Tag: PME

  • [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    La Marseillaise : En quoi la facturation électronique irait-elle à l’encontre du droit ?

    David Guyon : Il y a deux idées. D’abord on va avoir un contrôle de type fiscal, automatique en temps réel avec une collecte importante de données à destination de l’administration fiscale. Cela peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au secret professionnel. Car sur la facturation, vous devez définir la nature de la prestation réalisée, l’identité du client… Le conseil national des Barreaux avait questionné le gouvernement et le compromis mi-figue mi-raisin mis en place n’est pas satisfaisant. Second argument, la protection des données personnelles. On voit bien que les services de l’État sont de véritables passoires, avec des failles systémiques, sans aucun respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est contraire au droit européen.

    On part sur quelle procédure
    et sur quelle durée ?

    D.G. : Ce sera une procédure longue car si on voulait faire suspendre en urgence la facturation électronique on devrait démontrer que dans le cas particulier de nos clients, il y a un risque d’atteinte à leurs intérêts. Or ce risque n’est pas 100% sûr, le Conseil d’État ne suspendra pas pour des risques potentiels. La transposition du droit européen nous oblige à la réforme d’ici 2030 mais la France va plus vite (1er septembre 2026 : obligation de réception TPE/PME ainsi que d’émission des factures électroniques pour les grandes entreprises pour les TPE/PME d’ici un an). On ne sait pas comment ça va se passer pour un particulier qui aura besoin d’une facture après avoir fait appel à un restaurateur ou un artisan. Certains auto-entrepreneurs clôturent leur micro-entreprise car cette paperasserie administrative ne leur convient pas.

    Quels types d’entreprises vous contactent ?

    D.G. : On a déjà une dizaine de clients : auto-entrepreneurs, profession libérale médicale et des grosses entreprises de 300 salariés.

    N’est-ce pas un bon moyen de lutte contre les fraudes à la TVA ?

    D.G. : C’est clair que pour l’État la facturation électronique est un super moyen de s’assurer que la TVA due sera collectée. Vous organisez de manière préventive un contrôle fiscal à l’égard de toutes les sociétés qui jusque-là partaient sur du déclaratif. Là, on change de modèle. Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués par l’État. On aimerait un choc de productivité plutôt qu’un choc de contrôle de la productivité.

    N’est-ce pas une évolution technologique inévitable ?

    D.G. : Je combats un choix de société. En tant qu’avocat, je suis pour la liberté et la responsabilité qui va avec. Vous êtes libre d’optimiser votre fiscalité mais si vous ne respectez pas les règles du jeu, vous êtes sanctionnés sévèrement. Je ne suis pas sûr que cette réforme soit un bon signal envoyé à la population qui doit créer de la richesse.

  • Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin était en visite à l’entreprise Blachère illumination, ce jeudi. Un événement pour l’entreprise mondialement connue et labellisée entreprise du Patrimoine vivant, dont le fondateur, Jean-Paul Blachère, est décédé en décembre 2025 .

    À son arrivée, le ministre a été accueilli par Christine Blachère et son mari Romain. Ils ont d’abord visité les ateliers de ferronnerie, de câblage et celui dédié aux guirlandes françaises. L’occasion de souligner que ces dernières rencontrent un joli succès avec 5 000 vendues cette année, le double de l’année précédente.

    La visite s’est poursuivie dans le « show room », lieu où chaque année le public peut voir les créations de l’entreprise, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année.

    Christine Blachère et son mari ont fait un historique de la création de l’entreprise et ont évoqué Jean-Paul Blachère, le fondateur. Ils ont aussi présenté la fondation Blachère sur l’Afrique, sujet qui a suscité l’intérêt du ministre, à qui un ouvrage consacré à la fondation a été remis.. Le ministre a ensuite rappelé son action pour l’industrialisation des entreprises, en présence du préfet, du maire d’Apt Jean Aillaud (DVD) et de Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région.

    Plus tôt dans la matinée, le ministre avait également visité l’usine Charles et Alice, spécialisée dans la conception de desserts aux fruits, à Monteux, et rencontré des chefs d’entreprise et des élus locaux pour discuter des enjeux de pouvoir d’achat et de compétitivité.

  • Corinne Innesti : « Nous avons très peur que taxes et impôts augmentent »

    Corinne Innesti : « Nous avons très peur que taxes et impôts augmentent »

    La Marseillaise : Quel est l’impact actuel sur les entreprises de la crise budgétaire que traverse la Métropole ?

