[Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Le combat syndical contre l’impérialisme

Ainsi, tout convergeait pour mettre en échec les fauteurs de guerre et, de fait, une 3e guerre mondiale serait écartée, la paix reviendrait au Vietnam et en Corée.

Ceux qui croyaient avoir réduit la classe ouvrière à l’impuissance après la scission, pensant qu’elle était incapable d’avoir des forces pour secouer la misère, et qui luttaient contre la paix, constatèrent que les travailleurs n’acceptaient plus de jeûner dans leur propre intérêt et ce que les gouvernements redoutaient le plus, ce n’était pas la misère des ouvriers, mais les manifestations de leur colère !

Ce qui est certain, c’est que sans la lutte incessante et courageuse de la classe ouvrière, sans les progrès sensibles réalisés dans l’unité d’action, cette situation aurait été encore plus sombre. Pressés par leur maître américain, nos gouvernants recherchaient de nouvelles méthodes pour imposer leur politique impopulaire. Le seul moyen pour parvenir à leur fin, c’était les atteintes à la démocratie sociale. Ils s’orientaient de plus en plus vers un autoritarisme d’État. Le droit de grève était battu en brèche. De Gaulle proclamait dans chacun de ses discours sa prétention d’amoindrir le rôle des syndicats et de les remplacer par un système de cogestion et de participation… qu’il baptisa association Capital-Travail.

Exploitation des travailleurs des pays d’outre-mer

Les travailleurs savaient que le grand patronat finançait la propagande démagogique et mensongère des représentants des classes possédantes par les profits réalisés sur la misère. C’était bien évident, et personne ne peut rien contre cela, la classe ouvrière défendait son pain, ses libertés et la paix avec le même soin, la même ardeur qu’elle apportait dans ses luttes quotidiennes.

Les délégués à ce congrès dirent de quelle façon s’était aggravée leur propre situation au fur et à mesure que les impérialistes français transformaient leur pays en base militaire. La politique de guerre développe la misère, comme le dénonçait le délégué de Conakry. Les délégués ouvriers CGT étaient chassés des administrations, comme Abdoulaye Dialo, parce qu’il était vice-président de la FSM, Sekouroum et tant d’autres.

Nous recevions des appels pathétiques de nos camarades de la Martinique, de Madagascar, du Maroc, de l’Algérie, où les travailleurs réagissaient contre l’impérialisme. Leurs écrits, leurs déclarations montraient que tous ces pays accordaient une confiance absolue à la CGT et à la FSM.

Dans le but de combattre cette influence et de duper les travailleurs de ces pays pour les entraîner dans une politique de guerre, les impérialistes usaient de leurs moyens habituels : la répression et la division.

à suivre la semaine prochaine…

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