Tag: Incendies

  • [Parole de maire] Jean-Pierre Véran, maire (SE) de Cotignac (Var) : « C’est le premier étéaussi difficileà surmonter »

    [Parole de maire] Jean-Pierre Véran, maire (SE) de Cotignac (Var) : « C’est le premier étéaussi difficileà surmonter »

    En interrogeant sans concession
    les premiers magistrats
    des communes de Provence,
    sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des
    communes, cellule de base
    de la République.

    La Marseillaise : Après cet été difficile, comment se relève le village ?

    Jean-Pierre Véran : On a eu pas mal de réunions avec le préfet, avec le contrôleur général du Sdis et les différents partenaires, la police municipale, les gendarmes… Le préfet a mis à disposition les services de l’ONF ainsi que 14 personnes de l’ACES [Association pour le développement de l’économie sociale et solidaire, Ndlr], en réinsertion professionnelle. On est passé en priorité car on a beaucoup de bois à couper. On a eu 600 hectares de forêt communale brûlés et des travaux conséquents ont été entrepris depuis à peu près un mois. Ça nous permet de commencer à dégager les zones brûlées et de reconstituer ce qui a été touché par le feu. Il faudra des années, mais il y a eu une reprise intéressante de la végétation. Pour les sinistrés, le CCAS tient des permanences. On essaie de solutionner des problèmes, pour les assurances, quand ça n’avance pas trop, on essaie d’appuyer un peu sur le bouton pour dire aux assureurs de les aider, parce que ces gens-là ont perdu beaucoup.

    Peut-on parler de l’été le plus difficile de votre carrière de maire ?

    J.-P.V. : Clairement. Avant que le feu n’arrive le 21 juillet, la température était très haute, ce qui fait que la population restait chez elle, ce qui a eu des conséquences pour les commerçants. Et le feu a couronné le tout. Nous avons fait partie des communes les plus chaudes de France. Et avec ce feu qui a duré vingt jours, ça a créé un impact supplémentaire. Cela fait 36 ans maintenant que je suis maire et c’est le premier été qui a été aussi difficile à surmonter.

    On imagine qu’il y a eu des conséquences sur la fréquentation touristique, cœur de l’activité du village…

    J.-P.V. : Ce n’est pas tant le feu que la canicule qui a impacté l’été. D’ailleurs, avec le magnifique début d’automne, une très forte population est venue, surtout des touristes retraités qui viennent volontiers au village. On a un peu rattrapé ce qu’on a perdu en été en septembre et octobre. Et là, il semblerait que la semaine prochaine aussi, le temps soit encore bon. Il y aura un manque à gagner, mais pas aussi conséquent que ce que les commerçants attendaient, plutôt entre 10% et 20%, je pense.

    Malgré tout, cet été n’a-t-il pas permis de resserrer les liens avec les villages alentour, avec qui la solidarité s’est avérée très importante ?

    J.-P.V. : Tout à fait, que ce soit avec Entrecasteaux, Salernes, Carcès, Montfort-sur-Argens, Correns, Barjols ou Pontevès, il y a eu une très forte solidarité des communes à tous égards. Et ça continue d’ailleurs parce qu’on fait des manifestations ensemble, comme une journée de sensibilisation sur le feu, le 24 octobre dernier. Le 22 novembre, on va aller sur le terrain avec un spécialiste de la pierre sèche parce qu’on a découvert une ancienne glaciaire : on va faire une journée de sensibilisation pour remettre en état ce bâtiment. Ce sont des choses positives, importantes pour notre population parce que les gens sont ensemble, discutent et parlent du feu, certes, mais aussi de l’avenir.

    Vous êtes maire de Cotignac depuis plus de 36 ans. À 83 ans, qu’est-ce qui vous donne encore l’envie ?

