de l’Aude : Carole Delga en appelle à l’État

    Incendie de l’Aude : Carole Delga en appelle à l’État

    Nous n’y arriverons pas seuls. Nous avons besoin de la solidarité nationale parce que la sécheresse est durable et que nous sommes frappés par d’autres aléas climatiques. »

    Un mois après le gigantesque incendie des Corbières qui a parcouru en août 16 000 hectares de pinèdes et de vignes, détruit 36 habitations et causé la mort d’une habitante, Carole Delga (PS) et Hélène Sandragné (PS) en appellent à l’aide de l’État.

    Vendredi 12 septembre, les présidentes de Région et du Département de l’Aude ont demandé « la reconnaissance des incendies comme aléas climatiques au titre des indemnisations agricoles et viticoles ». Actuellement, en cas de pertes de récoltes, les agriculteurs ne peuvent obtenir des indemnisations de l’État qu’en cas de phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, gel, grêle…).

    L’Occitanie étant la région française « la plus exposée aux aléas et catastrophes climatiques », Carole Delga a interpellé le président de la République sur « le besoin d’une prise en compte spécifique » de ce territoire. L’élue socialiste réclame un « plan national Occitanie résilience » qui serait soutenu par l’Union européenne avec des « outils réglementaires et financiers pour agir vite et fort ».

    La présidente de Région pense entre autres à des financements pour maintenir le pélicandrome de l’aéroport de Carcassonne, du matériel supplémentaire pour le Sdis audois ou à un élargissement du fonds d’indemnisation agricole (8 millions d’euros) au-delà des territoires brûlés. Enfin, Carole Delga demande un avenant au contrat de plan État/Région afin de « faire face au changement climatique ».

    En attendant une réponse, Carole Delga et Hélène Sandragné ont indiqué que la Région et le Département de l’Aude ont chacun débloqué une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros en solidarité aux sinistrés (viticulteurs, entreprises, associations…). Un premier geste qui sera suivi en novembre d’un plan de transformation du territoire.

  • Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    La caserne vit différemment ce jour de portes ouvertes. Pour les plus jeunes surtout, des ateliers de démonstration, des animations et les engins rouges sont de sortie. La journée porte d’abord une « envie de faire découvrir la vie de la caserne aux populations qui ont bien voulu se déplacer », selon Lionel Trivat, chef du centre de secours, et elle sort le grand jeu pour susciter des vocations.

    Parmi les étalages dépliés, le stand de recrutement est planté de façon visible. « On vise autant le recrutement de jeunes sapeurs pompiers [JSP] que celui de volontaires », explique Lionel Trivat. Ici, sur la caserne de Sénas, il faut compter 105 pompiers au total, pour 2 000 interventions au cours de l’année 2024. Dont dix professionnels et onze JSP. Le reste de la relève est assuré par les sapeurs-pompiers volontaires. « Le département des Bouches-du-Rhône, c’est environ 1 250 professionnels, sur environ 6 000 pompiers, ce qui fait 27 000 volontaires, souligne le chef de centre. Concernant les JSP, on ne recrute pas avant septembre 2026, mais pour les volontaires, c’est toute l’année. »

    Leur volontariat est « indispensable pour la caserne. Il faut rappeler qu’ils ne sont pas payés. Ils font un boulot incroyable, c’est une vocation, qui demande des sacrifices », souligne le Carole Stoufflet, adjointe au chef du centre de secours. Les volontaires, formés, posent des gardes sur leurs jours de « repos ». S’ils ne reçoivent pas de salaire, ils sont indemnisés au taux horaire (vacations). Sur un mois, Julien Grangier, pompier volontaire depuis 20 ans et employé chez Airbus Hélicoptères pose environ deux nuits par semaine. « Ma femme sait qu’en été, on ne part pas forcément », sourit Julien Grangier, pour qui la mobilisation s’intensifie en saison de feux de forêts. « On doit donner minimum 60h par mois, ne pas dépasser 1350 heures par an sans compter la période feux de forêts », détaille Ludo Brunat, volontaire depuis 34 ans avant d’ajouter : « Je dis aux jeunes que s’ils ont du temps à donner, il faut le consacrer aux autres. » « Je trouve mon équilibre entre mes deux boulots, estime Anthony Martinez, volontaire lui aussi, employé chez la SNCF. C’est un métier où l’on est responsable de l’habitat des gens, de leur sécurité. Il faut s’entraîner régulièrement, avoir l’esprit d’équipe, de cohésion, avoir l’esprit de caserne. Ça demande beaucoup de temps personnel, il faut l’avoir dans la peau. » « C’est notre deuxième facette, ajoute Laurie, pompier volontaire depuis près de 25 ans. Ce n’est pas un travail, même si ça prend énormément de temps. Malheureusement, on trouve moins de personnes qui veulent se priver de week-end ou de vacances. On est des passionnés. »