Les JO perdus pour Nice agitent l’hémicycle régional

Les oreilles d’Éric Ciotti, maire extrême droite de Nice, ont dû siffler toute la matinée… La perte du pôle glace pour les Jeux olympiques de 2030, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) ne la digère pas, et il l’a fait largement savoir lors de la plénière ce vendredi 26 juin, pour sa dernière séance en tant que président de la collectivité, l’élu se lançant dans la campagne des sénatoriales.

L’équipement niçois, « pouvait générer entre 350 000 et 400 000 nuitées touristiques cumulées et des retombées directes de l’ordre de 180 à 280 millions d’euros avec un impact bien au-delà de l’événement lui-même », attaque en introduction Renaud Muselier, pointant « une perte d’investissement et d’activité économique ». Le retrait du pôle glace « supprime environ 300 millions d’euros d’investissements directs structurants, notamment le projet d’une nouvelle patinoire olympique, le coût du complexe omnisports olympique et le village olympique », poursuit-il. Pour « l’emploi, l’insertion et les TPE et PME locales, dont 80% étaient concernées par la totalité des marchés », 20% étant réservées à l’économie sociale et solidaire, ce sont 550 millions d’euros d’opportunités disparues dénonce-t-il.

À l’occasion du vote d’un rapport sur un investissement de 40,3 millions pour accélérer les chantiers ferroviaires et routiers dans le cadre des JO, le RN renvoie la balle. Cette situation « démontre les limites d’une gouvernance trop politisée des jeux », estime Virginie Leclerc Escalier, « le symbole d’une guerre d’influence entre, d’un côté, les responsables nationaux et régionaux, et de l’autre, les acteurs locaux ».

Pas touche à l’aigle de Nice

Et d’enfoncer le clou : « Le nouveau maire de Nice a eu raison de rappeler qu’un projet, quel qu’il soit, ne peut se pas se construire contre les collectivités locales, ni contre les réalités financières. » Résultat : des Azuréens privés « d’une partie de l’héritage olympique annoncé » et « en plus, ils sont insultés dans leur identité », assène-t-elle. Elle fait référence à la récente sortie de Renaud Muselier : « L’aigle de Nice ? Il est plumé aujourd’hui. C’est un poulet frit. » Éric Ciotti s’était alors fendu d’une vidéo sur les réseaux sociaux, brandissant un aigle en métal. Laurent Merengone (RN), adjoint au maire de Nice, fait la même dans l’hémicycle. L’extrême droite ira jusqu’à présenter une motion sur cette histoire.

La majorité, elle s’est fendue d’un vœu, demandant que « le maire de Nice cesse, au nom de ses ambitions politiques personnelles au plan national, de créer un conflit permanent, violent, agressif, malsain avec la région, l’État et l’Europe, c’est-à-dire toutes les institutions qu’il ne peut pas contrôler », gronde la vice-présidente Jacqueline Bouyac (DVD). Elle rappelle que « durant ces six dernières années, la région a consacré 700 millions d’euros pour aider la ville ». Les élus d’extrême droite ont marqué leur désapprobation en quittant l’hémicycle condamnant ce texte « sur le fond et la forme ».

Quant à Renaud Muselier il a estimé que s’il devait « présenter des excuses, c’est plutôt à Monsieur Ciotti. Parce que dans la vie politique, il ne faut jamais parler de physique, c’est blessant… Et là, effectivement, j’ai fait une comparaison où il n’est pas un aigle ». Il enchaîne : « L’aigle, c’est un animal majestueux, que je respecte comme tous les emblèmes de la Région. » Jouant l’outrage, les élus RN ne se lèveront pas pour la première standing ovation saluant son mandat de président…

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