    J.-P.V. : J’ai la forme, donc tant que ça peut aller, je tiens. Je n’étais pas trop chaud à l’idée de me représenter, mais mes collègues m’ont dit : « Jean-Pierre, il faut que tu continues, parce que tu connais bien la commune, les différents acteurs autour, les préfets, le Département, la Région, etc. » Moi, ça me fait plaisir, parce que quand j’ai pris cette commune, rien ne s’y passait. On a revu le village de fond en comble et j’en suis très fier et heureux. L’année dernière, dans le cadre des 120 ans de la laïcité, j’ai renommé une place « place de la République » car je suis très attaché aux symboles de la République. Je vais essayer de faire, au cœur du village, une résidence intergénérationnelle d’une dizaine de logements. Je veux mélanger jeunes et moins jeunes, parce que je pense qu’aujourd’hui, il faut essayer de grossir les liens, qu’on arrive à cette société, à ce qu’on se parle les uns et les autres. Tant que je pourrai tenir le cap, je serai là pour y participer.

    Quels sont les grands défis de ce mandat pour votre commune ?

    J.-P.V. : C’est tout ce qui touche à la transition écologique. On va faire un beau jardin de 1 200 m², un espace où jeunes et anciens vont se réunir, quelque chose de fantastique. En dessous, il y a beaucoup d’eau, on va créer des systèmes de jets sur lequel on est en train de travailler. Je suis aussi en train de lancer un projet important, un parking de 2 000 m² où je vais mettre des ombrières solaires afin de produire de l’énergie pour tous les bâtiments communaux. On va même en vendre à des bâtiments et des personnes qui en ont besoin. Je pense au centre commercial, la maison de retraite, quelques équipements à qui on va vendre de l’électricité à un prix moins cher. J’ai encore pas mal d’ambitions pour 2027 !

    Les aides aux collectivités diminuent de plus en plus. Êtes-vous inquiet face à ces contraintes budgétaires ?

    J.-P.V. : Oui, parce qu’on a de plus en plus de difficultés par rapport à l’État et le projet de loi de finances va encore grignoter notre budget. La baisse du taux de remboursement de la TVA [de 16,404 à 11,404%, prévu par le projet de loi finances, Ndlr], c’est encore une ressource qu’on va perdre. J’ai une situation saine, parce que comme je suis un ancien, j’ai toujours été attaché à une gestion rigoureuse, mais je suis un peu inquiet pour les nouveaux maires. On n’a pas le droit d’avoir des budgets déficitaires comme l’État, donc il faut qu’on soit équilibrés et malheureusement, les charges deviennent de plus en plus contraignantes. Et le millefeuille administratif, avec les communautés d’agglo ou de communes, représente aussi des charges qui commencent à être lourdes. Il y a des actions positives, mais il y a une gestion importante. Et en année électorale, c’est toujours plus difficile parce qu’il y a ensuite les législatives, la mise en place du gouvernement, on ne sait pas comment ça va se passer. Personnellement, mes dossiers peuvent être réalisés parce que je les ai préparés, mais si vous n’avez rien préparé, ce sera une année plus compliquée pour les élus.

  • À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    Un régiment de militaires de la Sécurité civile détaché pour les travaux d’urgence d’espaces naturels, basé à Brignoles, a achevé jeudi un important chantier de rénovation de deux pistes forestières endommagées à Pierrevert et à Montfuron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, près de Manosque.

    Pendant près de trois semaines, les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile ont débroussaillé, sécurisé les deux pistes, et y ont créé des aires pour permettre aux camions de se croiser. Le bon état des pistes est particulièrement important dans cette zone, à haut risque d’incendies.

    « Les pistes s’abîment avec le temps, avec la pluie, le passage des motos, des chasseurs », explique le sergent Gauthier Sorton, chef du module pendant le détachement. Afin de réaliser le chantier, les militaires avaient à leur disposition deux bulldozers, une mini-pelle et un tracteur. Sept militaires du rang et un sous-officier sont intervenus pour ces travaux.

    L’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a entièrement financé le chantier, qui lui a coûté environ 20 000 euros, selon Cyril Marin, responsable du service espaces naturels. « Cela aurait coûté beaucoup plus cher en passant par une entreprise privée, à peu près entre 70 000 et 90 000 euros, puisqu’on aurait dû payer la main-d’œuvre », affirme-t-il.