    Corinne Innesti : Ce n’est pas que les entreprises qui sont concernées, c’est aussi les municipalités qui auront peut-être moins de budget, donc moins d’accompagnement des entreprises. Nous avons très peur que les taux augmentent et qu’il y ait une taxe encore plus importante, alors qu’on voudrait plutôt des baisses de taxes au niveau des entreprises. On a aussi peur d’une hausse de l’impôt foncier. Ce n’est pas le cas, mais on n’est pas à l’abri que ce budget entraîne des hausses d’impôts. Quelque part, on espère que ce soit l’occasion pour la Métropole de revoir son fonctionnement et de réduire ses dépenses.

    Quelle est votre position sur la hausse du versement mobilité ?

    C.I. : On a montré un front uni récemment, avec les organisations interprofessionnelles et professionnelles, pour dire qu’on est tous contre, et contre d’ailleurs aussi le gel des exonérations des charges sociales. Le front, c’est toutes les entreprises que nous représentons et toutes les organisations patronales et fédérations qui sont unies pour dénoncer la hausse des taxes.

    Quel est l’état du tissu économique dans
    le département ?

    C.I. : C’est une année record pour les défaillances. On était un petit peu mieux au niveau des chiffres, le département des Bouches-du-Rhône n’était pas le dernier, il y avait un redressement. Là, malheureusement, on est concernés, nous aussi, par ces défaillances, ces baisses de marge, c’est-à-dire qu’on ne répercute pas les hausses. On avait parlé jusqu’à présent d’agilité, de résilience. Aujourd’hui, c’est plus de la résistance qu’on est en train de faire.

  • Les JO perdus pour Nice agitent l’hémicycle régional

    Les JO perdus pour Nice agitent l’hémicycle régional

    Les oreilles d’Éric Ciotti, maire extrême droite de Nice, ont dû siffler toute la matinée… La perte du pôle glace pour les Jeux olympiques de 2030, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) ne la digère pas, et il l’a fait largement savoir lors de la plénière ce vendredi 26 juin, pour sa dernière séance en tant que président de la collectivité, l’élu se lançant dans la campagne des sénatoriales.

    L’équipement niçois, « pouvait générer entre 350 000 et 400 000 nuitées touristiques cumulées et des retombées directes de l’ordre de 180 à 280 millions d’euros avec un impact bien au-delà de l’événement lui-même », attaque en introduction Renaud Muselier, pointant « une perte d’investissement et d’activité économique ». Le retrait du pôle glace « supprime environ 300 millions d’euros d’investissements directs structurants, notamment le projet d’une nouvelle patinoire olympique, le coût du complexe omnisports olympique et le village olympique », poursuit-il. Pour « l’emploi, l’insertion et les TPE et PME locales, dont 80% étaient concernées par la totalité des marchés », 20% étant réservées à l’économie sociale et solidaire, ce sont 550 millions d’euros d’opportunités disparues dénonce-t-il.

    À l’occasion du vote d’un rapport sur un investissement de 40,3 millions pour accélérer les chantiers ferroviaires et routiers dans le cadre des JO, le RN renvoie la balle. Cette situation « démontre les limites d’une gouvernance trop politisée des jeux », estime Virginie Leclerc Escalier, « le symbole d’une guerre d’influence entre, d’un côté, les responsables nationaux et régionaux, et de l’autre, les acteurs locaux ».

    Pas touche à l’aigle de Nice

    Et d’enfoncer le clou : « Le nouveau maire de Nice a eu raison de rappeler qu’un projet, quel qu’il soit, ne peut se pas se construire contre les collectivités locales, ni contre les réalités financières. » Résultat : des Azuréens privés « d’une partie de l’héritage olympique annoncé » et « en plus, ils sont insultés dans leur identité », assène-t-elle. Elle fait référence à la récente sortie de Renaud Muselier : « L’aigle de Nice ? Il est plumé aujourd’hui. C’est un poulet frit. » Éric Ciotti s’était alors fendu d’une vidéo sur les réseaux sociaux, brandissant un aigle en métal. Laurent Merengone (RN), adjoint au maire de Nice, fait la même dans l’hémicycle. L’extrême droite ira jusqu’à présenter une motion sur cette histoire.

    La majorité, elle s’est fendue d’un vœu, demandant que « le maire de Nice cesse, au nom de ses ambitions politiques personnelles au plan national, de créer un conflit permanent, violent, agressif, malsain avec la région, l’État et l’Europe, c’est-à-dire toutes les institutions qu’il ne peut pas contrôler », gronde la vice-présidente Jacqueline Bouyac (DVD). Elle rappelle que « durant ces six dernières années, la région a consacré 700 millions d’euros pour aider la ville ». Les élus d’extrême droite ont marqué leur désapprobation en quittant l’hémicycle condamnant ce texte « sur le fond et la forme ».

