Le ministre de l’Intérieur a raison. « On parle de la vie démocratique de notre pays, ce n’est pas rien, c’est une liberté constitutionnelle » a-t-il déclaré vendredi, à la veille de la tenue du congrès du RN qui doit lancer officiellement la campagne de la candidate de l’extrême droite à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. Sauf que ces propos interviennent alors que la quasi-totalité des manifestations contre la vie chère et pour l’éducation ont été interdites ce samedi 24 octobre. Et que des couvre-feux, apanage des mairies RN, ont été décrétés par des préfets de la République.
« Il y a une liberté de manifester, il y a une liberté de réunion politique, il faut savoir concilier les deux maintenant ; ça n’est pas tout à fait normal que, pour chaque meeting, on déploie des dispositifs policiers aussi importants », a déclaré le ministre, tandis qu’entre 20 000 et 30 000 opposants au congrès du RN sont attendus samedi, à six mois de l’élection présidentielle.
Le congrès du Rassemblement national doit réunir quelque 5 000 participants samedi puis jusqu’à 10 000 personnes dimanche lors du lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. « Il est hors de question qu’on ne sécurise pas une réunion, une formation politique (…). Et c’est vrai pour toutes les formations politiques », a encore déclaré Laurent Nuñes. Le parcours de la manifestation organisée samedi à l’appel d’une cinquantaine d’organisations, a par ailleurs été modifié car « le préfet du Loiret, à juste titre, a considéré que, compte tenu de la montée en tension des appels à manifester contre la réunion politique du Rassemblement national, la présence d’individus d’ultragauche, d’extrême gauche radicalisés, justifiait qu’on définisse un parcours qui soit un peu plus sécurisé », a détaillé Laurent Nuñez.
Toute manifestation est en revanche interdite à Orléans dimanche, selon le préfet du Loiret, Hugues Moutouh. « Des moyens absolument massifs ont été mobilisés par le ministère de l’Intérieur » pour assurer la sécurité à Orléans, dont « une quinzaine d’unités de forces mobiles » tout le week-end, « soit près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires », a-t-il assuré jeudi. Un blindé Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d’eau seront également déployés.

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