    Malgré quelques interruptions dues aux intempéries, qui ont compliqué l’intervention des militaires, le chantier a pu se terminer à temps.

    Plusieurs communes de la communauté d’agglomération ont « cruellement souffert des incendies au début des années 2000, donc il y a eu une réelle volonté unanime des élus, lors de la création de la DLVA, de prendre cette compétence de DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) pour mutualiser les moyens », a relaté Gilles Mégis, vice-président de la DLVA, délégué à la prévention des risques.

    Les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile interviennent sur de nombreuses catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre ou des feux de forêt. Après des inondations, ils retirent les arbres tombés sur la route ou les voitures emportées par le courant, comme récemment dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Pendant les intempéries, des engins du chantier ont dû y être évacués.

    Il existe trois régiments de ce type en France, à Brignoles, à Libourne et à Nogent-le-Rotrou. Le régiment de Brignoles vient de signer une nouvelle convention avec la mairie de Manosque pour revenir intervenir tous les ans pendant quatre ans. En 2025, ce régiment était déjà intervenu à Manosque pour rénover une piste stratégique de défense du massif du Luberon.

  • Un géant de l’aéronautique embarque dans le Frégate F-100

    Un géant de l’aéronautique embarque dans le Frégate F-100

    Après Airbus, Latécoère et Helibravo Aviação, la société Hynaero, porteuse du projet de nouveau Canadair français Frégate F-100, a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec l’entreprise aéronautique italienne Leonardo, le 23 octobre Cette coopération se fera autour « du développement et de la production de composants structuraux aéronautiques majeurs » pour le programme Frégate F-100 de bombardier d’eau assemblé sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres et dont le premier vol d’essai est prévu en 2030.

    « Fort de son expertise reconnue et solidement établie dans les secteurs de l’aéronautique et des structures aéronautiques, Leonardo pourrait bénéficier du statut de fournisseur de premier rang pour la production de structures principales, telles que le fuselage et/ou les ailes », ambitionne Hynaero.

    « Opportunités d’export »

    Le programme Frégate F-100 « pourrait bénéficier de la complémentarité des compétences et des capacités des deux partenaires dans plusieurs domaines potentiels, notamment la conception, la fabrication, les essais de validation des structures aéronautiques, l’ingénierie, la certification, les essais, l’industrialisation, la maintenabilité, ainsi que la conception et la réalisation de systèmes », développe Hynaero dans son communiqué.

    « Leonardo dispose également d’un savoir-faire de longue date, en constante expansion, dans les domaines de la gestion des situations d’urgence aériennes et de la lutte contre les incendies. Cette expertise lui confère des capacités uniques et complémentaires pour contribuer à la lutte contre les feux à l’échelle mondiale », d’après l’entreprise aéronautique française.

    Dans la même perspective que lors de la signature du protocole d’accord avec le constructeur d’hélicoptères Helibravo Aviação, Hynaero escompte que « cette collaboration pourrait également soutenir la promotion du programme en Italie et permettre de saisir des opportunités à l’export », en tant que programme à « écosystème européen » qu’annonçait le PDG, David Pincet, en mars dernier. L’entreprise est déjà forte de plusieurs lettres d’intentions de différents acteurs pour 27 appareils, dont 16 pour la Sécurité civile française. Le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi a d’ailleurs sommé l’État de mandater la Direction générale de l’Armement afin d’accélérer la mise en service de l’appareil, espérée dans le meilleur des cas pour 2032.

  • À Manosque, les élus de la majorité dénoncent les dégradations

    À Manosque, les élus de la majorité dénoncent les dégradations

    Une vingtaine d’élus de la majorité manosquine (DVD) se sont rassemblés, lundi midi, devant la mairie, aux côtés d’environ 80 habitants, pour dénoncer les dégradations commises samedi. « La République est un bien commun, elle obéit à des lois, à des valeurs, et, ce week-end, les ennemis de la République ont sali ces valeurs-là. Ils ont détruit, ils ont pillé, ils ont cassé. C’était une forme d’insurrection », a lancé Pascal Antiq, conseiller municipal délégué qui prenait la parole en l’absence du maire (DVD). « L’histoire de France a été incendiée, pillée et mise à bas », a-t-il martelé, appelant à « ne pas tomber pas dans le panneau dans lequel ces ennemis-là veulent nous faire tomber ».

