Pour un autre regard sur les consommateurs de drogue

Dans les locaux du Bus 31/32, quelques flyers sont posés sur les tables autour desquelles s’assoient les habitués du lieu. Dessus, les informations relatives à la marche qui aura lieu ce vendredi au départ de la gare Saint-Charles figurent aux côtés de la phrase « Soutenez. Ne punissez pas ».

Au programme : des prises de parole d’associations, un « hommage aux victimes de la politique répressive », et des concerts. Mais surtout, la présence de consommateurs dans la foule. « Il y a Radio Galère qui nous accompagne et qui va faire un micro-trottoir, avec les usagers, pendant la marche », détaille Amandine Alix, directrice de l’association Autosupport des usagers de drogues (ASUD).

« L’idée pour les consommateurs, c’est de pouvoir se montrer et de montrer qu’ils ont des avis militants, politiques, qu’ils veulent défendre leurs droits », ajoute Max De Laverny, chef de service d’ASUD.

Réduire les risques

La structure, qui est un Centre d’accueil et d’accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) a été fondée par et pour les usagers. Elle défend l’idée d’une politique axée sur le soin plutôt que la répression, et d’une législation plus souple. « Les salles de soin sont indispensables, mais derrière, on défend aussi une politique de réduction des risques », insiste-t-il. Et cela passe par la distribution de matériel, un accompagnement et des maraudes pour sensibiliser. « On n’est pas dans une idée de les faire arrêter, mais de dire “D’accord, tu consommes, et on va t’accompagner pour le faire bien” », vulgarise Amandine Alix.

À Marseille, les associations constatent une hausse du nombre de consommateurs. « L’année dernière, ASUD était à 600 personnes, là on en a plus de 1000 », affirme Amandine Alix. Dans le même temps, les dispositifs de répression du trafic se renforcent, sans résultats visibles. « Après les opérations Place Nette, les points de deal se sont déplacés, ce qui a dispersé aussi les usagers, qu’on pouvait moins accompagner », constate-t-elle. Les associations tentent de convaincre les différentes institutions de l’importance de la réduction des risques. « Ces personnes trouveront dans tous les cas un moyen de consommer », martèle Max De Laverny, « La réduction des risques, ce n’est pas du militantisme, c’est de la science. » Pour l’heure, l’État n’a expérimenté que deux salles de consommation en France, à Paris et à Strasbourg. Marseille attend…

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