Elle efface la mémoire des malades, mais irrigue à vie le cerveau de leurs proches. Alzheimer, cette maladie incurable qui touche près d’un million et demi de personnes en France, est pourtant bel et bien la mémoire vive de Doutes. Un récit écrit par Malika Fecih qui met « à rude épreuve la complicité entre une mère et sa fille », lorsque les premières conséquences affectives de cette pathologie rodent au quotidien. Mise en scène par Dominique Sicilia, un spectacle qui prend ses quartiers samedi 24 octobre à 19h30 à la Salle Eugène-Lanteri, au Rove.
À travers l’histoire de Myriam, une mère dont la raison glisse peu à peu vers un monde imaginaire, et de sa fille, la pièce explore le doute, les souvenirs qui s’effacent et la relation qui se transforme. Face à la maladie, mère et fille vont progressivement apprendre à se détacher l’une de l’autre, tout en restant profondément liées par l’amour.
« Spectacle vivant »
Interprétée par Catherine Lecoq, Fanny Roger et Marc Menahem, cette création aborde avec sensibilité les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer et les bouleversements qu’elle entraîne pour les personnes malades comme pour leurs proches. « Cette pièce est un épisode de ma vie, adaptée pour que le public puisse se reconnaître. Quand j’ai rencontré Catherine Lecoq, comédienne et artiste féministe engagée, monter la pièce de théâtre avec son équipe était une évidence », rappelle Malika Fecih, à propos de cette œuvre qui sera suivie, au Rove, par un échange du public avec « un professionnel de santé ».
Avec Doutes, l’auteur a voulu retranscrire « pour la scène, cette phase dite des premiers signes. Tous les symptômes sont là et l’entourage doute, redoute », écrit-elle. « C’est pourtant l’instant de tous les espoirs car traitée précocement, il est possible de ralentir cette irréversible dégénérescence », ajoute celle, qui a donc « volontairement choisi le spectacle vivant. Une façon de contrer le sort de cette maladie qui condamne les personnes et leurs proches à une vie éteinte ». Avec comme « seule vie possible », souligne la menteuse en scène Dominique Sicilia, « l’importance de la relation humaine et du lien aimant car la chimie n’y fera rien ».
Samedi 24 octobre à 19h30.
Salle des fêtes Eugène-Lanteri.
Gratuit.

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