    Alors que des lycéens avaient appelé à se rassembler devant la mairie pour « montrer à notre cher maire que les lycéens et les Gilets jaunes ne sont pas des casseurs » et pour affirmer qu’ils « condamnent fermement les actes de violence, les pillages et les dégradations », appelant à « ne pas mettre tout le monde dans le même sac », aucun n’était finalement présent.

  • Les raisons d’un été touristique en retrait comparé à 2025

    Les raisons d’un été touristique en retrait comparé à 2025

    Le bilan touristique global de cet été (juin-septembre) affinera l’analyse mais on a déjà une idée précise du reflux observé en Occitanie en juillet puis août comparé à la saison 2025. Un retrait documenté par le Comité régional du tourisme et des loisirs (CRTL) et l’agence Ad’Occ de la Région qui indique que seuls 54% des professionnels estiment leur activité satisfaisante en août : soit 13 points de plus qu’en juillet mais 14 de moins qu’en août 2025.

    Sur les 820 verbatims recueillis au sujet du mois d’août, trois causes principales reviennent spontanément dans la bouche des professionnels du secteur. D’abord les effets néfastes de la canicule. Il faut savoir qu’avec en moyenne 3,7 degrés supérieurs aux normales de saison en Occitanie (jusqu’à +4,8° sur les maximales) et un épisode particulièrement étiré (28 juillet-19 août), la troisième vague de chaleur subie cet été est « la plus longue jamais enregistrée en France ». Ce qui place le cru 2026 en seconde position des mois d’août les plus caniculaires derrière le meurtrier août 2003. Selon l’étude du CRTL, ces chaleurs ont influencé les choix de 62% des vacanciers. Certains sont allés ailleurs, d’autres sont venus mais ont « privilégié les activités du matin et du soir », renonçant aux activités les plus exposées.

    Seconde raison essentielle : la crise du pouvoir d’achat qui a conduit les touristes présents à limiter leurs dépenses. « Le panier moyen des clients a clairement baissé, la clientèle est peu sortie du camping cette année », témoigne un responsable. « Les familles ont privilégié les activités gratuites », ajoute un autre professionnel d’un site de loisirs. L’envolée du prix de l’essence a été un marqueur de plus comparé à l’été 2025.

    Il en va de même des nombreux incendies recensés cet été. Aux yeux des professionnels du tourisme, ce serait le troisième facteur clé. « La forte médiatisation a fait beaucoup de tort auprès de nos clientèles étrangères », assure un gérant de l’hôtellerie de plein air quand un autre pointe une « communication anxiogène ».

    Des séjours plus courts

    Et pourtant… 74% des Français sont partis en vacances contre 62% des intentions exprimées au début du printemps selon une enquête nationale. Un phénomène inversé chez les étrangers : seuls 27% ont voyagé au lieu des 34% escomptés. Il semble surtout que les comportements se modifient durablement. On observe une réduction des temps de séjours (une semaine ou moins dans 60% des cas) avec des destinations moins éloignées (16% des vacanciers sont restés dans leur région). Enfin, l’attentisme devient la norme au sujet des réservations de plus en plus tardives. Mi-septembre, l’état des réservations pour la fin de l’été n’incitait pas à l’optimisme (36% de satisfaits pour septembre, 23% pour octobre, 10% pour novembre).

    En Occitanie en août, le ressenti reste inégal suivant les secteurs. Si un pic de satisfaction est atteint pour les gîtes et locations (71%), moins d’un restaurateur sur deux (45%) est content de son activité. Même chose du côté des hôteliers (48%), tandis que les hébergeurs de chambres d’hôtes (50%), de tourisme sportif et de loisirs ou de campings (52%) franchissent péniblement la barre des 50%.