    Quant à Renaud Muselier il a estimé que s’il devait « présenter des excuses, c’est plutôt à Monsieur Ciotti. Parce que dans la vie politique, il ne faut jamais parler de physique, c’est blessant… Et là, effectivement, j’ai fait une comparaison où il n’est pas un aigle ». Il enchaîne : « L’aigle, c’est un animal majestueux, que je respecte comme tous les emblèmes de la Région. » Jouant l’outrage, les élus RN ne se lèveront pas pour la première standing ovation saluant son mandat de président…

  • Les petites entreprises veulent surfer sur les Alpes 2030

    Les petites entreprises veulent surfer sur les Alpes 2030

    « Comment transformer un événement mondial en levier économique local ? » C’est la question que se posaient les petits et moyens entrepreneurs régionaux, réunis lors du salon « Made in PME » en vue des Jeux olympiques d’Hiver de 2030 dans les Alpes.

    Le grand raout annuel de la CPME SUD (Confédération des petites et moyennes entreprises de la région), qui accueille des milliers de représentants d’entreprises au parc Chanot à Marseille ce jeudi, se penchait sur l’épineux sujet de la captation des marchés par les boîtes locales en vue de l’événement sportif, lors du premier débat de la journée. « 50% de nos marchés devront être attribués à des TPE-PME sur la totalité des 2,4 milliards d’euros d’achats à venir », rappelle Elie Patrigeon, directeur « Impact, héritage et durabilité » du Cojop (Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques). Avant de développer : « C’est une organisation de toute une chaîne de valeurs sur plusieurs années autour d’une livraison, dans les temps et dans le budget, d’un événement mondial. Il y a donc une mobilisation totale des ressources pour cette livraison. »

    Autant dire que les enjeux économiques sont grands pour les entrepreneurs du coin, qui devront faire face à une concurrence internationale…
    « L’ambition initiale de la Région est d’utiliser ces Jeux comme levier de transformation du territoire et de développement. (…) Désenclaver les Hautes-Alpes fait partie du budget des JO », abonde Alexis Rouque, directeur régional de la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des Dépôts. Il met en exergue le fait que « l’ensemble des services doivent être mis à niveau » citant les réseaux télécoms, comme d’eau ou d’électricité. Et cite « le village olympique au Fort de Briançon, classé Unesco qui sera transformé en logements, c’est du jamais vu ».

    Un ruissellement vert ?

    D’où l’espoir du monde économique local d’un « ruissellement » des budgets faramineux prévus pour, et autour, de ces JO. Elie Patrigeon plaide pour une « logique d’anticipation » et un « groupement des filières locales » en lien avec la plateforme mise en place par la Solideo et le Cojop « Marchés 2030 » (notre article du 26/03). Reste qu’il rappelle que les marchés publics sont bien cadrés légalement et ne permettent pas de favoritisme local : « On respecte la commande publique, on ne veut pas aller en prison. » Pas de fatalisme pour autant : « Elle nous permet quand même de travailler la localisation des fournisseurs : Quand on travaille sur la décarbonation, plus la chaîne logistique est courte, plus elle est vertueuse, plus elle est locale évidemment. » Le lien est tout trouvé avec l’aspect environnemental et écologique prévu : « Il faut que les JO soient décarbonés, c’est pour ça qu’on a des critères environnementaux très élevés pour nos achats. » Wait and see donc.

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • Une représentante du patronat sur la liste de la droite marseillaise

    Une représentante du patronat sur la liste de la droite marseillaise

    Ce sera une année 2026, « sous le signe de l’engagement », reconnaît Corinne Innesti. À la tête, depuis six ans, de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13), celle qui a fondé son propre cabinet d’expert-comptable a décidé de se porter candidate auprès de « Martine ». Son credo : donner la parole aux PME et TPE qui constituent « 99% du tissu économique français et du territoire ».

    Ligne rouge

    Si elle précise se mettre en retrait de ses fonctions à la CPME, elle compte poursuivre son activité professionnelle en informant ses clients. Pour le reste, elle ne donnera pas de détails sur les dossiers qu’elle estime prioritaires.

    Seule certitude, elle souhaite que soit mise en place une instance, « une sorte de conseil économique » pour porter des « solutions concrètes ». « Sur le modèle que ce que nous avons fait à la Métropole et au Département », complète Martine Vassal, qui se félicite de donner sa place à la société civile. « Le maire a un rôle de coordinateur et d’ambassadeur », estime-t-elle.

    Et quand on lui demande si son choix ne va pas influer sur ses relations avec Daniel Salenc, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône, Jean-Christophe Trapy, vice-président CPME 13, respectivement candidats RN à La Ciotat et à Carry-le-Rouet, elle botte en touche. « C’est leur choix », martèle-t-elle, assurant que sa seule ligne rouge sera « celle de Martine. Je m’engage parce que je crois dans ses valeurs, ses compétences ». « La CPME est une organisation patronale au service des entrepreneurs et elle le reste », assure-t-elle. « Marseille est une ville cosmopolite, ouverte, ce ne sera jamais une ligne RN » clôt Martine Vassal.

  • « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    La Marseillaise : Vous organisez ce salon alors que les entrepreneurs pointent l’instabilité politique. Quelles solutions proposez-vous ?

    Corinne Innesti : Bien sûr, les entrepreneurs sont inquiets. Personne n’aime travailler quand on ne sait pas à quelle sauce on risque d’être mangé. Quand des choses qui sont acquises changent de régime. Malgré tout, le milieu des entrepreneurs que nous représentons, notamment les TPE et PME, ne se laisse pas abattre dans tous les cas. Il faut qu’on leur montre, selon les thématiques, qu’il y a des solutions. C’est notre but : les accompagner, ne jamais les laisser seuls.

    Et dans quels domaines ?

    C.I. : Le sujet majeur du salon, ce sont les transitions. Demain, il y a la facture électronique qui arrive. Personne ne sait encore à ce jour, véritablement, comment ça va avoir un impact sur le quotidien du chef d’entreprise. Même principe pour l’intelligence artificielle : Comment la voir plutôt comme une opportunité et accompagner pour ne pas être en retard, pour anticiper plutôt que de le subir. Voilà, notre salon, c’est des solutions concrètes.

    Quels temps forts pour ce salon ?

    C.I. : On a des moments phares, on a une plénière et des ateliers qui rythment la journée. On a des « pitch party » où les gens, adhérents ou non adhérents à la CPME, vont venir se présenter, travailler ensemble, expliquer ce qu’ils font. Et au-delà de ça, on convie les écoles, les personnes même sans emploi, on a mis en place aussi un espace dédié aux associations, indépendamment de tout le reste. On montre des valeurs de cohésion. Moi, je crois beaucoup à la cohésion sociale, je pense qu’on doit pouvoir travailler tous ensemble. C’est ouvert vraiment à tout le monde. Notre force, c’est qu’on n’isole pas le monde de l’entreprise.

  • Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Souvent, on disait que les crises économiques amenaient les crises politiques. Là, c’est l’inverse qui se produit : cette succession de crise politique amène une crise économique », campe Corinne Innesti, présidente de la CPME 13, ce vendredi dans les locaux de l’Alliance française, à Marseille. Voilà de quoi résumer les grandes lignes de l’enquête « conjoncturelle » que l’organisation patronale présentait, avec plus d’une centaine d’entreprises interrogées en septembre.

    Une enquête qui a donc été menée en amont du « coup de théâtre de lundi », avec la démission de Sébastien Lecornu. Cet événement a « créé encore plus de défiance et d’inquiétudes », selon Corinne Innesti, qui pointe un « ras-le-bol général ». Pour rappel, la CPME représente les très petites entreprises et les petites et moyennes (TPE et PME). L’organisation fait d’ailleurs valoir sa « différence » avec ses homologues du patronat : « On est dans le concret, sur le terrain, la CPME rassemble des entreprises patrimoniales », rappelle Corinne Innesti.

    « Incertitude et défiance »

    Autant dire que les petits entrepreneurs locaux accusent le coup : « Près de 70% signalent une trésorerie dégradée ou en stagnation. » Dans la même lignée, plus d’un tiers des entrepreneurs questionnés affirment que « la marge diminue » pour leur structure, quand plus de 40% évoquent une stagnation. Côté investissement, le tableau n’est pas plus reluisant : 42% expliquent qu’ils ont réduit leur budget dédié. Et 40% font part d’une incertitude directement liée au flou politique du pays puisqu’ils attendent « plus de stabilité avant de prendre une décision ». « L’incertitude et la défiance ressortent dans les témoignages. On est résilient mais jusqu’à quand et à quel prix ? », commente Corinne Innesti.

    Côté sujets de préoccupations, 39% des entrepreneurs pointent « la baisse d’activité » puis « les retards de paiement » à 23%. Pas loin derrière, 19% estiment qu’une nouvelle feuille de route gouvernementale est un sujet de préoccupation, loin devant l’inflation, à 9,5%, ou les questions de recrutement, au même niveau. En résumé, un constat globalement négatif. Mais reste la question de comment répondre à ces préoccupations. Et le petit patronat ne perd pas le nord : « Ce que nous voulons, c’est de la simplification, moins de charges […] que les TPE-PME ne soient pas la variable d’ajustement. » En clair, la CPME demande « un budget pro production, pro entreprise » au prochain gouvernement. « Pas plus tard qu’il y a trois semaines, j’étais à Matignon pour défendre nos idées et nos entreprises. Nous négocions dans les différentes instances », conclut Catherine Guernio, vice-présidente déléguée de la CPME au niveau national.