    À noter enfin que parmi les 7 grandes destinations touristiques en Occitanie, certaines s’en sont mieux sorties que d’autres. La montagne pyrénéenne notamment semble avoir mieux résisté que le littoral quand bien même la fréquentation y reste moindre.

    Météo : un été hors-norme

    Avec 23 jours de canicule du 28 juillet au 19 août 2026, cette 3e vague de chaleur – la plus longue jamais enregistrée en France avec 53 jours de chaleur cumulée – fait de l’été 2026 le plus chaud (second mois d’août le plus chaud après 2003) depuis 1900.

    En Occitanie, l’anomalie de température moyenne atteint +3,7 °C sur l’été, et +4,8 °C sur les maximales. En Méditerranée, la température de surface de la mer a atteint une moyenne estivale inédite de 26,2 °C (+2,8 °C), avec un maximum quotidien de 29,2 °C. Le déficit pluviométrique s’atténue en août, à un peu plus de 10% contre 50% en juin et 70% en juillet (44% sur l’ensemble de la saison).

  • Airbus et l’Entente Valabre s’allient contre les incendies

    Airbus et l’Entente Valabre s’allient contre les incendies

    Les nouvelles technologies pourraient jouer un rôle croissant dans la prévention et la lutte contre les feux de forêt. C’est dans cette perspective que l’Entente pour la forêt méditerranéenne (Entente Valabre), basée à Gardanne, a conclu un partenariat de trois ans avec Airbus. La convention a été signée le 1er octobre à l’occasion du Mondial Secours et Protection, organisé à La Roche-sur-Foron et à Annecy.

    Quelques semaines plus tard, au Centre euroméditerranéen de simulation des risques (Cesir) de l’Entente, une délégation d’Airbus découvre cet espace dédié à la simulation de crise et à l’entraînement des décideurs de la sécurité civile. Depuis plusieurs années, Airbus fournit déjà à la Sécurité civile et aux sapeurs-pompiers des aéronefs, des systèmes de communication et diverses technologies. Cette coopération franchit aujourd’hui une nouvelle étape.

    « Après la saison noire de 2022 en France, comme tout citoyen, on s’est dit : “qu’est-ce qu’on peut faire de plus ?” On voyait bien que le changement climatique était en train d’arriver (…). En tant que fournisseur de technologie, on s’est demandé ce qu’on pouvait apporter pour pouvoir préparer les prochaines saisons de feux », explique Olivier Chalvet, chargé des missions feux de forêt chez Airbus Defence and Space.

    Affiner la décision

    En 2024, à Nîmes, cette équipe rencontre pour la première fois les Sdis et l’Entente Valabre « pour nous éduquer, comprendre les enjeux », précise Olivier Chalvet. Deux ans plus tard, en mars, une première expérimentation menée à Nîmes-Garons, en partenariat avec l’Entente, a permis de « tester des changements dans la façon dont on peut interconnecter le sol et l’air ». Objectif, « montrer comment, sans 4G ni 5G, on pouvait réussir à créer une bulle tactique », résume Olivier Chalvet. Concrètement, les technologies développées par Airbus doivent constituer des « outils d’aide à la décision ». « La réponse technologique va nous permettre d’aller plus vite, d’aller dans les secteurs ou l’on ne va pas encore », précise Luc Langeron, chef du département information et prévention de l’Entente. De son côté, l’Entente apportera son expertise de terrain afin de tester les solutions développées par Airbus, d’évaluer leur pertinence opérationnelle et de les adapter aux besoins des acteurs de la sécurité civile. Parmi les thématiques travaillées dans le cadre de cet accord – « certaines sont encore confidentielles, d’autres se construisent conjointement parce que c’est une problématique aujourd’hui importante », précise en amont le colonel Ludovic Ines – la « coordination aéroterrestre dans le cadre de la sécurisation des largages opérationnels, des pompiers au sol et de l’efficacité de l’action aéroterrestre menée par les pompiers et par les aéronefs. On appelle cela la déconfliction », poursuit le colonel.

    Les travaux porteront aussi la détection précoce des feux naissants et le « travail sur l’approche dronisée ». « 95% des feux sont éteints avant qu’ils ne fassent 5 hectares. Notre ambition avec Airbus est d’étendre cette statistique et si possible l’améliorer au niveau national pour faire en sorte que, de la détection au traitement de l’alerte et à l’arrivée des premiers engins, aériens ou terrestres, on puisse avoir une action précoce sur les départs de feux. »

  • J-L Roumégas veut porter la voix des pompiers

    J-L Roumégas veut porter la voix des pompiers

    Ce sont 110 000 hectares de forêt partis en fumée, les moyens de sécurité civile débordés, le manque de Canadairs, des pompiers exténués… » Pour Jean-Louis Roumégas, qui revient sur un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, « tout cela était prévisible. On sait depuis deux ans qu’il y a un besoin de modernisation de la sécurité civile », estime le député écologiste de l’Hérault, qui dénonce une « impréparation » face à des risques naturels appelés à augmenter avec le changement climatique.

    Au cœur de l’été, le groupe Écologiste et Social a donc décidé de se saisir du sujet à travers une proposition de loi déposée en juillet, qui doit notamment permettre de garantir des financements pérennes et d’adapter la sécurité civile française aux nouveaux enjeux. Ce 5 octobre, dans le prolongement de la mobilisation nationale des sapeurs-pompiers, Jean-Louis Roumégas a choisi de présenter ce texte aux côtés de représentants de l’intersyndicale des pompiers de l’Hérault venus témoigner des difficultés rencontrées sur le terrain.

    « Ce qu’on revendique en premier lieu, c’est un financement pérenne adapté aux besoins réels », explique Gassien Gambier, président d’Avenir secours. « Sur le montpelliérain, entre l’année dernière et cette année, le nombre d’interventions a augmenté de 15%, mais pas le budget… » D’où, insiste-t-il, la nécessité de recruter des sapeurs-pompiers professionnels, « car il en manque énormément ». Sur cette question des moyens, la proposition de loi écologiste prévoit de mettre en place des financements pérennes via une hausse de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance consacrée à la sécurité civile, une taxe de séjour affectée aux services d’incendie et de secours (Sdis) – le tourisme accroissant les besoins de secours – ou encore une contribution des compagnies d’assurances, détaille Jean-Louis Roumégas.

    Santé et retraite à 55 ans

    Les syndicats réclament également un recentrage du secours à la personne sur « de l’urgence pure », afin de limiter les transports par carence (lorsque les pompiers interviennent faute d’ambulance privée disponible, parfois sans urgence médicale), ainsi qu’une meilleure prise en compte de la santé des sapeurs-pompiers, à travers notamment la reconnaissance de maladies professionnelles. « On a un taux de cancers beaucoup plus élevé que dans le reste de la population et une espérance de vie moindre quand on est à la retraite », souligne Gassien Gambier. Le texte écologiste comporte tout un volet consacré à « la santé physique et mentale » des pompiers, et prévoit également un retour à 55 ans de l’âge légal de départ à la retraite pour les sapeurs-pompiers professionnels. Il propose aussi de créer des classes de jeunes sapeurs-pompiers dans les collèges et lycées, afin de favoriser l’engagement au sein de la profession. Enfin, la proposition de loi entend développer une « culture du risque » dans la population, en généralisant notamment la maîtrise des gestes qui sauvent via une formation annuelle aux gestes de secours dans les établissements scolaires et l’enseignement supérieur, ainsi que pour les enseignants, les salariés, les élus et les agents publics.

    Le texte pourrait être examiné en décembre à l’Assemblée nationale, à la faveur d’une niche parlementaire du groupe.

  • Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

    Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

    Prévention des incendies, accès aux pistes forestières, protection des espaces naturels, mise en valeur du patrimoine… L’Association de protection du Faron (ADPF) qui a obtenu le classement du site en 1991, après un long et âpre combat, entend contribuer à un vrai projet de gestion du massif toulonnais. C’est tout le sens du Livre blanc présenté à la presse vendredi matin au sommet du mont toulonnais.

    Créée en 1983 pour s’opposer à de nombreux projets de promoteurs qui l’auraient défiguré, l’association n’a jamais cessé de défendre cet espace naturel. Elle veut continuer à sensibiliser et alerter les pouvoirs publics sur les menaces qui continuent de peser sur ce site de 440 hectares de forêt communale et 800 hectares de propriétés privées laissés pour bonne part à l’abandon. Et dénoncer les entorses à la loi qui sont légion. Comme la construction illégale du docteur Viard, un ancien élu Front national de la mairie de Toulon condamné en 1997 et 1998 qui a remis la bâtisse en état de ruine en 1998. Mais qui a rebâti en 2008. Une affaire qui dure depuis 1995.

    Le président de l’ADPF Jean-Pierre Calistri a présenté ce Livre blanc comme un outil pour dessiner l’avenir en pointant la nécessité de la mise en place d’un véritable schéma directeur, accompagné d’un plan de gestion forestière à l’échelle du massif afin d’anticiper les risques, organiser les accès et trouver un équilibre entre la sauvegarde de la biodiversité et les interventions indispensables à la sécurité.

    L’association souhaite notamment que le droit de préemption soit utilisé pour l’acquisition des parcelles privées afin de faciliter une gestion plus cohérente. Elle appelle aussi à mobiliser les collectivités et les financements susceptibles d’accompagner cette politique.

    L’ADPF a pointé que certaines anciennes pistes de défense contre les incendies (DFCI) ne répondent plus aux besoins opérationnels des pompiers. « Les colonnes de véhicules de secours doivent pouvoir faire demi-tour », souligne Jean-Pierre Calistri. Et de poursuivre : « On ne peut pas se rabattre sur une intervention exclusivement aérienne », la nuit les actions devant en effet s’interrompre. Et dans un massif exposé au Mistral, les conséquences pourraient être catastrophiques. L’association plaide donc pour un programme pluriannuel de remise en état de ces pistes, accompagné d’une réflexion sur les réserves d’eau disponibles.

    Elle souhaite également que soit étudiée la possibilité d’un Plan de prévention des risques d’incendie de forêt (Prif), susceptible, de renforcer les obligations d’entretien sur certaines parcelles privées.

    L’association propose aussi que le Fort Faron vendu à la Ville pour un euro symbolique en 1985 soit entretenu et ouvert au public.

    Appelé à disparaître, le zoo, lui aussi, pourrait évoluer en espace pédagogique présentant la faune, la flore et les milieux méditerranéens, et devenir un point de départ pour mieux comprendre le massif.

    Le Faron pourrait ainsi raconter davantage son histoire, avec en plus une signalétique adaptée, tout en sensibilisant les visiteurs à la fragilité de son environnement.

    Le président d’honneur et fondateur de l’association Michel Bonjardini rappelle enfin qu’un peu plus bas se trouvent des oliveraies et des vignes. Des zones agricoles qui ont fonctionné jusque dans les années 60. Encore une belle idée que seraient des remises en culture pour faire vivre ce mont toulonnais par une production locale estampillée.

    La bonne nouvelle, c’est que la municipalité entend aussi, même si on ne connaît pas encore le retour de la consultation publique, préserver durablement ce patrimoine naturel et historique.

  • Le dispositif policier maintenu jusqu’à nouvel ordre à Marseille

    Le dispositif policier maintenu jusqu’à nouvel ordre à Marseille

    Une journée qui s’est « plutôt bien passée » pour la préfète de police, Corinne Simon, mais un dispositif « agile et adapté », maintenu. Dans son bilan, ce jeudi 8 octobre, la représentante de l’État constate que « dans les manifestations déclarées avec un parcours, où nous avons un interlocuteur, cela se passe bien. C’est lors des regroupements qui ont lieu avant ou après », que ça se gâte.

    La préfecture de police a recensé 3 900 manifestants à Marseille, ce jeudi matin, puis une de 200 à 300 « d’irréductibles » dans l’après-midi. Quelque 29 personnes ont été interpellées dans les Bouches-du-Rhône, dont deux à Marseille, que des mineurs, pour « des tirs de mortier, jets de projectiles et incendies de poubelles ou de porte d’établissement », précise la préfète de police.

    Un proviseur roué de coups

    Parmi les blessés du jour, le proviseur adjoint du lycée Victor-Hugo, à Marseille, « s’est fait rouer de coup alors qu’il tentait d’éteindre un incendie avec un extincteur », indique Corinne Simon, les auteurs n’étant pas pour l’heure identifiés. Trois policiers ont également été blessés, lors d’interpellations pour deux d’entre eux, un CRS ayant par ailleurs reçu une trottinette dans le genou.

    Depuis le début du mouvement lycéen, six blessés sont à déplorer parmi les jeunes manifestants, assure-t-elle, dont un grave, victime d’un coup de matraque devant le lycée Joliot-Curie. « Une enquête a été ouverte par le parquet et l’IGPN pour savoir ce qui s’est passé, en toute transparence », ajoute-t-elle.

    Alors qu’aucune « manifestation déclarée » n’était prévue pour ce vendredi 9 octobre, le dispositif policier restera le même, promet-elle. « Une seule chose nous anime : que ces mouvements puissent se faire en toute sécurité. On ne peut pas accepter le désordre. On peut être en colère, exprimer son désaccord, mais on ne peut pas porter atteinte aux personnes ou aux bâtiments publics », commente Corinne Simon. Elle invite les élèves à retourner dans leurs établissements « pour discuter » comme préconisé par le ministre de l’Éducation nationale.

  • 400 pompiers provençaux ont manifesté à Paris avec les leurs

    400 pompiers provençaux ont manifesté à Paris avec les leurs

    Ils étaient près de quatre cents pompiers des Bouches-du-Rhône à rejoindre, la semaine dernière le cortège parisien pour réclamer plus de moyens. Les renforts matériels, surtout humains, ont cruellement manqué sur les feux de forêts en Gironde notamment, dont les images ont inondé les médias. Une « belle mobilisation », « respectueuse et propre », selon la CGT du Sdis 13. « Il y a quand même une prise de conscience, de la part du ministère, des problèmes que nous avons soulevé tout l’été », souligne Laurent Guilloteau, secrétaire général de la CGT au Sdis 13. Pour autant « aujourd’hui, c’est juste une volonté gouvernementale de ne pas donner plus d’argent à la Sécurité civile », estime le syndicaliste et pompier. Dans le projet de loi de finances (PLF) qui vient d’être présenté, le gouvernement envisage de débloquer 200 millions d’euros pour renforcer les moyens des Sdis. Une première étape, mais « d’un autre côté, les caisses des services publics sont vidées. Il faut taper là où ça fait mal, sur les superprofits des grandes entreprises, faire payer les pollueurs. S’il y a un effet domino, ce sera la Sécurité civile qui sera en première ligne. Aujourd’hui, ça a un coût. Équiper des casernes comme Martigues, Fos ou Rognac, d’un fourgon mousse grande puissance c’est 4 fois 700 000 euros d’investissement pour les Sdis qui ne peuVENT absorber seuls ce coût. » Selon la CGT, aucune réponse claire sur les moyens humains n’a été donnée. Sur le territoire national, 21 000 sapeurs-pompiers volontaires manquent à l’appel selon la CGT. « Tous les ans, les concours ouvrent entre 2 500 et 3 000 places. Si les Sdis avaient de l’argent ils ouvriraient les concours à 4 000 personnes comme ça arrivait dans les années 2000. On a divisé par deux le nombre de recrutements. » Situation « impossible » dans un contexte, rappelle Laurent Guilloteau où « on a tourné, cet été, à 500 interventions par jour ». Le représentant de la CGT promet de s’atteler à sensibiliser les parlementaires sur ce qu’est la Sécurité civile.